Raïon de Koch-Agatch

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Géographie physique

Le raïon de Koch-Agatch se situe dans le sud-est de la République, et il est limitrophe du raïon d'Oust-Koksa à l'ouest, du raïon d'Ongoudaï au nord-ouest et du raïon d'Oulagan au nord. À l'est, il borde la république de Touva avec la kojuun du Moungoun-Taïga, et au sud-ouest, il borde la Mongolie avec l'aïmag de Bayan-Ölgii. Au sud, il est frontalier de la préfecture d'Altay, une préfecture du Xinjiang en Chine. Il se situe presque au centre géographique de l'Asie. Enfin, il est limitrophe du district de Katonkaragaï au Kazakhstan. Le chef-lieu du raïon se trouve à 289 km à vol d'oiseau de Gorno-Altaïsk, à 680 km de Novossibirsk et à 3 400 km de Moscou. La superficie du raïon est de 19 845 km2, soit 21,4% de la superficie du sujet. Le point culminant est à 4 506 m d'altitude au mont Béloukha, le plus bas à 570 m dans la steppe de Kouraï[P 1].

La région s'étend sur trois bassins distincts; la steppe de la Tchouïa, nommée d'après la rivière éponyme et qui occupe le tiers oriental du raïon, la steppe de Kouraï, bien plus petite à l'extrémité nord du raïon et enfin le parc naturel de l'Oukok à l'extrême-sud du raïon. La grande majorité du raïon est occupée par des chaînes de montagnes, avec différents massifs de l'Altaï.

On retrouve ainsi les Alpes de la Tchouïa, divisées en deux massifs par la rivière Karagem avec la Tchouïa du Nord qui sépare la steppe de la Tchouïa de celle de Kouraï et qui est la limite avec le raïon d'Oulagan. Elle s'étend à l'ouest jusqu'à la rivière Argout. Il y aussi la Tchouïa du Sud, qui sépare la steppe de la Tchouïa des vallées de l'Argout et son affluent le Djazator. Ce dernier massif occupe le centre-ouest du raïon. À l'ouest de l'Argout, on trouve les monts Katoun qui occupent la partie occidentale du raïon, avec à l'extrême-ouest le Béloukha, le point culminant. Au sud de ces massifs et de celui de la Tchouïa du Sud, on trouve les monts Saïliouguem, qui s'étendent jusqu'au sud-est du raïon et jusqu'au plateau de l'Oukok au sud. À l'ouest de ce plateau, on trouve la fin de l'Altaï méridional, et au sud de ce plateau on trouve les monts Tavan-Bogd, le début de l'Altaï de Mongolie. De l'autre côté du raïon, on trouve à l'est de la steppe de Kouraï les monts Kouraï et à l'est de la steppe de la Tchouïa se trouvent les monts Tchikhatchov, limite orientale du raïon.

Le raïon est divisée entre deux bassins, celui de la rivière Argout, qui occupe la moitié occidentale du raïon, et le restant celui de la rivière Tchouïa, dans la partie orientale, principalement les deux steppes. La rivière Argout a creusé d'importantes gorges entre sa confluence avec la Katoun et le village de Belyachi. Il y a en tout 1461 lacs sur l'ensemble de la subdivision, dont les plus célèbres ; les lacs de la Chavla, mais aussi l'Akkoul, l'Alakhin, le Golouboïe, les deux lacs Karakoul, le Kindyktykoul, le Koldouoyouk, le Krasnogorskoïe, le Maacheï, le Tarkhatine ou encore l'Oukok.

Géologie

Le sol du raïon est très riche en minéraux, et le sol est d'ailleurs le plus riche de toute de la République, avec des gisements de minéraux rares et souvent de valeur, que ce soit en Russie ou dans le monde, même s'ils ne sont pour le moment pas exploités, pour différentes raisons. On trouve ainsi dans le gisement de Karakoul du cobalt et du bismuth, qui sont certes en grande quantité mais de faible qualité. Il y aussi du mercure, surtout dans les environs de Tchagan-Ouzoun, où les sols sont rouges à cause de la teneur en ce minerai. Toujours vers Tchagan-Ouzoun, on retrouve de grandes quantités de lignite. On trouve aussi du molybdène et du toungstène, et du lithium, le dernier en grande quantité vers le lac Alakhinskoïe, avec ici en plus du tantale, qui est cependant un lieu difficile d'accès et entre deux sites naturels que ce sont la réserve du Béloukha et l'Oukok[P 2].

