Simon Harel

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À la fin des années 1970, Simon Harel poursuit des études de deuxième cycle à l’Université du Québec à Montréal. C’est au contact de professeurs comme Madeleine Gagnon qu’il développe un intérêt pour la psychanalyse, notamment par la fréquentation des œuvres de Catherine Clément, Jacques Lacan et René Major. À la suite de ses études montréalaises, il s'installe en France au début des années 1980 avec le projet de poursuivre des études de doctorat au Département de psychanalyse de l'Université de Vincennes. Il arrive toutefois à Vincennes quelques mois après la dissolution de l’École freudienne de Paris. Simon Harel complète alors un diplôme d’études approfondies (DEA) à l’Unité d’enseignement et de recherche de littérature française et comparée de l’Université Paris-VII avant d’y entreprendre, sous la direction de Julia Kristeva, des études doctorales en lettres. Sa thèse, déposée en 1986, s'intitule « L’écriture de la psychose dans les textes de Rodez d’Antonin Artaud ». L'intérêt de Simon Harel pour la psychanalyse croît tout au long de ses études universitaires. Ayant longtemps étudié les œuvres des psychanalystes français (dont Jacques Lacan, Serge Leclaire et René Major), c’est toutefois la psychanalyse anglaise qui le fascine, particulièrement la lecture que font les penseurs et écrivains français des théories de Melanie Klein, Wilfred Bion et Donald W. Winnicott.

De 1986 à 1988, Simon Harel complète, sous la direction de Régine Robin, un postdoctorat au Département de sociologie de l'UQAM. Il devient par la suite chercheur autonome, financé par les Fonds FCAR de 1988 à 1989, année où il est nommé professeur à l’UQAM. Au cours de ces années, il est  directeur scientifique et administratif d’un projet international de recherche sur « Les transferts culturels » sous l’égide du CIEC (Conseil international d’études canadiennes). Il est de plus associé de près  au projet Le soi et l’autre : l’énonciation de l’identité dans les contextes interculturels (2001-2006), financé par une subvention Grands travaux de recherche concertée du CRSH. À la fin des années 2000, Simon Harel est engagé à l'Université de Montréal aux titres de professeur titulaire et de directeur du département de littérature comparée.

En 2012, Simon  Harel obtient une subvention d’infrastructure dans le cadre du programme « Fonds des leaders » de la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI). Cette subvention lui permet de mettre sur pied le Laboratoire sur les récits du soi mobile, plate-forme d’envergure internationale qui rassemble chercheurs de pointe, praticiens dans le domaine des arts et des lettres ainsi qu’étudiants et post-doctorants.

Sa nomination à la Société royale du Canada, Académie des arts, des lettres et des sciences humaines, et l’octroi d’un Prix Trudeau[1] de la recherche ont couronné de nombreux travaux consacrés non seulement à la littérature migrante au Québec, mais aussi aux expressions du multiculturalisme et de l’interculturalité dans le domaine des lettres. Dans les années 1980, il  ouvre un nouveau champ de recherche en études littéraires et culturelles, étant l’un des premiers à préciser la singularité de l’expérience migratoire au Québec. Son ouvrage Le voleur de parcours[2], publié en 1989, Simon Harel remet en question une définition de la littérature québécoise conçue à partir de motifs identitaires d’appartenance et d’identité fondés sur une origine commune. Il fait valoir que la figure de l’étranger, entrevue comme passeur, doit permettre la rencontre des écritures migrantes et de la littérature québécoise. Près de trente ans plus tard, cet ouvrage est toujours reconnu comme l’un des livres les plus significatifs des années 1980 et 1990 dans le champ des études culturelles. En développant par la suite des appareils théoriques originaux pour traiter de l’écriture de l'altérité et de la relation qu’entretient l’individu face au territoire qu’il habite, Simon Harel accomplit un travail novateur dans le développement des études culturelles au Québec.

