Penfeld
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| Penfeld | |
La Penfeld dans la base navale de Brest. | |
| Caractéristiques | |
|---|---|
| Longueur | 15,9 km [1] |
| Bassin | 64 km2 [1] |
| Bassin collecteur | Penfeld |
| Régime | pluvial océanique |
| Cours | |
| Source | source |
| · Localisation | Gouesnou |
| · Coordonnées | 48° 27′ 06″ N, 4° 26′ 00″ O |
| Embouchure | port de Brest |
| · Localisation | Brest |
| · Altitude | 0 m |
| · Coordonnées | 48° 22′ 41″ N, 4° 29′ 39″ O |
| Géographie | |
| Pays traversés | |
| Département | Finistère |
| Régions traversées | Bretagne |
| Sources : SANDRE, Géoportail | |
| modifier |
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La Penfeld [pɛ̃fɛl][2] est un fleuve côtier français[1], long de 16 km, sur la rive gauche duquel s'est développée la ville de Brest, dans le Finistère.
En 1019[3], le fleuve s'appelait en latin Caprella issu de caprae : « chèvre sauvage » ou « chevreuil », en breton gavr et gavrig : « cabri », « chevrette ». Et Brest s'appelait alors Bresta super caprellam, soit « Brest-sur-Chevrette ».
Le latin cap ou caput se traduit par penn en breton, “tête” en français, Caprella est devenu pen-rella[réf. nécessaire], variant au gré des générations en pen-vella, pen-fell puis Penfeel en 1248 (du nom du petit village installé au niveau du gué existant à la limite de la remontée de la marée sur le petit fleuve côtier permettant le franchissement par la route, ancienne voie romaine allant de Vorgium à la pointe Saint-Mathieu via Saint-Renan), germanisé plus tard au XVIIe siècle en Penfeld par un ingénieur de la Marine ou par des brasseurs de bière alsaciens qui installèrent à la fin du XVIIe siècle une brasserie dans l'anse Saupin (à l'emplacement de l'actuelle buanderie de la marine).
Son nom breton est Penfell.
Géographie

Il prend sa source sur la commune de Guipavas, passe par Gouesnou, Bohars et Guilers avant de déboucher sur la mer en rade de Brest. Petit cours d'eau, la Penfeld s'est installée dans l'ancien cours de l'Aulne (plus grand fleuve du Finistère qui méandrait dans le bassin de Châteaulin, le cours inférieur traversant le pays de Léon à l'Éocène[4]), capté vers l'ouest par l'ouverture du goulet de la rade de Brest, lors des cycles interglaciaires de l'ère quaternaire. Ce qui explique sa largeur et sa profondeur, permettant à des bateaux de fort tirant d'eau de remonter assez loin en amont, en fonction des marées dont le marnage peut atteindre jusqu'à huit mètres.
Son cours amont compte de nombreux moulins dont plusieurs sont toujours en activité[5]. La digue la plus en aval maintient en eau un ancien parc à bois utilisé pour conserver immergés les bois utilisés pour la construction des vaisseaux.
Entre le village de Penfeld et la porte de l'Arrière-Garde, le cours naturel de la Penfeld a été profondément modifié par les travaux réalisés au fil des siècles : stabilisation du niveau de l'eau par la construction de la digue de Kervallon, construction de l'« Île factice » entre 1803 et 1818, édification d'un chemin de halage sur la rive gauche pour le tractage hippomobile du bois (on immergeait les bois de marine dans l'eau saumâtre de la Penfeld pour les protéger des attaques de parasites (enclavation); des poutres de bois étaient immergées pour la même raison dans l'anse aux Baux). D'autres anses sont pour certaines encore visibles, d'autres ayant disparu : l'anse de la Villeneuve, dite aussi anse de Langoulouarn (qui sert désormais de lieu d'entraînement pour les kayaks), l'anse de Saint-Guénolé, l'anse au Merle, l'anse Goyen, l'anse de la Chapelle-Jésus ( à l'emplacement de l'actuel stade de la Cavale Blanche). Une chapelle située sur les rives de la Penfeld a disparu : la Chapelle-Jésus, en ruine depuis la Révolution française, mais dont le pardon a été immortalisé par la chanson d'Henri Ansquer qui date de 1911 et connue sous le nom de Complainte de Jean Quéméneur, qui raconte les malheurs d'un marin de Recouvrance et de son épouse infidèle Marie-Madeleine Poullaouec :
Puis vlà-t-il pas qu'à Kervallon
Femme sans cœur et sans raison
Elle fit d'un quartier-maître clairon
La connaissance
Ils s'en allèrent bras d'ssus, bras d'ssous
Au pardon d'la Chapelle-Jésus
Depuis on n'les a plus revus
À Recouvrance !
Une autre chapelle subsiste à l'état de ruines en bordure de la Penfeld : la Chapelle Saint-Guénolé.
Longtemps, la traversée de la Penfeld fut assuré par un service de bacs (en fait des embarcations à rames) que la Marine mettait à la disposition du public, avant la construction du "Grand Pont" sous le Second Empire en 1856. À Brest, la Penfeld est désormais enjambée par le pont de l'Harteloire puis, quelques hectomètres en aval, par le pont de Recouvrance, qui était le plus grand pont levant d'Europe avant d'être détrôné par le pont levant de Rouen en 2007. Le pont de la Villeneuve, plus en amont, permet désormais de relier le boulevard de l'Europe au Centre hospitalier Universitaire de la Cavale Blanche.
Sur ses derniers kilomètres, aux rives escarpées (versants abrupts de 25 à 30 m de haut), la Penfeld est incluse dans la base navale de Brest (Marine nationale), ancien arsenal de Brest, zone sous contrôle militaire vouée à la construction, à la réparation navale et au soutien de l'escadre de l'Atlantique.
À son embouchure, sur un site dont la valeur militaire est reconnue depuis l'Antiquité et au-delà, a été construit un château fort, le château de Brest, construit pour l'essentiel au XVe siècle et où est implantée désormais la préfecture maritime de l'Atlantique ainsi que le musée de la Marine de Brest.
