Rallye Sanremo-Sestriere 1970

From Wikipedia, the free encyclopedia

Édition1re édition du Rallye San Remo-Sestriere
Pays hôteItalie
Datedu 4 au 8 mars 1970
Rallye Sanremo-Sestriere 1970
3e manche du Championnat international des rallyes pour marques 1970
Généralités
Édition 1re édition du Rallye San Remo-Sestriere
Pays hôte Italie
Lieu Ligurie, Piémont
Date du 4 au 8 mars 1970
Spéciales 24 (198,5 km)
Surface principalement terre/boue/neige
Équipes 112 au départ, 15 à l'arrivée
Podiums
Classement pilotes
1. Jean-Luc Thérier
2. Harry Källström 3. Jean Vinatier
Classement équipes
1. Alpine
2. Lancia 3. Alpine
Rallye Sanremo

Le Rallye Sanremo-Sestriere 1970 (1. Rallye Sanremo-Sestriere), disputé du 4 au 8 mars 1970[1], est la troisième manche du Championnat international des marques 1970 (IRC), inauguré cette même année.

Le championnat international des rallyes pour marques

Alors que le championnat d'Europe des rallyes pour conducteurs fut créé en 1953, ce n'est que quinze ans plus tard, en 1968, qu'apparut le championnat d'Europe des rallyes pour marques (ERC), Ford devenant cette année-là le premier constructeur titré dans la discipline, titre conservé la saison suivante au terme d'une saison confuse et un championnat joué sur seulement cinq manches sélectives, plusieurs épreuves initialement inscrites n'ayant pas respecté la réglementation en vigueur. Pour 1970, le championnat devient intercontinental, étant rebaptisé championnat international des rallyes pour marques (IRCM) en intégrant une épreuve africaine, le Safari. Les sept autres manches inscrite au calendrier, dont deux hivernales (Monte-Carlo et Suède), sont européennes. Les épreuves sont réservées aux catégories suivantes, suivant la dernière évolution de l'annexe J, définie le 6 octobre 1969 par la Commission sportive internationale (CSI) et en vigueur depuis le 1er janvier 1970[2] :

  • Groupe 1 : voitures de tourisme de série - production minimale de 5000 exemplaires
  • Groupe 2 : voitures de tourisme spéciales - production minimale de 1000 exemplaires
  • Groupe 3 : voitures de grand tourisme de série - production minimale de 1000 exemplaires
  • Groupe 4 : voitures de grand tourisme spéciales - production minimale de 500 exemplaires
Lancia Fulvia HF
La Lancia Fulvia HF d'Harry Källström, victorieuse du rallye di Sanremo 1969.

Ayant manqué pour deux points le titre 1969 des constructeurs de rallyes au profit de Ford[1], Porsche semble tenir sa revanche cette saison, son pilote principal Björn Waldegård ayant nettement dominé les deux premières manches (Monte-Carlo et Suède) au volant d'une 911 S. Au classement provisoire, la marque de Stuttgart compte déjà douze points d'avance sur Saab (dont les participations sont occasionnelles), se permettant de faire l'impasse sur l'épreuve italienne où ses principaux adversaires, Alpine et Lancia, brigueront la victoire.

L'épreuve

Créé au tout début des années 1950, le Rallye de Sestrières était alors, après les Mille Miglia et la Targa Florio, la plus importante épreuve routière italienne ; ce rallye hivernal fut intégré au Championnat d'Europe des rallyes (ERC) dès sa création en 1953. L'édition 1960 fut cependant annulée, contre l'avis de ses organisateurs, par les autorités locales à cause des mauvaises conditions météorologiques. L'épreuve perdit alors son statut européen et ne fut plus jamais disputée sous sa formule initiale. Recréé en 1961 après deux éditions en 1928 et 1929, le Rally dei Fiori, également couru dans le nord de l'Italie, lui succéda alors, intégrant le calendrier du championnat ERC dès 1964. Il fut rebaptisé «Rallye di Sanremo» en 1968[3]. La Scuderia Lancia s'y est imposée à cinq reprises, entre 1962 et 1969, la dernière édition ayant été remporté par le coupé Fulvia de l'équipage suédoisHarry Källström/Gunnar Häggbom. Pour l'année 1970, les organisateurs ont choisi d'ajouter à leur parcours habituel celui de l'ancien Rallye de Sestrières, empruntant les difficiles chemins muletiers des Alpes piémontaises, l'épreuve prenant désormais l'appellation «Rally Sanremo-Sestriere - Rally d'Italia»[4].

