Rallye Safari 1970
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| Rallye Safari 1970 | ||||||||
| 4e manche du Championnat international des rallyes pour marques 1970 | ||||||||
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La Datsun 1600 SSS des vainqueurs. | ||||||||
| Généralités | ||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Édition | 18e édition du Rallye East African Safari | |||||||
| Pays hôte | Kenya | |||||||
| Lieu | Ouganda et Kenya | |||||||
| Date | du 26 au 30 mars 1970 | |||||||
| Distance | 5150 km | |||||||
| Surface | terre, rocaille et boue, rares tronçons goudronnés | |||||||
| Équipes | 91 au départ, 19 à l'arrivée | |||||||
| Podiums | ||||||||
| Classement pilotes | ||||||||
| 1. |
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| 2. |
3. | |||||||
| Classement équipes | ||||||||
| 1. |
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| 2. |
3. | |||||||
| Rallye Safari | ||||||||
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Le Rallye Safari 1970 (18th East African Safari), disputé du 26 au [1], est la quatrième manche du Championnat international des marques 1970 (IRC), inauguré cette même année.
Le championnat international des rallyes pour marques
Alors que le championnat d'Europe des rallyes pour conducteurs fut créé en 1953, ce n'est que quinze ans plus tard, en 1968, qu'apparut le championnat d'Europe des rallyes pour marques (ERC), Ford devenant cette année-là le premier constructeur titré dans la discipline, titre conservé la saison suivante au terme d'une saison confuse et un championnat joué sur seulement cinq manches sélectives, plusieurs épreuves initialement inscrites n'ayant pas respecté la réglementation en vigueur. Pour 1970, le championnat devient intercontinental, étant rebaptisé championnat international des rallyes pour marques (IRCM) en intégrant une épreuve africaine, le Safari. Les sept autres manches inscrite au calendrier, dont deux hivernales (Monte-Carlo et Suède), sont européennes. Les épreuves sont réservées aux catégories suivantes, suivant la dernière évolution de l'annexe J, définie le 6 octobre 1969 par la Commission sportive internationale (CSI), en vigueur depuis le 1er janvier 1970[2] :
- Groupe 1 : voitures de tourisme de série - production minimale de 5000 exemplaires
- Groupe 2 : voitures de tourisme spéciales - production minimale de 1000 exemplaires
- Groupe 3 : voitures de grand tourisme de série - production minimale de 1000 exemplaires
- Groupe 4 : voitures de grand tourisme spéciales - production minimale de 500 exemplaires

À l'issue des trois premières manches, Porsche, grâce aux victoires de Björn Waldegård au Rallye Monte-Carlo et au Rallye de Suède, est en tête du classement provisoire, le constructeur allemand comptant cinq points d'avance sur Alpine, son principal rival dans la course au titre, qui s'est imposé au Rallye Sanremo-Sestriere avec Jean-Luc Thérier. Une victoire au Safari permettrait à la Scuderia Lancia, troisième acteur phare du championnat, de rattraper son retard sur ses deux adversaires, qui ont tous deux officiellement fait l'impasse sur l'épreuve africaine.
L'épreuve
La première édition du «Coronation Safari», créé à l'initiative d'Eric Cecil, eut lieu au printemps 1953 aussitôt après un déplacement officiel au Kenya de la jeune reine Élisabeth II. Parcourant les rudes pistes des états est-africains du Commonwealth (Kenya, Ouganda, Tanzanie), l'épreuve acquit bientôt une notoriété internationale, attirant les constructeurs soucieux de démontrer l'endurance et la robustesse de leurs modèles sur des terrains difficiles. En 1960, elle fut rebaptisée «East African Safari», et fut dès lors toujours organisée en période de Pâques. Le classement s'effectue sur le principe des secteurs sélectifs, tout retard sur le temps imparti entraînant des minutes de pénalisation. Les moyennes imposées sont généralement difficile à respecter sur des pistes alternant poussière et rocaille, avec de nombreux bourbiers et gués à franchir lorsque le départ a lieu en période de pluie[3]. Le record de victoires est détenu par Peugeot, la marque française s'y étant imposée à quatre reprises entre 1963 et 1968. La dernière édition fut remportée par la Ford 20M RS de Robin Hillyar/Jock Aird. Chacune des dix-sept éditions disputées a vu le succès d'un équipage local.
Le parcours

- départ : de Kampala
- arrivée : à Kampala
- distance : 5 150 km, 57 contrôles horaires (CH)
- surface : terre, boue et rocaille
- Parcours divisé en quatre étapes[4]
Première étape
Deuxième étape
Troisième étape
- Nairobi - Kisumu - Kampala, du 28 au
- 11 contrôles horaires
Quatrième étape
- Kampala - Kabale - Fort Portal - Kampala, du 29 au
- 12 contrôles horaires
Les forces en présence

