René Monory
homme politique français
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René Monory, né le à Loudun (Vienne) et mort le dans la même ville, est un homme d'État français, président du Sénat de 1992 à 1998.
| René Monory | |
René Monory en 1986. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Président du Sénat français | |
| – (5 ans, 11 mois et 28 jours) |
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| Élection | |
| Réélection | |
| Prédécesseur | Alain Poher |
| Successeur | Christian Poncelet |
| Ministre de l'Éducation nationale | |
| – (2 ans, 1 mois et 20 jours) |
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| Président | François Mitterrand |
| Premier ministre | Jacques Chirac |
| Gouvernement | Chirac II |
| Prédécesseur | Jean-Pierre Chevènement |
| Successeur | Lionel Jospin |
| Président du conseil régional de Poitou-Charentes | |
| – (11 mois et 24 jours) |
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| Prédécesseur | Raoul Cartraud |
| Successeur | Louis Fruchard |
| Ministre de l'Économie | |
| – (3 ans, 1 mois et 8 jours) |
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| Président | Valéry Giscard d'Estaing |
| Premier ministre | Raymond Barre |
| Gouvernement | Barre III |
| Prédécesseur | Raymond Barre |
| Successeur | Jacques Delors |
| Ministre de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat | |
| – (1 an et 1 jour) |
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| Président | Valéry Giscard d'Estaing |
| Premier ministre | Raymond Barre |
| Gouvernement | Barre II |
| Prédécesseur | Michel d'Ornano (Industrie) Pierre Brousse (Commerce et Artisanat) |
| Successeur | André Giraud (Industrie) Jacques Barrot (Commerce et Artisanat) |
| Président du conseil général de la Vienne | |
| – (26 ans, 8 mois et 26 jours) |
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| Prédécesseur | Pierre Abelin |
| Successeur | Alain Fouché |
| Sénateur français | |
| – (16 ans et 26 jours) |
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| Circonscription | Vienne |
| Groupe politique | UC puis UMP |
| Prédécesseur | Jacques Grandon |
| Successeur | Alain Fouché |
| – (30 jours) |
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| Circonscription | Vienne |
| Groupe politique | UC |
| Prédécesseur | Guy Robert |
| Successeur | Jacques Grandon |
| – (4 ans et 7 mois) |
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| Circonscription | Vienne |
| Groupe politique | UCDP puis UC |
| Prédécesseur | Guy Robert |
| Successeur | Jacques Grandon |
| – (29 jours) |
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| Circonscription | Vienne |
| Groupe politique | UCDP |
| Prédécesseur | Guy Robert |
| Successeur | Guy Robert |
| – (8 ans, 6 mois et 27 jours) |
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| Circonscription | Vienne |
| Groupe politique | UCDP |
| Successeur | Guy Robert |
| Conseiller général de la Vienne | |
| – (42 ans, 9 mois et 17 jours) |
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| Circonscription | Canton de Loudun |
| Prédécesseur | Léandre Mainage |
| Successeur | Jean Touret |
| Maire de Loudun | |
| – (40 ans) |
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| Prédécesseur | Marc Godrie |
| Successeur | Jean-Pierre Fredaigue |
| Biographie | |
| Nom de naissance | René Claude Aristide Monory |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Loudun (France) |
| Date de décès | (à 85 ans) |
| Lieu de décès | Loudun (France) |
| Nationalité | Française |
| Parti politique | MRP (1959-1966) CD (1966-1976) CDS (1976-1995) UDF (1978-2002) FD (1995-1998) UMP (2002-2004) |
| Profession | Propriétaire garagiste |
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| Présidents du Sénat français | |
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D'origine modeste, il est mécanicien automobile de formation et transforme le garage familial en une florissante concession.
Longtemps membre de l'UDF, il exerce notamment les mandats de maire de Loudun, de président du conseil général de la Vienne et de président du conseil régional de Poitou-Charentes. À ce titre, il est considéré comme le fondateur du Futuroscope à Poitiers.
Il est nommé ministre de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat en 1977, puis ministre de l'Économie en 1978. Ministre de l'Éducation nationale lors de la cohabitation de 1986-1988, il est confronté aux manifestations contre la loi Devaquet.
