Gouvernement de Gaulle I
gouvernement provisoire en France
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Le premier gouvernement de Gaulle fait partie des gouvernements provisoires de la République française (GPRF) (1944-1947). Il est constitué les et par le général de Gaulle et se termine le .
Gouvernement provisoire
de la République française
| Président du Conseil | Charles de Gaulle |
|---|---|
| Législature | Assemblée consultative provisoire de Paris puis 1re Assemblée constituante élue le 21 octobre 1945 |
| Formation | |
| Fin | |
| Durée | 1 an, 1 mois et 29 jours |
| Coalition | SFIO - UDSR - PDP, MRP - RAD - PCF - RI |
|---|
| Assemblée constituante |
|
|---|
Contexte
Le Gouvernement provisoire de la République française fait suite au Comité français de libération nationale (CFLN) créé par l'ordonnance du [1] et dirigé dans un premier temps par les généraux de Gaulle et Giraud. L'article 4 de l'ordonnance indique : « Conformément aux documents échangés antérieurement entre le Comité national français et le Commandement en Chef civil et militaire, le Comité français de la Libération nationale exercera ses fonctions jusqu'à la date où l'état de libération du territoire permettra la formation, conformément aux lois de la République, d'un Gouvernement provisoire auquel il remettra ses pouvoirs. Cette date sera, au plus tard, celle de la libération totale du territoire »[1].
Le , à la suite du vœu émis à l’unanimité par l'Assemblée consultative provisoire dans sa séance du – « L’assemblée consultative provisoire émet le vœu que le Comité français de la libération nationale prenne officiellement le nom de Gouvernement provisoire de la République française » –, le Comité français de libération nationale devient ainsi officiellement Gouvernement provisoire de la République française[2]. Cependant, la composition du CFLN/GPRF reste inchangé et tous les commissaires restent en place ; le terme de « ministre » n'apparaît que le .
La bataille de Paris se déroule du 19 au 25 août 1944 ; la signature de la capitulation des troupes nazies présentes à Paris est faite le 25 août. Au lendemain de cette capitulation, conformément à l'ordonnance de 1943, le général de Gaulle décide de changer le gouvernement.
Chronologie
1944
- : Le CFLN change de nom et prend celui de gouvernement provisoire de la République française, présidé à Alger par le général de Gaulle.
- : Charles de Gaulle arrive à Bayeux libéré.
- : Ordonnance instituant les cours départementales de justice pour juger les faits « révélant l'intention de favoriser les entreprises de l'ennemi ».
- : Ordonnance sur l'épuration administrative.
- : Ordonnance rétablissant la légalité républicaine.
- : Défilé triomphal de Charles de Gaulle sur les Champs-Élysées. De Gaulle prend le pouvoir à Paris.
- : Ordonnance sur l'indignité nationale.
- : Incorporation des Forces françaises de l'intérieur (FFI) dans l'armée régulière.
- : Le GPRF s'installe à Paris.
- : Premier conseil des ministres du GPRF à Paris ; début officiel du gouvernement provisoire du général Charles de Gaulle.
- : Élargissement du cabinet de Gaulle.
- : Lors d'un discours au palais de Chaillot, de Gaulle précise sa politique.
- : Début d'une série de voyages de Charles de Gaulle en province : Marseille, Toulouse (14-18 sept).
- : Création de cours spéciales de Justice dans le cadre de l'épuration.
- : Les FFI sont intégrés à l'armée régulière.
- : Ordonnance sur l'épuration économique.
- : Dissolution des milices patriotiques.
- : Séance inaugurale de l'Assemblée consultative provisoire installée au Palais du Luxembourg à Paris.
- : Création de la commission Langevin-Wallon sur l'éducation (elle rendra son rapport le ).
- : Ordonnance instituant une Haute Cour de justice, pour juger les hauts responsables du gouvernement de Vichy.
- : Constitution du Mouvement républicain populaire (MRP).
- : Création du corps des Compagnies républicaines de sécurité.
- : Nationalisation des ressources énergétiques avec la création des « Houillères nationales du Nord et du Pas de Calais ».
1945
- : Nationalisation des usines Renault et création de la Régie Renault.
- : Procès de l'écrivain Robert Brasillach ; il est condamné à mort et exécuté le .
- : Procès et condamnation à la réclusion perpétuelle de Charles Maurras.
- : Création des comités d'entreprise dans les établissements de plus de 100 employés (au moins 50 à partir de ).
- : Ordonnance créant une école primaire unique.
- : Nationalisation de Gnome et Rhône.
- : Élections municipales (29 avr.-) ; les femmes votent pour la première fois.
- et : Capitulation de l'Allemagne.
- : Massacres de Sétif, Guelma et Kherrata en Algérie.
- : La France obtient un siège de membre permanent au Conseil de sécurité des Nations unies
- : Nationalisation d'Air France.
- au : Procès du maréchal Pétain ; condamné à mort, il a sa peine commuée en détention perpétuelle le .
- : Fin de session de l'Assemblée consultative provisoire.
- : Ordonnance créant un Conseil de l'Ordre des Médecins.
- :
- Ordonnance sur la Sécurité sociale.
- Début du procès de Pierre Laval (4 au ), condamné à mort.
- : Exécution de Joseph Darnand, chef de la Milice française, et de Pierre Laval.
- : Création du Commissariat à l'énergie atomique (CEA).
- : Ordonnance créant l'ENA (École nationale d'administration).
- : Référendum et élection de la première Assemblée constituante, large victoire de la gauche ; les femmes ont le droit de vote pour la première fois à un référendum et participent pour la première fois à l'élection des députés.
- : Fin du premier gouvernement de Gaulle.
- : Début du deuxième gouvernement de Gaulle.
