Protocole d'Amasya

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Le protocole d’Amasya (en turc : Amasya Görüşmeleri) est un mémorandum d’entente signé le 22 octobre 1919 à Amasya, en Turquie, entre le gouvernement impérial ottoman, établi à Istanbul, et les représentants du mouvement national turc. L’objet de cet accord résidait dans la recherche de moyens, par une action concertée, de préserver l’indépendance et l’unité nationale de l’État[1]. Cette convention marqua le premier contact officiel entre le pouvoir impérial ottoman et les forces du Mouvement national, contribuant ainsi à accroître la crédibilité de ce dernier auprès de la population et à éveiller son adhésion ainsi que son concours. Elle symbolisa également la reconnaissance, par le gouvernement ottoman, de l’existence et de l’influence croissante des forces révolutionnaires émergeant en Anatolie.

À l'issue immédiate du Congrès de Sivas, un protocole fut parapé dans cette même cité, scellant l'accord entre deux parties distinctes. D’un côté, Mustafa Kemal Atatürk, Rauf Orbay et Bekir Sami Kunduh agissaient en vertu du mandat que leur avait conféré ledit congrès, celui de constituer la délégation des représentants (Heyeti Temsiliye). De l’autre, le ministre ottoman de la Marine, Hulusi Salih Pacha[2] – lequel devait ultérieurement accéder lui-même à la charge de grand vizir – représentait l’éphémère gouvernement ottoman formé par Ali Rıza Pacha, s’étant pour ce faire rendu spécifiquement à Amasya. Tous apposèrent leur signature au document, lequel formalisait les principes préalablement énoncés dans la circulaire d’Amasya.

Le protocole stipulait l'organisation de nouvelles élections, cette année-là, pour la Chambre des députés (chambre basse du Parlement ottoman, issue du suffrage universel). Il était prévu que cette assemblée se réunît hors d'Istanbul — alors sous occupation des forces alliées —, afin d'examiner les résolutions du Congrès de Sivas et de décrire le nouvel État comme « les territoires habités par les Kurdes et les Turcs »[3],[4]. Bien que la réunion extra-muros de la capitale ne se soit pas tenue comme convenu, la chambre nouvellement élue se constitua le 12 janvier 1920 et entérina le Misak-ı Millî (Pacte national), acte conclu lors des congrès de Sivas et d'Erzurum[3]. À la suite de cet événement, les Alliés, visant à anéantir l'émergence du mouvement national turc, contraignirent l'assemblée à se dissoudre et proclamèrent l'état de siège à Istanbul[1].

Dans son discours fondamental, Mustafa Kemal Atatürk consigne une relation circonstanciée du « Protocole d’Amasya », pacte qu’il contracta avec Salih Pacha, ce dernier agissant comme plénipotentiaire de la délégation officielle. Cette évocation se trouve consignée dans le Nutuk.

Messieurs, vous vous souviendrez qu'il avait été décidé de rencontrer Salih Pacha, ministre de la Marine, à Amasya. Il était prévu d'aborder avec lui la politique étrangère du gouvernement, l'administration intérieure et l'avenir de l'armée. À cet égard, il aurait été fort utile de connaître au préalable l'avis des commandants de corps.

Dans son télégramme chiffré daté du 14 octobre 1919, Atatürk sollicitait l'avis des commandants de corps sur ces trois points.

Salih Pacha quitta Istanbul le 15 octobre. Nous partîmes de Sivas le 16 octobre. Le 18 octobre, nous arrivâmes à Amasya. Les organisations nationales avaient chargé Salih Pacha d'organiser de somptueuses cérémonies d'accueil dans les ports où il ferait escale et de nous souhaiter la bienvenue. Nous l'accueillions également à Amasya avec de grandes manifestations. Nos négociations avec Salih Pacha à Amasya, qui commencèrent le 20 octobre, s'achevèrent le 22 octobre. Au terme de trois jours de négociations, cinq protocoles furent élaborés, dont deux au total. Nous en signâmes trois, Salih Pacha signa ceux qui lui étaient destinés, et il signa ceux qui nous étaient destinés. Deux protocoles étaient considérés comme confidentiels et ne furent pas signés.

Voir aussi

Références

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