Sébastien Dassi
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| Sébastien Dassi | ||
Portrait de Sébastien Dassi, au début des années 1960, dans sa robe de président de la Cour suprême du Bénin. | ||
| Fonctions | ||
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| Président de la Cour suprême | ||
| – (1 an, 8 mois et 2 jours) |
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| Prédécesseur | Émile Derlin Zinsou | |
| Successeur | Valentin Djibodé Aplogan (Indirectement) | |
| Ministre de l'Agriculture[n 1] | ||
| – (2 ans, 8 mois et 18 jours) |
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| Président | Hubert Maga[n 2] | |
| Prédécesseur | Alexandre Adandé | |
| Successeur | Alexandre Adandé | |
| Ministre des Affaires intérieures | ||
| – (1 an, 11 mois et 28 jours) |
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| Président du Conseil | Sourou Migan Apithy[n 3] | |
| Prédécesseur | Fonction créée | |
| Successeur | Mama Arouna | |
| Député | ||
| – (4 ans, 6 mois et 26 jours) |
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| Élection | 2 avril 1959 | |
| Réélection | 11 décembre 1960 | |
| Circonscription | Sud-Ouest (1959) | |
| Président | Justin Ahomadegbé (1959) Valentin Djibodé Aplogan (1960) |
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| Groupe politique | PRD (1959) PDU (1960) |
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| Conseiller territorial | ||
| – (7 ans et 3 jours) |
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| Élection | 30 mars 1952 | |
| Réélection | 31 mars 1957 | |
| Circonscription | Cotonou | |
| Président | Sourou Migan Apithy | |
| Groupe politique | PRD | |
| Commission | Affaires sociales (1952) Budget (1952) |
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| Biographie | ||
| Nom de naissance | Sébastien Vignon Dassi | |
| Date de naissance | ||
| Lieu de naissance | Cotonou (Dahomey) | |
| Date de décès | (à 89 ans) | |
| Nationalité | Béninoise | |
| Parti politique | PRD (1952-1960) PDU (1960-1963) |
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| Diplômé de | École normale William-Ponty | |
| Profession | Instituteur | |
| Distinctions | Voir distinctions | |
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Sébastien Dassi, né le à Cotonou au Dahomey (actuel Bénin) et mort le , est un instituteur, ancien président de la Cour suprême et un homme politique béninois.
Naissance et études
Issu de l'ethnie Ayizo[1], Sébastien Dassi naît le à Cotonou au Dahomey[2]. Adolescent, il fréquente l'École Victor-Ballot ; il est de la promotion de 1921[3]. Il poursuit ses études à l'étranger et intègre l'École normale William-Ponty à Gorée au Sénégal. Il en ressort avec un diplôme d'instituteur[1]. Il obtient, quelques années plus tard, un diplôme supérieur d'aptitude pédagogique[n 4] et celui d'instituteur d'éducation physique[4].
Carrière professionnelle et politique
À la fin de ses études, il rentre au Dahomey afin d'exercer son métier. Il enseigne notamment dans les années 1930 dans une école à Kandi[5], avant d'être promu, au cours des années 1950, directeur d'une école de Cotonou-Gbéto[6].
Durant sa carrière d'enseignant, il se syndicalise et devient secrétaire général du Syndicat des enseignants au Dahomey et secrétaire adjoint de l'Union des syndicats confédérés[4].
Sébastien Dassi se lance également en politique ; après une scission de l'Union progressiste dahoméenne, il cofonde, en 1951, le Groupement des indépendants du Dahomey[7], une petite formation politique éphémère qui est dirigée par Maximilien Quénum[8]. Mais c'est sur la liste du Parti républicain dahoméen (PRD), dans la circonscription de Cotonou, qu'il se présente un an plus tard à ses premières élections territoriales[9]. Il est élu, le , au second collège[n 5], conseiller territorial de Cotonou[4]. Au sein de l'hémicycle, il est élu, par ses pairs, secrétaire de l'Assemblée territoriale[10] mais aussi membre de la commission des affaires sociales[11] et de celle du budget[12].
Avec l'application de la loi-cadre Defferre, le Dahomey devient en 1957 un territoire d'outre-mer doté de la personnalité civile, de l'autonomie financière et d'un Conseil de Gouvernement[13]. Lors des élections territoriales de cette même année, le PRD remporte 35 des 60 sièges à pourvoir et obtient la majorité absolue. Sébastien Dassi qui se représente, toujours sous les couleurs du PRD et dans la circonscription de Cotonou, est réélu le [14]. Sourou Migan Apithy, le chef de file du PRD, est choisi, le , comme vice-président du premier Conseil de Gouvernement du Dahomey[n 6],[15]. Sébastien Dassi devient le suivant, le tout premier ministre des Affaires intérieures de l'histoire de son pays[n 7].
