Réceptions de Sparte
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Dans l'Antiquité
Sparte se distingue d'abord peu des autres cités grecques. Homère évoque dans le Catalogue des vaisseaux la « creuse Lacédémone »[1], entourée par les monts Parnon et Taygète où, dans l'Odyssée, Artémis est représentée menant la chasse[2].
Dès la fin de l'époque archaïque, cependant, Sparte émerge du lot, d'abord pour la puissance de sa phalange, ensuite pour son système politique, que beaucoup de poètes et Hérodote considèrent comme un modèle d'eunomie, c'est-à-dire de justice et de bon ordre[3]. Hérodote ainsi représente le roi spartiate en exil Démarate avertissant Xerxès que les Spartiates sont « les plus braves de tous les hommes » et soulignant que « la loi est pour eux un maître absolu »[4]. Cependant, aucune cité ne se dote d'une constitution similaire, même parmi celles qui adoptent une forme oligarchique.
L'admiration pour le modèle spartiate se développe particulièrement à Athènes. Le premier de ces « laconisants » est Cimon, qui appelle son fils Lacédémonios[5] et persuade en 464 av. J.-C. ses concitoyens de venir en aide à Sparte, frappée par un tremblement de terre[6].
Les historiens contemporains Thucydide puis Xénophon, pourtant athéniens de naissance, décrivent de façon plutôt très positive le modèle spartiate et surtout l'attitude de ses généraux et rois pendant la guerre du Péloponnèse. Notamment, la prudence de Sparte, ses multiples offres de faire la paix, refusées par la démocratie athénienne[7], et finalement, le refus de Sparte vainqueur de détruire Athènes (ce qui était réclamé pourtant par ses alliées Corinthe et Thèbes)[8].
Il y a bien entendu un recouvrement entre le fait d'être « laconisant » et celui d'être partisan d'un modèle oligarchique : Critias, chef de file des Trente à qui Sparte, vainqueur et occupant, donne le pouvoir en 404 av. J.-C., est décrit comme un « laconisant notoire »[9], pour qui la constitution de Sparte est la meilleure de toutes[10].
Parmi les sources qui nous sont parvenues, pour essayer de trouver des critiques de Sparte, il faudrait aller jusqu'à chercher dans le domaine de la mythologie (par exemple, Euripide représente ses personnages spartiates de l'époque de la guerre de Troie, Ménélas et Hermione, comme des êtres détestables, obnubilés par la richesse et le pouvoir, brutaux et fourbes[11]).
Au début du IVe siècle av. J.-C., Sparte a donc totalement vaincu Athènes dans la longue guerre du Péloponnèse. Beaucoup de Grecs attribuent la victoire à la supériorité de l'organisation politique spartiate[12]. C'est le cas notamment de la Constitution des Lacédémoniens, attribuée à Xénophon, qui a combattu contre sa propre cité sous les ordres du roi Agésilas II à la bataille de Coronée et a fait subir à ses fils l'éducation spartiate. De son côté, mais de façon anecdotique, Platon dénonce la mode par laquelle, pour imiter les Spartiates, « on se meurtrit les oreilles, on se met des courroies autour des bras, on s'exerce sans cesse dans les gymnases, on porte des vêtements fort courts, comme si c'était par là que les Lacédémoniens surpassent les autres Grecs »[13].
Platon connaît bien les laconisants pour les avoir abondamment fréquentés pendant sa jeunesse. Son attitude vis-à-vis de Sparte est mesurée : il loue l'eunomie et la sagesse spartiate, reposant sur le bon sens, mais il dénonce dans la République sa transformation en timocratie, c'est-à-dire en régime où la recherche des honneurs est le principal moteur[14]. Il regrette dans la première partie des Lois que la musique soit si négligée à Sparte, mais loue le régime politique spartiate pour l'équilibre des pouvoirs — d'abord entre les deux rois, puis entre les rois, la gérousie et les éphores —, qui constitue pour lui un juste milieu entre la démocratie et la monarchie[15].
