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Combat des Trente

épisode de la guerre de Succession de Bretagne From Wikipedia, the free encyclopedia

Le combat des Trente[1],[2] qui a lieu en sur une lande située entre les places fortes de Josselin et de Ploërmel, est un épisode célèbre quoique marginal de la guerre de Succession de Bretagne qui oppose depuis 1341 la maison de Penthièvre (Charles de Blois) à la maison de Montfort (Jean II, puis Jean III de Montfort) pour le trône ducal de Bretagne, alliés respectivement du roi de France Jean le Bon et du roi d'Angleterre Édouard III, qui s'affrontent dans les premières années de la guerre de Cent Ans.

Date
Lieu Lieudit « le chêne de Mi-Voie », entre Ploërmel et Josselin
Issue victoire du parti de Blois
Faits en bref Date, Lieu ...
Combat des Trente
Description de cette image, également commentée ci-après
Informations générales
Date
Lieu Lieudit « le chêne de Mi-Voie », entre Ploërmel et Josselin
Issue victoire du parti de Blois
Belligérants
Bretagne blésiste Royaume d'Angleterre
Bretagne monfortiste
Commandants
Jean IV de Beaumanoir Robert Bemborough
Forces en présence
32 chevaliers ou écuyers 32 chevaliers ou écuyers
Pertes
6 morts 9 morts

Guerre de Cent Ans

Batailles

Coordonnées 47° 56′ 15″ nord, 2° 29′ 13″ ouest
Géolocalisation sur la carte : France
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Combat des Trente
Géolocalisation sur la carte : Bretagne (région administrative)
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À la suite d'un défi lancé par Jean IV de Beaumanoir[2], capitaine de Josselin au nom de Charles de Blois, au capitaine de Ploërmel, l'Anglais Robert Bemborough, un combat est organisé entre trente partisans de chaque prétendant[1]. La victoire revient aux champions de Charles de Blois, mais sans conséquences notables pour la suite de la guerre, achevée en 1364 à Auray par la victoire de Jean III de Montfort, qui devient le duc Jean IV de Bretagne.

L'endroit où ce combat a eu lieu se trouve dans l'actuelle commune de Guillac (Morbihan).

Origines du combat

Le siège de Ploërmel

En 1351, durant la guerre de Succession de Bretagne, la place de Josselin est aux mains de Jean de Beaumanoir, partisan de Charles de Blois, alors que celle de Ploërmel est tenue par l’Anglais Robert Bemborough (que Froissart appelle « Brandebourch »), partisan de la maison de Montfort. Le siège est mis par Jean de Beaumanoir devant Ploermel.

Le défi de Jean de Beaumanoir

Se rendant un jour auprès de Bemborough pour négocier, Beaumanoir voit des soldats anglais maltraiter des paysans. Il s'en plaint à son adversaire.

La dispute qui s’ensuit amène les deux hommes à déterminer les modalités d’un duel destiné à régler la possession du territoire. Jean de Beaumanoir lance un défi à Robert Bemborough en lui proposant un tournoi à l'instar des chevaliers de la Table ronde. Celui-ci accepte et propose que chaque camp soit représenté par trente et un combattants (dont Beaumanoir et Bemborough).

Le combat

Date et lieu précis

Il y a litige entre le [3] et le [1],[2].

Le lieu choisi est la lande de Mi-Voie, située à égale distance de Josselin et de Ploërmel[4], près d'un arbre appelé « le chêne de Mi-Voie ».

Combattants notables

Dans le camp de Bemborough, on trouve le célèbre[réf. nécessaire] aventurier Croquart, un mercenaire allemand dont le roi de France Philippe VI de Valois aurait aimé s’attacher les services[réf. nécessaire], ainsi que Robert Knolles et le neveu de Thomas Dagworth, vainqueur de Charles de Blois à la bataille de La Roche-Derrien (1347).

Arrivée des combattants

Au jour dit, les combattants assistent à la messe dans l'église Notre-Dame du Roncier de Josselin, puis arrivent à cheval au lieu choisi, mais entrent à pied avec leurs armes dans le champ clos. Ils ne doivent pas en sortir sous peine de déshonneur.

Déroulement

Le combat commence par une mêlée confuse. Les Blésistes perdent plusieurs hommes. Un repos est autorisé, pendant lequel les combattants se désaltèrent avec du vin d'Anjou.

Dès la reprise, Bemborough est transpercé par la lance d'Alain de Keranrais. Croquart le remplace à la tête des Monfortistes.

D’après la légende, Beaumanoir, épuisé par la chaleur, le combat et le jeûne[pas clair], aurait réclamé à boire ; son compagnon Geoffroy du Boüays lui aurait alors répondu « Bois ton sang, Beaumanoir, la soif te passera »[5]. Cette parole devient ensuite la devise de la famille de Beaumanoir.

Guillaume de Montauban parvient à réaliser une trouée : les monfortistes sortent du combat « déconfités ».

Bemborough et huit de ses hommes sont morts, ainsi que six hommes de Beaumanoir[6].

Les vaincus survivants se rendent car il aurait été déloyal de priver les vainqueurs du bénéfice des rançons[6] : dans la guerre féodale on ne cherche pas à tuer sur le champ de bataille mais à rentabiliser sa campagne en capturant de riches prisonniers[7]. Selon les chroniqueurs, on compte de 10 à 17 morts du côté monfortiste et entre 4 et 8 côté blésiste[8]

Croquart est déclaré meilleur combattant de son camp, Alain de Tinténiac étant considéré comme le meilleur de l'autre[9].

