Suzanne Orts
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Suzanne Pic |
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Suzanne Orts, à l'origine Suzanne Pic, née le à Sète (Hérault) et morte le à Aix-en-Provence[1],[2], est une figure de la Résistance française.
Entrée dès 1943 dans le réseau Marco-Polo à Mâcon (Saône-et-Loire), elle devient en 1944 agent de renseignement des Forces françaises de l'intérieur. Arrêtée le 21 mai 1944, elle est déportée en Allemagne, où elle est affectée à un kommando de travail à Leipzig, dépendant du camp de Buchenwald. Après une marche de la mort d'une semaine en avril 1945, elle est libérée par l'avancée des troupes soviétiques et rapatriée en France le 18 mai 1945.
Après la guerre, épouse d'Élie Orts à partir de 1951, elle s'implique dans la mémoire de la résistance et de la déportation et est co-fondatrice du musée de la Résistance et de la Déportation de Castelnau-le-Lez, près de Montpellier (Hérault).
Origines familiales et formation
Son père est fonctionnaire des impôts. En 1940, il est contrôleur des impôts indirects à Mâcon (Saône-et-Loire). Suzanne est alors élève du lycée de jeunes filles (actuel collège Pasteur[3])[réf. souhaitée].
Elle a un frère aîné, Roland, lui aussi résistant et déporté (1922-1945)[réf. souhaitée].
Période de la Résistance (1943-1944)
En 1940, après l'armistice du 22 juin, Mâcon se trouve dans la zone non occupée par l'armée allemande, envahie seulement en novembre 1942, à la suite du débarquement allié en Afrique du Nord (9 novembre 1942)[réf. souhaitée].
Entrée dans la Résistance (1943)
En 1943, alors qu'elle est encore lycéenne, Suzanne s'engage dans la Résistance aux côtés de sa mère : toutes deux font partie du réseau Marco-Polo[4]. Dès l'âge de 14 ans, Suzanne compose et distribue des tracts gaullistes. Elle aide sa mère pendant que son frère aîné, Roland (1922-1945)[5] est emprisonné à Lyon à la prison Montluc.
Agent de renseignement des Forces françaises de l'intérieur (1944)
Elle devient ensuite agent de liaison pour le maquis de Beaubery (Saône-et-Loire), puis agent de renseignement au sein des Forces françaises de l'intérieur, où elle est immatriculée sous le numéro 99.315). Elle reçoit la mission de recueillir des informations sur les défenses allemandes dans le Sud de la France[6].
À la suite de la libération de son frère, Suzanne effectue avec sa mère et lui des liaisons entre Mâcon et Perpignan pour renseigner un réseau qui prépare une action en vue d'un éventuel débarquement allié dans les [[Pyrénées-Orientales|Pyrénées-Orientales[réf. souhaitée]]].
Période de la déportation
Arrestation (21 mai 1944) et déportation (14 juin 1944)
Le 21 mai 1944, elle n’a que 17 ans lorsqu'elle est arrêtée sur dénonciation par la Gestapo avec Guy de Swetschin (son futur époux) et son[De qui ?] cousin. Suzanne est interrogée et mise à l'isolement dans la citadelle de Perpignan pendant plus de huit jours. Sa mère la rejoint peu de temps après[réf. souhaitée].
Le 5 juin, Suzanne, sa mère et Guy sont emmenés en camion par les SS vers le fort de Romainville près de Paris (commune des Lilas)[réf. souhaitée].
De là, elle et sa mère sont déportées le 14 au camp de Neue Bremm, puis au camp de Ravensbrück, tandis que Guy de Swetsche est déporté à Dachau. Elles sont ensuite assignées à un travail forcé dans une usine de fabrication d'obus lourds située près de Leipzig[4].
Expérience de la vie concentrationnaire (14 juin 1944-14 avril 1945)
Suzanne est envoyée avec sa mère et une soixantaine d'autres femmes au camp de Neue Bremm, près de Sarrebrûck, un camp disciplinaire pour les hommes[réf. souhaitée].
Dix jours plus tard, le 24 juin, elles sont envoyées à Ravensbrück, où elles arrivent en pleine nuit. Elles y passent trois semaines dans des conditions terribles[réf. souhaitée].
