Communauté française du renseignement

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La communauté française du renseignement, terme apparu dans les années 2000, désigne les dix services de renseignement des Forces armées et du Gouvernement français :

S'y ajoutent le coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme, l’Académie du renseignement et l’inspection des services de renseignement (ISR).

En 2025, la communauté nationale du renseignement compte 13 entités membres (cf. ci-dessus) et 20 000 agents (civils et militaires hors service Action) : une mobilité d'agents entre services existe[1],[2].

Historique de la notion

L'expression « Communauté du renseignement » est apparue au tournant du XXIe siècle, dans les milieux diplomatiques et militaires français.

Un arrêté de 2011[3], puis un décret de 2014 établissent la liste nominative des six services spécialisés de renseignement qui composent la communauté française du renseignement[4].

Dans la continuité de la loi du 24 juillet 2015 relative au renseignement, l’article R811-1 du code de la sécurité intérieure est créé par décret. Officialisée en 2017, cet article lie les six services spécialisés de renseignement sous l’expression « communauté française du renseignement »[5]. Cette communauté compte désormais, en plus des services, la coordination nationale du renseignement et de la lutte contre le terrorisme (CNRLT), l'Académie du renseignement et l'ISR[6].

La stratégie nationale du renseignement de janvier 2025[2], du préfet Pascal Mailhos, coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme, intègre de fait l'ensemble des services de renseignement à la communauté nationale du renseignement.

Cadre juridique

De par la nature, souvent secrète des activités de renseignement, comme dans beaucoup d'autres états de droit[7], ce cadre est longtemps resté flou.

Selon le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale 2008[8],[9] : « Les activités de renseignement ne disposent pas aujourd’hui d’un cadre juridique clair et suffisant. Cette lacune doit être comblée ». Un cadre plus clair permettrait de sortir de « l’opacité qui entoure les services dits « secrets » et qui tend à inquiéter davantage qu’elle ne rassure, même si les raisons en sont comprises »[10].

Mais rappelle un rapport parlementaire de 2013, légiférer en la matière implique de d'abord (re)définir la philosophie qui doit sous-tendre les éventuels ajustements à opérer puisque, dans le domaine qui nous occupe ici, les sociétés sont confrontées à deux exigences contradictoires :

  • « d’un côté, la singularité des services et de leurs activités justifie que les règles classiques de la responsabilité démocratique soient aménagées »,
  • « et de l’autre, le contrôle de leur bon fonctionnement n’est concevable que dans la mesure où l’on s’applique à déterminer avec précision les missions qui leur revient de remplir et les moyens nécessaires pour qu’ils les exécutent dans des conditions optimales ».

Moyens

Si les moyens du renseignement extérieur français sont en hausse continue depuis 2010 (+ 53 % pour un total de 816,8 millions d’euros de crédits de paiement en 2020), les moyens humains et financiers sont « relativement limités par rapport à ceux de pays comparables » comme l'Allemagne et le Royaume-Uni[11].

Les services de renseignement et le Groupement interministériel de contrôle (GIC) peuvent recourir aux fonds spéciaux.

Composition

Organigramme de la communauté française du renseignement (premier cercle et entités transverses)[12].

Services spécialisés dits du « premier cercle »

Les services spécialisés de renseignement sont[6] :

Autres services dits du « second cercle »

Entités transverses

En plus des services spécialisés et des autres services, les entités suivantes font partie de la communauté nationale du renseignement[6] :

  • la CNRLT et en son sein le centre national de contre-terrorisme, placés auprès du président de la République et sous l'autorité du coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme,
  • l'Académie du renseignement, service à compétence nationale, membre de l'Académie de défense de l’École militaire (ACADEM),
  • l'ISR.

Services connexes

Même s'ils ne font partie de la communauté nationale du renseignement, nous pouvons associer les services suivants qui effectuent des activités de support au renseignement ou de partenariat institutionnel :

Au niveau européen, la communauté nationale du renseignement est associée au Collège du renseignement en Europe.

Orientation et contrôle des services de renseignement

Outre un contrôle hiérarchique essentiellement interne, il relève depuis longtemps essentiellement du pouvoir exécutif[15].

Les services appliquent la règle du « tiers service » : qui dit qu'un service ne partage son renseignement qu'à un saut.

De nouvelles questions éthiques et juridiques se posent depuis la fin supposée de la guerre froide et depuis le début du XXIe siècle, en raison notamment de l'explosion de l'Internet, du smartphone et l'accélération de la mondialisation[15].

Dans ce contexte, en France comme ailleurs, de nouveaux services sont apparus et d’autres se sont restructurés, au sein d'une architecture et d'une politique publique du renseignement déjà très complexe, et pour partie nécessairement secrète[15].

Depuis 2006, plusieurs lois ont accru le pouvoir de ces services, ce qui leur permet aussi potentiellement de porter atteinte à plus large échelle à plusieurs droits et libertés fondamentaux (droits et libertés théoriquement juridiquement hautement protégés sur les plans législatif, constitutionnel, international et européen)[15].

Des révélations (dont celles de l'américain Edward Snowden) et divers scandales dont le scandale Facebook-Cambridge Analytica/AggregateIQ ont montré qu'il est devenu facile pour un État ou une entreprise privée d'acquérir ou de voler, à grande échelle des données et/ou de profiler des millions de personnes, rien que par les traces numériques et métadonnées données de connexion qu'elles créent sur l'Internet et les réseaux téléphoniques.

Le Parlement français, notamment soumis à une demande croissante de transparence démocratique et de l'action publique, a souhaité préciser et compléter le cadrage du renseignement, et adapter les moyens de contrôle de l'activité des services chargés du renseignement. Il l'a fait via des institutions spécifiques (CNCTR…) et une certaine possibilité d'intervention du juge administratif (compétent en matière de renseignement), dans le respect de juridictions nationales et européennes permettant un certain contrôle du renseignement[15].

Musées

Notes et références

Voir aussi

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