Raymond Georgein

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Raymond Lucien Georgein, né le à Cheny dans l'Yonne[1] et mort le dans le 20e arrondissement de Paris[2], est un artiste peintre, sculpteur, plasticien et collagiste français.

Naissance
Décès
(à 78 ans)
Nom de naissance
Raymond Lucien Georgein
Nationalité
française
Faits en bref Naissance, Décès ...
Raymond Georgein
Raymond Georgein vers 1965.
Biographie
Naissance
Décès
(à 78 ans)
Nom de naissance
Raymond Lucien Georgein
Nationalité
française
Activité
Période d'activité
1955-1999
Père
Rolland Georges Georgein (1893-1964)
Mère
Lucie Beaufils (1896-1996)
Conjoint
Lucienne Irma Marie Lesjean (1923-2016) (mariage en 1942, divorce en 1959).
Micheline Simone Marthe Mouchet (1927-2002) (mariage en 1960).
Autres informations
Mouvement
Œuvres principales
signature de Raymond Georgein
Signature.
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Ses peintures se distinguent par une esthétique singulière mêlant post-cubisme, érotisme, symbolisme et une forte dimension politique.

Biographie

Raymond Georgein est le fils de Rolland Georgein, employé de chemin de fer, et de Lucie Beaufils[3]. Il naît dans un milieu favorable aux arts : son père joue du violon et son parrain est artiste-peintre[4]. Le cinéma occupe une place particulièrement importante dans son enfance. Il étudie le violon pendant sept ans.

En 1933, il s'oriente vers l'enseignement technique pour devenir ingénieur aux Arts-et-Métiers. Parallèlement, il suit des cours de dessin et de peinture.

En 1938, il est admis au concours d'entrée de l'École nationale d'arts et métiers de Châlons-sur-Marne[5] Il obtient le diplôme d'ingénieur en 1942[6].

En 1942, il se marie avec Lucienne Lesjean et a deux enfants. Il entre comme attaché à la SNCF, mais se rend compte qu'il s’est complètement trompé de carrière. Il entreprend des études littéraires et philosophiques. Il effectue divers voyages jusqu'en 1948.

En 1949, il quitte la SNCF et Paris pour entrer dans l'enseignement, à Bayonne, comme professeur de dessin. Il y restera jusqu'en 1958. Il commence à peindre[7].

En 1950, il revient à la peinture et à la musique.

À partir de 1955, il présente ses œuvres dans des expositions collectives, la plupart à Paris, notamment le Salon des Artistes Indépendants, les Salons d'Automne, le Salon Comparaisons et le Salon des Peintres Témoins de leur Temps[8]

Il réalise sa première exposition personnelle en 1956 à Paris[9]. Ses peintures atmosphériques (des œuvres fantomatiques dans des nuances de bleu, beige et gris) montrent souvent des scènes d'extérieur avec des personnages, des voitures, des avions et des bâtiments avec une intersection surréaliste, les formes se fondant les unes dans les autres.

Il obtient rapidement une renommée internationale pour ses tableaux[10] Ses œuvres sont exposées dans des galeries à Paris et à l'étranger, en particulier en Chine. Wang Duanting, chercheur et chef à la Section des Arts étrangers de l'Institut des Beaux-Arts de l'Académie Nationale des Arts de Chine (par ailleurs professeur et directeur de doctorat au Département des Beaux-Arts de la Graduate School de l'Académie Nationale des Arts de Chine, membre du comité d'experts du Centre national de recherche sur l'art contemporain, de la Western Returned Scholars Association et de la Chinese Artists Association), a publié en 1996 un livre sur Raymond Georgein : The Crazy Loneliness Painting Art of Raymond Georgein[11].

En 1963, il organise pour le Musée de Pistoia une exposition des peintures de L'École de Paris, autour de 35 artistes français et italiens résidant à Paris et appartenant aux principales tendances de la peinture contemporaine (exposition présentée ensuite à Rome et Florence)[12]. En 1964, il réalise une exposition sur le thème « L'automobile et la vie », au Musée de l'Automobile du Mans, puis une autre très importante, pour Renault Champs-Élysées, à Paris (avec César, Gianni Bertini, Arman, Jaquet, Bernard Rancillac).

Durant , il fait partie de l'atelier des Beaux-Arts avant son expulsion par les forces de l'ordre[13]. Il entraîne une partie de ses amis dans un nouvel atelier situé au-dessus du bureau de Michel Rocard, alors secrétaire national du PSU.

Raymond Georgein en 1973
Raymond Georgein en 1973.

Raymond Georgein devient membre de la section PSU du 20e arrondissement de Paris. Il réalise des affiches « écologiques » sur le nucléaire, les transports, la ville..., crée et anime un atelier sérigraphie pour la section. À Raymond Georgein succède comme dessinateur un autre peintre de la section, Claude Picart[14].

