René Pleven

homme d'État français From Wikipedia, the free encyclopedia

René Pleven, né le à Rennes (Ille-et-Vilaine)[1] et mort le à Paris (Île-de-France), est un homme d'État français.

Élection9 janvier 1974
Réélection10 février 1975
11 février 1976
SuccesseurAndré Colin
PrédécesseurFrançois Clec'h
Faits en bref Fonctions, Président du conseil régional de Bretagne ...
René Pleven
Illustration.
René Pleven en 1950.
Fonctions
Président du conseil régional de Bretagne

(2 ans, 3 mois et 17 jours)
Élection 9 janvier 1974
Réélection 10 février 1975
11 février 1976
Successeur André Colin
Président du conseil général des Côtes-du-Nord

(26 ans et 10 mois)
Prédécesseur François Clec'h
Successeur Charles Josselin
Garde des Sceaux, ministre de la Justice

(3 ans, 8 mois et 21 jours)
Président Georges Pompidou
Gouvernement Chaban-Delmas
Messmer I
Prédécesseur Jean-Marcel Jeanneney (intérim)
René Capitant
Successeur Pierre Messmer (intérim)
Jean Taittinger
Député français

(23 ans, 8 mois et 16 jours)
Élection 21 octobre 1945
Réélection 2 juin 1946
10 novembre 1946
17 juin 1951
2 janvier 1956
23 novembre 1958
18 novembre 1962
5 mars 1967
23 juin 1968
Circonscription Côtes-du-Nord (1945-1958)
2e des Côtes-du-Nord (1958-1969)
Législature Ire, IIe (Assemblée constituante)
Ire, IIe et IIIe (Quatrième République)
Ire, IIe, IIIe et IVe (Cinquième République)
Groupe politique UDSR (1945-1958)
ED (1958-1962)
CD (1966-1968)
CDP (1968-1974)
Successeur Ernest Rouxel
Ministre des Affaires étrangères

(14 jours)
Président René Coty
Gouvernement Pflimlin
Prédécesseur Christian Pineau
Successeur Maurice Couve de Murville
Ministre de la Défense nationale[N 1]

(2 ans, 3 mois et 11 jours)
Président Vincent Auriol
René Coty
Gouvernement Pinay
Mayer
Laniel I et II
Prédécesseur Georges Bidault
Successeur Pierre Kœnig

(1 an, 8 mois et 14 jours)
Président Vincent Auriol
Gouvernement Bidault II et III
Queuille II
Prédécesseur Paul Ramadier
Successeur Jules Moch
Président du Conseil des ministres

(4 mois et 27 jours)
Président Vincent Auriol
Gouvernement Pleven II
Législature IIe (Quatrième République)
Coalition Troisième Force (jusqu'au 21/09/1951)
Prédécesseur Henri Queuille
Successeur Edgar Faure

(7 mois et 16 jours)
Président Vincent Auriol
Gouvernement Pleven I
Législature Ire (Quatrième République)
Coalition Troisième Force
Prédécesseur Henri Queuille
Successeur Henri Queuille
Vice-président du Conseil des ministres

(5 mois et 1 jour)
Président Vincent Auriol
Gouvernement Queuille III
Ministre des Finances

(1 an, 2 mois et 10 jours)
Président du gouvernement Charles de Gaulle
Gouvernement de Gaulle I et II
Prédécesseur Aimé Lepercq
Successeur André Philip
Ministre de l'Économie nationale

(7 mois et 15 jours)
Président du gouvernement Charles de Gaulle
Gouvernement de Gaule I
Prédécesseur Pierre Mendès France
Successeur François Billoux
Ministre des Colonies

(2 mois et 6 jours)
Président du gouvernement Charles de Gaulle
Gouvernement de Gaulle I
Prédécesseur lui-même (commissaire aux Colonies du CFLN)
Successeur Paul Giacobbi
Commissaire aux Colonies[N 2]

(1 an, 7 mois et 5 jours)
Chef du gouvernement Charles de Gaulle
Gouvernement Comité français de libération nationale
Prédécesseur lui-même
Successeur lui-même (ministre des Colonies)
Commissaire national aux Affaires étrangères et aux Colonies

(3 mois et 19 jours)
Chef du gouvernement Charles de Gaulle
Gouvernement Comité français de libération nationale
Prédécesseur Maurice Dejean (Affaires étrangères)
lui-même (Colonies)
Successeur René Massigli (Affaires étrangères)
lui-même (Colonies)
Commissaire national à l'Économie, aux Finances et aux Colonies[N 3]

(1 an et 23 jours)
Chef du gouvernement Charles de Gaulle
Gouvernement Comité français de libération nationale
Prédécesseur fonction créée
Successeur André Diethelm (Finances)
lui-même (Colonies)
Biographie
Nom de naissance René Jean Pleven
Date de naissance
Lieu de naissance Rennes (Ille-et-Vilaine, France)
Date de décès (à 91 ans)
Lieu de décès Paris 17e (France)
Sépulture Dinan
Nationalité Française
Parti politique UDSR (1945-1958)
MRP (1958-1966)
CD (1966-1969)
CDP (1969-1973)
Diplômé de Université de Rennes
École libre des sciences politiques
Chefs du gouvernement français
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Personnalité importante de la France libre pendant la guerre, il sera ensuite élu des Côtes-du-Nord (aujourd'hui Côtes-d'Armor) jusqu'en 1973. Il fut président du Conseil et ministre sous la IVe République puis garde des Sceaux pendant la Ve République, sous la présidence de Georges Pompidou.