Aristote se montre relativement critique dans sa Politique. Pour lui, les Hilotes ne constituent pas une bonne solution pour permettre aux citoyens d'être dégagés du travail, parce que les Spartiates les craignent en permanence. Ensuite, il dénonce une trop grande liberté laissée aux femmes. Il met en avant l'ampleur des inégalités sociales, et le fait que les deux cinquièmes de l'État soient possédés par les femmes. Sur le plan politique, l'élection démocratique des éphores lui paraît dangereuse, parce qu'elle conduit à la sélection d'hommes pauvres, donc vénaux ; leur pouvoir lui semble tyrannique. La gérousie n'est pas épargnée : ses membres sont séniles, corrompus et enclins au favoritisme. Comme Platon dans les Lois, il reproche à Sparte de se concentrer exclusivement sur la vertu militaire : sa victoire face à Athènes lui est fatale parce qu'elle ne sait pas gérer la paix.

À l'époque hellénistique, Sparte est un objet d'intérêt pour les amateurs de philosophie politique, qui tendent à l'idéaliser. L'un des élèves d'Aristote, Dicéarque, rédige une Constitution des Lacédémoniens que les Spartiates apprécient au point de la faire lire une fois par an à leurs jeunes gens. Les Pythagoriciens sont généralement laconisants. Le traité Sur la loi et la justice, attribué à Archytas de Tarente mais en réalité une œuvre hellénistique, fait de Sparte l'exemple du régime idéal, une constitution mixte combinant démocratie (les hippagrètes et les koroi, c'est-à-dire la garde personnelle du roi), l'oligarchie (les éphores) et la monarchie (les rois). De même, les Cyniques collectionnent les « apophtegmes lacédémoniens », qu'Aristote cite déjà dans la Rhétorique comme de bonnes maximes de morale pratique[16].
Sparte exerce également un attrait hors de Grèce. Bon nombre de cités d'Asie mineure ou de la côte du Latium se prétendent, de manière assez fantaisiste, des colonies de Sparte. Le premier livre des Macchabées[17] et les Antiquités juives de Flavius Josèphe[18] rapportent tous deux une lettre attribuée au roi Areus Ier et envoyée au grand prêtre Onias Ier, dans laquelle Areus clame une origine commune entre les Spartiates et les Juifs. En 168 av. J.-C., le grand prêtre Jason, déposé, gagne Sparte dans l'espoir d'y trouver refuge grâce à cette parenté commune[19]. En Italie, les Sabins pensent être les descendants de Spartiates ayant quitté leur cité-mère par dégoût de son austérité[20].
À Rome, un courant laconisant existe dès la république : Caton le Jeune prend les Spartiates pour modèles[21] ; Brutus renomme « Eurotas » un cours d'eau de son domaine à la campagne et affecte un style laconien quand il écrit en grec[22]. Les institutions romaines sont souvent comparées à celles de Sparte : les deux consuls rappellent les deux rois, tandis que le Sénat évoque la gérousie. Pendant l'Empire, les Stoïciens admirent l'austérité des Spartiates, leur refus de reconnaître la défaite et leur mépris de la mort. Plutarque rédige la biographie de Lycurgue, d'Agésilas II, Lysandre, Agis IV et Cléomène III, et collectionne les apophtegmes lacédémoniens. Par la suite, l'influence spartiate se fait moins marquée. La Seconde Sophistique s'intéresse principalement à Athènes, mais recourt encore à Sparte pour proposer des sujets de rhétorique : « Faut-il donner des murailles à Sparte ? », « Les prisonniers de Sphactérie doivent-ils être punis pour lâcheté[23] ? ».
À l'époque moderne

À la Renaissance, Sparte, et non Athènes, est considérée comme l'archétype des valeurs morales de l'Antiquité. L'humaniste italien Vergerio vante les mérites éducatifs de Sparte dans son traité (vers 1402) concernant l'éducation des jeunes princes. En 1436, Cyriaque d'Ancône visite les ruines de la ville et se lamente de la disparition de « cette noble cité », symbole de la « vertu humaine » et « célèbre pour la probité de son âme »[24]. Lacédémone devient le symbole du régime mixte dans les cités-États italiennes, et le contre-modèle de l'absolutisme royal en France, notamment dans la pensée protestante, principalement celle des monarchomaques. Le modèle spartiate se diffuse ensuite sous l'influence des nombreuses traductions de Plutarque[25].
