Siège de Montmédy (1870)

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Date -
Issue Victoire prussienne
Siège de Montmédy
Description de cette image, également commentée ci-après
La citadelle de Montmédy, carte postale allemande de 1914
Informations générales
Date -
Lieu Montmédy (Meuse)
Issue Victoire prussienne
Belligérants
Drapeau de la confédération de l'Allemagne du Nord Confédération de l'Allemagne du Nord
Drapeau de la Prusse Royaume de Prusse
Drapeau du Royaume de Saxe Royaume de Saxe
Drapeau de la France République française
Commandants
Kraft de Hohenlohe-Ingelfingen
Georg von Kameke
Commandant Reboul Commandant Tessier
Pertes
inconnues 3 000 prisonniers
65 canons

Guerre franco-prussienne

Batailles

Coordonnées 49° 31′ 10″ nord, 5° 21′ 57″ est

Le siège de Montmédy est un épisode de la guerre franco-allemande de 1870. La petite place de Montmédy, dans la Meuse, est assiégée par l'armée de la coalition allemande. Défendue par le 57e régiment d'infanterie de ligne, la Garde nationale et des éléments d'autres unités, elle capitule le .

Citadelle de Montmédy - Ville haute.

En 1870, Montmédy est une petite ville de 3 000 habitants. La ville haute, c'est-à-dire la forteresse proprement dite, forme une plate-forme triangulaire entourée de bastions à 70 m au-dessus du niveau de la Chiers, affluent de la Meuse[1], soit 104 m au-dessus du niveau de la mer. La Chiers décrit une boucle qui constitue la première protection de la place. La ville basse est entourée d'un mur en moellons de faible valeur défensive[2], crénelé et haut de 6 m[3] tandis que la ville haute domine les abords par des pentes de roche ou de maçonnerie hautes de 20 à 25 m[4]. Une poterne barrée par des grilles, avec des positions de tir, relie la ville basse à la forteresse. Des ouvrages extérieurs couvrent le col de Tivoli et la gare de Montmédy. Les fortifications, construites par les Espagnols et remaniées par Vauban, sont de disposition médiocre et offrent peu de protection contre l'artillerie[5]. La place manque d'abris à l'épreuve des bombes, de magasins et de positions de tir bien protégés[6],[7]. Un cercle de hauteurs entoure Montmédy à une distance de 2,5 à 4 km des remparts, ce qui l'expose aux tirs de l'artillerie ennemie[8]

Située à 6 km de la frontière belge, Montmédy fait partie d'un ensemble de petites forteresses entre la Meuse et la Moselle. Trop petite pour abriter des forces importantes, elle sert néanmoins à verrouiller les communications du chemin de fer des Ardennes et de la route impériale n°47. La voie ferrée, à l'est de la gare, traverse un tunnel de 900 m de long dit « col de Tivoli »[9].

Début des hostilités

Le , trois jours avant la déclaration de guerre, la rumeur se répand qu'un corps de l'armée prussienne a franchi la frontière à Sierck-les-Bains, déclenchant un début de panique. Le commandant rassemble les habitants sur la place et prend les dispositions nécessaires[10].

La garnison, commandée par le chef de bataillon Reboul, se compose d'une compagnie du 57e régiment d'infanterie[11] et du 3e bataillon de garde nationale mobile du département de la Meuse. La garde mobile, levée dans les premières semaines du conflit, manque d'entraînement et la place est presque dépourvue d'officiers qualifiés de l'artillerie et du génie. L'artillerie, assez hétérogène, se compose de 65 pièces dont seulement 8 à canon rayé. Les munitions consistent en 35 000 projectiles de canon, 40 000 kg de poudre à canon, 6 300 kg de poudre à fusil, 116 937 cartouches pour fusil modèle 1866 et 539 320 cartouches pour fusil modèle 1857[12].

Sergent de la Garde nationale mobile, 1870-1871.

Dans les derniers jours d'août 1870, Montmédy reçoit des approvisionnements considérables destinés à l'armée du maréchal Bazaine et à l'armée de renfort qui se rassemble autour de Châlons. Le médecin-chef Félix Hippolyte Larrey, l'intendant en chef Wolf et d'autres officiers, destinés à diriger les services de ces armées, viennent aussi s'établir à Montmédy. Après la défaite de Bazaine à la bataille de Saint-Privat () et son encerclement dans Metz, les communications étant coupées, le bétail et les autres provisions s'entassent à Montmédy : faute d’entrepôts, il faut les stocker dans l'église Saint-Martin et autres locaux improvisés où ils resteront jusqu'à la capitulation de la ville[13]. Au cours des journées suivantes, la garnison est rejointe par 700 infirmiers destinés à l'armée de Châlons et par plusieurs petits détachements de gendarmes venus des bourgs voisins : elle atteint un effectif total de 2 500 à 3 000 hommes[14]. La gare abrite 7 ou 8 locomotives et 200 wagons[15].

Le , la garnison apprend que la voie ferrée de Mézières à Thionville est coupée. Elle reçoit le renfort d'une partie d'une compagnie du 6e régiment d'infanterie, venu de Mézières[13]. Le , près de Chauvency-le-Château, une escarmouche oppose l'avant-garde du 6e régiment à un détachement de chasseurs de l'armée bavaroise : les fantassins français, menacés d'encerclement, sont sauvés par l'arrivée d'un renfort venu de Montmédy par chemin de fer. Le combat fait 7 ou 8 tués et 15 blessés du côté français, 2 tués et 4 blessés du côté bavarois[16]. Selon Peter Spohr, le détachement allemand était une avant-garde du 12e corps d'armée de l'armée saxonne comprenant une compagnie du 13e régiment de chasseurs et un escadron du 2e régiment de cavalerie ; les Saxons détruisent les installations de la gare de Chauvency (télégraphe, réservoir d'eau, etc.) ; ils perdent un tué et un blessé et emmènent 11 prisonniers français dont un capitaine[17].

Le 1er septembre, la garnison de Montmédy entend la canonnade d'une violente bataille vers le nord. Elle apprendra le lendemain que l'armée du maréchal Patrice de Mac Mahon, venue de Châlons, a livré et perdu la bataille de Sedan. Le , un officier saxon envoyé par le prince royal Albert de Saxe vient informer le commandant de Montmédy de la défaite française et le prier fort poliment de se rendre, ce que le commandant Reboul refuse dans les formes : « Monsieur, vous savez comme moi qu'une place de guerre ne se rend pas sans se défendre ; prenez-la si vous pouvez »[16].

Le , un officier prussien du 3e régiment d'uhlans de la Garde se présente, au nom du prince de Hohenlohe, pour renouveler la demande de capitulation. Un tirailleur français, qui n'avait pas vu le drapeau blanc ni entendu l'ordre de ne pas tirer, fait feu et tue un trompette prussien. Le commandant Reboul présente ses excuses et promet de punir sévèrement le soldat coupable. Il refuse de nouveau de se rendre, même quand l'émissaire prussien lui apprend que Mac-Mahon est tué (en fait, il n'est que blessé) et que l'empereur Napoléon III et une grande partie de l'armée ont été capturés par les Prussiens[18].

Le siège

Conséquences

Bibliographie

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