Simone Demangel
personnalité française de la résistance
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Simone Demangel, née Simone Hélène Claire Marie Louise Gillet le à Paris (6e arrondissement), et morte le à Castelnau-le-Lez (Hérault)[1], est une figure de la Résistance française[2].
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Simone Hélène Claire Marie Louise Gillet |
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René Doumic (grand-père) |
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Biographie
Simone Demangel est la fille de l'académicien Louis Gillet (1876-1943). Son grand-père maternel est René Doumic, académicien et ancien directeur de la Revue des Deux Mondes. Elle est la petite nièce de Max Doumic, architecte.
Ainée d'une fratrie de 6 enfants elle est la soeur de Louise Dominique Maroger, de François Gillet , de l'architecte Guillaume Gillet , de Jean Michel Gillet et de Jérôme Gillet.
Elle a été mariée à l'archéologue Robert Demangel (1891-1952), professeur à l’université de Montpellier puis directeur de l’École Française d’Athènes (1936-1950) dont elle a eu trois filles.
Simone Demangel était animée par un refus viscéral de l’injustice et de l’occupation. Lors de la seconde guerre mondiale, elle est l’une des nombreuses femmes résistantes, longtemps restées dans l’ombre, qui ont risqué leur vie pour la liberté. Dans le plus grand secret,et sous le nom de guerre "Pauline" elle cacha des réfugiés anti-nazis dont beaucoup de familles juives ainsi que des réfugiés voulant échapper au travail obligatoire en Allemagne. Avec la complicité d'un fonctionnaire, elle fabrique de faux papiers pour les faire passer en Espagne.Fin 1943, Simone-Thérèse Demangel est démasquée. La gestapo la recherche activement. Alertée par l’une de ses amies, elle envoie aussitôt ses filles chez leurs grands-parents à Paris et rejoint un maquis dans le secteur de Lodève, le maquis "Léon", un petit réseau très actif.L’historien et écrivain François Berriot s’est intéressé à la vie de Simone Demangel, alias "Pauline". Agente de liaison entre Montpellier et Clermont-l'Hérault, elle jouait un rôle de "facteur", transportait des instructions des chefs de réseaux en les cachant dans le guidon de sa bicyclette.En cas d'arrestation, c'est la déportation assurée.On ignore combien de familles son action dans la résistance a permis de sauver.
Tom Natan a remonté l'histoire et retrouvé la trace de la résistante. Grâce à "Pauline", son père et ses grands-parents - des juifs autrichiens réfugiés à l’époque près de Clermont-l'Hérault - ont échappé à la déportation et à une mort certaine.
La résistante a sauvé toute la famille en leur fournissant de faux papiers puis en les aidant à fuir de l’autre côté de l’Atlantique.
En 1945, elle est l’une des toutes premières femmes, avec Laure Moulin (sœur de Jean Moulin), Héloïse Brun-Dumesnil et Marguerite Labraque-Bordenave, à entrer au Conseil municipal de Montpellier, la seule à recevoir une délégation. En 1946, elle crée l’association Le Nid pour venir en aide aux anciennes prostituées et lutter contre les discriminations faites aux femmes. Elle s’est également investie auprès des plus démunis en faisant venir l’Abbé Pierre dans l’Hérault pour créer « Les Compagnons d’Emmaüs ».
Surnommée la "châtelaine d'Assas" ou la "chevalière d'Assas", elle est propriétaire du château d'Assas avec son mari à partir de 1949[3]. Le château appartient aujourd'hui à leurs héritiers.
Elle a joué un rôle clé dans la conservation et la préservation du château et a contribué à maintenir son patrimoine artistique, notamment en s'intéressant aux instruments de musique anciens, comme les clavecins, qui font partie de la collection du château.
Simone Demangel a ainsi largement contribué à l'héritage culturel du château d'Assas, et son nom est associé à la tradition musicale et historique du domaine. Son engagement pour la musique et le patrimoine culturel du château a permis à cet endroit de devenir un lieu de rencontre pour les passionnés de musique classique et baroque.
Le claveciniste américain Scott Ross a entretenu une relation étroite avec le Château d’Assas et son clavecin, qui débuta en 1967 à l’invitation de Simone Demangel. Il effectua là de nombreux et longs séjours, jouant l’instrument en concert et pour des enregistrements ; il choisit de s’installer en face du château, dans une maisonnette qu’il habita jusqu’à la fin de sa vie.
La Résistance
Simone Demangel, alias Pauline[4], est l'une des grandes figures de la Résistance héraultaise. Le projet de citation de son dossier de proposition pour la Médaille de la Résistance résume son parcours[5] :
« Magnifique exemple de patriotisme, de courage et d'esprit d'initiative. Entrée dans la Résistance dès la signature de l'armistice, a déployé toute son activité, au cours des années suivantes, pour l'hébergement des parachutistes, la garde de dépôts d'explosifs, l'aide aux Israélites et aux familles de Déportés et Fusillés. Elle a organisé le Service Social de la Résistance (zone sud). Arrêtée à différentes reprises par la Gestapo et la police de Vichy, recherchée activement, a poursuivi sa tâche malgré toutes les embûches. Elle a contribué également à la Libération de Montpellier et n'a pas cessé, depuis lors, de se dévouer en toutes circonstances ».
Simone Demangel assure les liaisons entre Montpellier et Lyon. Elle a été cheffe du service social FFI pour la région R3, puis lieutenant ayant commandé l'ex 28e unité de l'AFAT (Auxiliaires féminines de l'Armée de terre) de la XVIe région[6].
Recherchée par la Gestapo, elle gagne le Maquis Léon cantonné dans la région de Clermont-l'Hérault.
Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, elle reçoit la Légion d'honneur directement des mains du Général de Lattre de Tassigny[7]
Distinctions honorifiques et reconnaissances
Décorations militaires
Chevalier de la Légion d'honneur
Croix de guerre -
Médaille de la Résistance française avec rosette (décret du 24 avril 1946)[8].
Autres formes de reconnaissances et hommages
Une maison de retraite est baptisée en son nom à Montpellier : l'EHPAD Simone Demangel[9].
Sa biographie est mentionnée dans le dossier pédagogique réalisé par les Archives départementales de l'Hérault pour l'année scolaire 2017/2018[10].