Sa Carcaredda
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| Sa Carcaredda | |
| Localisation | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Sardaigne |
| Province | Province de l'Ogliastra |
| Commune | Villagrande Strisaili |
| Coordonnées | 39° 59′ 35″ nord, 9° 25′ 36″ est |
| Histoire | |
| Époque | Âge du Bronze, âge du fer |
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Sa Carcaredda est un site archéologique situé à proximité de Villagrande Strisaili, dans la province d'Ogliastra, en Sardaigne. Le site est daté de la période nuragique. Il comprend un village nuragique, un petit temple « à mégaron » et cinq tombes des géants.
Temple « à mégaron »
Le centre cérémoniel se trouve en marge de l’habitat, et un enclos renferme le temple proprement dit ainsi qu’une série de pièces de service. Le temple est constitué d’une structure de forme circulaire, précédée d’un atrium trapézoïdal muni de sièges latéraux ; l’ensemble de l’édifice est pavé de dalles de granite soigneusement ajustées[1].
Le temple est constitué d’un espace circulaire (3,40 × 1,90 m) précédé d’une pièce rectangulaire avec vestibule trapézoïdal irrégulier, délimité par un puissant mur en pierres sèches composé de blocs granitiques polygonaux disposés en assises irrégulières[3]. L’ensemble de l’édifice est pavé de dalles de granite soigneusement ajustées[1].
Le vestibule, doté d’un banc latéral, résulte clairement d’une phase de construction plus récente, reconnaissable à la texture différente du mur extérieur. La pièce rectangulaire est séparée de la chambre circulaire par une grande dalle orthostatique fermant le passage, accessible uniquement à ceux qui officiaient les rites religieux[3]. L’intérieur de l’espace circulaire comporte un autel constitué d’un muret (hauteur 41 cm) en petits blocs de calcaire à l’origine recouverts d’un enduit d’argile qui les isolait du feu d’un foyer rituel. Sur ce muret repose un modèle de nuraghe complexe, constitué de plusieurs blocs de calcaire fixés entre eux par des agrafes de plomb. Le foyer rituel a laissé des traces évidentes sur le dallage et sur la face interne du mur, qui conserve une épaisse couche d’argile brûlée[3].
Autour de l’autel étaient déposés de nombreux bronzes votifs représentant des archers coiffés d’un casque surmonté de longues cornes, ainsi qu’un très grand nombre de coulées de plomb portant les pieds des bronzetti qui avaient été détachés de leurs socles votifs. Le dépôt votif comprenait également un petit sanglier, une tête de bélier, plusieurs boutons en bronze, des stylets votifs à poignée en gamma utilisés comme pendeloques, des épingles de tailles diverses aux têtes travaillées servant d’aiguilles à cheveux, un grand anneau, des perles biconiques et sphériques (en bronze et en ambre) aux surfaces lisses ou décorées de cannelures parallèles. Un fragment singulier de la paroi d'un vase (olla) présente une décoration plastique représentant un bouclier avec umbo et un poignard, similaires à ceux provenant du puits sacré de Santa Vittoria di Serri[3]. Le répertoire céramique renvoie à des horizons chronologiques du Bronze final / premier âge du fer[1].
Dans l’espace extérieur au temple, plusieurs socles perforés sur leur partie supérieure pour soutenir des bronzes déposés en offrande ont été découvert.
Un bâtiment de plan rectangulaire aux angles arrondis (longueur 8 m ; largeur 1,20 m) est visible sur le côté droit du temple. Il a été édifié avec des blocs de granite local disposés en assises irrégulières. On y accédait par trois entrées délimitées par deux grands piliers qui devaient soutenir à l’origine une couverture de poutres en bois et de dalles plates. Le bâtiment a été identifié comme étant un magasin. Il renfermait plusieurs grandes jarres à col cylindrique et bord épaissi, stabilisées par 20 kilos de fragments de lingots « en forme de peau de bœuf » de tradition égéenne et de pains de cuivre de tailles variées. Les vases contenaient des statuettes en bronze représentant une femme coiffée d’un bonnet et d’une cape offrant une écuelle hémisphérique décorée, une prêtresse au chapeau conique tenant des bandelettes sacrées sur le bras, une fibule, un bracelet et autres objets d’ornement. Autour des jarres reposaient des haches à bords relevés, à tranchants orthogonaux, à ergots latéraux et des bipennes, thésaurisées pour leur valeur symbolique ou pour la valeur intrinsèque du métal[3]. L'ensemble permet de dater le contexte du Bronze récent[1].
Le long des parois du magasin se trouvaient des récipients d’usage courant et une petite jarre. Dans l’aire située devant le magasin ont été mis au jour les murs de fondation d’édifices qui furent utilisés jusqu’aux époques punique et romaine, comme en témoignent un amulette égyptienne en faïence et un petit trésor de monnaies de bronze présentant des empereurs romains des IIIe et IVe siècles[3].