Quai du Commandant-Malbert

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Quai du Commandant-Malbert
Image illustrative de l’article Quai du Commandant-Malbert
Vue du quai du Commandant-Malbert.
Situation
Coordonnées 48° 22′ 48″ nord, 4° 29′ 12″ ouest
Pays France
Ville Brest
Quartier(s) Brest-centre
Début Rue Aldéric Lecomte
Fin Rue du Commandant-Malbert
Morphologie
Type Quai
Longueur 300 m

Le quai du Commandant-Malbert est une voie et un quai portuaire de la ville de Brest, situé dans le quartier du port de commerce. Il longe la jetée Ouest du port et constitue un élément structurant de l’histoire portuaire, urbaine et architecturale de la ville.

Transports

Le quai du Commandant-Malbert se situe à l’ouest du port de commerce de Brest[1], en bordure du premier bassin, dans le prolongement de la jetée Ouest. Long de 300 mètres, il débute à l'angle de la rue Aldéric-Lecomte, au Sud, et se termine dans le prolongement de la rue Commandant-Malbert, au nord.

Il dessert plusieurs établissements portuaires et administratifs, notamment les installations des Phares et balises et des immeubles de bureaux et de logements.

Le quai constitue également un axe de circulation locale et une promenade très fréquentée qui permet de rejoindre la digue La Pérouse qui offre un large panorama sur la rade de Brest, le goulet, l’entrée de la Penfeld et le château de Brest[2].

La rue est desservie à proximité immédiate par le réseau Bibus[3] :

  • Arrêt Les Îles, bus 52690 sur la rue Jean-Marie Le Bris.
  • Arrêt Port du Château, bus 52690 sur la rue Commandant Malbert.
  • Arrêt Rampes, bus 2b sur l'Avenue Salaün Penquer.

Pour accéder au tramway il faut marcher 800m jusqu'au bas de la rue de Siam, arrêt Château, tram A.

Voies rencontrées

Le quai du Commandant-Malbert rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants : (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :

  1. Rue de la Rade (g)
  2. Rue du Goulet (g)
  3. Rue du Portzic (g)
  4. Rue Albert Rolland (g)
  5. Quai de la Douane (d)

Origine du nom

Le quai porte le nom du commandant Louis Malbert (1874-1944), le capitaine du remorqueur Iroise. La voie prend officiellement le nom de quai du Commandant-Malbert par arrêté municipal du 25 septembre 1950[4].

Historique

Origines et aménagements du XIXe siècle

Le port Napoléon (Alfred Bernier gallica)

Le quai s’inscrit dans le vaste programme de création du port de commerce de Brest, décidé par décret impérial en 1859 et dénommé Port Napoléon en hommage à l'empereur. La jetée Ouest, infrastructure fondatrice du port, est approuvée par décision ministérielle du 6 septembre 1860, puis les quais de l’Ouest et du Nord-Ouest par décision du 14 juin 1862. Les travaux s’échelonnent entre 1862 et 1875 sur un terre-plein établi en grande partie sur le banc rocheux de Saint-Marc, après d’importantes opérations de dragage[5].

À partir de 1865, le quai est utilisé pour le déchargement, le stockage et le transit des marchandises, notamment le charbon et les vins. Des concessions temporaires sont accordées dès 1866 pour l’implantation de baraques commerciales. Par arrêté municipal du 28 septembre 1873, les voies de la jetée sont officiellement nommées ; le quai prend alors l’appellation de quai de l’Ouest[4].

Adaptations et modernisations du XXe siècle

Plan général du port de Brest

Conçu initialement pour un trafic annuel d’environ 180 000 tonnes, le port de commerce atteint plus de 650 000 tonnes au début du XXe siècle, rendant nécessaires des adaptations structurelles du quai. Plusieurs campagnes de dragage sont menées et un appontement en béton armé est construit en 1931, prolongé en 1932, afin de permettre l’accostage de navires de plus fort tirant d’eau[6].

Durant la Seconde Guerre mondiale, le quai subit de lourdes destructions, dues aux bombardements alliés et aux mines posées par l’armée allemande le long des infrastructures portuaires. Dès 1945, des travaux d’urgence sont engagés pour stabiliser le terre-plein. Entre 1954 et 1956, le service des Ponts et Chaussées du Finistère lance plusieurs marchés de reconstruction, reposant sur des structures en béton armé fondées sur pieux, prenant appui sur les vestiges du quai poids de 1862[7].

Évolutions récentes

Longtemps essentiel à l’activité du port de commerce, le quai voit ses fonctions évoluer à partir de la seconde moitié du XXe siècle, avec le déplacement progressif des activités portuaires vers l’est de la rade. Les anciens hangars et zones de stockage sont progressivement remplacés par des immeubles de bureaux, des logements et des équipements administratifs. Le quai accueille aujourd’hui des activités portuaires spécialisées (baliseurs, pilotage, remorqueurs), tout en étant un espace urbain et de promenade intégré à la ville.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire

Parmi les édifices notables bordant le quai figurent :

Les Phares et balises

l’établissement des Phares et balises, implanté sur le site depuis 1879 et reconstruit entre 1949 et 1954, qui accueille depuis 2019 le Centre national des phares et balises[8];

Le bureau du port

L’ancien bureau du port est construit à partir de 1873 et remanié au cours du XXe siècle. Il se trouve au 30bis entre la rue du Goulet et la rue du Portzic. D'abord dénommé bureau des maîtres de quai, puis bureau du port avant de prendre l'appellation de capitainerie. La capitainerie sera ensuite déplacée dans un bâtiment au 16 du quai de la Douane avant d'être relocalisée à proximité de la forme de radoub 3.

Le batiment sera transféré avec le port à la région Bretagne en 2007[9]. Il servira de subdivision terrestre à la DDE jusqu'en 2010, puis accueillera[10] le pôle littoral et affaires maritimes[11] (PLAM-DDTM)[12] jusqu'en 2020.

Le Chantier du Guip

Le hangar du Chantier du Guip est situé au 28 du quai. Après son agrandissement, il couvre une surface totale de 2 000 m²[13]. Une large façade vitrée permet d’observer l’intérieur de l’atelier. L’espace est organisé en plusieurs zones dédiées aux différents métiers de la construction navale : charpente, ébénisterie, et technique embarquée. Le hangar est conçu pour accueillir des yachts et des bateaux du patrimoine allant jusqu’à 100 tonnes. C’est dans ce hangar qu’a été construite la Recouvrance[14]. Le chantier et ouvert à la visite[15].

Le bâtiment de la succursale brestoise de la Maison Worms

L’ancien bâtiment de la succursale brestoise de la Maison Worms[16] est situé au 10 du quai Commandant-Malbert, à l’angle du quai et de la rue Aldéric-Lecomte. En 1948-1949, la Compagnie de services maritimes Worms construit un nouveau bâtiment pour remplacer l’ancien local, situé un peu plus au nord sur cette même jetée, qui a été détruit lors des bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Ce projet s’inscrit dans le cadre des financements de l’État pour les dommages de guerre, gérés par le ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme (MRU)[17].

L’ensemble du bâtiment abrite aujourd’hui des bureaux. Le garage en façade permet de se faire une idée du volume des anciennes zones de hangar. Sa vigie, situé sur la façade principale, confère à l’édifice une architecture originale[18]. Ce bâtiment est l’un des derniers vestiges architecturaux de l’histoire du commerce au port de Brest, et notamment du trafic charbonnier[19].

Le quai Commandant-Malbert dans la culture

Notes et références

Voir aussi

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