Shahin Hazamy
influenceur franco-iranien
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Shahin Hazamy, né le dans le 20ᵉ arrondissement de Paris est un journaliste indépendant et influenceur franco-iranien. Il se fait connaître pour ses reportages consacrés aux quartiers populaires et pour ses contenus portant sur le Moyen-Orient, en particulier la situation en Palestine. Il est accusé d'être un agent d'influence de l'Iran et fait l'objet d’une poursuite pour « apologie du terrorisme » devant le tribunal correctionnel de Bobigny.
20e arrondissement de Paris (France)
| Shahin Hazamy | |
| Nom de naissance | Shahin Hazamy |
|---|---|
| Naissance | 20e arrondissement de Paris (France) |
| Nationalité | française, iranienne |
| Profession | Journaliste indépendant |
| Spécialité | Politique, fait divers |
| Médias actuels | |
| Média | Réseaux sociaux |
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Biographie
Shahin Hazamy naît le dans le 20e arrondissement de Paris[1], d’un père iranien et d’une mère algérienne. Il grandit à Cergy, dans le Val-d’Oise[2]. Il se présente publiquement comme issu de la banlieue et fait régulièrement référence à cet environnement dans ses prises de parole et ses activités[3].
Après l’obtention de son baccalauréat professionnel, il interrompt ses études pour travailler et lancer plusieurs projets entrepreneuriaux, notamment une société de transport et la marque de prêt-à-porter Banlieue Ghetto Cité, inspirée par sa passion pour la photographie[4].
À partir de la fin des années 2010, il s’implique également dans des actions de solidarité en région parisienne, notamment à travers l’organisation de maraudes à destination de personnes sans domicile[3].
Carrière d'influenceur
Shahin Hazamy, qui se fait connaître comme influenceur sur les réseaux sociaux, est surnommé « ghetto reporter », couvrant quotidiennement la vie des quartiers populaires et dénonçant les violences policières. Il s’appuie sur son expérience personnelle et ses réseaux locaux pour documenter des événements et témoignages avec un regard de proximité, souvent depuis l’intérieur des situations. Ses reportages incluent la participation à des manifestations, la couverture d’agressions et la mise en lumière d’injustices subies par les habitants des quartiers[4],[5].
Affaire Débora de Garges-lès-Gonesse (2020)
En , Shahin Hazamy diffuse sur Instagram une interview d’une femme enceinte interpellée par la police à Garges-lès-Gonesse lors d’un contrôle lié au port du masque. La jeune femme affirme avoir été violemment bousculée lors de l’interpellation, avant d’être placée en garde à vue[6],[7].
Selon son témoignage, relayé par Shahin Hazamy, elle est hospitalisée dans les jours suivants et perd son enfant deux semaines plus tard. L’affaire, largement relayée sur les réseaux sociaux, suscite des réactions et des débats autour des violences policières et de leurs conséquences[8],[6].
Publication des propos homophobes d'un policier lors d’un contrôle de police à Paris (2021)
En , une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre un policier tenant à plusieurs reprises des propos homophobes lors d’un contrôle dans le 18ᵉ arrondissement de Paris. La vidéo est publiée sur Instagram par Shahin Hazamy, qui indique l’avoir reçue d’un témoin ayant filmé la scène[9],[10].
À la suite de cette diffusion, le parquet de Paris ouvre une enquête pénale pour injure publique à caractère homophobe, confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Une enquête administrative est également diligentée, et plusieurs associations annoncent le dépôt de plaintes[10].
Interpellation à Cergy (avril 2021)
En , Shahin Hazamy est interpellé par une patrouille de police à Cergy alors qu’il se rend chez des membres de sa famille. La scène est partiellement filmée par des voisins et diffusée sur son compte Instagram, où elle est partagée par plusieurs centaines d’internautes[11]. À la suite de ce contrôle, il est placé en garde à vue pour des faits initialement qualifiés de menace, incitation à la rébellion et actes d’intimidation, dont certaines charges sont ultérieurement abandonnées[5],[12].
Carrière d'entrepreneur
Shahin Prestige Driver (2017-2024)
Parallèlement à ses engagements sociaux, Shahin Hazamy est gérant d’une société de transport de personnes, créée en 2017, spécialisée dans l’activité de véhicule de tourisme avec chauffeur (VTC)[2].
Selon les registres administratifs, l’entreprise est placée en liquidation judiciaire par jugement du tribunal de commerce de Pontoise le . La procédure est ensuite clôturée pour insuffisance d’actif le , date à laquelle la société est radiée du registre du commerce et des sociétés[13].
