Score (statistiques)
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Le score (ou informant[1]) est, en statistiques, le gradient de la fonction log-vraisemblance par rapport aux paramètres. La valeur du score correspondant à un point donné de l'ensemble des paramètres indique la pente de courbe de la fonction log-vraisemblance en ce point, et donc sa sensibilité à des petites variations des valeurs des paramètres autour du point. Si la fonction log-vraisemblance est continue, la valeur du score s'annule aux extremums (maximums ou minimums) locaux. Lors d'une estimation par maximum de vraisemblance, on utilise cette propriété afin de trouver les valeurs des paramètres qui maximisent la fonction de vraisemblance.
Le score est une fonction que l'on calcule à partir des valeurs des données observées, qui peuvent souffrir de biais d'échantillonnage. Il existe un test statistique appelé test de score dans lequel le paramètre est supposé fixé à une valeur donnée. De plus, le rapport de deux fonctions de vraisemblance en deux valeurs distinctes de paramètres peut être vu comme l'intégrale de la fonction de score entre ces bornes[2].
Étant donnée une fonction de vraisemblance d'une variable aléatoire X, dépendante d'un vecteur de paramètres θ de dimension m, le score s est le gradient du logarithme népérien de la vraisemblance[3], c'est-à-dire le vecteur des dérivées partielles de .
Le score s est donc un vecteur-ligne de dimension m dont les composantes nous indiquent la sensibilité de la vraisemblance aux variations des différents paramètres θi
Propriétés
Espérance
Le score est en principe une fonction de θ, mais sa valeur dépend également des valeurs observées pour lesquelles la fonction de vraisemblance est évaluée. L'échantillonnage de ces observations étant lui-même aléatoire, on peut vouloir calculer l'espérance du score sur tout l'espace d'échantillonnage.
Sous certaines conditions de régularité sur les fonctions de densité des variables aléatoires[4],[5], l'espérance du score est nulle à la vraie valeur du paramètre θ*. On le démontre en rappelant le lien entre la vraisemblance et la fonction de densité de probabilité . Si on note l'espace d’échantillonnage de la variable aléatoire, alors on a:
Si l'on suppose de plus que f vérifie les hypothèses de régularité permettant la dérivation sous l'intégrale :
Or l'intégrale de toute fonction de densité f sur son domaine vaut 1 ; son gradient est donc nul, soit
En conséquence, l'espérance du score à la valeur réelle du paramètre θ* est nulle. Ainsi, si l'on réalise plusieurs observations de la variable X et que l'on calcule à chaque fois le score connaissant la véritable valeur des paramètres de la distribution, alors la moyenne des scores doit tendre vers zéro.
Variance
La variance du score au vrai paramètre peut être exprimée par l'espérance de s étant nulle en θ* d'après le résultat précédent.
Si l'on dérive l'espérance de s par rapport au paramètre θ, ce qui revient à dériver deux fois la log-vraisemblance, on obtient :
Au vrai paramètre θ* cette espérance est nulle, on a donc :
La variance du score est donc égale à l'opposée de l'espérance de la hessienne de la log-vraisemblance[6].
Cette quantité est exactement l'information de Fisher, notée . L'information de Fisher est une espérance sur la distribution des données et ne dépend donc pas des observations de la variable . On l'utilise fréquemment pour comparer deux méthodes d'observation d'un processus aléatoire.
Exemples
Processus de Bernoulli
On suppose qu'on a observé n réalisations d'une variable de Bernoulli dont la probabilité de succès est θ. Sur ces n observations, on a compté A succès et B échecs.
La vraisemblance d'un paramètre θ quelconque est alors:
le score s est donc :
On peut maintenant vérifier que l’espérance du score est nulle. En effet l’espérance de A est nθ et que l’espérance de B est n(1 − θ), l'espérance de s est
On vérifie bien que l'espérance du score est nulle. On peut également calculer la variance :
Applications
Algorithme du score
L'algorithme du score (ou score de Fisher) est une méthode itérative permettant de déterminer numériquement l'estimateur du maximum de vraisemblance.
Tests statistiques liés au score
Le score étant à la fois une fonction de θ et des observations , ce n'est donc en général pas une statistique. Cependant, dans certaines applications, on peut évaluer le score pour une certaine valeur θ0, par exemple dans le cas d'une hypothèse nulle sur la distribution sous-jacente. Intuitivement, si l'estimateur restreint à θ0 est proche du maximum de vraisemblance, le score ne devrait pas différer de zéro de plus que l'erreur d'échantillonnage. On est donc amené à rejeter l'hypothèse nulle si le score est trop élevé : c'est le test du score ou test du multiplicateur de Lagrange. En 1948, C. R. Rao a démontré que le carré du score divisé par la matrice d'information suit une distribution asymptotique χ2 sous l'hypothèse nulle[7].
On notera que dans le cas du test du rapport de vraisemblance, le rapport peut s'exprimer par la relation suivante :
le rapport de vraisemblance est donc lié à l'aire sous la courbe de la fonction score entre et [8].
Méthode des scores (apprentissage automatique)
En apprentissage automatique, on est amené à vouloir représenter une distribution inconnue à partir d'un nombre fini d'échantillons, par exemple dans le cadre d'un modèle génératif[9]. Il est possible d'approximer la fonction score , par exemple à l'aide d'un réseau de neurones, puis de générer de nouveaux éléments issus de la distribution inconnue à l'aide de cette approximation.