Délégation parlementaire au renseignement
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La délégation parlementaire au renseignement (DPR) est une délégation parlementaire commune, créée en , rattachée un an sur deux à l'Assemblée nationale ou au Sénat français.
Sénat
Histoire
| Origine | Loi no 2007-1443 du portant création d’une délégation parlementaire au renseignement |
|---|---|
| Création |
Cadre
| Chambres |
Assemblée nationale Sénat |
|---|---|
| Type | Délégation parlementaire |
| Composition | 8 membres (4 députés et 4 sénateurs) |
Bureau
| Président |
Muriel Jourda (REP) Depuis le |
|---|---|
| Premier vice-président |
Florent Boudié (EPR) Depuis le |
| Vice-président |
Gisèle Jourda (SER) Depuis le |
Elle exerce le contrôle de services de renseignement (direction générale de la Sécurité extérieure, direction générale de la Sécurité intérieure et direction du Renseignement militaire) et elle évalue les politiques publiques de la France en matière de renseignement. Dans le cadre de ses travaux, la délégation peut entendre le Premier ministre, les ministres chargés de l'Intérieur et des Armées, ainsi que les directeurs de tous les services de renseignement. Ses travaux ne peuvent en revanche pas porter sur des opérations en cours ou sur des informations qui pourraient mettre en péril l'anonymat ou la vie d'une personne. Elle est composée de huit parlementaires : quatre députés et quatre sénateurs. Contrairement aux autres commissions parlementaires, elle n'est jamais filmée. Ses travaux sont couverts par le secret de la défense nationale. Elle ne peut solliciter directement l'inspection des services de renseignement.
Historique
La délégation parlementaire au renseignement a été créée par la loi no 2007-1443 du portant création d'une délégation parlementaire au renseignement. Elle avait alors pour vocation de « suivre l'activité générale et les moyens des services de renseignement », à l'instar des comités parlementaires américains créés dans les années .
En , à l'occasion de la loi de programmation militaire - parue le [1], ainsi que le souhaitait le nouveau président de la République de l'époque, François Hollande, elle a vu ses prérogatives s'élargir considérablement au point d'être maintenant chargée du « contrôle parlementaire de l'action du Gouvernement en matière de renseignement » et de l'évaluation de la politique publique en ce domaine.
Mission
Elle exerce le contrôle parlementaire de l'action du Gouvernement en matière de renseignement et évalue la politique publique en ce domaine[2].
Elle est destinataire des informations suivantes[2] :
- la stratégie nationale du renseignement ;
- des éléments d'information issus du plan national d'orientation du renseignement ;
- un rapport annuel de synthèse exhaustif des crédits consacrés au renseignement et le rapport annuel d'activité des services spécialisés de renseignement désignés par décret ;
- des éléments d'appréciation relatifs à l'activité générale et à l'organisation des services spécialisés de renseignement.
En outre, la délégation peut solliciter du Premier ministre la communication des rapports de l'inspection des services de renseignement ainsi que des rapports des services d'inspection générale des ministères portant sur les services de renseignement qui relèvent de leur compétence[2].
Ces informations ne peuvent porter ni sur les opérations en cours de ces services, ni sur les instructions données par les pouvoirs publics à cet égard, ni sur les procédures et méthodes opérationnelles, ni sur les échanges avec des services étrangers ou avec des organismes internationaux compétents dans le domaine du renseignement[2].
Travaux
La délégation peut entendre le Premier ministre, les ministres compétents, le secrétaire général de la Défense et de la Sécurité nationale, le coordonnateur du renseignement et de la lutte contre le terrorisme, le directeur de l'Académie du renseignement ainsi que les directeurs en fonction des services spécialisés de la communauté nationale du renseignement. Les directeurs de ces services peuvent se faire accompagner des collaborateurs de leur choix en fonction de l'ordre du jour de la délégation. La délégation peut également entendre les directeurs des autres administrations centrales ayant à connaître des activités des services spécialisés de renseignement[2].
Elle peut inviter les présidents de la Commission du secret de la défense nationale et de la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement à lui présenter les rapports d'activité de ces commissions[2].
Les membres de la délégation sont autorisés à connaître des informations ou des éléments d'appréciation définis au I et protégés au titre de l'article 413-9 du code pénal, à l'exclusion des données dont la communication pourrait mettre en péril l'anonymat, la sécurité ou la vie d'une personne relevant ou non des services intéressés, ainsi que les modes opératoires propres à l'acquisition du renseignement. Chaque année, la délégation établit un rapport public dressant le bilan de son activité, qui ne peut faire état d'aucune information ni d'aucun élément d'appréciation protégés par le secret de la défense nationale[2].
Les travaux de la délégation parlementaire au renseignement sont couverts par le secret de la Défense nationale[2]. La délégation peut adresser des recommandations et des observations au président de la République et au Premier ministre. Elle les transmet au président de chaque assemblée (président de l'Assemblée nationale et président du Sénat)[2].
En conclusion de son rapport public pour l'année 2025[3] la délégation indique qu'elles sont les orientations qu'elle estime nécessaires : "Face à la vitesse des évolutions technologiques, la communauté du renseignement doit se mettre en ordre de marche pour éviter le décrochage. Cela concerne principalement les domaines tels que l’intelligence artificielle, le quantique mais aussi du secteur spatial, de plus en plus stratégique. La France doit investir dans des capacités souveraines qu’il s’agisse des systèmes de sécurité et d’information, de programmes capacitaires, de renseignement en sources ouvertes (OSINT). Mais la technologie n’est pas tout ; la communauté du renseignement repose des femmes et des hommes, ce qui rend nécessaire de renforcer l’attractivité des métiers du renseignement, dans un contexte de forte concurrence avec le secteur privé".
Organisation
Structure
La délégation parlementaire au renseignement est composée de quatre députés et de quatre sénateurs :
- les présidents des commissions permanentes de l'Assemblée nationale et du Sénat chargées respectivement des affaires de sécurité intérieure (c'est-à-dire les commissions des Lois et de Défense) sont membres de droit de la délégation parlementaire au renseignement[2] ;
- les deux députés qui ne sont pas membres de droit sont désignés au début de chaque législature et pour la durée de celle-ci ;
- les deux sénateurs sont désignés après chaque renouvellement partiel du Sénat[2].
La fonction de président de la délégation est assurée alternativement, pour un an, par un député ou un sénateur, membres de droit. Les autres membres de la délégation sont désignés par le président de chaque assemblée de manière à assurer une représentation pluraliste[2].
Les membres de la délégation et les agents des assemblées mentionnés sont astreints au respect du secret de la défense nationale pour les faits, actes ou du renseignement dont ils ont pu avoir connaissance en ces qualités[2].
Bureau
Le bureau de la délégation parlementaire au renseignement se compose du président, du premier et du second vice-président. Avant 2015, ce dernier poste le simple titre de vice-président.