La commune est créée le par la fusion des communes d'Arsimont, d'Auvelais, de Falisolle, de Keumiée, de Moignelée, de Tamines et de Velaine-sur-Sambre. Le nom de commune est initialement «Basse-Sambre», mais il est changé par la loi du pour prendre son nom actuel de «Sambreville»[3]. Elle devient une ville le par Décret de la Région Wallonne[4],[5].
Géographie
Situation générale
Sambreville se situe à 65 km (à vol d'oiseau) au sud de Bruxelles, à 25 km à l'ouest de Namur et 20 km à l'est de Charleroi, sur les rives de la Sambre. Particularité issue de la fusion des communes, en 1977: il n'y a pas de village du nom de Sambreville. Née de la réunion de plusieurs villages baignés par la Sambre, la commune a pris ce nouveau nom comme point commun des entités.
Sambreville se déploie dans la basse vallée de la Sambre, au cœur d’un paysage façonné par la plaine alluviale du fleuve et par les légers reliefs du plateau hesbignon qui l’encadrent. La commune occupe un territoire d’altitude modérée, oscillant entre environ 85–95 m dans les zones les plus basses proches du lit de la Sambre et 190–211 m sur les hauteurs périphériques, notamment vers Arsimont et les abords de Mornimont. Cette topographie douce résulte d’un modelé ancien, où les versants faiblement inclinés descendent vers la vallée principale[6].
Le relief naturel est enrichi par un paysage industriel hérité de l’exploitation houillère, particulièrement active dans la région jusqu’au XXesiècle. On y trouve onze terrils officiellement répertoriés, témoins de cette activité et devenus aujourd’hui des éléments structurants du paysage, parfois recolonisés par la végétation. Ces buttes artificielles, souvent coniques ou allongées, introduisent des ruptures de pente et des points hauts ponctuels dans une topographie autrement régulière[6].
La géologie de Sambreville, située dans le sillon Sambre‑et‑Meuse, se caractérise par une superposition de formations carbonifères et quaternaires qui témoignent d’une histoire sédimentaire et tectonique complexe propre au bord nord du Synclinorium de Namur. Le substratum rocheux appartient majoritairement au Carbonifère inférieur, dominé par des unités lithostratigraphiques carbonatées et schisteuses. Les formations dolomitiques du Tournaisien supérieur, telles que la Formation de Namur, sont représentées dans la région proche et s’étendent latéralement dans l’unité tectonique de Malonne. Ces dolomies, souvent massives, crinoïdiques ou oolithiques, montrent une forte karstification et renferment des niveaux fossilifères comprenant brachiopodes, crinoïdes et coraux solitaires. Elles sont localement surmontées par des surfaces ravinantes et des brèches dolomitiques indiquant des lacunes stratigraphiques importantes[7].
La structure régionale est marquée par l’influence du Synclinorium de Namur, dont les plis orientés est‑ouest contrôlent l’organisation du sous‑sol. Les données du Service géologique de Wallonie montrent la présence de failles inverses et failles indifférenciées, héritées de la tectonique varisque, affectant les contacts entre unités lithostratigraphiques. Ces structures sont visibles dans les couches cartographiées à grande échelle et influencent localement la géométrie des formations carbonatées et schisteuses[8].
La couverture superficielle de Sambreville est dominée par des dépôts quaternaires, principalement des alluvions modernes et anciennes liées à la Sambre. Ces alluvions masquent souvent le substratum rocheux, mais les cartes géologiques vectorisées permettent d’identifier les formations sous‑jacentes. Les dépôts alluviaux témoignent d’une dynamique fluviale active, avec alternance de graviers, sables et limons, typiques des plaines alluviales de la vallée[9].
L’ensemble de ces éléments place Sambreville dans un contexte géologique typique du sillon Sambre‑et‑Meuse : un socle carbonifère déformé par l’orogenèse varisque, recouvert par des dépôts quaternaires fluviaux, et marqué par une alternance de formations carbonatées, schisteuses et dolomitiques. Les données géologiques régionales, accessibles via les géoservices du Service géologique de Wallonie, confirment la complexité structurale et la richesse lithologique du sous‑sol sambrevillois[10].
