Rue Mage

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Rue Mage
Image illustrative de l’article Rue Mage
La rue Mage vue depuis la place Mage.
Situation
Coordonnées 43° 35′ 52″ nord, 1° 26′ 50″ est
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Haute-Garonne
Métropole Toulouse Métropole
Ville Toulouse
Quartier(s) Saint-Étienne
Début no 49 grande-rue Nazareth et no 1 rue Perchepinte
Fin no 12 rue du Canard et no 30 place Mage
Morphologie
Longueur 147 m
Largeur entre 3 et 8 m
Odonymie
Anciens noms Rue de la Place-Mage-des-Affachadous (XIIIe – XVIIe siècle)
Rue de la Place-Mage (XVe – XVIIIe siècle)
Grande-rue Saint-Étienne (XVIIIe siècle)
Rue Droits-de-l'Homme (1794)
Nom actuel 1806
Nom occitan Carrièra Màger dels Afachadors
Histoire et patrimoine
Création avant le XIIe siècle
Lieux d'intérêt Hôtel d'Espie
Hôtel Davasse
Protection Logo des sites naturels français Site inscrit (1944, façades et toitures des immeubles)
Site patrimonial remarquable (1986)
Notice
Archives 315554259216
Chalande 268
Géolocalisation sur la carte : Toulouse
(Voir situation sur carte : Toulouse)
Rue Mage
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Rue Mage

La rue Mage (en occitan : carrièra Màger dels Afachadors) une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.

Cette rue étroite, peuplée à la fin du Moyen Âge de bouchers qui lui ont donné son nom, a été envahie par les parlementaires toulousains à partir du milieu du XVIe siècle. Elle a conservé l'aspect qu'elle avait à la fin du XVIIIe siècle, avec les façades classiques de ses hôtels particuliers, parmi lesquels sont signalés l'hôtel d'Espie, l'hôtel Bernard ou l'hôtel Davasse. Depuis le , les façades des immeubles et des hôtels particuliers sont protégés par une inscription sur la liste des sites protégés. La rue est également incluse dans le site patrimonial remarquable de la ville.

Description

La rue Mage vue depuis la place Perchepinte.

La rue Mage une voie publique. Elle se situe au cœur du quartier Saint-Étienne.

Elle naît au carrefour de la grande-rue Nazareth, de la rue de la Pleau et de la rue Perchepinte, qui forment une petite place triangulaire connue populairement comme la place Perchepinte. Relativement étroite, la rue Mage n'est large que de 3 mètres dans les parties les plus anciennes. Elle est longue de 147 mètres, pratiquement rectiligne et d’orientation nord-sud. Elle reçoit la rue d'Aussargues, puis se termine en s'élargissant pour donner naissance à la place Mage, presque au carrefour de la rue du Canard. Elle est poursuivie au nord par la rue Tolosane, la rue des Arts et la rue de la Pomme jusqu'à la place du Capitole.

La chaussée compte une seule voie de circulation automobile en sens unique, de la rue du Canard vers la grande-rue Nazareth. Elle appartient à une zone de rencontre et la vitesse y est limitée à 20 km/h. Il n'existe pas de bande, ni de piste cyclable, quoiqu'elle soit à double-sens cyclable.

Voies rencontrées

La rue Mage rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :

  1. Grande-rue Nazareth (g)
  2. Rue Perchepinte (d)
  3. Rue d'Aussargues (g)
  4. Place Mage

Transports

La rue Mage n'est pas directement desservie par les transports en commun Tisséo. La navette Ville passe cependant à proximité immédiate, par la rue Théodore-Ozenne, où se trouvent également les arrêts de la ligne de bus 44. De plus, la rue du Languedoc est parcourue par la ligne du Linéo L4. On y trouve également la station Carmes de la ligne de métro Ligne B du métro de Toulouse.

Si elle n'abrite pas de station de vélos en libre-service VélôToulouse, la rue Mage se trouve cependant à proximité immédiate de la station no 47, au carrefour de la rue du Languedoc et de la grande-rue Nazareth.

Odonymie

La rue Mage portait, au milieu du XIVe siècle, le nom de rue de la place-Mage-des-Affachadous, c'est-à-dire « rue de la grande place des boucheries » (plaça màger dels afachadors en occitan toulousain). Au Moyen Âge, on trouvait effectivement de nombreux artisans bouchers dans cette rue. Le nom de la rue s'est progressivement contracté : au XVe siècle, on la désigne comme la rue de la Place-Mage, puis elle est simplement appelée rue Mage au XVIIIe siècle. On note cependant la survivance du nom de rue des Affachadous à cette période. On lui connaît également, à la même époque, l'appellation de grande-rue Saint-Étienne, car elle est voisine de la cathédrale Saint-Étienne. En 194, pendant la Révolution française, elle prit le nom de rue Droits-de-l'Homme, sans que ce nom soit conservé[1],[2].

