Roy Spencer
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Roy Spencer, né en 1955, est un météorologue et climatologue américain affilié à l'université de l'Alabama à Huntsville, essentiellement connu pour ses positions climato-dénialistes, selon lesquelles les gaz à effet de serre ne sont pas la cause principale du changement climatique contemporain. Il est aussi à l'origine, avec son confrère John Christy (en), d'une série de mesures satellitaires des températures terrestres.
Études
Roy Spencer obtient un Bachelor of Science en sciences de l'atmosphère à l'université du Michigan en 1978, un Master of Science en météorologie deux ans plus tard à l'université du Wisconsin, puis un doctorat en 1981 dans la même université[1],[2].
Carrière académique
Diplômé, Roy Spencer travaille deux ans durant à l'université du Wisconsin, au sein du Space Science and Engineering Center (en), avant de rejoindre en 1984 le centre de vol spatial Marshall de la Nasa, où il demeure jusqu'en 2001[1]. Il rejoint ensuite l'université de l'Alabama à Huntsville[1],[2].
Il établit avec John Christy (en) un enregistrement des températures terrestres à partir de données satellitaires[3],[4], qui vaut aux deux chercheurs une médaille de la NASA en 1991 (Medal for Exceptional Scientific Achievement) et une récompense de l'American Meteorological Society en 1996 (Special Award)[1],[5]. Roy Spencer est responsable depuis 1994 de l'équipe de la Nasa chargée du radiomètre micro-onde Advanced Microwave Scanning Radiometer-EOS (AMSR-E) embarqué sur le satellite Aqua[1].
En 2011, l'un de ses articles[6] — qui conclut que la variabilité naturelle de la couverture nuageuse pourrait fausser l'estimation habituelle des rétroactions climatiques, au fondement de l'estimation de la sensibilité climatique, et incidemment conduire à significativement surestimer le réchauffement climatique — est vivement critiqué par plusieurs chercheurs en sciences du climat et conduit à la démission du rédacteur en chef de la revue qui l'a publié, Wolfgang Wagner, qui estime que l'article n'aurait pas dû être publié[7],[8],[9],[10],[11],[12].
Climato-dénialisme
Argumentaire
Roy Spencer est connu pour ses positions climato-dénialistes, qui remontent au moins aux années 2000[13],[3],[14]. Le météorologue reconnaît que les gaz à effet de serre tels que le dioxyde de carbone (CO2) sont la source d'un réchauffement climatique, mais il affirme — à l'encontre du consensus scientifique — que cette cause est très secondaire dans le réchauffement, que la sensibilité climatique (l'élévation des températures provoquée par un doublement de la concentration atmosphérique du CO2) est surévaluée, que les projections de réchauffement des modèles climatiques sont supérieures aux observations et que l'essentiel du réchauffement provient de la variabilité naturelle de la couverture nuageuse (et non que celle-ci est la source d'une rétroaction positive comme habituellement considéré)[13],[3],[14],[15].
Il est l'auteur de deux ouvrages sur ce thème, Climate Confusion: How Global Warming Hysteria Leads to Bad Science, Pandering Politicians and Misguided Policies that Hurt the Poor (2008) et The Great Global Warming Blunder: How Mother Nature Fooled the World's Top Climate Scientists (2010)[13],[16],[17]. Il intervient également dans le documentaire The Great Global Warming Swindle diffusé en 2007[13].
Le chercheur qualifie en 2014 de « nazis du changement climatique » (« global warming Nazis ») les personnes qui utilisent le terme « deniers » (usuellement traduit en français par « climato-dénialistes ») pour qualifier les climato-dénialistes[13],[18].
Activités professionnelles liées
Roy Spencer est expert pour des organisations conservatrices américaines dont plusieurs sont connues pour leur désinformation sur le changement climatique et leurs financement par l'industrie pétrolière : le George C. Marshall Institute, l'Heritage Foundation, l'institut Heartland[13],[3],[14]. Il est aussi membre des conseils consultatifs de la CO2 Coalition[13],[19] et de la Cornwall Alliance (en)[13],[20].
Des documents officiels de l'entreprise productrice de charbon Peabody Energy indiquent qu'elle a rémunéré Roy Spencer ; il a notamment témoigné pour celle-ci en 2015 et 2016 devant un tribunal du Minnesota dans le but de soutenir l'idée selon laquelle le dioxyde de carbone (CO2) n'est pas la cause du changement climatique[21],[22],[23].