Faune et flore
Flore
163,54 hectares de bois couvrent 5% du territoire communal, 6 sites de grand intérêt biologique sont inventoriés, auxquels s'ajoute une zone «Natura 2000» de 90 hectares et 121 arrêtés de classement concernant des arbres ou des haies remarquables.
Hydrographie
La rivière principale de la commune est naturellement la Sambre, qui la baigne au long de 11,5 km environ. S'y ajoutent quelques affluents, comme les ruisseaux de Fosses, de Grand Vaux et du fond du Gay. La Sambre et ses affluents appartiennent au bassin hydrographique de la Meuse, laquelle se jette dans la mer du Nord.
Population et société
Démographie: commune fusionnée
En tenant compte des anciennes communes entraînées dans la fusion de communes de 1977, on peut dresser l'évolution suivante:
Les chiffres des années 1831 à 1970 tiennent compte des chiffres des anciennes communes fusionnées.
Source: DGS; de 1831 à 1981 = recensements population; à partir de 1990 = nombre d'habitants chaque 1erjanvier[11].
Aucune étude récente n'a compilé les données historiques et archéologiques de la commune. Pour retracer l'histoire de Sambreville, il faut élargir le champ de recherche aux grands centres religieux (Oignies, Floreffe, Fosses) ou aux villes de grande importance (Namur, Charleroi). On peut ainsi raisonnablement poser quelques jalons fiables. Globalement, l'histoire de la commune se confond avec l'histoire de la Région, voire du pays: préhistoire, conquête romaine et empire mérovingien sont ici mal connus. Le bas Moyen Âge, mieux documenté, permet de détailler le partage du territoire. Mais dès le XVIesiècle, l'histoire européenne se joue au niveau des États, au pied des places fortes et dans les capitales. Il faut attendre la période industrielle pour retrouver des informations plus fournies sur les villages qui formeront Sambreville en 1977.
Préhistoire
La vallée de la Sambre et, plus généralement, le bassin hydrographique de la Meuse, ont livré de nombreuses découvertes archéologiques. À la fin de la dernière glaciation, autour de 12 000 ans avant notre ère, le climat de nos régions s'adoucit; les glaciers reculent, et la zone d'influence humaine s'accroît vers le nord de l'Europe. Les massifs calcaires qui bordent les cours d'eau de l'Entre-Sambre-et-Meuse offrent de nombreux abri naturels (grottes et abris sous roche), des postes d'observation et des refuges en cas de crue. Les sites de Spy, Namur, Dinant et leurs alentours attestent d'une présence humaine dans les vallées de la Sambre et de la Meuse, remontant au moins au Paléolithique.
En 1988, la découverte fortuite d'ossements remontant au Mésolithique a conduit à la fouille partielle d'une petite cavité naturelle, la grotte de Claminforge au sud de Falisolle. Les vestiges de 5 sépultures y ont été identifiés.
À Velaine, plusieurs découvertes fortuites et un menhir témoignent d'une présence humaine depuis le Néolithique.
Antiquité
Des découvertes archéologiques du XIXesiècle établissent les preuves d'une occupation romaine de la région, au début de notre ère. En 52 av. J.-C., les armées romaines ont terminé leur campagne en Gaule, et la frontière de l'Empire se fixe pour un temps bien au nord de l'actuelle Sambreville. La proximité relative de sites importants et connus (Namur, Dinant, Nivelles) ne permet pas de douter d'une présence romaine, mais sa nature exacte reste incertaine encore dans la commune.
Moyen Âge
Le territoire qui constitue l'actuelle Sambreville était écartelé entre les autorités politiques et religieuses des grands domaines – duché, comté, principauté. Situé dans l'ouest du comté de Namur, il comprenait d'importantes enclaves liégeoises et brabançonnes. Il est probable que, aucune famille d'importance n'y ayant vu le jour, ces territoires soient passés d'une escarcelle à l'autre sans rencontrer d'opposition.