Composition
Déroulement de la mise en place
Le , au lendemain de la libération de Paris, « les membres du Gouvernement provisoire de la République française, réunis à Alger le 26 août 1914, mettent leur poste à la disposition du général de Gaulle, président du Gouvernement, pour lui permettre de reformer le Gouvernement »[3].
Le une ordonnance précise que « le Gouvernement provisoire de la République française est composé de ministres. Les attributions des ministre sont fixées par décret »[4]. Un décret du indique « que sont créés un ministère de l'économie nationale, un ministère de la production industrielle, un ministère du ravitaillement, un ministère de l'agriculture. Le ministère du ravitaillement et de la production est par ailleurs supprimé »[5]. Un autre décret du nomme cinq ministres[6].
Mais c'est le qu'un décret donne une vision complète du Gouvernement provisoire qui est ainsi « composé d'un ministère d'État et de vingt ministères, à savoir : le ministère de la Justice, le ministère des Affaires étrangères, le ministère de l'Intérieur, le ministère de la Guerre, le ministère de la Marine, le ministère de l'Air, le ministère de l'Économie nationale, le ministère des Finances, le ministère de la Production, le ministère de l’Agriculture, le ministère du Ravitaillement, le ministère des Colonies, le ministère de l'Éducation nationale, le ministère du Travail et de la Sécurité sociale, le ministère des Travaux publics et des Transports, le ministère des Postes, Télégraphes et Téléphones, le ministère de l'Information, le ministère des Prisonniers, Déportés et Réfugiés, le ministère de la Santé publique, le ministère de l'Afrique du Nord. »[7].
Les nouveaux ministres et ceux ayant changé de portefeuille sont nommés dans un autre décret du [8]. Les ministres dont le portefeuille reste inchangé ne font pas l'objet d'un décret de nomination.
Président du Gouvernement
| Image | Fonction | Nom | Parti | |
|---|---|---|---|---|
| Président du gouvernement provisoire | Charles de Gaulle | SE |
Ministre d'État
| Image | Fonction | Nom | Parti | |
|---|---|---|---|---|
| Ministre d'État | Jules Jeanneney | RI |
Ministres
Remaniements
Remaniement du 14 novembre 1944
Ce remaniement est dû notamment à la mort d'Aimé Lepercq, survenu le , à la suite d'un accident de voiture à Lille.
- Ministre des Finances : René Pleven (précédemment « ministre des Colonies »), décret du [9]
- Ministre des Colonies : Paul Giacobbi (précédemment « ministre du Ravitaillement »), décret du [9]
- Ministre du Ravitaillement : Paul Ramadier (SFIO), décrets du [10],[9]
| Image | Fonction | Nom | Parti | |
|---|---|---|---|---|
| Ministre des Finances | René Pleven | DVC | ||
| Ministre des Colonies | Paul Giacobbi | RAD | ||
| Ministre du Ravitaillement | Paul Ramadier | SFIO |
Remaniement du 16 novembre 1944
Il est créé un ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme, décret du 16 novembre 1944[11] :
- Ministre de la Reconstruction et de l'Urbanisme : Raoul Dautry (Indép.), décrets du [12],[13]
| Image | Fonction | Nom | Parti | |
|---|---|---|---|---|
| Ministre de la Reconstruction et de l'Urbanisme | Raoul Dautry | SE |
Remaniement du 5 avril 1945
À la suite d'un désaccord avec René Pleven sur l'orientation à donner à la politique économique, Pierre Mendès France démissionne du gouvernement :
- Cessation des fonctions de Pierre Mendès France (« ministre de l'Économie nationale »)
- Ministre de l'Économie nationale et des Finances : René Pleven (précédemment « ministre des Finances »), décret du [14]
| Image | Fonction | Nom | Parti | |
|---|---|---|---|---|
| Ministre de l'Économie nationale et des Finances | René Pleven | DVC puis UDSR |
Remaniement du 30 mai 1945
Nommé par le général de Gaulle comme procureur au tribunal de Nuremberg, François de Menthon démissionne du gouvernement :
- Cessation des fonctions de François de Menthon (« ministre de la Justice »)
- Garde des Sceaux, ministre de la Justice : Pierre-Henri Teitgen (précédemment « ministre de l'Information »), décrets du [15],[16]
- Ministre de l'Information : Jacques Soustelle, décrets du [15],[16]
Paul Ramadier démissionne également du gouvernement :
- Cessation des fonctions de Paul Ramadier (« ministre du Ravitaillement »)
- Ministre du Ravitaillement : Christian Pineau (SFIO), décrets du [15],[16]
| Image | Fonction | Nom | Parti | |
|---|---|---|---|---|
| Garde des Sceaux, ministre de la Justice | Pierre-Henri Teitgen | MRP | ||
| Ministre des Colonies | Jacques Soustelle | DVG puis UDSR | ||
| Ministre du Ravitaillement | Christian Pineau | SFIO |
Remaniement du 25 juin 1945
À la suite d'une opération chirurgicale, Augustin Laurent démissionne du gouvernement :
- Cessation des fonctions d'Augustin Laurent (« ministre des Postes, Télégraphes et Téléphones »)
- Ministre des Postes, Télégraphes et Téléphones : Eugène Thomas (SFIO), décrets du [17],[18]
| Image | Fonction | Nom | Parti | |
|---|---|---|---|---|
| Ministre des Postes, Télégraphes et Téléphones | Eugène Thomas | SFIO |
Fin du gouvernement
La fin de ce premier gouvernement du général de Gaulle est due à la forte progression des communistes aux élections constituantes du qui obtiennent 26 % des voix et 160 sièges à la Chambre des Députés. Le parti communiste français, en tant que premier parti politique en France, revendique alors en conséquence la direction du gouvernement, ce que refuse le général de Gaulle.