- Lancia
La Scuderia Lancia a spécialement préparé trois coupés Fulvia HF groupe 4 pour l'épreuve africaine. Ils seront menés par Harry Källström/Gunnar Häggbom, , Simo Lampinen/John Davenport et Sandro Munari/Lofty Drews. En configuration terre, ils pèsent près d'une tonne. Leur moteur V4 de 1583 cm3 entraîne les roues avant. Alimenté par deux carburateur à double corps Solex Dell'Orto, il développe 135 chevaux. Les Lancia utilisent des pneus Pirelli[5].
- Datsun
Le constructeur nippon s'est fortement impliqué dans la préparation et les reconnaissances de l'épreuve. Cinq berlines 1600 SSS groupe 2 ont été engagées par l'usine, dont une confiée au pilote japonais Kyozo Adachi. Celui-ci fut cependant victime d'un accident mortel durant les essais et les dirigeants de Datsun mirent aussitôt fin aux reconnaissances, se fiant aux notes de l'année précédente pour la partie ougandaise du parcours, et a limité à quatre voitures sa participation officielle. Elles sont aux mains de Jack Simonian/Patrick Neylan, Edgar Herrmann/Hans Schüller, John Saunders/Beverley Smith et Joginder Singh/Ken Ranyard. Dotées d'une transmission classique, les 1600 SSS sont motorisées par un 4 cylindres de 1593 cm3, alimenté par deux carburateurs à double corps. La puissance disponible est de 120 chevaux (contre 105 pour les modèles de série). De très nombreux équipages amateurs représentent la marque, qui compte au total trente-et-une voitures. Parmi les plus en vue, on compte les 1600 SSS groupe 2 de Jamil Din/Mateen Mughal, Shekhar Mehta/Rob Combes et Mike Kirkland/John Rose, qui bénéficieront également du service d'assistance de l'usine. Les Datsun sont chaussées de pneus Dunlop[5].
- Ford

