Robert Le Coq
From Wikipedia, the free encyclopedia
Montdidier
| Robert Le Coq | ||||||||
Robert Le Coq, dans une diatribe contre les officiers du roi. Grandes Chroniques de France | ||||||||
| Biographie | ||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Naissance | vers Montdidier |
|||||||
| Décès | [1] Estella |
|||||||
| Évêque de l'Église catholique | ||||||||
| Évêque de Calahorra | ||||||||
| – | ||||||||
| ||||||||
| Évêque de Laon | ||||||||
| – | ||||||||
| ||||||||
| Autres fonctions | ||||||||
| Fonction laïque | ||||||||
| Membre du Grand Conseil | ||||||||
| (en) Notice sur catholic-hierarchy.org | ||||||||
| modifier |
||||||||
Robert Le Coq (v. 1310 à Montdidier - Estella, 12 septembre 1373) est un magistrat et prélat français, évêque de Laon de 1351 à 1358 et de Calahorra de 1362 à 1373.
Fils d'un officier royal anobli, il fait des études de droit à l'Université d'Orléans, puis il entre au Parlement, devient membre du Grand Conseil de Jean le Bon qu'il accompagne à Avignon. Il se range aux côtés de Charles II de Navarre contre Pierre de La Forest dont il convoite le poste de chancelier de Normandie. Assimilé au parti navarrais, il est l'objet en 1356 des articles contre Robert Le Coq. Lors de la réunion des états généraux de 1356 et de 1357, il joue un rôle très important ainsi que dans le soulèvement parisien provoqué par Étienne Marcel. Il contribue avec ce dernier à imposer au régent (futur Charles V de France) la grande ordonnance de 1357. Après la chute d'Étienne Marcel (1358), il est exclu de l'amnistie consécutive au traité de Calais (1360). Ayant perdu son évêché, il se réfugie en Espagne où Charles le Mauvais lui offre 800 écus de revenus. En 1363, il devient évêque du diocèse de Calahorra et y meurt en 1373.
La tentative de fugue
L'oncle du dauphin, l'empereur Charles IV, subissant une offensive diplomatique de la part des Anglais, est inquiété par l'influence grandissante des Français sur l'ouest de l'empire. Étant donné que la Bourgogne, le Dauphiné et de nombreuses places fortes sont contrôlés par les Français, il menace de renégocier son alliance avec son beau-frère Jean le Bon. Il émancipe le duc de Bourgogne pour ses possessions en terre d'empire lesquelles sont gérées du fait de son jeune âge par son beau-père, le roi de France[2]. Le roi fait montre d'intransigeance et la tension monte. Le dauphin Charles, qui est très proche de son oncle et qui risque d'y perdre le Dauphiné, est opposé à la façon de procéder de son père. Monté contre lui par Robert Le Coq (l'un des plus fervents Navarrais, jouant double jeu auprès de Jean le Bon) qui ne cesse de lui assurer que son père cherche à l'évincer du pouvoir, il organise avec le concours du parti navarrais une fugue visant à rencontrer l'empereur, lui prêter l’hommage et apaiser les tensions[3]. Elle doit avoir lieu en décembre 1355. Le roi, mis au courant du complot par Robert de Lorris, convoque son fils et lui confie la Normandie en apanage pour le rassurer sur ses sentiments envers lui et contrer le travail de sape des Navarrais[4].
États généraux de 1355 et 1356
Étienne Marcel n'est pas par essence contre les Valois. Au contraire les intérêts du roi et ceux des milieux d'affaire parisiens convergent : la guerre entraîne le blocage des routes économiques et la prospérité de Paris passe par la sécurisation de la Seine et des accès aux Flandres[5]. Aux états généraux du , on tente de simplifier le calcul de l'impôt pour le rendre plus efficace[5]. Mais les impôts ne rentrent pas et le roi a recours une nouvelle fois aux manipulateurs de la monnaie honnis: il rappelle Jean Poilevillain et Nicolas Braque qu'il nomme respectivement aux Comptes et aux Monnaies[5]. La monnaie est dévaluée une nouvelle fois : les rentes et loyers diminuent au grand dam de la bourgeoisie, de la noblesse et des prélats[5] : la colère monte.

Confronté à la menace anglaise, Jean le Bon convoque les états généraux de langue d'oïl à Paris, dans la grande salle du palais de la Cité, le , pour lever l’armée de 30 000 hommes qu'il juge nécessaire. Étienne Marcel et ses alliés (son cousin Imbert de Lyon, son associé Jean de Saint-Benoît, son prédécesseur à la prévôté des marchands de Paris Jean de Pacy ainsi que ses échevins Pierre Bourdon, Bernard Cocatrix, Charles Toussac et Jean Belot) y sont les principaux représentants des villes[6]. Les états généraux sont extrêmement méfiants quant à la gestion des finances publiques (échaudés par les dévaluations entraînées par les mutations monétaires[7] qui ont fait perdre à la monnaie royale 82 % de sa valeur en un an[8]). La noblesse dont les dévaluations diminuent les revenus (les redevances dues sur leurs terres sont de montant fixe) a un besoin impératif d'une monnaie forte. Les commerçants ont surtout besoin d'une monnaie stable. Après les chevauchées du Prince noir en Languedoc et du duc de Lancastre en Artois, les états généraux ont conscience de la nécessité de lever une armée, mais plus encore de financer des garnisons pour défendre les villes[6]. Ils acceptent la levée d’une taxe sur les transactions commerciales de 8 deniers par livre, à la condition de pouvoir en contrôler la mise en œuvre et l’utilisation des fonds prélevés et que soit émise une monnaie forte[6]. Un collège de 9 officiers (3 par ordre) qui prélèveraient la taxe doit être désigné par les états généraux[9].
Les impôts rentrant mal et la nouvelle monnaie se dévaluant rapidement, les états généraux sont réunis à nouveau en mars 1356 et décident d'élargir l'assiette de l'impôt en taxant aussi les revenus fonciers. Ce qui se révèle difficile car il faudrait une administration capable de quantifier les revenus des contribuables[10].
Fort de cette armée financée par les états généraux, le roi poursuit le Prince Noir lancé dans une nouvelle chevauchée. Il le rattrape au sud de Poitiers. L'enjeu est plus que militaire : il faut redorer le blason de la noblesse, largement terni depuis le désastre de Crécy et qui de plus est incapable de protéger le peuple des pillages alors que c'est précisément son rôle dans la société médiévale. C'est dans cet esprit qu'il renvoie les troupes envoyées par les villes pour le soutenir à la bataille de Poitiers: c'est au roi et à la noblesse de vaincre. La bataille a lieu le , le roi Jean le Bon, ne voulant pas fuir comme l'avait fait son père à Crécy, se bat héroïquement. Il est fait prisonnier par les Anglais, mais acquiert dans cette affaire un grand prestige et sauve sa couronne. Le Prince noir, impressionné, fait en sorte qu'il soit reçu avec les honneurs durant sa captivité londonienne[11].
Son fils le dauphin Charles, qui a pu quitter le champ de bataille, assure la régence et tente de négocier avec l'Angleterre pendant que les mercenaires démobilisés, rassemblés en grandes compagnies, pillent les campagnes. Pour éviter de tels débordements, le dauphin propose de créer une armée permanente de 30 000 hommes. Pour cela, il lui faut trouver des financements en levant de nouveaux impôts qu'il demande aux états généraux en les convoquant à nouveau.