La géologie influence aussi les eaux, avec de nombreuses rivières, lacs et sources connues pour leurs teneurs en minéraux. La source la plus convoitée est de celle de Djoumalinsky, non loin de l'Oukok, qui a des teneurs élevées en fluor et en strontium. Il y a aussi la source de Bougouzoun, riche en calcium, magnésium, avec aussi de l'acide silicique et du fluor. Enfin, la source de Tchagan-Ouzoun est forte en bicarbonate de sodium-sulfate.

Toute cette richesse s'explique par l'histoire géologique de l'Altaï, datant de près de 2 milliards d'années. Alors qu'au Paléozoïque inférieur, le territoire était sous l'eau, il y eut une émergence de ces terres au Protérozoïque, créant des strates massives et surtout des failles. Au cambrien, le volcanisme apparut, et au permien, un premier processus d'altération des roches eut lieu dans la région, alors qu'elle avait un climat tropical. Au mésozoïque, les mouvements tectoniques ont fait ressurgir l'activité volcanique, et il en fut de même au cénozoïque. Toujours dans cette dernière période, les glaciations successives ont creusé le relief actuel de la région et les grandes vallées fluviales, ainsi que la formation des steppes de la Tchouïa et de Kouraï. C'est ainsi que le sol de la région est surtout sédimentaire, avec du quartz et autres argiles.

Climat

Le climat du raïon est fortement continental, et il est le plus froid de toute la République, avec du pergélisol à certains endroits, et un hiver enneigé durant plus de 7 mois. Il y a des fortes variations de température entre les saisons mais aussi pendant une même journée. À cause de ces conditions naturelles et climatiques difficiles, le raïon a été inclus en 1992 dans la liste des zones assimilées aux régions de l'Extrême-Nord[2].

Le climat est fortement influencé par le relief, sa position géographique, et l'altitude qui varie de 500 mètres à 4 500 mètres. Il est aussi influencé par l'air arctique, qui apporte un air sec et froid de la Sibérie, mais aussi des masses d'air chaudes et humides venant de l'Atlantique et enfin des vents chauds venant du désert du Taklamakan. Ce climat continental se caractérise par des hivers longs et froids, des étés courts et des changements brusques de températures pendant la journée. Les températures varient aussi fortement en fonction de l'altitude. Les hivers sont certes rudes, mais sont peu enneigés, à cause des masses d'air secs traversant la région. L'humidité est très faible dans la région[3].

Une partie du raïon est désertique.

La température maximale absolue de l'air en été, en juillet, est de 31 °C, alors que la température minimale absolue de l'air en janvier atteint −62 °C. En juillet, les températures varient usuellement de 14 °C en journée contre jusqu'à −4 °C la nuit. En automne, les températures descendent déjà, avec en octobre des −7 °C en journée et jusqu'à −14 °C en moyenne la nuit. En hiver, la température moyenne la journée est de −20,3 °C (période 2006 - 2015), et peut atteindre souvent les −30 °C. La température maximale moyenne en hiver est de 3,2 °C. Enfin au printemps, les températures moyennes en mars sont de −5 °C la journée, et aux alentours de 6 °C en mai, même si les nuits restent froides[1]. Quant-à la pluviométrie, en janvier la quantité moyenne de précipitations est de mm, elle est en juillet de 27 mm et de 127 mm sur l'ensemble de l'année. La durée d'ensoleillement est la plus élevée de la République avec 2634 heures d'ensoleillement par an, soit environ 260 jours complets[4]. En moyenne par an, il y a 40 à 50 jours sans soleil.