Champs de recherche

Simon Harel est le directeur de nombreuses équipes de recherche interdisciplinaires, nationales et internationales. Ses travaux[3] se situent dans le domaine des études culturelles, de la psychanalyse et de la littérature. Parmi ses domaines de recherche, signalons les formes contemporaines du récit de soi (autobiographie et autofiction); le multiculturalisme et l’interculturalité; la littérature québécoise contemporaine des communautés culturelles; la littérature française contemporaine; les relations entre psychanalyse et culture; les études culturelles; les théories du récit; les intersections des espaces psychique et géographique; les dialogues de l’architecture et de la littérature; les expressions de la méchanceté littéraire. Il est l’auteur de plus de quarante publications : des monographies (dont Été 65. Fictions du hobo qui paraîtra aux Éditions Nota bene en 2016 et Place à la littérature des Premières Nations à paraître en 2016 aux Éditions Mémoire d’encrier), des œuvres de fiction (dont une à paraître en 2016), des directions ou codirections de numéros de revue scientifique et 19 directions ou codirections d’ouvrages collectifs. Actif au Canada et à l’étranger, notamment en France et au Brésil où il poursuit des collaborations scientifiques de longue date. Simon Harel a publié plus de 150 chapitres de livre et articles dans des revues avec comité de lecture, en plus de présenter près de 400 communications et conférences au Canada et à l'étranger. Il a organisé près de 45 colloques et événements scientifiques en collaboration avec des collègues et en partenariat avec des organismes culturels et professionnels. Simon Harel a dirigé le Centre de recherche Cultures Arts Sociétés (CELAT) à l'UQÀM de 2001 à 2007 et assure depuis 1990 la direction de la collection «Théorie et littérature » aux Éditions XYZ[4]. Il dirige une nouvelle collection, « Récits et médias autochtones » aux Presses de l’Université de Montréal.

Le Laboratoire sur les Récits du Soi Mobile (LRSM)

Simon Harel fonde en 2012 Le Laboratoire sur les Récits du Soi Mobile (LRSM)[5] qui est une infrastructure de recherche universitaire financée par la Fondation canadienne pour l'innovation. Il se compose d’une unité mobile, un camion équipé avec des outils de captation audiovisuels et d’une plateforme fixe, un studio d’écriture visuelle à l'Université de Montréal qui accueille les chercheurs de différentes disciplines. Le Laboratoire sur les récits du soi mobile (LRSM) se veut un lieu de convergence médiatique et culturel où des chercheurs et partenaires travaillent avec des outils de captation audiovisuels pour cerner les réalités et les enjeux de l’espace – urbain, imaginaire, identitaire, interculturel et politique – qui circonscrivent et fédèrent l’ensemble des sciences humaines. Le Laboratoire sur les récits du soi mobile (LRSM) fait partie des infrastructures de recherche de la Faculté des arts et des sciences.

Prix et distinctions

  • 2009 - Membre de la Société royale du Canada
  • 2009 - Lauréat du prix Trudeau (2009-2012)
  • 2006 - Récipiendaire, au nom du CELAT, du prix ACCA Nelson Mandela[6] pour la diversité et l'inclusion décerné par l'Association des communautés culturelles et des artistes (ACCA) dans le cadre du Mois de l'Histoire des Noirs
  • 2006 - Finaliste pour le prix Victor-Barbeau de l’Académie des Lettres du Québec décerné au meilleur essai pour Les Passages obligés de l’écriture migrante
  • 2006 - Finaliste pour le prix Spirale Eva-Le-Grand du meilleur essai pour Braconnages identitaires. Un Québec palimpseste
  • 2004 - Inscription au Canadian Who's Who
  • 2002 - Finaliste pour le prix Victor-Barbeau de l’Académie des Lettres du Québec décerné au meilleur essai pour Un boîtier d’écriture. Les lieux dits de Michel Leiris
  • 1993 - Prix du Conseil des Arts de la Communauté urbaine de Montréal, catégorie littérature, décerné aux concepteurs du catalogue Antonin Artaud (Vice Versa : « Artaud », no 42, 1993).
  • 1992 - Prix Gabrielle-Roy décerné aux auteurs de Montréal imaginaire. Ville et Littérature, sous la direction de Pierre Nepveu et Gilles Marcotte, Fides, 1992, 424 p.

Publications

Liens externes

Notes

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