À travers Platon et Plutarque, Jean-Jacques Rousseau considère Sparte comme « le type même de la société politique juste » et « l'État où la vertu a été la plus pure et a duré le plus longtemps », selon l'universitaire Paule-Monique Vernes ; il la préfère ainsi à Athènes[26],[27]. Seuls Voltaire et le baron d'Holbach, parmi les plus connus, préfèrent la démocratie d'Athènes[28]. La Révolution française se réfère beaucoup à Sparte jusqu'à la chute de Robespierre. Celui-ci s'y réfère en effet abondamment, retenant « la cohésion de la société et du corps politique » de Lacédémone, tout en prenant parfois ses distances avec ce modèle. Après sa mort, les républicains délaissent Sparte, jugée étouffer la liberté sous l'autorité, au profit d'Athènes et de Rome, excepté quelques réminiscences chez Gracchus Babeuf et les « Égaux ». En réaction, c'est alors au tour du théoricien contre-révolutionnaire Joseph de Maistre de reprendre le référent spartiate. Une partie de l'érudition allemande (Karl Ottfried Müller, particulièrement dans les Doriens, et Werner Jaeger), et certains Français comme Maurice Barrès (Le Voyage de Sparte) y voient le génie de la « race » dorienne, l'« incarnation d'une politique consciemment raciste, guerrière et totalitaire »[29],[25],[30]. Au contraire, l'historien Henri-Irénée Marrou dénonce le « mirage spartiate »[31] : « loin de voir dans l'ἀγωγή une méthode sûre pour engendrer la grandeur, j'y dénonce l'impuissance radicale d'un peuple vaincu qui s'illusionne ». Pour lui, le malheur de Sparte est d'avoir mûri trop tôt. En voulant préserver l'héritage de l'époque archaïque, où Sparte connaissait aussi bien l'éducation militaire que les arts, elle s'est « crispée dans une attitude de refus et de défense, elle n'a plus connu que le culte stérile de la différence incommunicable ».
À l'époque contemporaine
En 1928, Adolf Hitler écrit que Sparte est le modèle du Troisième Reich à venir en tant que « premier État raciste » de l’histoire et archétype de l’État aryen. Après la Seconde Guerre mondiale, Sparte est mobilisée par l'écrivain fasciste Maurice Bardèche, qui entend ainsi montrer que l’extrême droite radicale n’est pas réductible aux États qui viennent de s’écrouler[30]. Maxime Rosso explique ainsi cette évolution :
« Ce n’est plus à travers Plutarque qu’on aborde Lacédémone ; il est remplacé par les très anciens poètes grecs des VIIe et VIe siècles avant notre ère, Tyrthée, Alcman, Bacchylides ou Pindare. Ainsi on ne se réfère plus au législateur mythique, à ses lois et ses institutions, on préfère magnifier un peuple qui aurait su s’élever par ses qualités intrinsèques. Le concept de race s’est substitué à celui de loi[25]. »
En France, Les Identitaires usent abondamment de références spartiates[30]. En Grèce, le parti d'extrême-droite Aube dorée se défend des accusations de références au nazisme en affirmant que ce dernier a copié les Gréco-Romains, et en particulier Sparte, qui seraient son véritable modèle[30].
Redécouverte archéologique et historiographie
Un des premiers Occidentaux à avoir visité Sparte fut, en 1436, Cyriaque d'Ancône[24].
On sait qu'au début des années 1620, Sir Thomas Roe, ambassadeur de Charles Ier à Constantinople employa divers agents « archéologues » qui parcoururent l'Empire ottoman. Il avait été en effet chargé de constituer des collections d'antiquités pour différents patrons, concurrents : le roi lui-même et deux de ses favoris Arundel et Buckingham. Un des agents de Roe explora les îles de l'Égée, Athènes et Sparte. Il acheta de nombreuses antiquités et des marbres. Cependant, il est impossible d'en savoir plus. Sa mort à Patras avant qu'il ait pu envoyer sa cargaison à Roe empêche d'en savoir plus[32].