Faune et flore

La faune et la flore sont très variées selon les différentes régions du raïon. Au plateau de l'Oukok, on retrouve une biodiversité qui a su s'adapter aux conditions extrêmes, avec des vents froids, d'importantes accumulations de neiges et une altitude supérieure à 2 300 mètres. Il n'y a pas de forêt, mais on retrouve des arbustes comme des saules et surtout de grandes prairies. Ces prairies sont l'endroit de transhumance de nombreux troupeaux de moutons. Dans la faune sauvage, on retrouve des oiseaux aquatiques habitant près des nombreux lacs alpins, mais aussi des oiseaux plus grands comme des aigles royaux et des faucons pèlerins. Il y aussi des perdrixs des neiges, très courantes dans les plateaux et prairies alpines du raïon. Le plateau est d'ailleurs un lieu de passage de nombreux oiseaux migratoires. Chez les mammifères, on retrouve des loups, carcajous, ours, furets ou encore des rongeurs avec les marmottes, le pika de Mongolie. Pour les poissons, on retrouve des taïmens de Sibérie et une population importante d'ombres. Il y a des espèces notées au livre rouge, comme l'Argali, la panthère des neiges, le manul ou encore la gazelle de Daourie [P 3],[5].

Dans l'ouest du raïon se trouvent les monts Katoun, qui représente plus la faune en montagne du raïon. On y retrouve ainsi dans cette zone, partagée avec le raïon d'Oust-Koksa, 56 espèces de mammifères, avec en plus des loups et lynxs des chevreuils, des zibelines, des écureuils ou encore des marals. Il y aussi 161 espèces d'oiseaux décomptées (comme des tétras), et 667 plantes vasculaires (comme des carthames et des edelweiss), auquel il faut ajouter 215 espèces de mousses, 793 espèces de lichens et 264 variétés de champignon. Il y a aussi trois espèces de reptiles, 2 amphibiens et 6 espèces de poissons. Dans cette partie, on trouve 9 espèces répertoriées dans le Livre Rouge, comme le tétraogalle de l'Altaï, endémique à la région ou encore la loutre d'Europe, le murin de Brandt et le porte-musc de Sibérie[6]. Les forêts sont souvent peuplées de mélèzes de Sibérie, ou d'épicéas, qui montent jusqu'à 2 400 mètres d'altitudes. La vallée du Djazator, au sud de ces monts est un exemple parfait de la flore en forêt dans la région[P 4].

Dans le parc national de Saïliougem, qui occupe le centre-nord du raïon, on retrouve 930 espèces de plantes vasculaires dont 25 répertoriées dans le Livre Rouge, dont 16 endémiques. Il y a en tout 146 variétés d'oiseaux (dont 24 au livre rouge de la Fédération), 4 espèces de poissons, 47 espèces de mammifères comme le corsac dont 3 au Livre rouge de Russie (dont l'Argali) et plus de 1 000 espèces d'insectes[7].

Enfin, le dernier écosystème est celui de la steppe, avec une flore semi-désertique. La végétation est clairsemée, avec moins de 10% de la steppe couvert d'herbe comme des astragales, des caraganiers de Sibérie, des camomilles ou des absinthes, avec souvent des espèces endémiques à la région. Près des rivières, on peut retrouver des saules voire exceptionnellement des mélèzes. Il y aussi des espèces alpines, comme des gentianes. Pour les animaux, on retrouve des arthropodes, des chameaux et yacks, souvent domestiqués, des rongeurs avec des lièvres, gerboises ou encore des campagnols. Pour les oiseaux, on retrouve près des plans d'eau des canards, oies, outardes ou encore des grues cendrées et autre huards à collier. Dans les steppes, les traquets motteux, des Motacillidae et des alouette des champs peuvent être aperçus. Il y a aussi des faucons crécerelles et des vautours fauves. Dans l'eau, il y a des ombres et des gobies. Quelque vipères et autres coléoptères peuvent être aperçus, se cachant sous les pierres[8],[9].

En général, le raïon de Koch-Agatch se distingue par un grand nombre d'espèces rares de plantes et d'animaux, avec 20 espèces végétales répertoriées dans le Livre rouge, et 30 espèces animales, sur un total de 114 espèces animales répertoriée dans le livre pour la République. Parmi ces 30 espèces, 11 sont endémiques ou quasi, et 6 sont considérées comme rares et menacées[P 4],[2]. La couverture des forêts est de 9% sur l'ensemble du territoire de la subdivision, plus faible taux de la République[P 5].

Histoire

La région de Koch-Agatch fut le lieu de passage et d'habitat de nombreux peuples depuis l'Antiquité, avec les Scythes, les Sarmates, les Huns ainsi que d'autres peuples Turcs qui y ont tous laissé leurs traces, comme en témoignent les nombreux sites archéologiques présents[10].