Sénateur de la Vienne à partir de 1968, il accède à la présidence du Sénat en 1992, ayant devancé Charles Pasqua. Il est réélu en 1995, mais se retire trois ans plus tard, après avoir été mis en difficulté par Christian Poncelet, puis quitte la vie politique en 2004.
Débuts
Origines
René Claude Aristide Monory naît le à Loudun[1] dans la Vienne.
Formation et carrière
Titulaire d'un brevet élémentaire (certificat d'études) et d'un brevet industriel, René Monory commence à travailler à l’âge de 15 ans comme apprenti garagiste dans l'atelier de son père, à Loudun, dans le nord du département de la Vienne.
En 1943, pendant l'Occupation, refusant le Service du travail obligatoire (STO), il se cache pour échapper à la déportation et, dès la Libération, reprend le garage paternel pour en faire une des concessions les plus prospères de la région poitevine. Très vite, il y ajoute d’autres activités (vente et réparation de machines agricoles, vente de carburants et combustibles…).
Tout au long de sa carrière politique, il est surnommé « le garagiste de Loudun ». Dès son engagement en politique dans les années 1950, René Monory est aussi surnommé le « shérif », sans que l'origine de ce surnom soit clairement établie[2],[3].
Vie privée et familiale
Le à Loudun[4], René Monory épouse Suzanne Jeanne Odette Cottet (1921-2016)[5]. De ce mariage, naît une fille, prénommée Michèle (1951-2023), devenue créatrice de bijoux[6]. Mère d'une fille et d'une garçon, celle-ci meurt dans un accident d'avion aux côtés du journaliste Gérard Leclerc en à 72 ans[7],[a] : ses obsèques ont lieu le suivant au cimetière communal de Loudun[9].
Grand sportif, il est un adepte de sport automobile, de tennis de table, de chasse et de pêche au gros. Il crée en 1990 le circuit du Val de Vienne, un circuit automobile situé sur la commune du Vigeant. Il est en 1984 champion du monde de pêche au gros pour avoir pêché un espadon[10], un marlin voilier de 47 kg, avec un fil de 12 lbs (environ 6 kg de résistance à la traction).
Parcours politique
Implantation locale
La réussite des affaires de René Monory à Loudun favorise sa candidature aux élections municipales de 1955 ; il est élu maire de la commune en 1959, mandat qu'il conserve jusqu'à sa démission, quarante ans plus tard, en 1999[11].
En 1961, il est élu conseiller général de la Vienne dans le canton de Loudun. En 1973, il crée et devient président d'une des premières communautés de communes de France (le syndicat intercommunal de solidarité pour l'expansion du Loudunais, devenu ensuite communauté de communes du Pays loudunais).
Alors qu'il est ministre et président du conseil général de la Vienne, il favorise, en 1980, la création de la centrale nucléaire de Civaux situé dans le sud de la Vienne, à une trentaine de kilomètres au sud-est de Poitiers[12] (la centrale rentrera en service en 1997).
Il est élu à la tête du conseil régional de Poitou-Charentes le , au premier tour de scrutin, avec 27 voix contre 18 voix pour le président sortant de gauche, Raoul Cartraud[13]. Il occupe cette fonction jusqu'aux élections régionales de l'année suivante, à l'issue desquelles Louis Fruchard, qu'il soutenait, lui succède[14].
Convaincu par les politiques de décentralisation du début des années 1980, il favorise l’implantation des fonderies du Poitou avec Renault. En 1984, il lance le projet du Futuroscope de Poitiers, parc européen de l'image, s'auto-qualifiant « vulgarisateur d'idées nouvelles ». Il s'appuie alors sur l'université et le tissu industriel local. Consacré aux technologies nouvelles, le site du Futuroscope comporte un vaste parc d'attractions et une technopole. Depuis son ouverture, le parc a accueilli plusieurs dizaines de millions de visiteurs et employé de nombreux salariés[15].
En 1996, il lance le premier plan Internet départemental permettant d’équiper toutes les écoles primaires et maternelles ainsi que les collèges de la Vienne d’un accès à Internet avec un poste informatique pour 10 élèves.