Suites

Ce combat ne règle rien : les Blésistes poursuivent le siège de Ploërmel, mais en vain, jusqu'au printemps 1352.

Lors de la bataille de Mauron qui a lieu peu après (une victoire des montfortistes), sept des Bretons qui ont participé au combat des Trente sont présents.

Beaumanoir et Simon Richard mourront des années plus tard[10].

La guerre de Succession s'achève en 1364 par la victoire du camp Montfort, victoire entérinée par le traité de Guérande conclu l'année suivante.

Galerie

Liste des combattants

Jacques Villaret a décrit dans un livre publié en 1770 le Combat des Trente et fourni la liste des participants[11].

Blésistes

Monfortistes

Chevaliers
Écuyers
  • Richard Gaillard
  • Hugues Gaillard
  • Huceton Clemenbean
  • Hennequin de Guenchamp
  • Renequin Hérouard
  • Hennequin Lemareschal
  • Raoulet d’Aspremont
  • Croquart l’Allemand
  • Gaultier l’Alemant
  • Bobinet Melipart
  • Jehan Roussel
  • Dagworth (neveu de Thomas Dagworth)
  • Hulbité
  • Helecoq
  • Le Musart
  • Robin Adès
  • Perrot Gannelon
  • Raoul Prévot
  • Jean Plesington
  • Guillemin le Gaillard
  • Rango le Couart
  • Dardaine
  • Ropefort
  • Isannay
  • Jennequin Taillard

Interprétation historique

On ne peut en aucun cas présenter ce combat comme une confrontation anglo-bretonne sans risquer de travestir la vérité historique. Il s’agit d’un épisode de la Guerre de Succession de Bretagne où l’un des belligérants était neveu du roi de France, et l’autre était soutenu par l’Angleterre.

Pour l'historien Jean-Jacques Monnier, auteur de Histoire de Bretagne pour tous, « ce combat n'a pas réellement eu d'impact historique. Ce sont des chevaliers pro-Français qui se sont battus contre des chevaliers pro-Anglais sans aucune conséquence. C'était plutôt un tournoi. Ce combat avait été largement oublié jusqu'à ce qu'on le ressorte vers 1880 sous la IIIe République car on recherchait des commémorations à faire. Ce symbole qui était très ancien faisait l'unanimité à droite comme à gauche dans cette période où l'on avait soif de revanche. Il fallait mobiliser le patriotisme ! »[20].

Postérité

Monuments locaux

  • Selon Pitre-Chevalier, le chêne séculaire qui avait servi d'ombrage pour les combattants du Combat des Trente aurait été abattu à l'époque des Guerres de la Ligue et remplacé par une croix de pierre, placée au bord de la route ; celle-ci fut abattue en 1775 et relevée peu après en 1776 par les États de Bretagne ; selon Jean-Baptiste Ogée, elle portait l'inscription « À la mémoire perpétuelle de la Bataille des Trente, que Monseigneur le maréchal de Beaumanoir a gagnée en ce lieu le XXVII mars, l'an MCCCL ». Abattue en 1793, elle fut reconstruite en 1823[21].
  • Sous l'influence de la chouannerie, en 1811, le conseil d'arrondissement de Ploërmel demanda l'érection d'un monument en l'honneur des combattants de Mi-Voie ; le conseil général du Morbihan applaudit à cette idée et vota une subvention pour le projet[21].

Ce monument sous forme d'obélisque, la Colonne des Trente, fut érigé au lieu-dit « La Pyramide » dans la commune de Guillac, pour saluer la mémoire des chevaliers qui se sont battus. Sa première pierre fut posée le et il fut inauguré le [22]. Mais on n'y trouve que les noms des combattants « blésistes » ; ceux du camp « montfortiste » sont ignorés[23].

Ce monument est un obélisque haut de 15 mètres, large à sa base de 1,60 mètre et d'un mètre à son sommet. Formé de 30 blocs de granite ayant chacun 60 centimètres d'épaisseur, il occupe le centre d'une étoile plantée de pins et de cyprès. Le monument porte l'inscription suivante sur sa face orientale : « Sous le règne de Louis XVIII, roi de France et de Navarre, le Conseil général du département du Morbihan a élevé ce monument à la gloire de XXX Bretons »[21].

  • La « Croix des Anglais » (à Guillac) : après le combat, les soldats auraient enterré à cet endroit les corps des victimes monfortistes ; le lieu fut nommé dès lors "cimetière des Anglais" ; des ossements y auraient été retrouvés au XIXe siècle (une lettre du d'un ancien maire de Guillac, Pierre Blanche, indique que des fouilles sauvages, effectuées par des pilleurs de tombes, auraient permis de trouver des ossements). La croix actuelle a été sculptée en 1951 (pour le sixième centenaire du Combat des Trente) sur le socle d'une croix plus ancienne disparue.

La tapisserie de Charles V

Rue des Trente, à Rennes.

Une tapisserie représentant ce combat a été réalisée sous le règne de Charles V (1364-1380), afin de rappeler cette victoire française sur les Anglais[24].

Odonymie

Jeux

  • Il existe un jeu de société du même nom voulant reprendre l'histoire de ce combat[25].
  • Le jeu vidéo Age of Empires IV revient sur cette bataille dans sa campagne.

Notes et références

Voir aussi

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