En 1969, il expose des portraits de stars du cinéma et du théâtre : Multi-portraits[15]. Il organise également une exposition itinérante sur le thème « Les foules de notre temps » avec la participation de Gianni Bertini, Yehuda Neiman, Mimmo Rotella, Nikos, Gérard Tisserand, Antoni Miralda, Joan Rabascall.

En 1972, il travaille comme décorateur et costumier pour la pièce de théâtre Phèdre, passion noir et blanc de Bertrand Tavel créée à Vincennes au Théâtre Daniel Sorano[16].

Il meurt le dans son atelier-domicile situé au 27 rue de la Py dans le 20e arrondissement de Paris. Son corps est incinéré le au monument crématoire du Cimetière du Père-Lachaise[17].

Accueil critique et reconnaissance

Selon le dictionnaire Bénézit des artistes, le style de Raymond Georgein « est issu de la tradition postcubiste et son œuvre est souvent érotique. »[8]

Pour sa première exposition à Paris en 1956, le journal Le Monde souligne les thèmes du peintre : « les effets outrés de perspective de gratte ciel (espace dynamique, survol), dans un style géométrique et glacial. »[9]

Le critique d'art Guy Dornand présente l'artiste en ces termes dans le catalogue de l'exposition Les peintres témoins de leur temps au Musée Galliera en 1959 : « Visions d'une Métropolis inhumaine, surprenantes perspectives de carrefours ceints de buildings géants, [les œuvres de Raymond Georgein] découvr[ent] dans leurs savantes fusions du concret et de l'abstrait un Piranèse du futur, et par sa symbolique figuration de l'homme-robot dans ses geôles, un peintre de notre angoissant destin[18]. »

Lors d'une exposition à la Galerie du Colisée en 1962, le journal Libération avait écrit : « Personnalité exceptionnelle, voilà bien le trait dominant que révèle, avec la science du dessin et les subtilités d'une palette de coloriste, l'exposition présente. Une précédente avait montré en lui un "Piranese du futur". Non moins gorgé de pensées, de symboles, non moins riche en particularités d'une rare originalité décorative, Georgein semble sculpter ses formes humaines dans des bronzes lisses tout en les peignant. Il ne doit rien à la mode, et échappe même au surréalisme. Il est un artiste hors-série.»[19]

Guy Philippon résume l'œuvre de Raymond Georgein : « Sa peinture et sa vie sont une synthèse harmonieuse de l'art, de la politique et de l'érotisme. »[20]

Liste des expositions

Ses œuvres ont été exposées dans de nombreuses galeries et acquises par des musées internationaux, témoignant de l’importance de son apport artistique.

Expositions particulières

  • 1956 : Galerie Page (Bayonne), Galerie Marforen (Paris), Galleria Numero (Florence, Italie)
  • 1957 : Galerie Page (Bayonne), Maison de la Presse (Angers), Galerie Furstenberg (Paris)[21], Galeria Dintel (Santander, Espagne), Marshall Field & Co (Chicago), Museo Civico (Pistoia, Italie)
  • 1958 : Berry-Hill Galleries (New York)[22], Galleria dell'Annunciata (Milan, Italie) (30/10-20/11/1958)[23]
  • 1959 : Galerie Pigalle (Paris)
  • 1962 : Galerie du Colisée (Paris), Maison de la Presse (Angers)
  • 1963 : Galerie de la Madeleine (Bruxelles)
  • 1964 : Galerie La Palette Bleue (Paris) sur le thème « L'Automobile et la Vie », Galerie Galaxie (Detroit)
  • 1965 : Flint Institute of Arts, à Flint, Galerie Racines (Bruxelles), Musée de Toulon[24].
  • 1966 : Galerie Dumay (Paris), Galerie La Palette Bleue (Paris), Galerie Münster (Berne, Allemagne), Galerie des Deux Mondes (New York), Qautas Airways (Paris)
  • 1967 : Musée de l'Automobile (Le Mans)
  • 1968 : Institut français (Munich)
  • 1970 : Galerie Marbeuf (Paris), Biblioteca Comunale Piombino, (Italie)
  • 1971 : Galerie Ranelagh (Paris), Museo di Volterra (Volterra), Studio 41 (Rome)