Responsabilités ministérielles
Gouvernements Raymond Barre
Élu sénateur en 1968, René Monory est remarqué par Raymond Barre, alors Premier ministre, et devient ministre de l'Industrie dans son deuxième gouvernement en 1977. Dans le même temps, à la mort du centriste Pierre Abelin, il lui succède à la tête du conseil général de la Vienne.
En , alors qu'il clame n'avoir jamais lu un livre d'économie et prône le « bon sens » comme règle de vie, il est nommé ministre de l’Économie dans le troisième gouvernement Barre, cumulant cette fonction avec celle de président du comité intérimaire du Fonds monétaire international (FMI) de à . Durant sa présence au gouvernement, jusqu'à la défaite de Valéry Giscard d'Estaing à l'élection présidentielle, il suit le dossier de l’énergie nucléaire en France et celui de la libération des prix (libération des prix industriels, loi « Monory » favorisant l’actionnariat…).
Gouvernement Jacques Chirac II
Lors de la cohabitation de 1986-1988, il est ministre de l'Éducation nationale dans le gouvernement Chirac. Attaché à la formation des jeunes, son mandat est marqué par de nombreuses contestations étudiantes à la suite du projet de réforme universitaire de son ministre délégué Alain Devaquet et où un étudiant, Malik Oussekine, trouve la mort le , à la suite de brutalités policières.
Président du Sénat
Première tentative en 1989
En 1989, prônant un « rajeunissement du Sénat », René Monory se présente au deuxième tour de l'élection du président du Sénat, affrontant les centristes Alain Poher, qui exerce la fonction depuis 21 ans, et Pierre-Christian Taittinger. Le sénateur de la Vienne obtient 18 % des voix et retire sa candidature pour le troisième tour, remporté à la majorité relative par Alain Poher, notamment grâce à l'appui de Charles Pasqua, le président du groupe RPR[16],[17].
Victoires en 1992 et 1995
Après le renouvellement de 1992, René Monory est désigné candidat du groupe Union centriste (UC) pour la présidence du Sénat, au détriment de Pierre-Christian Taittinger. Le , il est élu au second tour de scrutin, après avoir devancé au premier tour Charles Pasqua, desservi par son côté clivant et son opposition au traité de Maastricht.
Seul candidat de la droite et du centre 1995, René Monory est aisément réélu à la présidence du Sénat dès le premier tour face au président du groupe socialiste, Claude Estier.
Exercice de la présidence
La présidence de René Monory est notamment marquée par sa volonté de moderniser le Sénat, en particulier avec une mise à niveau informatique de l'institution (un site internet est lancé dès 1995), la mise en place d'une division des relations internationales ou le lancement d'expositions interactives[17].
Sa rencontre médiatisée avec Bill Gates le , ainsi que ses fréquents voyages en Chine, au Japon et en Corée du Sud renforcent sa position d'homme politique soucieux des nouvelles technologies de l'information et de la communication[18]. Chaque année, il visite la Silicon Valley californienne, dont il vante constamment les mérites[19].

Sur le plan international, il rencontre également de nombreux dirigeants politiques, dont le chancelier fédéral d'Allemagne, Helmut Kohl, en 1993. Il assoit ainsi sa légitimité sénatoriale et renforce sa notoriété médiatique[17].
En 1996, lors de la publication d'un rapport de l'Assemblée nationale préconisant de restreindre les droits des clandestins, il déclare que ceux-ci doivent être traités de « façon correcte », mais considère qu'il faut « éviter qu'il en vienne d'autres », et se félicite du débat provoqué par ce texte[20].
Défaite surprise en 1998
Le , René Monory brigue un troisième mandat à la tête de la chambre haute. À l'issue du renouvellement sénatorial, ses soutiens habituels (groupes UC, RI et RDSE) sont alors suffisamment nombreux pour lui assurer d'arriver en tête du premier tour.
Contrairement à 1995, il fait face à une candidature à droite, en la personne de Christian Poncelet, sénateur RPR des Vosges et président sortant de la commission des Finances. À la surprise générale, au premier tour, ce dernier arrive 16 voix devant René Monory, qui retire aussitôt sa candidature[19],[21]. Par la suite, Christian Poncelet devance également Daniel Hoeffel, désigné pour remplacer René Monory, puis l'emporte au troisième tour face au candidat socialiste.