Biographie

Enfance et formation

Pleven naît à Rennes le [2].

Son père est un officier colonel futur directeur des études à Saint-Cyr[2].

Bon élève, le jeune René est le condisciple de Raphaël Moreau au lycée de Laval. Une fois le baccalauréat obtenu, il s'inscrit à la faculté de droit de l'université de Rennes. Il rejoint l'École libre des sciences politiques, et étudie le droit par correspondance, puis à la Sorbonne[3].

À l’automne de 1917, il commence ses études supérieures à Paris[4]. Il obtient une licence de droit et sort de Sciences Po classé dans les trois premiers de sa section (finances publiques)[5]. Il fréquente la conférence Olivaint, dont il fut le président en 1920. Il y rencontre Georges Bidault, futur président du Conseil national de la Résistance et président du Conseil, ainsi qu'Henry du Moulin de Labarthète, le futur directeur de cabinet de Pétain à Vichy. Il échoue au concours de l'Inspection générale des finances[6].

Militant au Groupement universitaire pour la Société des Nations (SDN), il est présenté en 1925 à Jean Monnet[4].

Il passe son service militaire à dépouiller des documents en vue de la rédaction d'un ouvrage de Philippe Pétain, ce qui lui permet de rencontrer le capitaine de Gaulle, professeur à Saint Cyr, alors dans l'entourage de Pétain[7].

Une fois sa thèse obtenue en 1924, il épouse Anne Bompard, fille de Raoul Bompard, grand avocat et député dreyfusard[8].

Parcours professionnel

Il devient en 1924 rédacteur en chef de la revue syndicale des industriels de la conserverie[9].

En 1925, il entre au service de Jean Monnet. Ce dernier l'introduit dans les milieux financiers et industriels américains et internationaux[9].

En 1929, il entre dans la société américaine Automatic Telephone Company. Il s’installe à Londres avec sa famille[4]. Il est muté à Londres (1934) et dirige les opérations pour toute l'Europe (1939). Ce poste important lui donne une grande aisance financière et lui permet de multiplier les contacts aux États-Unis (où il se rend souvent) et en Pologne (où il travaille au développement du réseau téléphonique)[10].

Il prend position contre les accords de Munich[11].

En 1936, il est partisan d'une politique d'intervention en Espagne aux côtés des Républicains espagnols, contrairement à la politique de non-intervention prônée par les Britanniques[11].

Seconde Guerre mondiale

En septembre 1939, il est mobilisé dans l’aviation[4].

En octobre 1939, son ancien mentor Jean Monnet est nommé président du Comité de coordination franco-britannique, un organisme chargé des commandes d'armement à l'étranger. Monnet obtient que Pleven soit son adjoint. Pleven est envoyé par deux fois aux États-Unis pour acheter des avions[4]. Reçu en personne par Roosevelt, il réussit à effectuer l'achat, malgré le contexte électoral américain encore assez isolationniste[12].

En mai et , Pleven assiste Monnet dans son projet de fusion franco-britannique en un seul État combattant. Ce projet prévoit une « union indissoluble » entre les deux pays qui ne formeraient alors qu'un seul gouvernement, des ministères communs, la fusion des deux parlements et l'attribution d'une citoyenneté commune aux deux peuples. Le projet est abandonné après l'appel du de Pétain[12].

René Pleven au sein du Comité national français à Londres.

Jean Monnet et René Pleven rencontrent Paul Baudouin l'après-midi du à Bordeaux. Les deux visiteurs veulent reprendre le projet d'Union franco-britannique et préparer le départ vers l'Afrique du Nord avec l'aide des Anglais[13].

Baudouin se refuse à partir parce que sa famille se trouve en France et « pour aider les populations à supporter leur infortune ». Concernant l'offre d'union, rien n'est organisé. Enfin, Baudouin ne croit plus aux possibilités de résistance militaire en Afrique du Nord et ne prend pas en compte les offres d'aides anglaises[13].

René Pleven s'éloigne de Jean Monnet pour devenir « l'homme de confiance du général [de Gaulle] »[14]. Il est chargé des finances de la France libre[15].

Il fait partie d'une mission envoyée le par de Gaulle en Afrique-Équatoriale[16]. Le , René Pleven propose au gouverneur du Tchad Félix Éboué de ravitailler le Tchad en échange de son ralliement à la France libre. Cette démarche permet de rallier les pays de l’Afrique-Occidentale et de l’Afrique-Équatoriale à la France libre[17]. Selon Larminat : « je reste émerveillé de la réussite complète, et à l'heure dite, de ce que nous arrêtâmes définitivement, le 18 août, à cinq Français desperados, Leclerc, Pleven, Boislambert, Moitessier et moi-même, sous un gros arbre du gouvernement général de Lagos. »[18].