L'histoire du raïon est intimement liée à celle de la route de la Tchouïa, et à ceux qui l'empruntèrent pour rallier la Chine à la Russie. Ainsi, en 1801, le village de Koch-Agatch fut fondé alors que le nombre de marchandises échangées entre la Chine, la Mongolie et la Russie était en constante augmentation. Le village est devenu un centre commercial dans toute la région de l'Altaï[11]. En 1864, le Protocole Tchougouchak (ru) entre les Qing et l'Empire Russe est signé, pour déterminer les frontières, établir les droits de douane. C'est avec ce traité que les premiers Russes s'implantèrent en 1864 dans la région, et Koch-Agatch devint encore plus un lieu d’échange de scies, marteaux et autres outils[12],[13].

La dernière vague de migration que le raïon ait connue fut à la fin du XIXe siècle, quand des Kazakhs venant du Kazakhstan-Oriental se sont installés en recherche de pâturages, en établissant ou en agrandissant des villages comme Koch-Agatch, Djana-Aoul, Djazator ou encore Tchagan-Ouzoun. Cette population est restée, y compris pendant l'époque soviétique, très soudée entre elle et organisée, obtenant d'ailleurs aussi le statut de peuple minoritaire de la région. Cependant, à partir de 1991, la démographie du raïon fut chamboulée avec la fin de l'ère soviétique avec une vague de remigration vers le Kazakhstan. Cette vague s'explique par une promotion du Kazakhstan de les faire revenir au pays, mais aussi et surtout par les conséquences économiques de la thérapie de choc. Enfin, le raïon et plus largement la République a connu une montée du nationalisme altaïque, promouvant la culture du peuple. C'est ainsi qu'entre 1991 et 1992, 25 % des Kazakhs locaux ont quitté le raïon, et dans les années 1990, plus de 60 % sont partis. Il y avait ainsi 10 692 Kazakhs dans toute la République en 1989, contre 4000 en 2001. Cependant, cette tendance s'est équilibrée voire inversée surtout dans les années 2000, avec des personnes retournant dans le raïon, ou bien les enfants, attirés par la région. Le raïon est en effet resté connecté avec les populations retournant au Kazakhstan, grâce aux mariages et autres réunions. Mais le retour en Russie de certains a changé le paysage religieux, alors que ceux partant au Kazakhstan étaient souvent athées ou non pratiquants, ceux revenant en Russie étaient principalement le contraire, expliquant la construction des deux mosquées dans les années 1990, ainsi que la fin de l'alcoolisme chez les populations Kazakhs du raïon. Enfin, le retour de ces populations a eu un impact économique important pour le raïon, les revenants étant souvent diplômés et ils ont ainsi lancé de nombreuses petites entreprises[14].

Quant à la région, le pouvoir soviétique forma par décret le 4 août 1920 le conseil de villages de Koch-Agatch, ancêtre du raïon, et le 21 mars suivant, toujours par décret, le gouvernorat de Karakorum est séparé du reste du territoire de l'Altaï, avec comme proposition de créer dans ce gouvernorat des volosts, dont un à Koch-Agatch. Et c'est quand le gouvernorat de Karakorum se fait conquérir par l'Armée rouge, qu'il est dissout à la mi-2022 au profit de l'oblast autonome d'Oïrot, créé le 1er juillet 1922, que le raïon de Koch-Agatch apparaît. L'aïmag de Koch-Agatch est alors créé, tout comme 23 autres dans l'oblast même si beaucoup sont par la suite fusionnés. Il y avait alors 4 conseils de villages, nombre qui augmente les années suivantes avec 6 en 1930, 7 en 1932 et 8 en 1957. En 1962, l'aïmag devient un raïon rural, avant de perdre le statut du rural en 1965. en 1968, le raïon perd le village de Tchibit et celui d'Aktach. En 1985, le nombre de conseils de village était de 9, et deux apparaissent en 1989 et en 1991 respectivement. En 1995, les conseils de villages, hérités de l'époque soviétique deviennent des municipalités, et Tachanta devient une municipalité en 2001. En 2005, toutes les municipalités obtiennent le statut de selsoviet[15].

