Louis Ignacio-Pinto
juriste, diplomate et homme politique béninois (1903-1984)
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Louis Ignacio-Pinto, né le à Porto-Novo, dans la colonie du Dahomey, en Afrique-Occidentale française (actuellement située au Bénin) et décédé le à Dourdan, en France, est un avocat, diplomate et homme politique français, dahoméen et béninois.
| Louis Ignacio-Pinto | |
Louis Ignacio-Pinto en 1931. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Président de la Cour suprême de la république du Dahomey | |
| – (3 ans et 18 jours) |
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| Prédécesseur | Valentin Djibodé Aplogan |
| Successeur | Cyprien Aïnadou |
| Sénateur français[a] | |
| – (8 ans, 5 mois et 22 jours) |
|
| Élection | 13 janvier 1947[b] |
| Réélection | 14 novembre 1948[c] |
| Circonscription | 2e collège de Dahomey (1947-1948) 2e section de Dahomey (1948-1955) |
| Groupe politique | App. COM (1947) URRU (1947) RI (1947-1952) IOM (1952-1955) |
| Prédécesseur | Siège créé |
| Secrétaire du Conseil de la République | |
| – (10 mois et 2 jours) |
|
| Président | Gaston Monnerville |
| – (11 mois et 20 jours) |
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| Président | Gaston Monnerville |
| – (5 mois et 24 jours) |
|
| Président | Gaston Monnerville |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Louis Pinto |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Porto-Novo (Dahomey, Afrique-Occidentale française) |
| Date de décès | (à 80 ans) |
| Lieu de décès | Dourdan (Essonne, France) |
| Nationalité | Française (1930-1960) Dahoméenne (1960-1975) Béninoise (à partir de 1975) |
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Entre 1947 et 1955, il représente le territoire d’outre-mer du Dahomey au Conseil de la République, où il occupe la position de secrétaire en 1948, 1949 et 1955. Il exerce, de 1967 à 1970, la charge de président de la Cour suprême du Dahomey puis, de 1970 à 1979, celle de juge à la Cour internationale de justice.
Biographie
Éléments personnels et première vie professionnelle
Louis Ignacio-Pinto naît le à Porto-Novo, capitale de la colonie du Dahomey. Après avoir effectué des études à la mission catholique de sa ville natale, il poursuit son parcours au Nigéria, ainsi qu’au collège de Saint-Genès à Bordeaux. À l’issue de son cursus scolaire, il est docteur en droit et licencié ès lettres. Il vit ensuite quelques années à Paris et en Angleterre[1],[2].
Louis Ignacio-Pinto appartient à la communauté des Agoudas, Afro-Brésiliens connus pour leur muticulturalisme et leur polyglottisme. Selon Olabiyi Babalola Yai, il maîtrise « toutes les langues officielles et les langues africaines de communication interrégionales entre le Ghana et le Nigeria »[3].
Par décret du président de la République Gaston Doumergue, et, au sens de la loi du , Louis Ignacio-Pinto obtient la citoyenneté française le [α].
D’abord avocat à la cour d’appel de Paris, Louis Ignacio-Pinto s’installe comme avocat-défenseur en Afrique-Occidentale française, à Conakry (Guinée) et à Cotonou (Dahomey)[1],[2].
Carrière politique
Le , Louis Ignacio-Pinto est l’unique candidat à l’élection du siège réservé au Conseil de la République pour le deuxième collège du territoire d’outre-mer du Dahomey. Obtenant 16 des 17 voix exprimées, il est élu conseiller de la République[d]. Toujours seul à se présenter aux élections de la chambre pour le siège attribué à la deuxième section du territoire du Dahomey, il est reconduit le par 13 voix sur les 18 votants. Toutefois, il perd son mandat après sa défaite au scrutin du pour ce même siège, remporté par Maximilien Quénum[D 4],[D 5],[D 6].
Louis Ignacio-Pinto est nommé secrétaire du Conseil de la République à trois ouvertures de sessions, les , et [D 7],[D 8],[D 9],[1].
Après son échec électoral de 1955, Louis Ignacio-Pinto poursuit sa carrière au Dahomey. Ministre des Finances dans le conseil de gouvernement du territoire d’outre-mer en 1957, il est le premier ministre de la Justice après la proclamation de la république du Dahomey en 1958[1],[2].
Carrières diplomatique et judiciaire
Après sa carrière politique, il se réoriente vers la diplomatie. Conseiller à l’ambassade de France près le Saint-Siège, il est ambassadeur de la république du Dahomey aux Nations unies de 1960 à 1967[e], aux États-Unis, au Canada, au Brésil et en Haïti[2].
Le , le général Christophe Soglo, président de la république du Dahomey, le nomme président de la Cour suprême[s 3],[1],[2].
Membre de la commission du droit international des Nations unies à partir de 1965, il siège comme juge à la Cour internationale de justice de 1970 à 1979[2].
Mort
Activité parlementaire
L’activité parlementaire de Louis Ignacio-Pinto au Conseil de la République s’étend sous trois mandatures distinctes.
Ire législature (1946-1948)
À la suite de son élection le par le deuxième collège du territoire du Dahomey, Louis Ignacio-Pinto est admis au Conseil de la République le suivant[D 1],[1].
Politiquement, il s’affilie au groupe communiste comme apparenté le . Quelques semaines plus tard, le , il est l’un des membres fondateurs du groupe d’union républicaine et résistante pour l’Union française (apparenté au groupe communiste le lendemain), qu’il quitte à compter du pour celui des républicains indépendants, également comme membre de plein droit. Cette affiliation est conservée au [β],[γ],[δ],[ε],[ζ].
Il rejoint la commission de la justice et de la législation civile criminelle et commerciale le , puis, le , celle de l’Éducation nationale, des beaux-arts, des sports, de la jeunesse et des loisirs ainsi que celle des finances[D 10],[D 11],[1].
IIe législature (1948-1952)
À la suite des deuxième scrutin pour désigner les conseillers de la République, Louis Ignacio-Pinto est réélu le par la deuxième section du territoire du Dahomey. Il est admis le suivant[D 2],[1].
Il s’affilie une nouvelle fois comme membre du groupe des républicains indépendants lors de la constitution des listes électorales le . Cette appartenance politique est renouvelée à chaque ouverture de session, les , , et [η],[θ],[ι],[κ],[λ].
Nommé membre de la commission des finances les , , , il rejoint celle de la presse, de la radio et du cinéma le . Par ailleurs, tout au long de la mandature, il est reconduit au sein de la commission de la France d’outre-mer (, , et )[D 12],[D 13],[D 14],[D 15],[1].
IIIe législature (1952-1955)
Après un renouvellement partiel du Conseil de la République, Louis Ignacio-Pinto fait partie des membres du groupe des indépendants d’outre-mer nouvellement constitué le . Il y est ensuite affilié les , et [μ],[ν],[ξ],[ο].
À l’occasion des nominations des , , et , il est désigné membre (1952), puis, membre titulaire (1953-1955) de la commission de la justice et de législation civile, criminelle et commerciale, et, de celle de la Défense nationale[D 16],[D 17],[D 18],[D 19],[1].
Distinctions
- Ordre national de la Légion d’honneur (République française) :
dignité de grand officier[1].
- Ordre national du Dahomey (république du Dahomey) :