Raymond Forni
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| Raymond Forni | |
Raymond Forni en 2001. | |
| Fonctions | |
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| Président du Conseil régional de Franche-Comté | |
| – (3 ans, 9 mois et 2 jours) |
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| Élection | |
| Coalition | PS-LV-AGR |
| Prédécesseur | Jean-François Humbert |
| Successeur | Marie-Guite Dufay |
| Président de l'Assemblée nationale | |
| – (2 ans, 2 mois et 20 jours) |
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| Élection | 29 mars 2000 |
| Législature | XIe (Cinquième République) |
| Prédécesseur | Laurent Fabius |
| Successeur | Jean-Louis Debré |
| Vice-président de l'Assemblée nationale | |
| – (1 an, 5 mois et 1 jour) |
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| Élection | |
| Président | Laurent Fabius |
| Législature | XIe (Cinquième République) |
| Successeur | Christine Lazerges |
| – (1 an, 11 mois et 30 jours) |
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| Élection | |
| Président | Henri Emmanuelli |
| Législature | IXe (Cinquième République) |
| Prédécesseur | Michel Coffineau |
| Président de la commission des Lois constitutionnelles, de la Législation et de l'Administration générale de la République de l'Assemblée nationale | |
| – (4 ans, 1 mois et 14 jours) |
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| Élection | |
| Législature | VIIe (Cinquième République) |
| Prédécesseur | Jean Foyer |
| Successeur | Jean-Pierre Michel |
| Député français | |
| – (5 ans et 6 jours) |
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| Élection | 1er juin 1997 |
| Circonscription | 1re du Territoire de Belfort |
| Législature | XIe (Cinquième République) |
| Groupe politique | SOC |
| Prédécesseur | Jean Rosselot |
| Successeur | Damien Meslot |
| – (4 ans, 9 mois et 9 jours) |
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| Élection | 12 juin 1988 |
| Circonscription | 1re du Territoire de Belfort |
| Législature | IXe (Cinquième République) |
| Groupe politique | SOC |
| Prédécesseur | Proportionnelle par département |
| Successeur | Jean Rosselot |
| – (12 ans, 4 mois et 21 jours) |
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| Élection | 11 mars 1973 |
| Réélection | 19 mars 1978 14 juin 1981 |
| Circonscription | 2e du Territoire de Belfort |
| Législature | Ve, VIe et VIIe (Cinquième République) |
| Groupe politique | PSRG (1973-1978) SOC (1978-1985) |
| Prédécesseur | Paul Robert |
| Successeur | Vacant |
| Député européen | |
| – (2 mois et 24 jours) |
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| Élection | 12 juin 1979 |
| Circonscription | France |
| Législature | 1re |
| Groupe politique | SOC |
| Prédécesseur | Jacques Delors |
| Successeur | Marie-Jacqueline Desouches |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Belfort, France |
| Date de décès | (à 66 ans) |
| Lieu de décès | 10e arrondissement de Paris, France |
| Nature du décès | Leucémie foudroyante |
| Sépulture | Cimetière de Montreux-Château |
| Nationalité | Italienne (naissance) Française (naturalisé) |
| Parti politique | SFIO (1964-1969) PS (1969-2008) |
| Diplômé de | Université de Strasbourg |
| Profession | Avocat |
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| Présidents de l’Assemblée Nationale | |
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Raymond Forni, né le à Belfort et mort le à Paris, est un avocat et un homme politique français.
Il a été notamment président de l'Assemblée nationale de 2000 à 2002 et président du conseil régional de Franche-Comté de 2004 à sa mort.
Jeunesse
Né à Belfort de parents italiens, originaires du Piémont, il est naturalisé français à l'âge de dix-sept ans. Son père, ferblantier parcourant les rues de Belfort, meurt alors qu'il a 11 ans[1],[2]. Il doit alors interrompre ses études en classe de 1re à l'âge de 17 ans et entre comme ouvrier aux usines Peugeot[3],[2] pendant un an et demi comme ouvrier (OS2) à la chaîne, et y participe à la vie syndicale[4]. Il passe son baccalauréat en 1962, à 21 ans, par correspondance puis s'inscrit à la faculté de droit de Strasbourg. Il devient avocat stagiaire à 27 ans[1],[2] et s'inscrit au barreau de Belfort[3]. Il se fait connaître en 1972, en défendant Nicole Mercier, professeur de philosophie d'un lycée de jeunes filles mise en examen pour avoir abordé la sexualité en cours[5].