Le parcours

  • départ : de San Remo
  • arrivée : à Sestrières
  • distance : 1 823 km dont 198,5 km sur 24 épreuves spéciales (33 épreuves initialement prévues pour un total de 306,5 km)
  • surface : principalement terre (conditions hivernales)
  • Parcours divisé en deux étapes[5]
  • La législation italienne en vigueur interdisant les épreuves spéciales chronométrées, les organisateurs ont contourné la loi en imposant sur ces tronçons des temps impartis très difficiles à respecter. Les temps de référence sont basés sur une moyenne de 50 km/h, avec pénalisation d'un demi-point par seconde de retard sur le temps imparti dans ces secteurs chronométrés et d'un point par seconde de retard aux contrôles horaires du parcours de liaison[5].

Première étape

  • San Remo - Savone - Ponzone - Turin, 790 km, du 4 au
  • 9 épreuves spéciales, 85 km (14 épreuves initialement prévues pour un total de 170 km)

Deuxième étape

  • Turin - Savone - San Remo - Sestrières, 1033 km, du 6 au
  • 15 épreuves spéciales, 113,5 km (19 épreuves initialement prévues pour un total de 136,5 km)

Les forces en présence

Alpine A110
Une Alpine A110 groupe 4 sur le stand d'un salon historique. Trois de ces modèles seront au départ.
  • Alpine

La marque dieppoise aligne trois berlinettes A110 groupe 4, deux versions 1600 S pour Jean Vinatier/Jean-François Jacob et Jean-Luc Thérier/Marcel Callewaert et une version 1300 S pour Jean-Pierre Nicolas/Claude Roure. Afin de protéger les soubassements sur l'éprouvant parcours italien, la garde au sol a été relevée et une plaque de blindage d'une trentaine de kilos a été ajoutée sous la coque, portant le poids des 1600 s à 730 kg et celui de la 1300 S à près de 700 kg. Les deux modèles sont dotés d'un quatre cylindres monté en porte-à-faux arrière, associé à une boîte cinq vitesses. Celui des 1600 S est dérivé du moteur des Renault 16 TS, avec une cylindrée portée à 1596 cm3. Pour favoriser la souplesse, il a été «dégonflé» à 150 chevaux (contre 170 chevaux dans la version utilisée au Rallye Monte-Carlo). Le bloc de la 1300 S est celui de la Renault 8 Gordini, avec culasse modifiée. D'une cylindrée de 1296 cm3, il développe 130 chevaux. Selon les conditions météorologiques, les Alpine utiliseront des pneus Dunlop «Weathermaster» ou des pneus Michelin XAS cloutés[5].


  • Lancia

La Scuderia Lancia est présente en force, avec cinq coupés Fulvia HF groupe 4 officiels confiés à Harry Källström/Gunnar Häggbom, Sandro Munari/Arnaldo Bernacchini, Simo Lampinen/John Davenport, Amilcare Ballestrieri/Daniele Audetto et Sergio Barbasio/Mario Mannucci. La marque est également représentée par la Fulvia HF groupe 3 du Jolly Club, aux mains de Giorgio Pianta/Kuster et par de nombreux équipages privés, notamment Luigi Innocente/Gino Fregnan ou Gianni Bossetti/Roberto de Angelis, s'alignant sur des modèles identiques. Dotées d'un V4 de 1583 cm3 entraînant les roues avant, les Fulvia HF pèsent 850 kg et disposent, en version groupe 3, d'une puissance de l'ordre de 120 chevaux[6]. Bénéficiant de soubassements renforcés, les modèles groupe 4 «usine» pèsent près de 900 kg. Alors que les voitures de Källström et de Lampinen ont conservé les carburateurs Solex Dell'Orto, celles de Munari, de Ballestrieri et de Barbasio reçoivent deux Weber 40 DCO, également à double corps, donnant une puissance de 146 chevaux au lieu de 135. Les Lancia utilisent des pneus Pirelli[5].