Le , il fait partie des individus qui reçoivent un exemplaire du testament politique du général de Gaulle[19].

Il part en aux États-Unis pour demander une aide financière au gouvernement américain. Il est reçu par Henry Morgenthau[20].

Il est déclaré en commissaire aux Finances[21].

Il est successivement commissaire aux Colonies, puis aux Affaires étrangères dans le Comité français de libération nationale et enfin après le décès soudain d'Aimé Lepercq[22], aux Finances dans le Gouvernement provisoire de la République française, basé à Paris[23],[24]. Il préside également cette même année la conférence de Brazzaville[25].

Après avoir institué l'emprunt de la Libération engagé par son prédécesseur Aimé Lepercq[26], entretemps décédé à Harnes[27], celui-ci ayant eu le temps de publier l'ordonnance du sur la confiscation des profits illicites sous l'occupation allemande[28], René Pleven, nommé par de Gaulle le [29],[30], continua sa politique[31].

Ayant des différends avec Pierre Mendès France[32], il finit par quitter le gouvernement le [33].

Après-guerre : député

Il est élu député des Côtes-du-Nord dès [33].

En 1958, René Pleven, Eugène Claudius-Petit et de nombreux cadres quittent l'UDSR. Le mouvement est alors engagé par François Mitterrand dans l'opposition au général de Gaulle et aux institutions de la Ve République[34].

Le plan Marshall aide la France à partir de 1950 à retrouver une certaine croissance[35], celle-ci stagnant jusqu'en 1950[36],[37],[38].

Président du Conseil

Devenu maintenant président du Conseil en , il forme un gouvernement composé des alliés de la Troisième Force. En , il présente à l'Assemblée nationale son projet d'une armée européenne commune placée sous le contrôle de l'OTAN, projet connu sous le nom de Communauté européenne de défense.

En 1951, il cofonde le Comité d'étude et de liaisons des intérêts bretons (CELIB)[39], dont il reste président jusqu'en 1972[24],[40].

Début 1954, alors ministre de la Défense, il prend position en faveur d’une évolution du statut de l’Algérie, ce qui provoque de violentes manifestations des colonialistes à son encontre, qui le frappent au visage[41].

Ministre et soutien de Pompidou

En 1957, il est également membre de la Fondation culturelle bretonne[42].

En 1958, il vote la réforme constitutionnelle aboutissant au retour au pouvoir du général de Gaulle[43].

En 1969, il soutient la candidature présidentielle de Georges Pompidou et devient garde des Sceaux (1969-1973) des gouvernements Chaban-Delmas et Messmer. Il laisse son nom à la loi Pleven de 1972 qui sanctionne le délit d'incitation à la haine. Le , il inaugure le nouveau bâtiment de l'École nationale de la magistrature à Bordeaux, dont il a lancé et soutenu le projet[44].

Après sa défaite aux législatives en et son départ du gouvernement, René Pleven consacre une grande partie de son énergie au Conseil général des Côtes-du-Nord et au district de Dinan qu'il préside[45].

Autres mandats et écriture d'un ouvrage

Il est élu :

René Pleven publie en 1961 l’Avenir de la Bretagne[53], et s’exprima régulièrement dans le Petit Bleu des Côtes-du-Nord[54].

Décès

Il meurt en 1993 dans le 17e arrondissement de Paris[55], et est inhumé dans le cimetière de Dinan[56].

Héritage politique

René Pleven, démocrate-chrétien convaincu, a été un acteur politique constamment présent pendant 40 ans. Cependant au XXIe siècle, peu d'hommes politiques revendiquent son héritage, en raison de son manque d'engagement au sein d'une force politique dominante[57].

Famille

René Pleven a épousé Anne Bompard (fille de Raoul Bompard) et a eu deux enfants : Françoise Pleven, épouse de Louis Andlauer, et Nicole Pleven, épouse de Stanislas Mangin puis de l'éditeur Michel Worms de Romilly (descendant d'Olry Worms de Romilly)[58].

Il est l'arrière grand-père de la sociologue Jeanne Lazarus[59].

Fonctions gouvernementales

Décorations

Publication

  • Avenir de la Bretagne, Calmann-Lévy, coll. « Questions d'actualité », , 257 p.

Postérité

Archives

Hommages

Plusieurs villes de Bretagne ont donné son nom à une rue, notamment Dinan, Plancoët, Ploubalay, Rennes, Saint-Brieuc[65].

  • Le centre hospitalier de Dinan porte son nom[66].
  • À Dinan, une plaque a été inaugurée en son honneur à l'hôtel de ville, le [67]. Une exposition lui est également consacrée jusqu'au [68].
  • L'hémicycle du Conseil régional porte son nom.

À la télévision et au cinéma

Notes et références

Voir aussi

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