Carrière politique
Raymond Forni adhère à la SFIO en 1964[4]. En 1971, il entre au Conseil municipal de Montreux-Château (il sera élu municipal dans trois communes différentes). À 32 ans, en 1973 et sous les couleurs du Parti socialiste, Raymond Forni est élu député de la deuxième circonscription du Territoire de Belfort, en même temps que Jean-Pierre Chevènement, également élu de ce département. En 1976, il devient conseiller général de Beaucourt.
Raymond Forni est parlementaire durant cinq législatures entre 1973 et 2002. Il s'oppose à la loi « Sécurité et liberté » d'Alain Peyrefitte et aux discriminations pénales envers les homosexuels[2]. Il préside la commission des lois de 1981 à 1985. En 1981, il est le rapporteur de la loi sur l'abolition de la peine de mort[6] ; Raymond Forni souligne qu'il s'agissait de son plus beau souvenir de parlementaire[1].
Le 6 novembre 1981, Raymond Forni dépose la proposition de loi n°527 « tendant à abroger l’alinéa 2 de l’article 331 du Code pénal »[7],[8],[9], qui était une promesse de campagne du candidat François Mitterrand[10]. Soutenue par le garde des Sceaux Robert Badinter[11], et rapporté par la députée de l'Isère Gisèle Halimi[11],[12], elle supprime la distinction discriminatoire dans l’âge du consentement entre rapports homosexuels et hétérosexuels, comme avant 1942, devenant de 15 ans pour tous, qui était une justification à la persécution policière et pénale[13] depuis des décennies. Sa proposition de loi est approuvée par l’Assemblée nationale le en première lecture, rejetée par le Sénat en 1982, mais maintenue par la chambre basse les et [14]. Elle est définitivement adoptée par l’Assemblée nationale le 27 juillet 1982, et promulguée le 4 août suivant[15]. Ainsi, la disparition du « délit d’homosexualité » né sous le régime de Vichy permet aux personnes homosexuelles de « sortir de la clandestinité »[16].
Parlementaire actif, il publie le rapport sur le Canal Rhin-Rhône dont il préconise l'abandon, et s'investit dans le débat sur l'informatique et les libertés.
Succédant à Jacques Delors, Raymond Forni est brièvement député européen de juin à septembre 1981, membre du groupe socialiste, avant de laisser sa place à Marie-Jacqueline Desouches. Représentant à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe suppléant de 1973 à 1981 et de 1980 à 1981, il devient titulaire de 1988 à 1993, et de 1997 à 1998[17].
En , il abandonne tous ses mandats avec sa nomination à la Haute Autorité de la communication audiovisuelle par François Mitterrand[3]. Il y siège jusqu'à fin 1986 et le remplacement de cette autorité par la CNCL. Raymond Forni est également vice-président de la Commission nationale de l'informatique et des libertés de 1978 à 1985 et de 1988 à 1991.
À la fin de son mandat à la Haute Autorité de la communication audiovisuelle, il reconquiert des mandats locaux : en 1987 il redevient conseiller général de Delle, et est élu conseiller municipal de Delle en 1989. Puis, en 1988, il est réélu député, cette fois-ci dans la première circonscription de son département, et devient vice-président de l'Assemblée nationale le 2 avril 1991 en remplacement de Michel Coffineau[18]. Battu aux élections législatives de 1993, il est réélu en 1997 mais de nouveau battu à celles de 2002.
Longtemps réputé proche de Jean-Pierre Chevènement, l'animateur du courant CERES au sein du Parti socialiste, il ne le suit pas lors de la création du MDC en 1993 et reste au Parti socialiste où il rejoint les « mitterrandistes »[5]. Avec Jean-Pierre Chevènement se développe une relation d'amis et rivaux.