Saab 96
Une Saab 96 groupe 2 lors d'une manifestation historique.
  • Saab

Le constructeur suédois a engagé deux 96 groupe 2 pour Håkan Lindberg/Arne Hertz et Tom Trana/Sölve Andreasson. Ces coachs d'environ 900 kg sont mus par un moteur Ford V4 de 1531 cm3, entraînant les roues avant. La voiture de Lindberg, alimentée par injection indirecte, développe 140 chevaux, contre un peu plus de 130 pour celle de Trana, à carburateur[7].

  • Fiat

Bien que n'ayant pas de service compétition, le grand constructeur turinois assure l'assistance des écuries privées le représentant. La berline 125 S groupe 2 du Jolly Club, confiée à Giulio Bisulli/Arturo Zanucolli en bénéficie, tout comme le spider 124 groupe 3 de l'équipe Tre Gazzelle, les 125 S groupe 2 de Renato Sonda/Pierluigi Turri et d'Alberto Smania/Giuseppe Zanchetti ainsi que celles de série de Giuseppe Ceccato/Helmut Eisendle et de Ferdinando Tecilla/Bruno Scabini. Dotée d'une transmission classique et d'une boîte cinq vitesses, la 125 S pèse une tonne. Son moteur quatre cylindres de 1608 cm3, à double arbre à cames en tête, développe, de base, 100 chevaux à 6000 tr/min[6], la version groupe 2 étant poussée à 120 chevaux[5]. Le spider 124, également à transmission classique et boîte cinq vitesses, a un quatre cylindres à double arbre à cames en tête de 1438 cm3 d'une puissance de 90 chevaux à 6500 tr/min. Il pèse 945 kg[6]. On trouve aussi des équipages amateurs à bord de modèles 850 ou 128, les Fiat représentant la moitié du plateau.

  • Ford

Initialement inscrits sur des Escort Twin Cam groupe 2, Ove Andersson/Elizabeth Nyström et Jean-François Piot/Jean Todt ne seront pas au départ.

Déroulement de la course

Première étape

Les équipages partent de San Remo le mercredi matin, sous le soleil, mais le temps est très instable et la neige va faire son apparition sur le premier tronçon chronométré. La Scuderia Lancia se trouve rapidement décimée, deux des cinq coupés Fulvia officiels étant déjà éliminés à cause d'une panne d'alimentation : la voiture d'Amilcare Ballestrieri n'a pu sortir du parc fermé alors que celle de Sergio Barbasio s'est immobilisée quelques kilomètres plus loin. Les trois Alpine ont pris la tête, Jean-Luc Thérier (auteur du meilleur temps) se trouvant à égalité avec son coéquipier Jean-Pierre Nicolas qui a respecté le temps imparti, tandis que Jean Vinatier n'est qu'à quelques secondes, talonné par les Lancia de Sandro Munari et de Simo Lampinen. Ce dernier n'ira cependant guère plus loin, victime de la même panne d'alimentation que ses coéquipiers ! Au sein de la même écurie, après moins d'une heure de course, trois des favoris sont hors jeu. Lors du démontage, on s'aperçut que les pompes à essence des trois voitures éliminées contenaient des fragments de ballon de baudruche et le directeur sportif Cesare Fiorio porta aussitôt réclamation pour sabotage[7]. Dans le secteur suivant, Thérier se montre de nouveau le plus rapide, tandis que Harry Källström réalise également un excellent chrono et se hisse à la deuxième place du classement général, devant Nicolas et Munari. Celui-ci passe alors à l'attaque et va remporter trois des quatre épreuves suivantes, se plaçant en principal adversaire de Thérier qui, passé Savone, conserve quarante-sept secondes d'avance sur le pilote italien, qui précède désormais Källström et la Saab d'Håkan Lindberg, régulièrement aux avant-postes, tandis que Nicolas et Vinatier ont perdu quelques places. Munari ne terminera cependant pas cette première étape, un problème pression d'huile de sa Lancia l'obligeant à renoncer à cent kilomètres de Turin. Thérier rallie la capitale piémontaise avec plus de trois minutes d'avance sur Källström. Suivent les deux Saab de Lindberg et de Tom Trana, puis les Alpine de Nicolas et Vinatier. Parmi les équipages amateurs, plus de la moitié ont été exclus par les organisateurs pour ne pas s'être présentés à un contrôle horaire à cause d'un concurrent ayant accidentellement bloqué la route, occasionnant un vif mécontentement.