Auvelais, cité dès 1113, est partagé entre l'autorité du chapitre de Fosses (principauté de Liège), et celle du comté de Namur. Tamines (première mention également au XIIesiècle) est de même partagée entre les juridictions liégeoise (pour l’essentiel) et namuroise (pour les Alloux). Falisolle relève de la principauté de Liège, tandis que Keumiée et Velaine, passent des mains namuroises (XIIesiècle), à l'autorité brabançonne (XIVesiècle). La paroisse-mère de Moignelée perdra sa prééminence au profit d'Oignies, lors de la fondation du prieuré au XIIesiècle. Et, alors qu'au temporel le village appartient au duché de Brabant, au spirituel Moignelée relève alors – comme d'ailleurs l'entièreté du territoire de la commune actuelle – du diocèse de Liège...
Époque contemporaine
L'histoire récente de la commune est marquée par deux éléments; l'exploitation houillère et les crimes de guerre allemands du mois d'août 1914.
La société anonyme des charbonnage de Tamines exploita plusieurs puits, de 1827 à 1965. Elle n'inaugura sans doute pas l'exploitation du charbon, mais c'est la seule société constituée à avoir industrialisé le processus.
Au début de l'offensive allemande, au cours de la bataille de Charleroi, qui se déroule au milieu du mois d'août 1914, plusieurs centaines de civils sont passés par les armes. Les victimes de ce qui fut appelé le Massacre de Tamines, à l'instar de celui de Dinant, furent honorées dans un cimetière leur étant entièrement réservé, autour de l'église de Tamines.
Héraldique
La ville possède des armoiries qui lui ont été octroyées le 20 juillet 1982. Les armoiries s'inspirent de celles de Tamines octroyées le 15 mai 1932 (blasonnement: De sable semé de larmes d'argent, à la croix d'or chargée de huit flammes de gueules et portant en cœur la date 1914 en chiffres de sable, l'écu posé devant un Saint Martin d'or) montrant un mineur et une lampe de mineur symbolisant l'importance de la mine dans la région.
Blasonnement:Parti, à dextre, de sable semé de larmes d'argent, à la croix d'or chargée de huit flammes de gueules et portant en abime le millésime 1914, en chiffres de sable; à senestre, de gueules à une lampe de mineur de sable brochant sur deux pics d'argent passés en sautoir[12].
Administration communale et Politique
Conseil et collège communal 2024-2030
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L'église Saint-Remy à Falisolle, XVIIIesiècle (et tour du XIXe)[15].
Le château ferme du Quirini à Keumiée, XVIIeetXVIIIesiècles[16].
Le moulin des Golettes à Velaine, ancien moulin à vent du XVIIIesiècle, classé en 1988[17],[18].
La chapelle Notre-dame de Hal à Velaine, XVIIIesiècle[19].
Époque contemporaine
Le phare breton au cimetière français d'Auvelais.
Nombreux monuments aux morts dans les villages de l'entité.
Le cimetière militaire français et son phare breton: construit par les Allemands en 1917, sur les hauteurs d'Auvelais, donnant sur la Sambre et sur la ville. La nécropole abrite les tombes de 1268 officiers et soldats français. C'est au cimetière militaire d'Auvelais que reposent la plupart des Français tombés à Auvelais, Tamines et Arsimont pendant les journées des 21 et 22 août 1914 au cours de la Première Guerre mondiale. Dans ce cimetière, un «Phare du Souvenir» rappelant la Bretagne et le sacrifice des Bretons tombés au champ d'honneur a été élevé en 1934, pour le 20e anniversaire, par un comité d'anciens combattants d'Auvelais[20].