Banlieue Ghetto Cité
Il est également le fondateur de la marque de prêt-à-porter Banlieue Ghetto Cité, qui exploite sa passion pour la photographie afin de créer des vêtements mettant en valeur les habitants des quartiers populaires[4],[5].
Activités philanthropiques
À partir de , Shahin Hazamy organise, avec des jeunes de son quartier, des maraudes destinées à venir en aide aux personnes sans domicile en région parisienne, notamment à Paris[14]. Ces actions reposent sur une organisation collective incluant la collecte de fonds, l’achat de denrées, la préparation de repas et leur distribution lors de sorties nocturnes[3],[15].
Selon plusieurs reportages, ces maraudes visent à la fois à répondre à des besoins matériels (nourriture, vêtements, couvertures) et à créer du lien social avec les personnes rencontrées[16]. Shahin Hazamy indique également vouloir, à travers ces initiatives, « donner une image positive » des jeunes issus des quartiers populaires[15].
En , il relaie sur les réseaux sociaux une cagnotte en ligne destinée à venir en aide à un sans-abri fixe de 53 ans atteint d’un cancer, rencontré lors de maraudes à proximité du canal Saint-Martin. En moins d’une semaine, plus de 7 000 euros sont collectés, permettant notamment de financer un hébergement temporaire et une prise en charge médicale, sous la gestion d’une association d’aide aux personnes sans-abri[17]. Dans le cadre de ses actions sociales, il met également en avant la formation et l’entrepreneuriat pour les jeunes, en finançant la création de vêtements par des participants aux maraudes et en les initiant à la photographie et au journalisme citoyen[4].
Engagements et prises de positions
Soutiens aux mollahs
Soutien direct
Shahin Hazami est dénoncé par Nora Bussigny comme un agent d'influence lié aux réseaux de la République islamique d'Iran. Sur ses réseaux sociaux, il apporte un soutien concret à cette dernière, « mais aussi à d'autres organisations terroristes comme le Hamas ou le Hezbollah ». La journaliste déclare qu'il « n’en finit pas d’indigner la diaspora iranienne sur les réseaux sociaux ». En , à l’occasion d’un de ses allers-retours au cœur de la « Mollarchie », il poste des photos de missiles balistiques iraniens qu'il était venu découvrir « dans une visite guidée particulièrement intimiste en Iran[18] ». Il a également été présent à des événements au ministère des Affaires étrangères de l'Iran à Téhéran, ainsi qu’à des rassemblements impliquant des miliciens du Bassij[19],[20].
En , après l’arrestation de l’étudiante iranienne Ahou Daryaei à l’université de Téhéran, Hazamy reprend pour son public francophone la version défendue par les autorités iraniennes, décrivant son geste comme « l’acte d’une jeune femme souffrant de troubles mentaux » et « une opération psychologique [...] à la veille d’une riposte iranienne contre l’entité sioniste »[18].
Il participe également à des manifestations à Paris décrites par certains commentateurs comme favorables au régime iranien, lors desquelles il tient des propos présentés comme un soutien aux autorités iraniennes[21].
Relations avec l’Iran et ses alliés
Le , à la veille des funérailles de Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah de 1992 à 2024, il écrit sur Telegram : « Cette journée s'annonce historique pour le Liban et toute la région, avec l'hommage rendu à l'un des leaders les plus influents de la résistance dans le monde arabe et islamique. Merci de laisser un message pour Seyyed en commentaire du post Instagram ». Le , il se rend à Beyrouth et assiste aux funérailles de Nasrallah, qu’il relaie ensuite sur ses comptes en ligne[18]. Le , il publie une photographie prise près de la frontière entre Israël et le Liban accompagnée du message : « Nous danserons sous le ciel libéré (…) ce jour viendra »[22].
Le , il apparaît au ministère iranien des Affaires étrangères aux côtés de Kémi Séba, militant franco-béninois et figure du panafricanisme radical, connu pour ses prises de position critiques envers les institutions occidentales et la politique française en Afrique. Il est condamné à plusieurs reprises en France, notamment pour provocation à la haine raciale. Il est également déchu de sa nationalité française en 2024. En , Shahin Hazamy diffuse depuis Téhéran et Qom, ville sainte du chiisme iranien, plusieurs photographies et vidéos de son séjour en Iran, dont certaines montrant des missiles balistiques iraniens. Il accompagne ces images d’un commentaire indiquant que, lors de la « deuxième riposte iranienne », certains missiles auraient été utilisés contre des bases aériennes israéliennes, notamment celle de Nevatim, tandis que d’autres auraient servi à neutraliser des systèmes de défense antiaérienne[18],[22].