Turin
Turin, terme de la première étape.
classement à la fin de la première étape[8]
Pos. Pilote Copilote Voiture Groupe Écart
1 Jean-Luc Thérier Marcel Callewaert Alpine A110 1600 S 4
2 Harry Källström Gunnar Häggbom Lancia Fulvia coupé HF 4 + 3 min 19 s
3 Håkan Lindberg Arne Hertz Saab 96 V4 2
4 Tom Trana Sölve Andreasson Saab 96 V4 2
5 Jean-Pierre Nicolas Claude Roure Alpine A110 1300 S 4
6 Jean Vinatier Jean-François Jacob Alpine A110 1600 S 4

Deuxième étape

Les équipages encore en lice repartent de Turin le vendredi matin, après neuf heures de repos. Källström se montre très rapide dans les premières épreuves spéciales et réduit légèrement son retard sur Thérier. Ce dernier réagit et va réaliser une série de cinq meilleurs temps consécutifs, s'assurant un avantage définitif sur son adversaire. Retardé par plusieurs crevaisons puis par des problèmes de transmission, Lindberg va perdre plusieurs places. Son coéquipier Trana ne pourra résister à la remontée de Vinatier, qui héritera finalement de la troisième place après l'abandon de Nicolas, différentiel hors d'usage. Malgré les énormes difficultés du parcours (rochers et arbres entravant parfois le passage), le classement n'évoluera plus jusqu'à à Sestrières, Thérier remportant sa première grande victoire internationale avec sept minutes d'avance sur Källström, ayant mené la course de bout en bout. Troisième devant la Saab de Trana (victorieuse en groupe 2), Vinatier complète le succès des Alpine. Au volant de sa Lancia de série, Giorgio Pianta s'impose en groupe 3. Disposant d'un modèle identique, son principal rival dans la catégorie, Luigi Innocente, était très bien parti mais fut par la suite ralenti par des ennuis mécaniques. Très nombreuses au départ, les Fiat obtiennent un beau résultat d'ensemble avec notamment la sixième place d'Alberto Smania et la victoire en Tourisme de série pour Giuseppe Ceccato, septième du classement général. Seulement quinze voitures sont arrivées à bon port.

Classements intermédiaires

Classements intermédiaires des pilotes après chaque épreuve spéciale[8].

Classement général

Fiat 125 S
Une Fiat 125 S de série semblable à celle de Ceccato/Eisendle, 7e du classement général et victorieuse en groupe 1.
Pos No  Pilote Copilote Voiture Points Pénalisations Écart Groupe
1 22 Jean-Luc Thérier Marcel Callewaert Alpine A110 1600 S 810,5 27 min 01 s 0 4
2 2 Harry Källström Gunnar Häggbom Lancia Fulvia coupé HF 1030,7 34 min 21 s 4 + 7 min 20 s 4 4
3 8 Jean Vinatier Jean-François Jacob Alpine A110 1600 S 1600,0 53 min 20 s 0 + 27 min 19 s 0 4
4 10 Tom Trana Sölve Andreasson Saab 96 V4 1796,0 59 min 52 s 0 + 32 min 51 s 0 2
5 34 Giorgio Pianta Kuster Lancia Fulvia coupé HF 2146,0 1 h 11 min 32 s 0 + 44 min 31 s 0 3
6 50 Alberto Smania Giuseppe Zanchetti Fiat 125 S 2859,7 1 h 35 min 19 s 4 + 1 h 08 min 18 s 4 2
7 38 Giuseppe Ceccato Helmut Eisendle Fiat 125 S 3013,5 1 h 40 min 27 s 0 + 1 h 13 min 26 s 0 1
8 20 Håkan Lindberg Arne Hertz Saab 96 V4 3130,0 1 h 44 min 20 s 0 + 1 h 17 min 19 s 0 2
9 26 Alcide Paganelli Ninni Russo Fiat 124 Spider 3488,4 1 h 56 min 16 s 8 + 1 h 29 min 15 s 8 4
10 66 Ferdinando Tecilla Bruno Scabini Fiat 125 S 3679,0 2 h 02 min 38 s 0 + 1 h 35 min 37 s 0 1

Équipages de tête

Vainqueurs d'épreuves spéciales

Résultats des principaux engagés

Classement du championnat à l'issue de la course

Notes et références

Related Articles

Wikiwand AI