Plusieurs raisons sont avancées pour expliquer la défaite de René Monory, survenue malgré la modernisation technologique du Sénat et sa stature internationale. Un point déterminant est sa diminution physique, qu'il reprochait pourtant à Alain Poher et qui s'est particulièrement manifestée quelques mois plus tôt lors de l'éloge funèbre de Maurice Schumann. Il lui a également été reproché un manque de réactivité face au Premier ministre Lionel Jospin, qui voyait dans le Sénat une « anomalie ». Enfin, sa gouvernance jugée trop solitaire et les divisions de l'UDF lui ont coûté des voix déterminantes[17],[22].
Dernières années
Après avoir longtemps porté les couleurs de l'UDF, dont il était vice-président, René Monory rejoint l'Union pour un mouvement populaire (UMP) lors de sa fondation. Il met un terme à sa carrière politique en 2004 en ne se représentant pas aux élections cantonales et sénatoriales.
Il vit ensuite dans son domaine de Beaurepaire, à quelques kilomètres du centre de Loudun. En , René Monory, dont l'état de santé s'est fortement dégradé à partir de 2007, est hospitalisé pour des problèmes respiratoires au CHU de Poitiers[23].

Il meurt à Loudun le [1], des suites d'une longue maladie, à l'âge de 85 ans[24],[25]. Ses obsèques sont célébrées en l'église Saint-Pierre de Loudun le suivant, en présence du président de la République Nicolas Sarkozy, du Premier ministre François Fillon, du président du Sénat Gérard Larcher et du président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer. Valéry Giscard d'Estaing, Christian Poncelet, Jean-Pierre Raffarin, Roger Karoutchi, Simone Veil, François Bayrou et Yves Guéna assistent également à la cérémonie[26]. Son oraison funèbre est prononcée par Jacques Grandon, son ancien « bras droit » et premier vice-président au conseil général de la Vienne. Il est inhumé au cimetière communal[27].
Détail des mandats et fonctions
Au gouvernement
Au Sénat
- - : sénateur de la Vienne
- - : sénateur de la Vienne
- - : sénateur de la Vienne
- - : sénateur de la Vienne
- - : président du Sénat
À l'étranger
- - : président du comité intérimaire du Fonds monétaire international (FMI)
Au niveau local
- – : maire de Loudun
- 1961-2004 : conseiller général de la Vienne, élu dans le canton de Loudun
- 1973-2002 : président du syndicat intercommunal de solidarité pour l'expansion du Loudunais, puis de la communauté de communes du Pays loudunais (président honoraire à partir de 2003)
- 1973-1989 : conseiller régional de Poitou-Charentes
- 1977-2004 : président du conseil général de la Vienne
- - : président du conseil régional de Poitou-Charentes
Synthèse des résultats électoraux
Publications
- Combat pour le bon sens, Albin Michel,
- Des clefs pour le futur, Éditions du Futuroscope,
- La Volonté d’agir, Odile Jacob,
Distinction
Hommages
Ont été nommés en son honneur :
- plusieurs voies publiques de communes de la Vienne et de la Charente-Maritime :
- l'avenue René-Monory, sur la technopole du Futuroscope, à Chasseneuil-du-Poitou (anciennement Avenue du Téléport),
- la rue René-Monory à Monts-sur-Guesnes, à Saires, et à Matha ;
- le pont René-Monory à Montmorillon ;
- la place René-Monory à Dangé-Saint-Romain ;
- l'espace culturel René-Monory à Loudun ;
- une zone économique à Châtellerault[33] ;
- la salle René-Monory (ancienne chapelle de la chambre des Pairs) au Sénat[34] ;
- la Maison des communes René-Monory, sur la technopole du Futuroscope, à Chasseneuil-du-Poitou.
Le personnage principal du roman Loin du bruit du monde, écrit par Valéry Giscard d'Estaing, présente de nombreuses similarités avec René Monory, bien que la passion pour la chasse de l'auteur soit au centre de l’ouvrage[35].