Après avoir remporté l'édition précédente avec un coupé 20M RS, la division sportive de Ford Cologne aligne cette année trois Capri 2300 groupe 2, les vainqueurs 1969, Robin Hillyar/Jock Aird, étant épaulés par Rauno Aaltonen/Peter Huth et Dieter Glemser/Klaus Kaiser. En configuration terre, ces coupés à transmission classique pèsent plus d'une tonne ; ils sont animés par un V6 de 2293 cm3 développant 125 chevaux à 5500 tr/min[6]. Les Ford sont équipées de pneus Dunlop[5].
- Peugeot
Soutenant sa filiale argentine pour la préparation du prochain rallye Londres-Mexico[4], la marque sochalienne n'a pas de représentant officiel mais quatorze Peugeot privées (principalement des 404 et des 504) seront néanmoins au départ. Inscrits tardivement, les doubles vainqueurs Bert Shankland/Chris Rothwell s'alignent sur une berline 504 groupe 2. Contrairement aux versions groupe 1 engagées par l'importateur kenyan et confiées à Dick Barbour/Mike Doughty, Nick Nowicki/Paddy Cliff ou Roger Harris/Peter Austin, leur moteur 4 cylindres de 1796 cm3, alimenté par injection mécanique, a été spécialement préparé, sa puissance dépassant les 104 chevaux du modèl de série. Affublés du n°94, ils subiront le handicap de s'élancer parmi les derniers, derrière des concurrents nettement moins rapides. La plupart des Peugeot utilisent des pneus Dunlop sur les pistes africaines.
- Porsche
Navigué par son compatriote Mieczysław Sochacki, le champion polonais Sobiesław Zasada a engagé sa 911 S groupe 4 personnelle. Ce coupé d'environ une tonne est doté d'un moteur à six cylindres à plat refroidi par air, monté en porte-à-faux arrière. D'une capacité de 2195 cm3, il délivre 180 chevaux à 6500 tr/min[6]. Cette voiture est chaussée de pneus Dunlop[5].
- Triumph
Importateur de la marque au Kenya, Cooper Motor Corporation a engagé deux Triumph 2.5 PI groupe 2 pour Howard Lawrence-Brown/Derek Paveley et Kim Mandeville/Stuart Allison. Ces grosses berlines de plus de 1200 kg sont pourvues d'un moteur six cylindres de 2498 cm3, alimenté par injection indirecte, développant 134 chevayx à 5500 tr/min[6].
- Volvo
Parmi les rares équipages féminins présents, Chrissie Michaelides et Lyn Robinson partiront sur une ancienne Volvo 122 S (plus de 1100 kg, tansmission classique, moteur quatre cylindres deux litres d'environ 110 chevaux[6])
Déroulement de la course
Première étape
Le départ est donné de Kampala, le jeudi matin, sous une chaleur torride. La première partie du parcours est sèche, la piste étant particulièrement poussiéreuse. Simo Lampinen va être éliminé après seulement cent kilomètres parcourus, sa Lancia étant hors d'usage après une collision avec un taxi. Familier de l'épreuve et ouvrant la route, Jack Simonian prend rapidement le commandement de la course. Peu après le poste-frontière de Malaba, son copilote Patrick Neylan, qui habite la région et connait parfaitement le secteur, juge alors inutile d'utiliser ses notes et navigue à vue. L'équipage va cependant être surpris par un récent changement de tracé[7]. Abordant un virage serré beaucoup trop vite, la Datsun n°1 sort brutalement de la route et effectue un tonneau avant de retomber en contrebas dans le lit d'une rivière à sec. Les deux hommes parviendront à remettre la voiture sur ses roues et à repartir, très attardés[8]. C'est maintenant la Ford Capri qui est en tête, devant Sandro Munari. Ce dernier est le seul rescapé de la Scuderia Lancia, son coéquipier Harry Källström ayant arraché une canalisation d'essence sur un dos d'âne. Il pleut abondamment et la piste est boueuse. Entre Subukia et Meru, à proximité du Mont Kenya, Munari s'empare du commandement de la course. Il conserve la tête jusque Nairobi, mais se voit tout d'abord exclu de l'épreuve après examen du carnet de bord, l'équipage ayant pointé à plusieurs points de contrôle horaire avec plus de trente minutes d'avance ! La mise hors course n'étant pas explicite dans le règlement édicté par les organisateurs, l'écurie italienne fait appel de cette décision, procédure qui permet à l'équipage Munari/Drews de rester en lice dans l'attente d'une décision officielle de la FIA[7]. C'est toutefois officiellement Edgar Herrmann, sur Datsun, qui figure désormais en tête du classement provisoire, devant la Lancia. Les Datsun de Jamil Din et de Joginder Singh sont respectivement troisième et cinquième, encadrant la Porsche de Sobiesław Zasada. Une panne de moteur a éliminé Aaltonen peu avant d'atteindre la capitale kényane. Son coéquipier Dieter Glemser avait abandonné la veille, boîte de vitesses cassée[9].

| Pos. | Pilote | Copilote | Voiture | Groupe |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Datsun 1600 SSS | 2 | ||
| 2 | Lancia Fulvia coupé HF | 4 | ||
| 3 | Datsun 1600 SSS | 2 | ||
| 4 | Porsche 911 S | 4 | ||
| 5 | Datsun 1600 SSS | 2 |
Deuxième étape

Les concurrents restants en course repartent de Nairobi le samedi matin, pour une boucle passant par les bords de l'océan indien. En raison des fortes pluies et de l'état des pistes, le parcours a dû être sensiblement modifié par les organisateurs. Munari est tout d'abord légèrement retardé par une fuite au radiateur, avant de casser une roue dans une ornière. Il fait alors demi-tour pour rejoindre son point d'assistance le plus proche. Il est cependant toujours deuxième lorsque les dégâts sont réparés, derrière Zasada qui a pris le commandement de la course. Munari continue à attaquer et parvient à réduire son retard sur la Porsche, mais après Mombasa, le dimanche, il sort de la route et effectue un tonneau, endommageant sévèrement sa Lancia ; son copilote Lofty Drews a été légèrement blessé au visage dans l'accident[9]. Un accident beaucoup plus grave a touché le pilote ougandais David Ndahura, mort noyé au volant de sa Ford Cortina, emportée par un très fort courant lors d'une tentative de franchissement d'un cours d'eau, son copilote Jouis Agard ayant réussi à s'extraire in extremis de la voiture[10]. Zasada rallie Nairobi avec désormais onze minutes d'avance sur Herrmann, lui-même suivi à bonne distance par ses coéquipiers Joginder Singh et Jamil Din. Tout comme la Scuderia Lancia, Ford a perdu ses trois voitures, Robin Hillyar, dernier rescapé de l'équipe ayant été mis hors course : très attardée après la descente d'une soupape dans un cylindre, la voiture avait subi de nombreuses interventions mécaniques (changement de culasse, puis remplacement de l'embrayage) et s'était retrouvée hors délais. Pénalisé durant les premiers jours par sa position sur la route (sa Peugeot 504 portant le n°94), Bert Shankland a effectué une belle remontée et figure désormais parmi les cinq premiers.
| Pos. | Pilote | Copilote | Voiture | Groupe | Pénalisations | Écart |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Porsche 911 S | 4 | 3 h 07 min | |||
| 2 | Datsun 1600 SSS | 2 | 3 h 18 min | + 11 min | ||
| 3 | Datsun 1600 SSS | 2 | ||||
| 4 | Datsun 1600 SSS | 2 | ||||
| 5 | Peugeot 504 injection | 2 |
Troisième étape
La course reprend le lundi matin, après douze heures de repos pour les équipages. Hormis la remontée de Shankland, qui va rallier Kampala en quatrième position, les positions en tête n'évoluent guère au cours de cette étape. Xasada conserve sa première place, qui conserve ses onze minutes d'avance sur Herrmann. Troisième, Singh accuse près de quarante minutes de retard sur l'homme de tête.