Cité en 2024 dans un rapport favorable aux énergies fossiles publié par Liberty Energy, une entreprise du secteur pétrolier fondée et dirigée par Chris Wright, Roy Spencer est embauché en par ce dernier, entretemps nommé secrétaire à l'Énergie des États-Unis par Donald Trump, au sein du département de l'Énergie des États-Unis (DOE)[3],[14]. Des documents rendus publics montrent que Roy Spencer a lui-même contacté la nouvelle administration Trump le mois précédent pour offrir son assistance dans l'examen de l'Endangerment Finding, le texte sur lequel s'appuient les politiques américaines de restriction des émissions de gaz à effet de serre[24]. Roy Spencer est l'un des cinq auteurs à qui est confiée l'écriture du rapport A Critical Review of Impacts of Greenhouse Gas Emissions on the U.S. Climate publié par le DOE en , qui est l'objet de nombreuses critiques et réfutations par la communauté scientifique et qui est utilisé par l'administration Trump pour tenter d'abroger l'Endangerment Finding[25],[26],[27].
Références
- 1 2 3 4 5 (en) « Roy Spencer - U.S. AMSR-E Science Team Leader », sur Aqua Project Science, National Aeronautics and Space Administration (consulté le ).
- 1 2 (en) « About », sur drroyspencer.com (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 (en) Maxine Joselow, « Trump Hires Scientists Who Doubt the Consensus on Climate Change », The New York Times, (lire en ligne).
- ↑ (en-GB) John Abraham, « One satellite data set is underestimating global warming », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne).
- ↑ (en) « John R. Christy, Ph.D. », sur université de l'Alabama à Huntsville (consulté le ).
- ↑ (en) Roy W. Spencer, William D. Braswell, « On the Misdiagnosis of Surface Temperature Feedbacks from Variations in Earth’s Radiant Energy Balance », Remote Sensing, Molecular Diversity Preservation International, vol. 3, no 8, , p. 1603‑1613 (ISSN 2072-4292, DOI 10.3390/rs3081603, lire en ligne).
- ↑ (en-GB) Leo Hickman, « Journal editor resigns over « flawed » paper co-authored by climate sceptic », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne).
- ↑ (en) Richard A. Kerr, « Journal Editor Resigns Over Contrarian Climate Paper », Science, (lire en ligne).
- ↑ (en) Seth Borenstein, Associated Press, « Skeptic’s small cloud study renews climate rancor », sur Phys.org (consulté le ).
- ↑ (en) Kevin Trenberth et John Fasullo, « RealClimate: “Misdiagnosis of Surface Temperature Feedback” », sur RealClimate, (consulté le ).
- ↑ (en-US) Zeke Hausfather, « Cloudy Controversies: The Science Behind the Spencer-Braswell Paper » », sur Yale Climate Connections, (consulté le ).
- ↑ (en) Andrew Dessler, « Cloud variations and the Earth’s energy budget », Geophysical Research Letters, vol. 38, no 19, (ISSN 1944-8007, DOI 10.1029/2011GL049236, lire en ligne).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 (en) « Roy Spencer », sur Desmog (consulté le ).
- 1 2 3 4 (en-US) Scott Waldman, « Meet the 4 influencers shaping Chris Wright’s worldview », sur E&E News, Politico, (consulté le ).
- ↑ (en) Gavin Schmidt, « RealClimate: Spencer’s Shenanigans », sur RealClimate, (consulté le ).
- ↑ Barry Bickmore, « Roy Spencer’s Great Blunder, Part 1 », sur Skeptical Science (consulté le ).
- ↑ Steve Ghan, « RealClimate: Review of Spencer’s ‘Great Global Warming Blunder’ », sur RealClimate, (consulté le ).
- ↑ (en-GB) Dana Nuccitelli, « Nazis, shoddy science, and the climate contrarian credibility gap », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne).
- ↑ (en) « Roy Spencer », sur CO2 Coalition (consulté le ).
- ↑ (en-GB) Dana Nuccitelli, « A revealing interview with top contrarian climate scientists », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne).
- ↑ (en-US) Kevin Grandia, « Peabody Energy « Experts » Sow Doubt About Reality of Climate Change », sur DeSmog, (consulté le ).
- ↑ (en-GB) Suzanne Goldenberg et Helena Bengtsson, « Biggest US coal company funded dozens of groups questioning climate change », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne).
- ↑ (en) Shane Ferro, « Big Coal Funded This Prominent Climate Change Denier, Docs Reveal », sur HuffPost, (consulté le ).
- ↑ (en-US) Lisa Friedman, « Environmental Groups Sue Over D.O.E. Report Downplaying Climate Change », The New York Times, (ISSN 0362-4331, lire en ligne).
- ↑ Stéphane Foucart, « Un rapport climatosceptique commandé par l’administration Trump révolte la communauté scientifique américaine », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ (en-US) Benjamin Storrow, « How Chris Wright recruited a team to upend climate science », sur E&E News, Politico, (consulté le ).
- ↑ (en-US) Benjamin Storrow, Chelsea Harvey, Scott Waldman et Paula Friedrich, « How a major DOE report hides the whole truth on climate change », Politico, (lire en ligne).
Liens externes
- Site officiel

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