Querida Amazonia
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| Querida Amazonia | ||||||||
| Exhortation apostolique du pape François | ||||||||
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| Date | ||||||||
| Sujet | Exhortation post-synodale sur l'Amazonie | |||||||
| Chronologie | ||||||||
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Querida Amazonia (en français : « Amazonie bien-aimée ») est une exhortation apostolique post-synodale du pape François datée du et publiée le . Elle fait suite au synode sur l'Amazonie qui s'est tenu du 6 au , et au document final de ce synode, Amazonie : nouveaux chemins pour l’Église et pour une écologie intégrale.

L'exhortation apostolique est datée du , mais publiée le 12. Plusieurs observateurs font remarquer que cette dernière date correspond au quinzième anniversaire de l'assassinat de Dorothy Stang, religieuse américaine avocate des Indiens[1], assassinée par des tueurs à gage au service de Regivaldo Pereira Galvão, grand propriétaire terrien[2],[3].
Structure
Le texte de l'exhortation s'étend sur 88 pages et est structuré en quatre « rêves ». Le premier chapitre est consacré au « rêve social », le second au « rêve culturel », le troisième au « rêve écologique », enfin le dernier au « rêve ecclésial »[4].
Contenu

Le pape, notamment du fait de son origine argentine, insiste sur le concept très latino-américain du « Buen Vivir », qui doit s'appliquer aussi bien aux quartiers urbains qu'aux milieux naturels sensibles. Il s'attaque une fois de plus aux postures néocoloniales qui consistent à ne voir qu'à court terme et à ne considérer les milieux naturels, et en particulier l'Amazonie, que comme des richesses potentielles à exploiter sans tenir compte de ses habitants. Les peuples indigènes, mais aussi les plus pauvres, doivent être considérés comme les interlocuteurs de référence concernant ce territoire[5].
En ce qui concerne la culture spécifique aux peuples indigènes, le pape appelle à « cultiver sans déraciner » et à « promouvoir sans envahir ». Il s'attaque ainsi non seulement à l'impérialisme culturel qui menace ces peuples, et qui vient en particulier de la culture occidentale promue par les colons et les sociétés d'exploitation de l'Amazonie[5], mais aussi aux attitudes critiques envers les rites et pratiques qui leur sont propres. En effet, certaines voix catholiques se sont élevées, notamment durant le synode sur l'Amazonie, contre des pratiques indigènes dénoncées comme « idolâtres » ; en réaction, le pape appelle à une attitude intégratrice, qui s'inscrit également dans une tradition jésuite telle qu'ont pu la pratiquer les missionnaires de cet ordre dès le XVIIIe siècle, par exemple dans les réductions[6]. Le discours du pape s'insurge également contre une attitude « environnementale » qui ne prenne en compte que la vision de l'environnement, et milite pour une « approche sociale » du mode de vie des populations autochtones de l'Amazonie, ainsi que pour une Église qui soit du côté des opprimés[7].
En ce qui concerne son rêve social, le pape souhaite l'émergence d'une responsabilité et d'une demande de pardon, qui s'accompagnent de la création de réseaux de solidarité, en vue desquels il sollicite ses lecteurs, y compris personnalités politiques. François y dénonce également la corruption et appelle la tenue d'un véritable dialogue social, afin que « leurs paroles, leurs espérances, leurs craintes [soient] la voix la plus forte autour de n’importe quelle table de dialogue »[7].
Au-delà du contenu de l'exhortation elle-même, le pape invite ses lecteurs à consulter également le texte du document final du synode, ce que certains commentateurs décrivent comme une approbation de ce qui y est écrit, même si les propositions les plus discutées de ce Synode ne figurent pas dans Querida Amazonia[8]
Contexte
Un fort climat conflictuel s'est développé durant l'hiver 2019-2020 concernant l'éventualité, abordée durant le synode, d'ordonner prêtres des hommes mariés. Ce conflit est notamment renforcé par la publication Des Profondeurs de nos cœurs par le cardinal Robert Sarah. À ce titre, la publication de l'exhortation apostolique est très attendue[9]. Michael Czerny, Lorenzo Baldisseri ou Matteo Bruni rappellent, à l'occasion de la sortie de Querida Amazonia, que celle-ci, au contraire du document final du synode sur l'Amazonie, a une valeur canonique, et fait donc partie de ce qu'enseigne l'Église[10]. À ce titre, le document pontifical est très attendu, même si certains remarquent la préférence du pape pour le développement chez les séminaristes du « zèle apostolique », c'est-à-dire d'une véritable volonté pour eux de choisir d'aller en mission dans les territoires indiens plutôt que dans des zones réputées plus faciles[11].