Le monument aux martyrs à Tamines.L'enclos des fusillés, disposé autour de l'église de Tamines, présente les tombes de 380 civils tués en août 1914 par l'armée allemande. Le , ce lieu de mémoire de la Première Guerre mondiale a été inscrit à la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.
La culture de Sambreville, commune de la Basse-Sambre en province de Namur, se caractérise par un ancrage profond dans la mémoire ouvrière, un folklore vivant et une politique culturelle structurée autour de la participation citoyenne. Elle s’est développée au croisement d’un passé industriel dense, d’une tradition carnavalesque très active et d’un effort contemporain de valorisation patrimoniale[21],[22],[23].
La mémoire locale occupe une place centrale dans l’identité culturelle sambrevilloise. Le Fonds d’Histoire et de Culture régionales, enrichi depuis 2005, conserve et numérise des documents anciens retraçant l’évolution des anciennes communes d’Auvelais, Tamines, Falisolle, Moignelée, Arsimont, Keumiée et Velaine. Cette collection met en lumière le passé industriel charbonnages, feutreries, verreries ainsi que des événements marquants tels que les inondations de la Sambre ou le Massacre de Tamines de 1914. La plateforme Bibliotheca Digitalia Sambreville permet d’accéder à des archives variées: cartes postales, photographies, articles de presse, témoignages et objets domestiques ou industriels[21],[23].
Le folklore sambrevillois constitue un autre pilier culturel majeur. Plusieurs sociétés de Gilles animent les carnavals locaux, notamment les Gilles du Petit Bruxelles (ou «Pti B»), fondés en 1976, et Les Inséparables, héritiers des Gilles des Deux Provinces créés en 1981. À ces traditions s’ajoutent des groupes plus récents comme les Tétars di Farjole, ainsi que des figures emblématiques telles que les géants d’Auvelais Jean le Porion, Marie d’el Potée et leur fils Maxence qui défilent lors de la Cavalcade. Les Macrales des Bachères, sorcières festives de Tamines, et les Mam’Zelles, troupe carnavalesque fondée en 2009, témoignent de la créativité populaire contemporaine[22].
La vie culturelle institutionnelle est structurée autour du Centre culturel de Sambreville (CRAC’S), qui joue un rôle essentiel dans la diffusion artistique, l’éducation permanente et la participation citoyenne. Conformément au décret de 2013 de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le centre œuvre à garantir les droits culturels de la population: liberté artistique, accès à la culture, maintien des patrimoines et participation active à la vie culturelle. Ses projets s’articulent autour de deux axes: «recolorer la Basse-Sambre», visant à renouveler le regard des habitants sur leur territoire, et «renforcer l’expression citoyenne», encourageant la création collective et l’implication des Sambrevillois dans les initiatives culturelles[24].
Enseignement
L’enseignement à Sambreville se caractérise par une organisation dense et diversifiée, structurée autour de réseaux publics, libres confessionnels et communautaires, ainsi que par une offre culturelle et artistique notable. Le paysage scolaire communal occupe une place centrale : les écoles communales y sont décrites comme un pilier éducatif garantissant un accès gratuit et égalitaire à l’instruction, avec une attention particulière portée à la mixité sociale et à la lutte contre les discriminations. Elles proposent également plusieurs projets pédagogiques distinctifs, tels que l’immersion linguistique en anglais (Arsimont, Auvelais) et en néerlandais (Keumiée), ou encore des approches thématiques comme l’« école du dehors » à Velaine et l’école « sciences à l’école » de Moignelée[25].
Au-delà du réseau communal, Sambreville accueille un ensemble d’établissements appartenant au réseau libre confessionnel, dont l’école fondamentale libre Saint‑Rémy, répartie sur plusieurs implantations maternelles et primaires. Ces écoles sont organisées par des pouvoirs éducatifs associatifs, comme la Communauté Éducative Lasallienne, et disposent de leurs propres centres PMS[26].