Le célèbre Lacédémone ancienne et nouvelle, Où l'on voit les Mœurs, & les Coutûmes des Grecs Modernes, des Mahométans, & des Juifs du Pays… Par le Sieur de la Guilletière, publié à Paris en 1676, un an après la description d'Athènes par le même auteur, de Guillet qui prétendait utiliser les souvenirs de son frère qui aurait voyagé dans l'Empire ottoman, était un faux (comme la description d'Athènes) conçu à partir de divers ouvrages d'érudits n'ayant jamais quitté leur cabinet[33]. Au contraire, la description par le commerçant britannique, Bernard Randolph, datant de 1687 est fiable. Il était sur place. Mais, il était plus intéressé (en tant que commerçant) par les réalités économiques que par les antiquités. Il nous apprend donc que la plaine de Sparte « est plaisante, remplie de petits villages, d'oliviers et de mûriers »[34].
L'abbé Fourmont, envoyé en Grèce par Louis XV, revint avec de nombreuses inscriptions, dont une grande partie qu'il affirmait provenir de Sparte. Il fut prouvé en 1791 qu'elles étaient fausses, ce qui conduisit à remettre en cause l'ensemble de ce que Fourmont avait rapporté. Sa première lettre de Sparte est datée du . Le site était pratiquement vide. La cité ayant eu peu de bâtiments dans l'Antiquité, il ne restait presque rien au début du XVIIIe siècle. Ce fut peut-être pour cette raison que Fourmont commença alors à suppléer à l'absence par l'invention. Il prétend dans sa lettre avoir engagé une trentaine d'ouvriers, ne pas passer un jour sans faire de découverte, parfois découvrir plus de vingt inscriptions par jour, avoir des listes complètes d'éphores, prêtres et prêtresses, gymnasiarques, etc. avoir découvert les tombes de Lysandre et Agésilas. Il décrit la ville comme « une carrière d'inscriptions sur marbre [qu'il] exploite sans vergogne, renversant ses murs et ses temples ». Il y resta cependant jusqu'en [35].
La connotation militariste, l'usage de la symbolique spartiate par de nombreux mouvements nationalistes ou encore d'extrême-droite ou encore la controverse autour de l'interprétation de la constitution de la cité antique ont pu selon l'historien britannique Steve Hodkinson[36] spécialiste du sujet ralentir l'activité internationale de recherche qui jalonne le sujet spartiate tout au long des XIXe et XXe siècles. Le sujet serait alors relancé dans les années 1990 avec notamment la conférence internationale de 1997 sur l'histoire spartiate à Hay-on-Wye.
Dans les arts et la culture populaire
Du fait de sa longue histoire, de ses mœurs et de ses personnages passés à la postérité, Sparte a suscité de nombreuses représentations dans divers domaines et courants artistiques[37].
Littérature
Bande dessinée
En 1962, Frank Bellamy et Tom Tully écrivent Heros the Spartan. En 1967, le 7e album de la série Alix se déroule à Sparte. Dans Astérix aux Jeux olympiques publié en 1968, des athlètes spartiates se plaignent ironiquement de leurs conditions d'entrainement austères. Héctor Germán Oesterheld et Alberto Breccia dans Mort Cinder publient Les Thermopyles en 1983. En 1998, Frank Miller et Lynn Varley réalisent la série de fantasy historique 300. En 2000, le tome 1 Le Lac sacré de la série Orion, se déroule à Sparte.
En 2011, Patrick Weber et Christophe Simon publient la série Sparte en trois albums. En 2012, Thomas Mosdi met en scène la vie d'un soldat spartiate dans Minas Taurus. En 2014, Kieron Gillen, Ryan Kelly et Jordie Bellaire publient Three, qui donne une vision crue de Sparte.
En 2015, le tome 4 de la série Alix Senator s'intitule Les Démons de Sparte. En 2020, Elisabeth Jammes et Matthieu Martin lancent une nouvelle série nommée Spartiate. En 2023, Camille Prieur et Vincent Malgras écrivent une série comique intitulé Sparte attaque !.
Épopée
La plus ancienne mention de Sparte dans la littérature date d'Homère, dans son épopée l'Iliade, où Pâris enlève Hélène à son mari Ménélas, roi de Sparte.