Le 19 juillet, elles sont rassemblées et envoyées dans un kommando de travail à Leipzig : il s'agit du plus grand kommando extérieur de femmes de Buchenwald. À partir du 21 juillet, elles sont mises au travail à l'usine de Nordwerk-Hasag. Le travail consiste à déblayer les décombres des bombardements lorsque Dresde, ville située à 80 km de Leipzig, est bombardée par les Alliés[réf. souhaitée].
À l'usine, les femmes travaillent nuit et jour, par périodes de douze heures. Au cours de ce travail, Suzanne est victime d'un accident : elle a les cheveux pris dans une rotative et est gravement scalpée[7].
Durant cette période, Suzanne confectionne différents objets, qui lui permettent de lutter contre l’humiliante et implacable dégradation humaine que le système concentrationnaire nazi impose, pour exister en conservant sa dignité et sa liberté. Ils relèvent d’actes de résistance, car porter une marque symbolique ou posséder un objet personnel est interdit et très dangereux dans le camp ; leur détention peut entraîner la punition ou même la mort[8]. Les objets rapportés par Suzanne à son retour de déportation en sont un exemple. Ils sont actuellement exposés au musée de la Résistance et de la déportation à Castelnau-le-Lez, et une copie numérique est disponible aux Archives départementales de l'Hérault[9].
Marche de la mort (14-22 avril 1945) et libération
Dans la nuit du 13 au 14 avril 1945, plus de 4 000 femmes, dont 250 Françaises, sont mises sur les routes, les Allemands ayant décidé d'évacuer le camp, mais les plus faibles sont laissées sur place. Les autres parcourent environ 60 km en 27 heures. Cette marche de la mort va durer une semaine[réf. souhaitée].
Le dimanche 22 avril, les SS s'enfuient devant la menace aérienne des Alliés. Huit Françaises, dont Suzanne et sa mère, restent dans un petit village de Saxe, Cavertitz. Elles sont alors rejointes par les troupes de l'Armée rouge en marche vers Berlin[réf. souhaitée].
Retour en France (18 mai 1945)
Prises en charge par l'armée soviétique, les déportées sont progressivement envoyées en zone d'occupation américaine, et de là, rapatriées à Paris le 18 mai 1945[réf. souhaitée].
À son retour en France, Suzanne est atteinte d'une tuberculose osseuse dont elle ne se remettra jamais tout à fait. Son frère Roland est mort à l'hôpital après sa libération, probablement du typhus[réf. souhaitée].
Après-guerre

Vie privée
En 1946, Suzanne épouse Guy de Swetschin, membre du réseau Marco-Polo déporté à Dachau. La même année nait leur fille, Nicole. Malheureusement, engagé dans la guerre d'Indochine (1947-1954), Guy y trouve la mort[réf. souhaitée].
En 1947, déjà atteinte de tuberculose pulmonaire, Suzanne apprend qu'elle est atteinte d'une tuberculose osseuse qui va l'empêcher de poursuivre ses études[réf. souhaitée].
En 1951, elle épouse Elie Orts[10].
Activités mémorielles
À partir de 1976, Suzanne est très active au sein de plusieurs associations et amicales de Français déportésElle témoigne auprès des scolaires et fait l'objet de plusieurs enregistrements oraux[11],[12].
En 1980, avec le général Cambon de Lavalette, elle est parmi les fondateurs du musée de la Résistance et de la Déportation à [[Castelnau-le-Lez|Castelnau-le-Lez[réf. souhaitée]]].
Elle s'est aussi énormément engagée dans le fonctionnement du Concours national de la résistance et de la déportation[réf. souhaitée].
Le récit de son expérience de la déportation a fait l'objet d'un portrait dans l'exposition intitulée Les femmes oubliées de Buchenwald[13], présentée d'avril à octobre 2005 au musée Jean-Moulin de Paris[14].
Toute sa vie, Suzanne s'est engagée auprès des plus démunis, via le Secours catholique et une association d'aide aux personnes mal voyantes de Montpellier[réf. souhaitée].
Mort et funérailles (2018)
Morte en février 2018, ses obsèques ont eu lieu à Saint-Clément-de-Rivière (Hérault)[réf. souhaitée].