La commune compte également des écoles relevant de la Fédération Wallonie‑Bruxelles, notamment des écoles fondamentales autonomes situées à Auvelais et dans d’autres quartiers. Ces établissements s’inscrivent dans le réseau officiel communautaire et proposent un enseignement maternel et primaire ordinaire, avec des services d’accessibilité et un ancrage local fort[27].
L’offre éducative sambrevilloise s’étend aussi à des structures spécialisées ou complémentaires : écoles des devoirs, accueil extrascolaire, crèches, services ONE, ainsi que des académies de musique et des beaux‑arts, qui complètent la formation des élèves par une dimension artistique reconnue. Ces institutions sont répertoriées dans les services communaux destinés à l’enseignement et à la petite enfance[28].
Photographies
Auvelais.
Falisolle.
Tamines.
Armoiries de Sambreville.
La Roche qui tourne à Velaine-sur-Sambre.
Économie
L’économie de Sambreville, commune industrielle et commerciale de la Basse‑Sambre, se caractérise par une structure diversifiée articulée autour de plusieurs pôles d’activités, d’anciennes friches reconverties et d’un tissu de PME soutenu par des dispositifs locaux d’accompagnement. Elle s’inscrit dans un espace stratégique, à proximité de Namur et Charleroi, bénéficiant d’axes routiers majeurs et d’un accès direct à la voie d’eau, ce qui en fait un territoire attractif pour les entreprises recherchant des connexions logistiques efficaces[29].
Le développement économique local est structuré autour de l’Agence de Développement Local (ADL), qui joue un rôle central dans l’information, l’accompagnement et la stimulation de l’activité entrepreneuriale. L’ADL agit comme guichet unique pour les porteurs de projets, offrant un soutien dans les démarches administratives, fiscales et juridiques, tout en orientant les entreprises vers les partenaires institutionnels adéquats. Elle contribue également à identifier les tendances économiques émergentes et à encourager l’innovation dans les secteurs prioritaires de la commune[30].
Le terril Sainte-Eugènie à Tamines.
Le territoire sambrevillois se distingue par plusieurs zones d’activités économiques complémentaires. Le Pré des Haz à Tamines constitue un zoning mixte accueillant entreprises et commerces, situé à proximité immédiate de la gare et géré conjointement par la commune, le Bureau économique de la province de Namur (BEP) et le Port autonome de Namur. La zone Sainte‑Eugénie, également à Tamines, financée en partie par les fonds européens FEDER, est destinée aux activités artisanales et aux PME, et accueille notamment le recyparc communal. Le parc d’activité d’Auvelais, de nature mixte, se développe le long de la N98 et attire des entreprises variées grâce à ses infrastructures modernes. Le site de Bonne‑Espérance à Moignelée, doté d’un accès direct à la Sambre, constitue une plate‑forme industrielle privilégiée pour les entreprises utilisant la voie d’eau pour l’acheminement de matières premières ou l’expédition de produits finis[29].
L’un des éléments emblématiques de la reconversion économique locale est le site des Glaceries d’Auvelais, ancien domaine industriel de Saint‑Gobain. Aujourd’hui, il illustre la résilience du tissu économique sambrevillois: plus de 40 entreprises y sont implantées, représentant environ 400 emplois, avec une forte présence d’acteurs spécialisés dans le traitement des déchets. Le site affiche un taux d’occupation supérieur à 90%, témoignant de son attractivité et de sa réussite en matière de revitalisation industrielle[29].
L’économie sambrevilloise est également animée par un réseau de commerces de proximité, deux centres‑villes structurants (Tamines et Auvelais) et plusieurs centres commerciaux, renforçant la fonction de pôle de services de la commune dans la vallée de la Sambre. Les initiatives locales, telles que les marchés tardifs, les ateliers pour entrepreneurs ou les événements gastronomiques, contribuent à dynamiser la vie économique et à soutenir les acteurs locaux[30].
Dans son ensemble, Sambreville présente un paysage économique en transition, combinant héritage industriel, diversification des activités, soutien institutionnel fort et valorisation des infrastructures logistiques. Cette combinaison en fait un territoire attractif pour les PME, les entreprises industrielles et les initiatives commerciales cherchant à s’implanter dans un environnement connecté et en développement continu.