Roman
Edward Gibbon mentionne en 1819 la terrible bataille et la mort des Spartiates dans son Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain[38].
En 1893, Auguste de Villiers de l'Isle-Adam fait paraitre Contes cruels où il s'attarde sur la bataille des Thermopyles[39].
En 1906, Maurice Barrès écrit Le Voyage de Sparte[40].
Terry Deary rédige en 2007 un livre pour enfant The Town Mouse and the Spartan House.
En 2020, Jamie Brindle écrit The Hard Blokes Of Sparta The Princess In The Tower, une œuvre comique mettant en scène trois soldats spartiates.
En 2022, Marie Heinos écrit Sparte : L'or et le blé.
Poésie
Les 300 combattants des Thermopyles sont l'occasion de poèmes composés sur cette tragédie. En 1842, Lord Byron, dans son poème satyrique Don Juan, fait allusion aux 300 guerriers[41]. Ils sont aussi le sujet du poème de 230 vers Les Trois Cents que Victor Hugo publie en 1877[42],[43]. Publié en 1945, le poème d'Emily Dickinson, Go tell it" — what a message rend hommage au sacrifice des soldats[44].
Filmographie
Cinéma
Le péplum dépeint ainsi les guerres médiques dans quatre films distincts La Bataille de Marathon sorti en 1959, La Bataille des Thermopyles sorti en 1962, 300 sorti en 2007 et sa suite 300 : La Naissance d'un empire en 2014.
En 2008, Jason Friedberg et Aaron Seltzer tournent une comédie intitulée Spartatouille.
Télévision
Série
L'épisode 11 Le Dernier Spartiate d'Alix, se passe à Sparte. Deux épisodes de la série d'animation Hercule mettent en scène Sparte avec l'épisode 4 Hercule entre Sparte et Athènes et l'épisode 42 Hercule et les Spartiates.
Dans l'épisode 11 L'Ornithorynque de Troie (Troy Story) de Phinéas et Ferb, qui aborde avec humour la Guerre de Troie, le personnage de Buford fait un laconisme en parodiant le « Avec lui, ou sur lui ! » à propos de Baklava.
Dans l'épisode Spartans de Samouraï Jack, le héros apporte son soutien à 300 soldats d'élite spartiates qui combattent une armée de robots dans un passage étroit[réf. nécessaire].
Lieux
L'antique cité a inspiré le nom de 19 villes américaines, dont l'une au Tennesse à Sparta, l'autre Sparta dans l'Illinois et la dernière Sparta en Caroline du Nord.
Musique
Sparte est une source d'inspiration récurrente pour divers groupes de Rock and Roll dont le Heavy Metal, qui s'approprie des sujets liés à l'histoire spartiate tels la Bataille des Thermopyles, le nom des groupes eux-mêmes ou le design des albums[45].
Iconographie
Peinture

Le législateur Lycurgue a été représenté en 1791 par Jacques-Louis David dans Étude pour Lycurgue montrant aux anciens de Sparte leur nouveau roi et Jean-Jacques Le Barbier dans La Magnanimité de Lycurgue[46] ainsi qu'en 1828 par Merry Joseph Blondel dans Lycurgue de Sparte et par Eugène Delacroix entre 1835-1845 dans Lycurgue consulte la Pythie. La légende des deux chiens est montrée dans Everdingen lycurgus de Caesar van Everdingen peint entre 1661 et 1662. D'autres rois sont dépeints à l'instar d'Eudamidas Ier peint à une date inconnue par Eberhard Wächter dans Eudamidas.
L'exil est un thème important dans le 3e art. En 1768, Benjamin West évoque l'épisode du bannissement de Cléomène dans Cléombrote ordonné en exil par Leonidas II roi de Sparte. Entre 1807 et 1810, Pelagio Palagi réalise Cléombrote envoyé en exil par Léonidas, roi de Sparte. À une date inconnue, Pierre Bouillon traite lui aussi cet épisode dans Leonidas à la considération de sa fille Cleonide, se contente de bannir son gendre Cleombiote. En 1773, Angelica Kauffman illustre la rencontre entre Télémaque, Hélène et Ménélas dans Telemachus at the Court of Sparta Discovered by His Grief on the Mention of His Father's Suffering.
