Robert Bemborough

From Wikipedia, the free encyclopedia

Décès
Activité
MilitaireVoir et modifier les données sur Wikidata
Robert Bemborough
mort de Bemborough gravure du XIXe
Biographie
Décès
Activité
MilitaireVoir et modifier les données sur Wikidata

Sir Robert Bemborough, mort en 1351, est un chevalier médiéval qui a mené la faction Montfortiste pendant le Combat des Trente, une bataille arrangée entre trente chevaliers des deux côtés pendant la Guerre de Succession de Bretagne, lutte pour le contrôle du duché entre la Maison de Montfort et la Maison de Blois. Il a été tué dans la bataille.

Bemborough a été par la suite dépeint par des chroniqueurs comme un modèle de chevalerie, mais postérieurement dénigré comme un brigand qui a exploité des paysans locaux et des marchands

Bemborough a mené la faction montfortiste qui a contrôlé Ploërmel, le montfortisme étant soutenu principalement par des chevaliers anglais alors que la faction de Blois est soutenue par les Français. Il est défié en combat singulier par Jean de Beaumanoir, le capitaine de Josselin, le bastion de Blois le plus proche. Selon le chroniqueur Jean Froissart, le duel purement personnel entre les deux chefs devient une grande joute quand Bemborough suggère un combat entre vingt ou trente chevaliers de chaque camp, proposition acceptée avec enthousiasme par Beaumanoir. Ils conviennent d'un combat rangé dans un champ marqué par un chêne, à mi-chemin entre les deux forteresses. Bemborough est supposé avoir déclaré

« And let us right there try ourselves and do so much that people will speak of it in future times in halls, in palaces, in public places and elsewhere throughout the world. (traduction: «Et essayons nous-mêmes là-bas et faisons tant que les gens en parleront à l'avenir dans les salles, dans les palais, dans les lieux publics et ailleurs dans le monde.») »

Ses mots sont retranscrits par Froissart[1]. « le dicton n'est peut-être pas authentique », remarque Johan Huizinga, « mais il nous apprend ce que pensait Froissart »[2].

Identité

Rien ne permet de préciser si Bemborough était anglais ou allemand. Son identité est un mystère et son nom est orthographié dans de nombreuses formes variables. Froissart écrit Brandebourch mais il apparaît aussi comme Bembro ou Brembo[3].  On donne parfois son prénom comme Robert, parfois comme Richard. Les chroniqueurs Jean Bel et Froissart disent qu'il était un chevalier allemand, mais des historiens en ont douté. L'auteur du XIXe siècle Harrison Ainsworth, s'inspirant de la version de langue bretonne du nom, Pennbrock, a conclu que son nom réel était l'anglais Pembroke. En breton "Penn-brock", sonne comme l'expression "tête de blaireau", qui est devenue pour lui un surnom désobligeant[4].

Henry Raymond Brush a également soutenu qu'il était probablement anglais[5]. Le Dictionary of National Biography a noté la possibilité qu'il soit Sir Richard Greenacre de Merley, et il a peut-être dérivé le nom sous lequel il est connu de Bromborough dans le Cheshire[3]. Le nom Bembro apparaît dans les chroniques de la guerre associées aux chevaliers anglais, suggérant qu'une famille du même nom a servi en Bretagne[5]. Brush considère également qu'il était probablement de Bromborough, car une famille utilisant ce nom apparaît dans les registres locaux pour la période[5].

Selon Jean-Baptiste Ogée, le château du Grand-Fougeray, occupé par les Anglais avec 200 hommes de troupe sous les ordres du capitaine Bembro (probablement un membre de la famille de Robert Bemborough), dans le cadre de la Guerre de succession de Bretagne, est repris par Bertrand du Guesclin en 1356 : il serait entré, accompagné de trois hommes, dans le château par ruse, déguisé en bucheron vécu vendre des fagots, en l'absence du capitaine anglais et surprit la garnison. Du Guesclin fut légèrement blessé pendant les combats. Une fois le château prit, il tendit une embuscade pour surprendre le capitaine Bembro sur son chemin de retour ; lequel fut tué ainsi qu'une bonne partie des soldats anglais qui l'accompagnaient, les survivants étant faits prisonniers[6].

Mort

Lors de la bataille du Combat des Trente, Bemborough a été tué. Après plusieurs heures de combats, il y a eu quatre morts du côté français et deux du côté anglais. Les deux parties étaient épuisées et ont convenu d'une pause pour se rafraîchir et panser les blessures. Après la reprise de la bataille, Bemborough a été blessé puis tué. La direction a été prise par un guerrier allemand appelé Croquart, mais la faction anglo-bretonne a été vaincue.

L'historien breton du XIXe siècle Arthur de La Borderie donne un récit très dramatique de la mort de Bemborough, dérivé de récits antérieurs. Dans cette version, il est mort des mains d'un écuyer, Alain de Keranrais, et du fidèle ami de Beaumanoir, Geoffroy du Bois, qui défendent Beaumanoir de l'arrogant "Bembro", qui vient de faire le vœu de le capturer :

« Au même instant, indigné des insultes de Bembro, un écuyer breton, Alain de Keranrais, lui crie : — Comment, vil glouton, tu te flattes de faire prisonnier un homme comme Beaumanoir ! Eh bien, moi je te défie en son nom, tu vas sentir à l'instant la pointe de ma lance. Il lui en porte en même temps un coup en plein visage, la lance pénètre sous le crâne, Bembro s'abat lourdement. Pendant que ses compagnons se jettent sur Keranrais, le chef anglais d’un effort désespéré se relève et cherche son adversaire ; il trouve devant lui Geofroi du Bois, qui lui lance à tour de bras sa hache d'armes dans la poitrine. Bembro tombe mort. Du Bois triomphant s'écrie : — Beaumanoir, mon cher cousin germain que Dieu garde ! où est-tu ? Te voilà vengé[7]. »

Représentation culturelle

Références

Liens externes

Related Articles

Wikiwand AI