En 2006, revenu de 2005, le revenu annuel moyen disponible s’élevait à 12 174 € par habitant.
Tourisme
Le tourisme à Sambreville se structure autour d’un patrimoine mémoriel dense, d’itinéraires de découverte soigneusement balisés et d’un environnement naturel façonné par la vallée de la Sambre. La commune, dont le Syndicat d’Initiative coordonne la mise en valeur, propose une approche du territoire fondée sur la promenade, l’interprétation historique et la découverte paysagère. Les visiteurs y trouvent un réseau de parcours thématiques notamment un circuit consacré à la mémoire des événements d’août 1914, un autre consacré au patrimoine industriel et un troisième recensant dix sites remarquables tous jalonnés de panneaux didactiques permettant de comprendre l’évolution urbaine, sociale et culturelle du bassin sambrevillois[31]. Cette dimension mémorielle est particulièrement marquée à Tamines, où les lieux liés au massacre du 22 août 1914 cimetière des Fusillés, monuments commémoratifs, stèles funéraires constituent des points d’intérêt majeurs pour les visiteurs sensibles à l’histoire de la Grande Guerre[32].
La découverte de Sambreville passe également par ses paysages fluviaux et post‑industriels. Le halage de la Sambre offre un long itinéraire RAVeL apprécié des cyclistes et des marcheurs, tandis que des espaces naturels comme la noue de Moignelée, l’étang du Pachy ou le terril Sainte‑Eugénie permettent d’observer la biodiversité locale et de comprendre la reconversion écologique d’anciens sites industriels[33]. Plusieurs promenades pédestres structurées à Auvelais, Falisolle, Tamines ou Velaine invitent à parcourir les quartiers historiques, les bois environnants ou les anciens chemins d’écoliers, révélant un patrimoine vernaculaire souvent méconnu mais soigneusement documenté par le Syndicat d’Initiative[32].
L’offre touristique inclut aussi des activités familiales et ludiques, comme des chasses au trésor, des rallyes vélo ou des balades thématiques disponibles gratuitement auprès du Syndicat d’Initiative, installé sur la Grand‑Place d’Auvelais et ouvert toute l’année pour informer les visiteurs et promouvoir les initiatives locales[34]. L’institution joue un rôle central dans la valorisation du patrimoine architectural, paysager et culturel, en organisant régulièrement des animations destinées à faire découvrir la commune sous des angles variés, de la nature à l’histoire en passant par les traditions locales[35].
Sports et vie associative
Sports
Le sport à Sambreville s’inscrit dans une tradition locale où la pratique populaire, l’encadrement associatif et l’investissement communal se renforcent mutuellement. La commune structure son action sportive autour de la Régie Communale Autonome Sambr’Athlétic, créée en 2019 pour coordonner et moderniser les infrastructures, assurer leur accessibilité et soutenir les clubs. Cette régie gère notamment la piscine communale, le hall omnisports d’Auvelais et le complexe sportif communal, tout en organisant des stages multisports, des programmes de remise en forme et l’accueil d’événements régionaux[36].
Le tissu sportif sambrevillois est dense et diversifié, structuré autour de clubs historiques et de nouvelles associations couvrant un large éventail de disciplines. Le football y occupe une place centrale avec des clubs comme JS Falisolle-Aisemont, Étoile Taminoise, US Auvelais, NE Moignelée ou J.S. Taminoise, qui témoignent de l’ancrage populaire du ballon rond dans les quartiers et anciennes communes de l’entité[37]. Le judo est également bien représenté avec des clubs comme J.C. Bushido ABS et JC Sambreville, qui perpétuent une tradition d’arts martiaux solidement implantée à Auvelais et Tamines. Le volley-ball trouve son expression dans l’Etoile Volley Arsimont, tandis que le badminton est animé par Sportsa BC, actif dans la promotion d’un sport en plein essor en Wallonie.