En 2025, Shahin Hazamy relaye sur ses réseaux sociaux la situation de Mahdieh Esfandiari après son arrestation en France pour « apologie du terrorisme »[18],[23]. Il affirme que la traductrice iranienne avait été interpellée après avoir publié des messages dénonçant le génocide à Gaza, suggérant que sa détention révélait une tendance à criminaliser la solidarité avec les Palestiniens dans les pays occidentaux[24]. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères ayant décrit Mahdieh Esfandiari comme une militante respectée, Le Point commente : « Dans la bouche d'un responsable iranien, cette explication indique habituellement que la victime est une partisane de la République islamique[24] ». Hazamy décrit l’affaire comme un « tournant inquiétant » et une intensification des mesures répressives contre celles et ceux qui s’élèvent contre les violences en cours à Gaza et dénoncent ce qu’il considère comme des crimes contre le peuple palestinien[24].
Soutiens au Hamas
Shahin Hazamy couvre des événements internationaux liés au Moyen-Orient, en particulier la guerre de Gaza et au Liban, ainsi qu'en France, des manifestations, des rassemblements ou cérémonies de soutien au Hamas impliquant des organisations considérées comme proches[25].
Hormis son soutien à Gala Al-Qods organisé à l’occasion du Jour d’Al-Quds instauré par l’ayatollah Rouhollah Khomeini[26], il participe à des webinaires et conférences en ligne aux côtés de responsables politiques français, notamment de La France insoumise, ainsi qu’à des actions militantes ou symboliques, dont certaines ont été médiatisées, comme le jet de faux sang sur la façade de Sciences Po Paris[27]. Parmi ces prises de parole figure un séminaire consacré à Gaza auquel il intervient aux côtés du député LFI Carlos Martens Bilongo[21].
Selon Nora Bussigny dans son ouvrage Les nouveaux antisémites, Shahin Hazamy présente le soutien au Hamas à une partie de la jeunesse des quartiers populaires, comme un prolongement de leurs propres luttes. En traçant un parallèle entre la situation à Gaza et les difficultés vécues dans les banlieues françaises (discriminations, sentiment d'exclusion), ces militants créent une identité de « victimisation commune »[28].
Procédure pénale pour apologie du terrorisme
Shahin Hazamy fait l’objet de procédures judiciaires en France. Il est poursuivi devant le tribunal correctionnel de Bobigny pour « apologie du terrorisme par un moyen de communication en ligne en public », en lien avec un message publié le , jour d’une attaque du Hamas contre Israël[29],[30]. Interrogée par la commission d'enquête sur les liens existants entre les représentants de mouvements politiques et des organisations et réseaux soutenant l'action terroriste ou propageant l'idéologie islamiste, la journaliste Nora Bussigny indique :
« Il a exprimé à de nombreuses reprises, publiquement et sur ses réseaux sociaux suivis par un public très jeune, son soutien explicite à la lutte armée. Cette année, il a [ainsi] promu à Villeneuve‑Saint-Georges un événement intitulé Gala Al-Qods, en référence au Jour d’Al-Qods, une journée internationale instaurée par l’Ayatollah Khomeini et consacrée à la « cause palestinienne ». L’objectif poursuivi par l’Ayatollah était d’appeler l’ensemble des musulmans du monde et tous les États islamiques à s’unir pour, selon ses termes, « couper les mains du régime occupant d’Al-Qods et de ceux qui les protègent[26] » ».
L’infraction en droit français est passible de cinq ans de prison et de 75 000 euros d’amende[19]. Le , il est interpellé à son domicile en région parisienne, perquisitionné et voit son matériel de travail saisi[31],[29],[32]. D’après un arrêté conjoint du ministère français de l’Intérieur et du ministère de l’Économie et des Finances, ses fonds et ressources économiques sont soumis à une mesure de gel d’une durée de six mois autorisée en matière de terrorisme, aux affaires d’ingérences étrangères, en application des articles L. 562‑2 et suivants du code monétaire et financier qui définit la notion d’acte d’ingérence comme un :
« agissement commis directement ou indirectement à la demande ou pour le compte d’une puissance étrangère et ayant pour objet ou pour effet, par tout moyen, y compris par la communication d’informations fausses ou inexactes, de porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation, au fonctionnement ou à l’intégrité de ses infrastructures essentielles ou au fonctionnement régulier de ses institutions démocratiques »[33].
Cette mesure interdit leur mise à disposition ou leur utilisation directe ou indirecte[1].