Le raïon connut aussi la collectivisation des terres, qui commença le 2 février 1930 dans la région. Mais les riches propriétaires ainsi que de nombreux Kazakhs en général étaient contre les réformes, et le 8 mars suivant, quelque 300 personnes se réunirent à Koch-Agatch afin de manifester et de récupérer les bêtes qui avaient été saisies. Pendant la rébellion, le chef du conseil de village de Djana-Aoul fut poignardé à mort. Cependant, le chef du raïon qui en fut informé la veille informa la police et arrêta la rébellion le matin même. Certains parvinrent à s'enfuir vers la Mongolie, d'autres furent envoyés dans les camps et d'autres furent condamnés à mort[16].

Glissement de terrain provoqué par le séisme de 2003.

En 2003, le raïon connut un séisme de magnitude 7,3 à 7,5 le 27 septembre qui endommagea de nombreuses maisons à travers la steppe, et qui détruisit quasi complètement le village de Beltir, le village le plus proche de l'épicentre, et qui causa des éboulements et glissements de terrain. Quatre répliques eurent lieu; une le 27 de magnitude 6,7, deux le 1er octobre de magnitude 7 et de magnitude 4,5 et une le 13 octobre de magnitude 5[17].

Politique, administration et société

Administration

Partis politiques au conseil des députés depuis 2018.

L'assemblée locale, ou conseil des députés, est composée de 23 élus locaux, élus pour 5 ans, avec un âge minimum de 21 ans. Ils sont élus avec un scrutin mixte, une partie au scrutin majoritaire par circonscriptions, et une autre partie à la proportionnelle. Aux dernières élections, 12 furent élus à la proportionnelle, et 11 au scrutin majoritaire dans 9 circonscriptions (certaines circonscriptions en élisaient plusieurs). Cette assemblée dispose d'un président du conseil.

Elle est aussi chargée d'élire tous les 5 ans le chef du raïon, qui dispose des pouvoirs exécutifs.

Depuis la prise en fonction de la dernière convocation en 2018, l'assemblée est composée de 7 élus de Russie unie, de 6 de Russie juste, de 5 de Patriotes de Russie, de deux communistes et d'un indépendant, tous des hommes. Lors de l'élection du 25 septembre 2018 , il y avait 14 708 électeurs inscrits, chargés de départager 124 candidats, dont 80% d'hommes[18]. 9004 personnes ont votés, soit un taux de participation de 61%[19]. L'assemblée élue a élu lors de sa prise de fonction en 2018 Kydyrbaev Serikjan Mouratkanovitch chef du raïon, de Russie Unie qui détenait alors la majorité relative dans l'assemblée. Avec la fusion de Russie Juste et de Patriotes de Russie le , Russie Juste gagne la majorité relative et Russie Unie passe dans l'opposition. Le président du conseil n'a cependant pas changé, Didounov Sanach Alexandrovitch, membre de Russie Unie[20]. Les prochaines élections auront lieu en 2023.

Liste des chefs du raïon de Koch-Agatch
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
2000 2006 Aouelkhan Jazitovitch Djatkambaïev   Fut président d'une ferme d'État
Les données manquantes sont à compléter.
2013 27 février 2017[21] Aouelkhan Jazitovitch Djatkambaïev   Arrêté en 2017 et emprisonné à l'été 2018 pour corruption[22]
Les données manquantes sont à compléter.
10 décembre 2018 En Cours Kydyrbaev Serikjan Mouratkanovitch Russie Unie A servi au Ministère de l'intérieur Russe[23].

Tendances politiques

Scrutin 1er tour 2d tour
1er % 2e % 3e % 4e % 1er % 2e % 3e % 4e %
Présidentielle 2012[24] ER 84,06 KPRF 9,54 SRZP 2,42 SE 2,15 Victoire au premier tour
Présidentielle 2018[25] ER 79,62 KPRF 15,66 LDPR 1,78 GRANI 0,97 Victoire au premier tour

Divisions administratives

Le raïon est divisé en 12 selsoviets, qui regroupent 16 localités. Les municipalités portent généralement le nom de leur centre administratif, auquel on ajoute selsoviet. La plupart des municipalités n'ont qu'un village. Koch-Agatch est la plus grande municipalité, suivi de loin par Beltir et Djazator.