Histoire

Moyen Âge et période moderne

Au Moyen Âge, la rue de la Place-Mage-des-Affachadous appartient, du côté est, au capitoulat de la Pierre, et, du côté ouest, au capitoulat de Saint-Barthélémy[1]. Elle se trouve sur le tracé d'une des principales voies qui traversent Toulouse, depuis la Porte narbonnaise au sud à la Porterie au nord. Elle est alors principalement peuplée d'artisans bouchers, qui lui ont donné son nom : les « affachadous » sont les bouchers spécialisés dans l'abattage des bêtes de boucherie (affachador ou affachaire, « abatteur » [celui qui est chargé de tuer les animaux dans les abattoirs] en occitan médiéval) . On trouve également de nombreux autres artisans[3].

Le , un incendie se déclare dans une boulangerie voisine, à l'angle des rues des Chapeliers (actuelle rue du Languedoc) et Maletache. Il provoque des destructions importantes dans le quartier[4]. Les nombreux espaces libérés par l'incendie et la proximité de la rue de la Place-Mage avec le quartier des parlementaires, qui couvre le sud de la ville, autour du parlement, explique l'installation de membres de l'élite toulousaine et la construction des premiers hôtels particuliers : dans les premières années du XVIe siècle, Élie Reynier, capitoul en 1502-1503, fait construire un hôtel avec sa tour capitulaire (actuel no 20)[5]. L'installation de parlementaires, de capitouls et d'hommes de loi de plus en plus nombreux est particulièrement sensible à partir du milieu du XVIe siècle : la rue est progressivement bordée d'hôtels opulents construits par certaines des plus importantes familles toulousaines[3].

La rue reste attractive au XVIIe siècle et les constructions se poursuivent. En 1649, un immeuble (emplacement de l'actuel no 16) est acheté par Pons-François de Purpan, docteur-régent de l'université, qui possède déjà de nombreux biens dans la rue Bouquières, près de la place Rouaix[6]. Bernard d'Aignan, baron d'Orbessan, conseiller au parlement de 1652 à 1677, achète vers 1652 un immeuble à Marguerite de Pins, petite-fille de Jean de Pins, et y fait bâtir son hôtel particulier (actuel no 11)[7].

Au XVIIIe siècle, les façades de plusieurs hôtels particuliers sont modifiées, tandis que d'autres hôtels sont reconstruits[8]. Vers 1750, l'architecte bordelais Hyacinthe de Labat de Savignac est chargé par le comte d'Espie d'élever un hôtel à l'emplacement du vieil hôtel d'Aussargues (actuel no 3). Les aménagements intérieurs de l'hôtel ne sont cependant terminés qu'après 1773, grâce aux travaux que fait réaliser un jacobite, réfugié irlandais en France, Justin MacCarthy Reagh[9],[10]. En 1759, l'avocat au parlement Pierre Bernard fait élever un hôtel particulier dont la façade classique est l'une des plus intéressantes de la rue (actuel no 16)[6]. Bernard Davasse de Virvin, capitoul en 1763, acquiert le vieil hôtel Reynier et, ne conservant que la tour capitulaire gothique, il reconstruit un vaste hôtel particulier (actuel no 20)[11]. En 1764, l'hôtel Bernard est acquis par un fameux parlementaire, Jean-Jacques-Marie-Joseph de Martin d'Ayguesvives, seigneur et baron de Nogaret, Montgiscard, Ayguesvives, Pouze et Corronsac. Conseiller en 1760, président en 1767, il est exilé dans son château d'Ayguesvives en 1771, lors de la dissolution des parlements par le ministre de Louis XV, Maupeou[6].

Époque contemporaine

La Révolution française apporte quelques changements. En , la rue reçoit le nom des Droits-de-l'Homme. Au même moment, la Terreur s'exerce sur de nombreux parlementaires toulousains. Jean-Jacques-Marie-Joseph de Martin d'Ayguesvives est arrêté comme suspect par les autorités révolutionnaires de la ville et emprisonné à la prison de la Visitation. Finalement jugé et condamné à Paris, il est guillotiné le [6].

Au XIXe siècle et au XXe siècle, la rue reste à l'écart des travaux de réaménagement et d'élargissement des autres rues de la ville. Les façades ont donc conservé l'aspect qu'elles avaient à la fin du XVIIIe siècle. Depuis le , les façades et les toits des immeubles et des hôtels de la rue sont d'ailleurs protégés par inscription aux monuments historiques. L'hôtel d'Espie est acheté en 1868 par la famille Courtois de Viçoze, qui installe dans un nouveau bâtiment voisin, construit dans le style néo-Renaissance (actuel no 5) une agence de sa banque. Au XXe siècle, Louis Courtois de Viçoze, puis ses successeurs, Gilbert et Jean-Louis, sont par ailleurs choisis comme consuls honoraires de Belgique, ce qui explique l'installation du consulat de ce pays dans l'hôtel d'Espie[12].

Patrimoine et lieux d'intérêt

Notes et références

Voir aussi

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