Parlementaire remarqué pour son travail, éloquent, il n'a jamais fait partie d'un gouvernement ; « Cher ami, vous devriez être ministre depuis longtemps » lui dit un jour François Mitterrand. « Monsieur le Président cela ne tient qu'à vous. » « Ah oui, mais vous êtes sur le Territoire de Belfort »[19]. Il eût été délicat que le même département, de 137 000 habitants, eût deux ministres à la fois, Jean-Pierre Chevènement ayant appartenu à la majorité des gouvernements de gauche des septennats Mitterrand.
Raymond Forni est de nouveau élu vice président de l'Assemblée le 28 octobre 1998[20], et ce jusqu'à son ascension au perchoir. Ainsi, Christine Lazerges prend sa succession[21]. Au sommet de sa carrière politique, Raymond Forni devient le quatrième personnage de l'État en étant élu président de l'Assemblée nationale. Il occupe ce poste du au , où il succède à Laurent Fabius qui intègre le gouvernement. Cultivé, il était réputé pour son franc-parler et sa fermeté dans la direction des débats, parfois tranchant et malmenant les orateurs[1],[5].
Il est maire de Delle, une ville de 6600 habitants près de Belfort, de 1991 à 2004. En 2004 il laisse sa place de maire à Pierre Oser, conseiller général du canton de Delle depuis 2001, mais il reste au conseil municipal en devenant premier adjoint.
Ensuite, il est président du conseil régional de Franche-Comté du à sa mort. Il est élu le avec plus de 46 % des voix à l'issue d'une triangulaire. Lors de l'élection présidentielle de 2007, il est partisan du retour de Lionel Jospin[19] avant de soutenir Ségolène Royal. Il n'obtient pas l'investiture de son parti en 2007 pour reconquérir son siège de député[22].
Décès
Il meurt à l'hôpital Saint-Louis de Paris le [23], à 66 ans, des suites d'une leucémie foudroyante[24], après une semaine d'hospitalisation. Il s'était marié deux fois[5] et était père de cinq garçons.
Ses obsèques ont lieu le présidées par Mgr Lacrampe qui prononce l'homélie, en l'Église Saint-Pierre de Besançon, devant 800 personnes[25], dont le président en exercice de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer et l'ancien Premier ministre Lionel Jospin. Il est inhumé le lendemain à Montreux-Château, dans le territoire de Belfort.
Synthèse des mandats et fonctions
Conseiller municipal et maire
- 1971-1977 : conseiller municipal de Montreux-Château
- 1983-1989 : conseiller municipal de Fontaine
- 1989-1991 : premier adjoint au maire de Delle
- 1991-1995 : maire de Delle (élu en cours de mandat après démission du prédécesseur)
- 1995-2004 : maire de Delle
- 2004-2008 : premier adjoint au maire de Delle
- jusqu'en 2008 : président de la communauté de communes du Sud Territoire.
Conseiller général
- 1976-1982 : conseiller général (canton de Beaucourt)
- 1987-1988 : conseiller général (canton de Delle, élu lors d'une élection partielle)
- 1988-2001 : conseiller général (canton de Delle, ne se représente pas)
- Vice-président du conseil général du Territoire de Belfort (jusqu'en 2001)
Conseiller régional
- - : président du conseil régional de Franche-Comté (élu conseiller régional le )
Député
- au : député du Territoire de Belfort (Ve législature)
- au : député du Territoire de Belfort (VIe législature)
- au : député du Territoire de Belfort (VIIe législature, démission en cours de mandat, après sa nomination comme membre de la Haute autorité de la communication audiovisuelle)
- au (IXe législature, député du Territoire de Belfort non réélu en 1993)
- au (XIe législature, député du Territoire de Belfort, non réélu en 2002)
- 1981-1985 : président de la commission des lois de l'Assemblée nationale
- 1991-1993 : vice-président de l'Assemblée nationale[26]
- 1998-2000 : vice-président de l'Assemblée nationale[27]
- 2000-2002 : président de l'Assemblée nationale[28]
Fonctions politiques
- Membre du bureau national du PS (jusqu'en 2000)
Synthèse des résultats électoraux
Autres activités
En 1978, il joue son propre rôle dans Pauline et l'Ordinateur de Francis Fehr[29].