Grégoire Gbénou

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PrédécesseurCyprien Aïnadou
SuccesseurLéandre Amlon
PrésidentChristophe Soglo
Grégoire Gbénou
Illustration.
Portrait de Grégoire Gbénou dans sa robe de président de la Cour suprême.
Fonctions
Président de la Cour suprême

(1 an et 17 jours)
Président Mathieu Kérékou
Prédécesseur Cyprien Aïnadou
Successeur Léandre Amlon
Garde des Sceaux, ministre de la Justice et de la Législation

(11 mois et 17 jours)
Président Christophe Soglo
Prédécesseur Arsène Kindé
Successeur Louis Chasme
Biographie
Nom de naissance Grégoire Gilbert Gbénou
Date de naissance
Lieu de naissance Adjohoun (Dahomey)
Date de décès (à 78 ans)
Nationalité Béninoise
Parti politique PRD[1]
PDD[1]
Diplômé de École normale d'instituteurs de Dabou
Faculté de droit et science politique de Bordeaux
Profession Magistrat
Distinctions Voir distinctions

Signature de Grégoire Gbénou

Grégoire Gbénou, né le à Adjohoun, au Dahomey (actuel Bénin) et mort le , est un magistrat et homme politique béninois. Il est notamment garde des Sceaux, ministre de la Justice et de la Législation, président de la Cour suprême et grand chancelier de l'ordre national du Bénin.

Naissance et études

Grégoire Gbénou naît le à Adjohoun, au Dahomey[2]. Il commence ses études à l'école urbaine centre de Porto-Novo et les poursuit, dans la même ville, à l'École primaire supérieure Victor-Ballot[3], dont il est issu de la promotion 1941[4]. Reçu à l'École normale d'instituteurs de Dabou, il part en Côte d'Ivoire et obtient le diplôme d'instituteur en 1947. Il se rend alors en France[5] et intègre le lycée Michel-Montaigne à Bordeaux où il décroche un baccalauréat littéraire en 1950. Il est admis à la Faculté de droit et science politique de Bordeaux et obtient sa licence en droit en 1953. Enfin, il s'inscrit au barreau de Bordeaux et exerce comme avocat stagiaire de à [3].

Il est aussi titulaire d'un diplôme d'études supérieures de droit privé et d'un diplôme d'études supérieures de sociologie[3].

Carrière professionnelle et politique

À l'issue de son stage, Grégoire Gbénou retourne au Dahomey, entre dans la fonction publique en [6] et devient directeur de cabinet du vice-président du Conseil de Gouvernement, Sourou Migan Apithy[n 1], fonction qu'il assume jusqu'en [3],[7]. Il est ensuite affecté au parquet général de Cotonou, où il est nommé substitut du procureur de la République en 1960[3].

En , Joseph Kèkè, garde des Sceaux, ministre de la Justice et de la Législation[8], fait appel à lui en tant que conseiller technique[9] ; il occupe ce poste jusqu'en [10]. Au cours de l'année 1961, Grégoire Gbénou accède aux postes de procureur d'État[11] et de commissaire du Gouvernement près la Cour criminelle spéciale[n 2],[12].

En 1962, il devient procureur près le tribunal administratif du Dahomey[13] puis procureur général par intérim près la Cour d'appel de Cotonou[10] jusqu'au . À cette date, face à une crise économique sévère et au mécontentement populaire dû à la corruption et au train de vie du gouvernement jugé fastueux, l'armée dirigée par le colonel Christophe Soglo intervient pour rétablir l'ordre et éviter une guerre civile. Le colonel Soglo pousse Hubert Maga, premier président de la jeune nation[n 3], à démissionner. Il dissout les institutions et prend la tête du pays[14]. Il suspend également la Constitution et met en place, le , un comité restreint chargé d'élaborer l'avant-projet d'une nouvelle Constitution[15]. Grégoire Gbénou fait partie de ce comité et prend part, le , à une commission constitutionnelle nationale, constituée « d'experts, de représentants de toutes les régions et de familles spirituelles du Dahomey, de représentants des syndicats, des mouvements de jeunesse » chargée d'étudier cette ébauche[16]. Le texte est soumis à un référendum le [17] et la nouvelle Constitution est promulguée le suivant.