Municipalités du raïon de Koch-Agatch
Municipalités Nom russe Habitants

Population en 2022

Centre administratif Villages
Beltir Бельтир 1636 Beltir 2
Djazator Джазатор 1351 Belyachi 2
Kazakh Казах 739 Jana-Aoul 2
Kokorya Кокоря 963 Kokoria 1
Koch-Agatch Кош-Агач 8541 Koch-Agatch 1
Kouraï Курай 1374 Kouraï 2
Moukhor-Tarkhata Мухор-Тархата 809 Moukhor-Tarkhata 1
Ortolyk Ортолык 788 Ortolyk 1
Tachanta Ташанта 510 Tachanta 1
Telenguit-Sortogoï Теленгит-Сортогой 773 Telenguit-Sortogoï 1
Tobeler Тобелер 612 Tobeler 1
Tchagan-Ouzoun Чаган-Узун 416 Tchagan-Ouzoun 1

Localités

Liste des localités
Localité Statut Fondation[26] Population

2010[27]

Population

2021[28]

1 Aktal village 1914 12 14
2 Arkyt village 64 23
3 Beltir village 363 354
4 Belyachi village 1379 1 363
5 Jana-Aoul village 992 751
6 Kokoria village 1056 937
7 Koch-Agatch village 1801 7900 8 334
8 Kouraï village 1901 514 512
9 Kyzyl-Tach village 766 869
10 Moukhor-Tarkhata village 910 833
11 Novy Beltir village 904 1 289
12 Ortolyk village 688 757
13 Tachanta village 550 474
14 Telenguit-Sortogoï village 658 614
15 Tobeler village 1058 801
16 Tchagan-Ouzoun village 1801 449 403

Démographie

Le raïon a connu une croissance démographique qui a triplé entre sa fondation avec environ 5000 personnes et 2010 avec 18263 habitants. Cette croissance s'explique par les fermes d'États; les sovkhozes et les mines subventionnées. Ces migrations, forcées ou non, ont données à la région un caractère multiethnique avec plusieurs peuples, auxquels il faut rajouter les peuples nomades de la région qui se sont sédentarisés. Même si la dislocation de l'URSS a entraîné la chute de ce système, la population n'a pas chuté à partir de 1989, et a continué à augmenter à un rythme plus lent, puis de 2010 à 2015, la population a stagné, avant de reprendre à un rythme plus lent. La population a cependant ces dernières années dépassé les prévisions de 2018 du Ministère du Développement économique, qui prévoyait alors une population de 19 450 en 2024 et une de 19 770 en 2035[29], alors qu'en 2022, la population a atteint 20 286. Cette croissance s'explique par une variation naturelle forte avec en 2020 367 naissances contre 160 décès et en 2021 avec 381 naissances contre 187 décès. La population représente ainsi en 2022 8,88 % de la population de la République[P 3].

Selon le recensement soviétique de 1939, il y avait 3419 Oïrats (regroupant Altaïens et Télenguites), 3204 Russes, 2987 Kazakhs, 79 Ukrainiens, 11 Mordves et 68 venant d'autres groupes ethniques[30]. Les Kazakhs viennent surtout de l'est du Kazakhstan, avec une migration à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. En 1989, les proportions étaient de 58 % de Kazakhs, 39 % d'Altaïens et 4 % de Russes .

Par comparaison, selon le recensement russe de 2010, le raïon de Koch-Agatch était composée, sur 18 283 individus, de 54,4 % de population Kazakhe (9747 individus) et de 41,3 % d'Altaïens (7393 personnes, dont 815 Télénguites, 8 Toubalars et 4 Tchelkanes). Il y avait aussi 3,3 % de Russes, avec 587 individus. Sur le reste de la population, on retrouvait en 2010 quelque Ukrainiens, Allemands et Koumandines[P 3],[31].Pour les religions, les Télénguites suivent la majorité du temps le bourkhanisme, les Russes et dans une moindre mesure les Altaïens sont orthodoxes, et les Kazakhs sont de confession sunnite[4].

Recensements (*) ou estimations de la population[32],[33],[34]:

Évolution démographique
1897* 1916 1920* 1926* 1933 1939* 1959* 1970*
2 3372 0395 1495 9406 8649 8499 71412 400
1979* 1989* 2002* 2010* 2012 2013 2014 2015
14 25016 42217 35318 26318 26318 26318 59918 765
2016 2017 2018 2019 2020 2021* 2022 2023
18 81419 02519 18819 30819 61619 90620 28618 531

