Seigneurie de Batiscan

From Wikipedia, the free encyclopedia

Seigneurie de Batiscan
Géographie
Pays
Province
Région administrative
Municipalité régionale
Municipalité
Partie de
Coordonnées
Histoire
Fondation
Fondateur
Dissolution
Géolocalisation sur la carte : Québec
(Voir situation sur carte : Québec)
Géolocalisation sur la carte : Mauricie
(Voir situation sur carte : Mauricie)
Plan cadastral de Batiscan, 1725

La seigneurie de Batiscan[1] était située sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent, entre l'embouchure de la rivière Batiscan et de la rivière Champlain, en Mauricie, au Québec. Concédée en 1639 aux Jésuites, la colonisation de cette seigneurie a débuté en 1666 (après une première attribution de lots aux censitaires en 1665). Le territoire de la seigneurie de Batiscan comportait 1/2 lieu de front sur le fleuve Saint-Laurent (entre la rivière Champlain et la rivière Batiscan) par 20 lieues de profondeur. Ainsi, la limite nord de la seigneurie excédait la rivière Saint-Maurice. Elle était ainsi la plus profonde du régime seigneurial de la Nouvelle-France. La seigneurie de Batiscan est devenue le fief le plus populeux du gouvernement des Trois-Rivières dès la fin du XVIIe siècle[2].

Le territoire batiscanais se rattache « au climat continental à hiver froid » où domine un hiver long, rigoureux et enneigé. Sur plus de cinq mois, de novembre à avril, la neige recouvre le sol et les cours d'eau sont gelés, forçant le colon des rives du Saint-Laurent, selon Pierre Boucher, dans sa requête au Roi Louis XIV, en 1661 : « à se tapir dans sa chaumière »[3].

Au XVIIe siècle, la colonisation intensive de la seigneurie se concentre aux basses terres au sud de la moraine de Saint-Narcisse, surtout entre 1665 et 1674, où les Jésuites accordèrent 79 concessions. Au XVIIIe siècle, l'effort de colonisation s'effectue en deux phases plus importantes; 1705 à 1724, puis de 1740 à 1760. La colonisation remontait alors vers le nord dans l'arrière fief, au nord de la moraine de Saint-Narcisse, car les lots au pied de la moraine étaient occupés. Cette nouvelle aire de colonisation constitue aujourd'hui le territoire actuel de Saint-Stanislas dont les registres d'état civil s'ouvrent en 1787. Au milieu du XVIIIe siècle (à la fin du régime français), la seigneurie de Batiscan est supplantée en population par les seigneuries au nord du lac Saint-Pierre, soit celle de Yamachiche et de la Rivière-du-Loup[4].

Concession à Jacques de la Ferté en 1636

Le , la compagnie de la Nouvelle-France a concédé à monsieur de Jacques de La Ferté, abbé de Sainte-Marie-Madeleine de Châteaudun, lui-même membre de la compagnie, un « fief et seigneurie de dix lieues en largeur (environ 32,48 km), sur le bord du grand fleuve Saint-Laurent, sur vingt lieues (environ 64,96 km) en profondeur dans les terres». Ce vaste territoire comprenait approximativement au front sud toute l'étendue entre la rivière des Trois-Rivières et la rivière Batiscan. La profondeur de cette concession était imprécise. L'acte de 1639 concédait aux Jésuites une partie de ce grand territoire pour y établir la Seigneurie de Batiscan.

Concession aux Jésuites en 1639

Le territoire de la seigneurie de Batiscan a été concédé aux Jésuites par un acte notarié du , par leur protecteur de France, « Messire Jacques de La Ferté prestre, conseiller, aumosnier ordinaire du Roy, abbé de Ste Magdeleine de Châteaudun, chantre et chanoine de la Sainte Chapelle du Palais Royal à Paris»[5].