En 1786, Jean-Pierre Saint-Ours décrit la pratique de l'exposition dans Le choix des enfants à Sparte, qui consistait à se débarrasser des nouveau-nés considérés comme trop faibles selon les critères spartiates. Achevé en 1814 par Jacques-Louis David, Léonidas aux Thermopyles montre le massacre des 300 spartiates qui combattirent les Perses. En 1954, Oskar Kokoschka peint Les Thermopyles, un triptyque montrant l'instant précédant la défaite des Spartiates. Dix ans plus tard, Stanley Meltzoff revisite ce combat épique dans The Battle of Thermopylae in 480.BC[47]. D'autres épisodes militaires sont l'occasion de tableaux comme Le siège de Sparte par Pyrrhus peint de 1799 à 1800 par François Topino-Lebrun ou l'histoire des Dix-Mille par Adrien Guignet dans Épisode de la retraite des Dix-Mille peint en 1842.

Le rôle des femmes dans la société spartiate est un sujet très répandu parmi les peintres. Ainsi Jean-Jacques Le Barbier réalise deux toiles les mettant en scène, l'une en 1787 dans Courage des femmes de Sparte se défendant contre les Messéniens et l'autre en 1805 avec Femme spartiate donnant un bouclier à son fils. En 1770, Louis Jean François Lagrenée réalise La lacédémonienne. En 1870, Jean-Baptiste Camille Corot termine son Jeunes filles de Sparte. En 1860, Edgar Degas peint Jeunes Spartiates s'exerçant à la lutte qui selon les appréciations spartiates devaient pratiquer régulièrement du sport pour rester en bonne condition physique.
Cette importance pour les jeunes enfants de pratiquer des activités physiques le plus tôt se retrouve dans l'œuvre de Christoffer Wilhelm Eckersberg, Trois garçons spartiates pratiquant le tir à l'arc peint en 1812 ou Les Tireurs d'arc conçu en 1879 par Fernand Pelez. En 1906, Frank Moss Bennett aborde l'histoire du coureur Ladas dans The Spartan Runner Ladas Falling Dead at the Feet of the Judges as they Present him with the Palm of Victory at Olympia.
Tant la ville de Sparte elle même que la région aux alentours ont été représenter comme en 1841 quand Carl Rottmann figure la plaine dominée par les chaînes de montagnes Taygète dans Sparta mit dem Taygetos ou à une date inconnu William Blake Richmond dans A Pastoral, A Memory of the Valley of Sparta. L'artiste Joseph Michael Gandy va jusqu'à imaginer à quoi pouvait ressembler la cité antique dans Une reconstruction de Sparte: le porche persan et le lieu de consultation des lacédémoniens.
La représentation de la condition sociale spartiate a été souligner à de nombreuses reprises. Luigi Mussini avec son Hilote ivre (1869), Fernand Sabatté dans Un Spartiate montre à ses fils un Ilote ivre (1900) et Pierre Gourdault dans Spartiate montrant à ses enfants un Ilote ivre pour les détourner de l'alcoolisme[48] (1900), Laurent Jacquot-Defrance avec Un spartiate montre à ses fils un ilote ivre (1900) et Ernest Azéma avec Un Spartiate montre à son fils un Ilote ivre (1901).
Jeu vidéo
En 2004, Gates of Troy propose au joueur de participer à la bataille des Thermopyles. En 2005, dans Spartan: Total Warrior, le joueur incarne un guerrier Spartiate. La même année sort God of War, dont Kratos, le personnage principal, est originaire de Sparte. En 2007 sort Ancient Wars: Sparta où le joueur peut incarner un leader Spartiate ainsi que 300: March to Glory.
L'année suivante sort Hero of Sparta, suivi deux ans après par Hero of Sparta II. En 2014, Sparta: War of Empires a lieu pendant les guerres médiques. Sorti en 2018, Assassin's Creed Odyssey se déroule durant la Guerre du Péloponnèse et montre entre autres la culture spartiate.