Expositions de groupe

À Paris
  • Galerie Mariac
  • Galerie M. Bernheim
  • Galerie du 16e
  • Galerie Polony
  • Galerie 7
  • Galerie Welter
  • Atelier de la Bûcherie (1968)
En province
À l'étranger
  • Bourse de Commerce, à Namur
  • Chiltern Gallery, à Londres
  • Haus Dornbusch, à Francfort-sur-le-Main (1963)
  • Museo Civico, à Pistoia (1963) : exposition de 35 peintres parisiens.
  • Galerie au Predigern, à Zürich
  • Minautor Gallery, à Toronto
  • Galerie du Perron, à Genève
  • Art Continental, à New York
  • Galerie Chédel, à Genève
  • Galerie Sonnegg, à Zürich
  • Galerie Pénélope, à Rome
  • Galerie Schumacher, à Munich
  • Centre culturel Français à Rome
  • Institut Français, à Florence


Salons

À Paris
En province

Musées et collections publiques

Acquisitions officielles en France

Acquisitions officielles à l'étranger

  • Drapeau d’Israël Musée d'Art du Néguev / The Negev Museum of Art, à Dimona (Israël)
  • Drapeau de l'Allemagne Musée de Francfort : Les Vacances (huile, 1962, 165x62)
  • Drapeau de l'Italie Musée de Palerme
  • Drapeau de l'Italie Musée de la collection Mazzolini (musée d'art moderne situé à l'intérieur de l'Abbaye de San Colombano à Bobbio, en Italie) : Pudeur (1956, 100x65), Rosa in Piazza Duomo (1959)[28], La Faim (1968), Lunettes (1968-1969).
  • Museum of Modern Art (New York, N.Y.)[29]

Costumes et décors pour le théâtre

  • Phèdre, passion noir et blanc. Texte établi par Bertrand Tavel ; d'après la légende crétoise ; décors de Raymond Georgein ; costumes de Raymond Georgein. Création : Théâtre Daniel Sorano (Vincennes) le . Distribution : Avec Catherine Salmona (Diane) ; Catherine Aber (Vénus) ; Michal Parent (Le Précepteur) ; Philippe Hery (Hippolyte) ; Catherine Brea (La Nourrice) ; Christiane Marcou (Phèdre) ; Suzy Varenne (La Secrétaire du royaume) ; Bertrand Tavel (Thésée) ; Emmanuel Renard (L'Envoyé d'Athènes) ; France Olivier ou Béatrice Martin (Aricie).

Œuvres

D'après Yvan Bettex[30], Raymond Georgein est, en 1965, l'auteur de plus de 600 toiles. Il en a détruit une cinquantaine environ. Il a fait en outre près de 200 gouaches et de nombreux dessins, de la gravure et de la lithographie en couleurs.

Bibliographie

Illustrations pour des textes littéraires

  • Les Chefs-d'œuvre du crime / assemblés et présentés par Jacques Sternberg, Jacques Bergier et Alex Grall. Paris : Planète, 1965.
  • Passation de pouvoir (Day of Succession, 1959) de Theodore L. Thomas ; trad. Brigitte André. Planète n° 28, mai-, p. 88-96.
  • Bombardeo Troyano (𝘛𝘩𝘦 𝘛𝘳𝘰𝘫𝘮𝘢𝘯 𝘉𝘰𝘮𝘣𝘢𝘳𝘥𝘮𝘦𝘯𝘵, 1967), de Christopher Anvil, 𝘕𝘶𝘦𝘷𝘢 𝘋𝘪𝘮𝘦𝘯𝘴𝘪𝘰𝘯 : 𝘊𝘪𝘦𝘯𝘤𝘪𝘢 𝘍𝘪𝘤𝘤𝘪𝘰𝘯 𝘺 𝘍𝘢𝘯𝘵𝘢𝘴𝘪𝘢 n° 109, 02/1979, p. 9-19. Trad. Marila Estévez.
  • Les Cinéfans, de Andréa Turquetit, Plexus n° 31, , p. 36-49.

Catalogues d'exposition

  • Peintures récentes de Georgein du mercredi 3 au samedi 20 juillet 1957. Paris : Galerie Furstenberg, 1957, 4 p.
  • Musée d'art et d'archéologie. Toulon. Georgein. Exposition du 16 juillet au 1er août 1965. Toulon : Musée d'art et d'archéologie, 1965, 4 p. (BNF 33111185)
  • Exposition de peinture : Georgein, Hilaire, Marzelle, Montané, juillet-août-septembre 1966, Palais des Archevêques de Narbonne. Narbonne : Musées de Narbonne, 1966. (BNF 35805809)
  • Mario Tozzi in galleria. Raymond Georgein nel salone : dal 30 ottobre al 20 novembre 1958. Milan : Galleria d'arte "L'Annunciata", 1958.
  • Raymond Georgein / textes de Domenico Javarone, Bernard Fillaire. Rome ; Milan : Carte segrete, coll. "Artisti contemporanei" n° 4, 1973, 78 p. Publ. à l'occasion de l'exposition qui s'est tenue à Milan à la Eros Galleria-Libreria en 1973.

Sur Raymond Georgein

Notes et références

Articles connexes

Liens externes

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