Économie

Principales activités

L'économie du raïon est principalement du secteur primaire, avec comme principales activités dans la région l'extraction des minerais de tungstène et de molybdène, l'élevage de bovins à viande, l'élevage de chèvres, de moutons, de chevaux et enfin de cerfs, les derniers pour leurs bois. Ainsi, en termes de nombre de bovins, de nombre d'ovins et de caprins, la région se classe traditionnellement au premier rang de la République et elle est également leader dans la vente de viande, de laine et de duvet. Il y aussi des élevages de yacks et de chameaux, les seuls de toute la République, très rentables de par le prix de leurs viandes et du lait du chamelle. À l'époque soviétique, la population de chameaux était supérieur à un millier, et celle de yack supérieur à 14 000. Ces dernières années, l'élevage de ces bêtes est à nouveau encouragé par le ministère de l'agriculture de la République, tout comme celui des caprins avec une ferme à Ortolyk. Le raïon, avec l'aide du ministère, a d'ailleurs créé une race de chèvre duveteuse génétiquement modifiée afin d'améliorer la qualité et le rendement. En tout dans le raïon, il y a 31 fermes collectives, comprenant 1600 fermes[4], souvent subventionnées par l'État, la République et la collectivité. Les terres agricoles avaient au 1er janvier 2022 une superficie de 702 270 hectares.

Il y a en tout 736 entreprises dans le raïon en 2022, dont 662 privés avec 226 dans le secteur de l'agriculture, une dans la sylviculture, 28 industrielles ou encore 22 dans le BTP. De plus, il y a 193 entreprises dans le domaine de la distribution, 42 dans le secteur hôtelier, et dix-neuf liés à l'hébergement touristique (campings, centres de loisirs, hors hôtels). Les PME sont au nombre de 592 en octobre 2020, et les micro-entreprises sont au nombre de 107 dans le raïon en 2022. La population active était de 10350 en 2022, et plus du quart (2698 personnes) étaient au 1er janvier employé dans le public, dont la moitié (1180 personnes) dans l'éducation. Une moitié était employée dans le privé, avec 5750 individus, et il y avait 1000 individus inscrits au chômage en 2022 (2421 en octobre 2020, 793 en 2019) . Le salaire mensuel en 2020 était de 44357,5 roubles en moyenne, et il était en augmentation par rapport à 2019 où il était de 38 917,1 roubles. Les secteurs en pleine croissance sont ceux de la santé, de la culture, des loisirs et de la science. Au 1er octobre 2020, le volume de marchandise exportée s'élevait à 785,9 millions de roubles sur la période allant jusqu'en octobre 2019, contre 755,4 millions de roubles entre octobre 2019 et octobre 2019, soit une augmentation de 3,70%, malgré la pandémie[P 6].

Centrale solaire de Koch-Agatch

L'économie se diversifie aussi, comme le prouve la centrale solaire photovoltaïque ouverte à la fin 2014 près de Koch-Agatch, avec une capacité de production de 5 MWh. Ce fut la première centrale solaire de Russie, et elle est alimente le raïon ainsi que la République. D'autres centrales devraient suivre, afin de porter la capacité de production à 45 MWh[35].

La R256 en sortant de Koch-Agatch.

Infrastructures

Le réseau routier du raïon mesure 335,9 kilomètres, dont 127,6 kilomètres asphaltés. La principale route est la route fédérale R256 Tchouïa, qui part de Tachanta à la frontière de la Mongolie, traverse les steppes de Tchouïa et de Kouraï avant de sortir du raïon vers Gorno-Altaïsk et Novossibirsk. Cette route est le principal moyen d'accès au raïon. Le reste du réseau routier est secondaire, principalement composés de pistes, avec les pistes Kouraï — Kyzyl-Tach, Koch-Agatch — Belyachi, Koch-Agatch — plateau de l'Oukok, Ortolyk — Beltir, Djana-Aoul — Kokoria et Koch-Agatch — Kokoria[36]. Cette dernière route doit d'ailleurs être prolongée jusqu'à Kyzyl-Khaïa sur près de 130 kilomètres, via le col de Bouzougun. Cette nouvelle route permettra de lier la R256 et la R257, et ainsi la république de l'Altaï et celle de Touva[37].

La ville est située à 465 km par la route de la ville de Gorno-Altaïsk, où il y a l'aéroport le plus proche, et à 555 km de la gare la plus proche qui se trouve à Biïsk.

Culture locale et patrimoine

Notes et références

Voir aussi

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