| Pos. | Pilote | Copilote | Voiture | Groupe | Pénalisations | Écart |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Porsche 911 S | 4 | 4 h 50 min | |||
| 2 | Datsun 1600 SSS | 2 | 5 h 01 min | + 11 min | ||
| 3 | Datsun 1600 SSS | 2 | 5 h 29 min | + 39 min | ||
| 4 | Peugeot 504 injection | 2 | 5 h 55 min | + 1 h 05 min | ||
| 5 | Datsun 1600 SSS | 2 | 6 h 27 min | + 1 h 37 min | ||
| 6 | Triumph 2.5 PI | 2 | 6 h 56 min | + 2 h 06 min | ||
| 7 | Volvo 122 S | 2 |
Quatrième étape

Les rescapés s'élancent le mardi soir, après une pause de quatre heure,, pour une boucle à l'ouest de Kampala. Zasada continue à contrôler la course, maintenant Herrmann à distance. Mais le mercredi, alors que la victoire est en vue et qu'il ne reste plus que deux cents kilomètres à parcourir, un problème de lubrification dû à une porosité du joint de filtre à huile se solde par une casse moteur. Hermmann hérite de la première place, qu'il conserve jusqu'à l'arrivée, Singh assurant le doublé pour Datsun. Quatrième derrière la Peugeot 504 de Shankland, Din complète le triomphe de la marque japonaise. La cinquième place revient à l'équipage féminin Chrissie Michaelides/Lyn Robinson, sur une ancienne Volvo, au terme d'une course méritoire. Elles précèdent la Triumph de Kim Mandeville. Seulement dix-neuf voitures ont atteint l'arrivée.
Classement général
| Pos | No | Pilote | Copilote | Voiture | Pénalisations | Écart | Groupe |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 4 | Datsun 1600 SSS | 6 h 35 min | 2 | |||
| 2 | 17 | Datsun 1600 SSS | 7 h 26 min | + 51 min | 2 | ||
| 3 | 94 | Peugeot 504 injection | 8 h 09 min | + 1 h 34 min | 2 | ||
| 4 | 8 | Datsun 1600 SSS | 8 h 29 min | + 1 h 54 min | 2 | ||
| 5 | 78 | Volvo 122 S | 11 h 10 min | + 4 h 35 min | 2 | ||
| 6 | 16 | Triumph 2.5 PI | 11 h 10 min | + 4 h 35 min | 2 | ||
| 7 | 46 | Datsun 1600 SSS | 11 h 38 min | + 5 h 03 min | 2 | ||
| 8 | 50 | Peugeot 504 injection | 12 h 42 min | + 6 h 07 min | 1 | ||
| 9 | 26 | Peugeot 304 | 13 h 30 min | + 6 h 55 min | 2 | ||
| 10 | 20 | Peugeot 504 injection | 14 h 26 min | + 7 h 51 min | 1 |
Équipages de tête
Jack Simonian -
Patrick Neylan (Datsun 1600 SSS) : au début de la première étape
Rauno Aaltonen -
Peter Huth (Ford Capri 2300) : au cours de la première étape
Sandro Munari -
Lofty Drews (Lancia Fulvia coupé HF) : au cours de la première étape
Edgar Herrmann -
Hans Schüller (Datsun 1600 SSS) : De la fin de la première étape au milieu de la deuxième étape
Sobiesław Zasada -
Mieczysław Sochacki (Porsche 911 S) : du milieu de la deuxième étape au milieu de la quatrième étape
Edgar Herrmann -
Hans Schüller (Datsun 1600 SSS) : du milieu de la quatrième étape à l'arrivée