Les sports de raquette sont bien présents grâce aux clubs de tennis TCBS Tamines et TC des Alloux, qui structurent la pratique locale et accueillent des joueurs de tous niveaux. L’équitation constitue un autre pôle important, avec des manèges et écuries comme Haras des Frimonts, L’Étrier d’Argent, Ecurie du Chesselet ou Les Ecuries de la Golette, qui témoignent de l’attrait durable pour les sports équestres dans la vallée de la Sambre[37]. Le cyclisme, discipline emblématique de la région, est représenté par La Pédale Falisolloise et le Vélo Club Sambreville, clubs qui s’inscrivent dans la tradition wallonne des courses locales et de la pratique amateur structurée.
À côté de ces disciplines majeures, Sambreville accueille une variété d’activités complémentaires: fitness, boxe, yoga, danse, floorball, spinning ou encore pilates, recensés dans les annuaires sportifs locaux et régionaux[38]. Cette diversité reflète une dynamique sportive ouverte, où les pratiques traditionnelles coexistent avec des activités plus récentes, souvent portées par des associations privées ou des initiatives citoyennes.
Vie associative
La vie associative à Sambreville se caractérise par une densité remarquable d’organisations citoyennes, culturelles et sociales qui structurent le quotidien des habitants et prolongent une tradition locale d’engagement collectif. Le tissu associatif s’appuie d’abord sur un ensemble d’institutions culturelles majeures, dont le Centre culturel de Sambreville – CRAC’S, fondé en 1971, qui joue un rôle central dans la diffusion artistique, l’éducation permanente et la participation citoyenne. Ses missions, définies dans le cadre du décret de la Fédération Wallonie‑Bruxelles, s’articulent autour de la promotion des droits culturels, de la création de liens sociaux et de la mise en valeur du territoire. Le CRAC’S développe notamment des projets collaboratifs visant à «recolorer la Basse‑Sambre» par des actions créatives impliquant habitants et artistes, ainsi que des dispositifs favorisant l’expression citoyenne, en particulier pour les publics moins visibles[39].
Autour de ce pôle culturel gravitent de nombreuses associations patrimoniales et touristiques, dont le Syndicat d’Initiative, chargé de la valorisation du patrimoine architectural, paysager et naturel. Il organise toute l’année des activités de découverte, des visites et des animations destinées à renforcer la connaissance du territoire et à encourager la participation des habitants aux dynamiques locales[35].
La vie associative sambrevilloise s’appuie également sur un réseau solide d’organisations sociales coordonnées en partie par le Service de Cohésion sociale dans le cadre du Plan de Cohésion Sociale (PCS). Ce service fédère associations, institutions et citoyens autour d’actions visant à lutter contre les inégalités, renforcer la solidarité et améliorer la qualité de vie. Il propose des espaces d’accueil, des ateliers numériques, des cafés-rencontres, des projets citoyens et un point de référence pour le volontariat local, facilitant la mise en relation entre bénévoles et associations[40].
Institut national de la Statistique, Annuaire statistique de la Belgique: 1979, t.99, Bruxelles, Ministère des Affaires Économiques, , 800p. (lire en ligne[PDF]), p.23.
Lieve Viaene-Awouters et Ernest Warlop, Armoiries communales en Belgique, Communes wallonnes, bruxelloises et germanophones, t.2: Communes wallonnes M-Z, Communes bruxelloises, Communes germanophones, Bruxelles, Dexia, , p.694
Le patrimoine monumental de la Belgique, vol.5, t.1, 2 et 3: Province de Namur, Arrondissement de Namur, Liège, Éditions Solédi, 1975-1983, 835p. (ISBN2-8021-0008-4)
Jean Fichefet, Nouvelle histoire de Tamines: Étude historique, économique et sociale, Gembloux, Duculot, , 400p.
Robert Wauthion, Une pensée de Sambreville, Wesmael-Charlier, , 159p.