À la suite du référendum du , le territoire adopte le statut d'État membre de la Communauté et devient la république du Dahomey le suivant. Les élections législatives de 1959 doivent non seulement permettre d'élire les députés qui siègeront à l'Assemblée législative[n 8] mais aussi de désigner le Premier ministre de la nouvelle République. Sébastien Dassi est élu le , député PRD de la circonscription du Sud-Ouest[n 9],[16].
Mais aucune des trois forces majeures du pays, à savoir le PRD de Sourou Migan Apithy, le Rassemblement démocratique dahoméen (RDD) d'Hubert Maga et l'Union démocratique dahoméenne (UDD) de Justin Ahomadegbé ne sort véritablement victorieuse de ces élections. Le PRD avec 28 sièges sur 70 ne détient que la majorité relative et n'est pas en mesure de faire élire son dirigeant en tant que Premier ministre. La période post-élections est électrique, une crise politique éclate et l'issue passe par un jeu de dupes et d'alliances. L'UDD sème la discorde au sein du PRD, en liguant les fidèles lieutenants de Sourou Migan Apithy contre lui-même. Cette stratégie, combinée à l'union de l'UDD avec le RDD, permet de porter Hubert Maga à la tête de l'État le [17]. Ce dernier compose son gouvernement le . Sébastien Dassi, qui est resté en poste malgré deux remaniements[n 10], perd son portefeuille au profit de Mama Arouna[n 11],[18] mais obtient celui de l'Agriculture[n 12]. Il remplace Alexandre Adandé[19]. Il reste à l'Agriculture jusqu'au [n 13] et son prédécesseur retrouve le ministère qu'il avait perdu presque trois ans plus tôt[20].
Entre-temps, Sébastien Dassi se présente pour la quatrième fois à des élections législatives et remporte un siège de député, sous l'étiquette du Parti dahoméen de l'unité, à l'Assemblée nationale constituante le [21]. Cependant, il ne siège pas à l'Assemblée lors de ses prises de fonction ministérielle, car comme le stipule l'article 25 de la Constitution du : « Tout député appelé à des fonctions ministérielles est mis d'office en congé de mandat parlementaire. »[22]
En , lorsqu'Émile Derlin Zinsou démissionne de son poste de président de la Cour suprême pour devenir ambassadeur du Dahomey en France[23], Sébastien Dassi est appelé par Hubert Maga pour le remplacer[24].
Le , face à un climat social et politique mouvementé, l'armée, menée par le colonel Christophe Soglo, s'empare du pouvoir pour éviter une guerre civile. Hubert Maga est alors contraint à la démission. Le colonel Soglo dissout toutes les institutions et forme un gouvernement provisoire le [25], marquant la fin prématurée des mandats de député et de président de la Cour suprême de Sébastien Dassi. Mais il ne tarde pas à trouver une nouvelle fonction puisqu'il est nommé, le , président du conseil d'administration de la Société nationale des huileries du Dahomey[26], une entreprise d'État qui gère l'exploitation des huileries de palme situées à Ahozon, Avrankou, Bohicon et Gbada[27]. Gilbert Kpakpo, représentant du ministre des Finances et des Affaires économiques lui succède, le [28].
Retraite et mort
Sa carrière professionnelle et politique derrière lui, Sébastien Dassi continue d'être sollicité. Il est nommé membre du conseil de l'ordre national du Dahomey le [29]. Il y demeure sans discontinuer jusqu'au [n 14],[30],[31],[32].
Le , de jeunes officiers de l'armée renversent le général Christophe Soglo[n 15], alors au pouvoir depuis le . Le lieutenant-colonel Alphonse Alley prend la direction du pays. Le , il met en place un comité constitutionnel, avec pour mission d'élaborer l'ébauche d'une nouvelle Constitution. Sébastien Dassi y est intégré en raison de ses compétences[33].
Il est également invité, le , à rejoindre l'Assemblée consultative nationale[34], qui est chargée de faire des propositions au Conseil présidentiel[n 16] en matière politique, économique et sociale[35].
Sébastien Dassi meurt le 21 octobre 1994, à l'âge de 89 ans[n 17],[2].