Ce contrat de concession, paraphé devant Hervé Bergeron et Hyerosme Cousin, notaires au Chatelet de Paris, stipulait « un espace de terre qui est depuis la rivière Batiscan jusques à la rivière Champlain, quart de lieue[6]au-deça et quart de lieu au-delà… pour en jouir en plein fief foy et hommage, haute, moyenne et basse justice… et lorsque le dit espace de terre sera cultivé seront tenus lesdits Pères de donner au dit sieur abbé et ses héritiers une croix d’argent de valeur de soixante sols tournois et de vingt ans en vingt ans pour reconnaissance, sans qu’iceux Pères puissent estre reçus à sa foy et hommage pour le dit fief si elle est deus au dit seigneur, attendu qu’il ne peut faire qu’il n’y a personne dans ce pays pour satisfaire pour le dit sieur de la Madeleine… »

Déjà établis à Trois-Rivières depuis 1634, les Jésuites étaient familiers avec le territoire de la Basse-Batiscanie (surtout en bordure du fleuve), notamment le site de Champlain où les missionnaires jésuites côtoyaient des amérindiens qui y étaient établis. En obtenant la concession de cette seigneurie, les Jésuites avait à priori un objectif d'évangélisation des amérindiens.

Affairés à leur mission apostolique de Trois-Rivières, craignant les attaques iroquoises, et en manque de ressources, les Jésuites retardèrent la mise en exploitation de la Seigneurie de Batiscan. En 1651, Jésuites se firent concéder la Seigneurie du Cap-de-la-Madeleine qui s’est peuplée rapidement, étant à proximité de Trois-Rivières. Ainsi, les Jésuites se prétendaient en droit d'exploiter la rive nord du Fleuve entre la rivière de Trois-Rivières et la Batiscan. Toutefois, leurs droits sur le territoire de la future Seigneurie de Champlain a été rétrocédé au domaine du Roy par décret de 1663, n'ayant point encore été exploité.

Compte tenu de la rétrocession de 1663 d'une partie de leurs droits territoriaux et la concession de nombreux petits fiefs sur la rive nord du fleuve, les Jésuites se voyaient à risque de perdre leur droit d’exploitation de la seigneurie de Batiscan. Dans ces circonstances, les Jésuites mandatèrent le frère coadjuteur François Malherbe de prendre officiellement possession, de la seigneurie de Batiscan, en paraphant un acte avec le notaire Laurent du Portail, procureur fiscal des Jésuites au Cap-de-la-Madeleine, et en délimitant le territoire.

Le dit acte notarié fait un rappel du contrat de concession du accordé aux Jésuites et définit plus précisément le territoire de la seigneurie. Le rédacteur de l'acte écrit « s’être transporté sur ledit lieu avec le sieur Saule (sic) Boivin lequel, en notre présence, a arpenté les dites terres et autour d’ycelles coupé de gros arbres et borné en d’autres arbres de grandes Croix faites le long d’iceux avec des haches… Et à l’égard du Frère Malherbe, a fait plusieurs bons actes de possession, arrachant des herbes et jetant des pierres, enfin ainsi qu’un vrai possesseur a accoutumé de faire. Et dont et de tout ce que dessus il nous a requis acte que nous lui avons octroyé pour lui servir et valoir ainsi que de raison… » Guillaume de La Rue et Adrien Guillot, deux citoyens du Cap, furent les témoins à l'acte[7].

Dans le Bas-Canada, le régime seigneurial a été aboli le .

Seigneurie de Champlain

La Seigneurie de Champlain, connexe à l'ouest à la Seigneurie de Batiscan, a été concédée le et le nouveau seigneur Pézard de La Touche érigea aussitôt un manoir seigneurial, sur la pointe située à l’embouchure de la rivière Champlain. Il fait aussi construire une petite chapelle pour desservir plusieurs familles de colons déjà établis dans ce secteur. Le seigneur des terres désignés "Latouche Champlain", Estienne Pezard s'attribue en 1664 les droits sur deux domaines et concède 34 lots de terres en 1664 et 1665[8].

Tremblement de terre de 1663

Selon des comptes rendus du terrible tremblement de terre du , des amérindiens et quelques français vivaient alors dans la Seigneurie de Batiscan. Ce tremblement de terre aurait modifié significativement le relief dans la Batiscanie notamment la disparition de saults dans la rivière Batiscan, l'émergence de nouveaux rochers, l'aplanissement de certaines montagnes, des fissures majeures dans le sol[9]...

Le fonds d'archives de la seigneurie de Batiscan 1677-1823 est conservé au centre d'archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec[10].

Concessions aux censitaires

Notes et références

Annexes

Related Articles

Wikiwand AI