Le de la même année, Grégoire Gbénou est nommé par Christophe Soglo procureur général près la chambre des mises en accusation[18] et il redevient procureur général près la Cour d'appel de Cotonou le [6].

Le régime bicéphale[n 4] instauré par la Constitution de 1964 montre ses limites. Les rivalités politiques et ethniques entre Sourou Migan Apithy, président de la République, et Justin Ahomadegbé, vice-président, mènent à une impasse institutionnelle. Le , le général Christophe Soglo[n 5] intervient militairement et prend le pouvoir pour la seconde fois afin de mettre fin à un blocage politique qui paralyse le pays.

À la suite du remaniement ministériel du , Christophe Soglo choisit Grégoire Gbénou comme nouveau garde des Sceaux, ministre de la Justice et de la Législation[19] en remplacement d'Arsène Kindé[20].

Les divisions et les luttes de pouvoir internes au sein de l'armée mènent la jeune garde militaire à renverser Christophe Soglo, le , le jugeant inefficace et autoritaire. Le lieutenant-colonel Alphonse Alley prend la direction du pays. Les institutions sont une nouvelle fois dissoutes ; Grégoire Gbénou n'est plus procureur général près la Cour d'appel de Cotonou et se voit contraint de céder son poste de ministre au militaire Louis Chasme[21]. Alphonse Alley, souhaitant une nouvelle Constitution pour le pays, établit, le , un comité constitutionnel chargé d'en élaborer les contours. Grégoire Gbénou est convié à rejoindre ce comité en raison de ses compétences[22]. La nouvelle Constitution est approuvée par référendum, le suivant, par 846 521 voix contre 71 695[23].

Dans le même temps, Grégoire Gbénou, qui a été mis à la disposition du président de la Cour suprême, est appelé comme conseiller à la Chambre judiciaire de ladite Cour[24].

Hubert Maga, qui est redevenu chef de l'État au sein d'un conseil présidentiel[n 6], nomme Grégoire Gbénou en tant que procureur général près la Cour suprême, le [25]. Puis, le colonel Mathieu Kérékou[n 7], arrivé au pouvoir le à la suite d'un coup d'État militaire, le promeut président de la Cour suprême le [26]. Il est remplacé par Léandre Amlon le [27].

Administrateur de sociétés étatiques

Au cours de sa carrière, représentant le ministère de la Justice et de la Législation, Grégoire Gbénou siège au conseil d'administration de plusieurs sociétés étatiques. En , il est désigné comme membre du conseil d'administration de la Société dahoméenne d'hôtellerie, ayant pour objet le développement de l'industrie hôtelière au Dahomey[28] mais aussi de la Société de développement de la république du Dahomey, dont le but est de promouvoir le développement économique du pays dans tous les domaines[n 8],[29]. Il est également au conseil d'administration de la Banque dahoméenne de développement[30].

En , il est mandaté en tant qu'administrateur de la Société nationale des huileries du Dahomey, qui gère les exploitations des huileries de palmes d'Ahozon, Avrankou, Bohicon et Gbada[31],[32].

Il tient encore ce rôle à partir de , pour l'office national de cinéma du Dahomey, qui assure la distribution des films et l'exploitation des salles de cinéma au Dahomey[33]. Elle devient, en , l'office béninois du cinéma[34], à la suite des changements d'appellation des entreprises étatiques orchestrés par le gouvernement en place[n 9],[35].

Retraite et mort

Grégoire Gbénou prend sa retraite de l'Administration en [36], après 26 années passées en son sein.

Il est nommé, le , vice-grand chancelier de l'ordre national du Bénin[37]. Il prend la tête de l'institution le [38] et l'occupe jusqu'à sa mort le [2]. Salomon Biokou lui succède[39].

Vie privée

Son père, Moïse Gbénou[5], est secrétaire de la mairie de Porto-Novo[40] et membre du conseil municipal de cette ville[41]. Il se présente, sans succès, aux élections territoriales de 1952, dans la circonscription de Porto-Novo, sur la liste du parti Rénovation et union populaire[42].

Grégoire Gbénou est marié et père de six enfants[3].

Publications

  • « La famille dahoméenne », Revue juridique et politique : indépendance et coopération, vol. 21, no 1, , p. 48-63.

Distinctions

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

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