Shetland (mouton)

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RégionDrapeau de l'Écosse Écosse
Toisonblanche, brune et noire
Statut FAO (conservation)Non menacéVoir et modifier les données sur Wikidata
Shetland
Jeune bélier Shetland « Moorit », de la couleur brune commune à la race
Jeune bélier Shetland « Moorit », de la couleur brune commune à la race
Région d’origine
Région Drapeau de l'Écosse Écosse
Caractéristiques
Toison blanche, brune et noire
Statut FAO (conservation) Non menacéVoir et modifier les données sur Wikidata
Autre
Utilisation Viande d'agneau, laine et pâturage

Le mouton Shetland est une race ovine de petite taille originaire de l'archipel des Shetland en Écosse, et présente actuellement dans de nombreuses autres régions du monde. Il fait partie du groupe des moutons d'Europe du nord à queue courte, et est étroitement affilié à la race éteinte des Scottish Dunface (en). Le mouton Shetland est classé comme race naturelle, c'est-à-dire non modifiée par l'action de l'homme[1]. Cette race est essentiellement élevée pour sa laine très fine qui en fait la renommée, mais elle est également prisée pour sa viande, ainsi que pour l'entretien des prairies naturelles[2].

Bien que les moutons Shetland soient de petite taille et de croissance lente par rapport aux races commerciales, ils sont robustes, économes, faciles à l'agnelage et pour l'adaptation, et de longue espérance de vie. Cette race a survécu pendant des siècles à des conditions de vie difficiles et à une alimentation pauvre. Mais elle prospère également dans de meilleures conditions d'élevage, tout en conservant une grande partie de ses instincts de survie primitifs, de sorte qu'elle est réputée plus facile à élever que de nombreuses races modernes.

Conservation de la race

Jusqu'à l'âge du fer, les moutons des îles britanniques et des autres régions de l'Europe septentrionale et occidentale étaient de petite taille, à queue courte, à cornes uniquement chez les mâles, et de couleurs variables. Les moutons à queue courte ont progressivement été remplacés sur ces terres par ceux à longue queue, et relégués dans des zones géographiques moins accessibles[3]. Ces races comprenaient le Scottish Dunface qui, jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, a constitué le principal type de moutons dans les Highlands et les îles d'Écosse, y compris les Orcades et les Shetland[4]. Le Dunface a disparu du territoire principal de l'Écosse à la fin du XIXe siècle[5], ne laissant de descendants que dans quelques îles seulement, y compris les Shetland. Le type Shetland est considéré comme distinct du Dunface au moins depuis le début du XIXe siècle[4].

Brebis Shetland paissant sur les landes : ce type « à tête de blaireau » est appelé « katmoget ».

Au début du XXe siècle, la race Shetland est perçue comme menacée par les croisements, conduisant à une baisse de la qualité de la laine. Pour lutter contre cela, la « Shetland Flock Book Society » est créée en 1927, et demeure actuellement l'organisme chargé de la protection des moutons sur leurs îles d'origine[6].

Au moment où le Rare Breeds Survival Trust (RBST) est fondé en 1973, la race Shetland est devenue rare. Elle est inscrite en 1977 comme « Catégorie 2 », soit « en voie de disparition » sur la liste de surveillance des espèces de la RBST. La race connaît ensuite un regain de popularité auprès des petits exploitants, notamment en raison de la qualité de sa laine. Retirée de la liste de surveillance de la RBST depuis 2002, elle est désormais classée « Catégorie 6 », soit parmi les « autres races indigènes », et comptait en 2011 une population au Royaume-Uni de plus de 2200 têtes[6]. Sur le territoire principal de l'Écosse, la surveillance de la race est désormais confiée à la Shetland Sheep Society[7].

De nos jours, les moutons Shetland sont principalement élevés dans les îles Shetland. Cela est dû à leur capacité à survivre sur des terres infertiles qui seraient autrement inutiles d'un point de vue agricole[8]. Leur tempérament calme est aussi pour beaucoup dans le maintien de leur race[9]. Ils sont le plus souvent élevés pour leur laine très prisée, mais ils peuvent aussi l'être pour leur viande[10].

Exportation et histoire en dehors des îles Shetland

Le bélier de Jefferson

Un des plus célèbres moutons Shetland est le bélier que le président des États-Unis Thomas Jefferson reçoit en 1807 et conserve pendant plusieurs années au début du XIXe siècle[8]. Jefferson s'intéressait en effet vivement à l'élevage ovin pour la production de laine, et s'était progressivement constitué un troupeau d'une quarantaine de têtes des meilleures espèces, logé dans le Parc du Président en face de la Maison-Blanche à Washington. À la différence des moutons Shetland modernes (mais comme certaines races apparentées), ce bélier possédait quatre cornes (polycérate). Au printemps 1808, il charge plusieurs personnes qui avaient pris un raccourci par le square présidentiel : il en blesse certains et tue un petit garçon. Transféré dans le domaine privé de Jefferson à Monticello (Virginie) avec sa descendance, le bélier est finalement éliminé, après avoir encore tué plusieurs moutons. Jefferson écrit alors à son propos : « Cet abominable animal était généralement si dangereux que j'ai été obligé de le détruire[11]. » De tels béliers Shetland aussi agressifs restent cependant des exceptions[9].

En Amérique du Nord

En Amérique du Nord, le troupeau originel de moutons Shetland de Jefferson a disparu[12]. Ce n'est qu'au milieu du XXe siècle que cette race a été importée d'abord au Canada, puis du Canada vers les États-Unis dans les années 1980[13]. En 1991 a été établi un « Registre nord-américain du mouton Shetland » (North American Shetland Sheep Registry), et l'on compte désormais plusieurs milliers de têtes de cette race dans cette région du monde[12].

Caractéristiques de la race

Références

Annexes

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