Tara Polar Station

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Tara Polar Station
illustration de Tara Polar Station
Station polaire Tara pendant l'expédition Contrasts.

Type NavireVoir et modifier les données sur Wikidata
Histoire
Architecte Olivier Petit
Chantier naval Constructions mécaniques de NormandieVoir et modifier les données sur Wikidata
Lancement octobre 2024
Équipage
Équipage 18
Caractéristiques techniques
Longueur 26 m
Maître-bau 16 m
Port en lourd 250 t
Caractéristiques commerciales
Cabines 12
Carrière
Armateur Fondation Tara Océan
Pavillon Pavillon national français France
Port d'attache LorientVoir et modifier les données sur Wikidata
MMSI 228471700Voir et modifier les données sur Wikidata
IMO 1090064Voir et modifier les données sur Wikidata

Tara Polar Station, est un navire français hybride destiné à la recherche scientifique en Arctique. De conception unique, à mi-chemin entre un navire océanographique et une station polaire dérivante, Tara Polar Station est conçue pour s'installer sur la banquise arctique et accueillir une équipe scientifique pouvant compter jusqu'à dix-huit personnes. La première expédition est prévue en 2026.

Prévisionnel

Expédition Tara Arctic, en septembre 2006.

Les racines du projet remontent à l'expédition arctique de la goélette Tara, entre en . Le bateau s'est laissé enserrer par la banquise, s'est laissé dériver et s'en est libéré, après 505 jours de dérive sur environ 1 800 kilomètres.

En , le chantier CMN de Cherbourg remporte l'appel d'offres de la Fondation Tara Océan[1]. Le , la construction est officiellement lancée lors d'une cérémonie en présence du prince Albert II de Monaco et d'Olivier Poivre d'Arvor, ambassadeur de France pour les pôles et les enjeux maritimes. Le puits central (moonpool) est exhibé sur la table de montage[2],[3].

La construction de la coque est réalisée en deux étapes, la partie basse entre octobre et et l'assemblage de la superstructure et de la coque en . Le chantier initial s'achève par une mise à l'eau le dans le port de Cherbourg.

Le bâtiment a été baptisé le , à Lorient, son port d’attache[4], avec la créatrice de mode et mécène Agnès b. et Thomas Pesquet comme marraine et parrain[5].

Tara Polar Station a subi sa première campagne de tests en glaces à l'été 2025 au cours de l'expédition Contrasts, accompagnée du brise-glace Polarstern[6]. Sous le commandement de Martin Hertau, précédemment capitaine de la goélette Tara, l'équipage comptait onze personnes, dont l'architecte du bâtiment Olivier Petit et l'artiste Nicolas Floc'h[7]. La station a quitté Lorient le premier juin, puis Longyearbyen, au Svalbard, le 4 juillet et a rejoint les glaces du détroit de Fram séparant le Svalbard du Groenland[8] pour se laisser prendre par les glaces et dériver pendant 4 semaines.

Tara Polar Station dans le sillage du Polarstern

Selon Chris Bowler, président du comité scientifique de la fondation Tara Océan, la station sera déployée dans les glaces arctiques pendant au moins vingt ans à partir de 2026, avec dix missions consécutives jusqu'en 2045[9], date à laquelle les scientifiques estiment qu'il ne devrait plus du tout subsister de banquise l'été.

La première mission « Tara Polaris I » partira en 2026 pour environ 500 jours, avec Martin Hertau comme capitaine[10]. Un consortium de 30 centres de recherche issus de 12 pays a été monté pour la première, l'objectif est de « mieux comprendre l’impact du changement climatique en Arctique, qui se réchauffe trois à quatre plus vite que la moyenne mondiale et que l’on considère à ce titre comme une véritable sentinelle » selon Marcel Babin, directeur de recherche CNRS qui coordonnera Polaris I. Au programme de cette première expédition, on trouve l'étude des migrations et l'adaptation des organismes marins boréaux vers l’Arctique, les interactions entre les nuages, la glace de mer et l’océan et l'impact du changement global sur le fonctionnement des écosystèmes lors d'une dérive de 18 mois, bien plus longue que les campagnes classiques qui durent généralement deux mois[5].

Architecture

Coupe de la station

Comme sa grande sœur la goélette Tara, la station reprend l'idée du Fram de Nansen, premier navire d'exploration polaire à s'être volontairement laisser prendre par la banquise en 1893.

Comme son nom le laisse entendre, le navire est conçu pour passer la grande majorité de son existence stationnaire sur la banquise. Il est construit selon les normes Code polaire et marine marchande, et classé Ice Glass 1A Super (certification la plus élevée), « On y trouve tout ce qui existe sur n’importe quel cargo, avec quelques spécificités pour ce qui concerne la gestion de la glace, comme ce filtre conçu pour la détection des glaces installé sur l’un des deux radars, ou un système de dégivrage des radars, des vitrages, des portes, des grilles d’aspiration, de la prise eau de mer avant… » « pour s’assurer que l’on puisse toujours aspirer de l’eau à l’état liquide, pour les pompes à incendie ou l’osmoseur »

Ses caractéristiques sont très différentes d'un bateau classique, sans contrainte hydrodynamique même s'il dispose d'une capacité de propulsion propre qui impose une forme oblongue plutôt que parfaitement ronde qui partirait en vrille, selon Olivier Chavane, assistant à la maîtrise d’ouvrage chez Capgemini Engineering[5]. Vue du haut, sa coque forme un ovale de 26 mètres de long sur 16 mètres de large, avec un profil très arrondi, qui lui permettra d'éviter de se retrouver prise dans les glaces. Elle est surmontée d'un espace d'habitation en forme de dôme polyédral, le tout conçu par l'architecte français Olivier Petit d'après le cahier des charges de la fondation Tara Océan.

Il doit supporter une température de −52 °C et sa coque en aluminium de 20 mm est conçue pour mieux y résister, contrairement à l'acier qui perd de sa souplesse et devient cassant par grand froid. Son poids est de 250 tonnes à vide. Son moteur est alimenté en biocarburant, secondé par une éolienne et des panneaux solaires, mais du fait de son déplacement essentiellement par dérive ce bâtiment est en soi très économe. Son isolation a été soignée pour garantir le confort de l'équipage tout en permettant à la station d'économiser de l'énergie pour son chauffage[11]. Lors des essais, le navire atteint la vitesse de neuf nœuds[5].

Le bâtiment dispose de 400 m2 d'espace de vie et est organisé sur quatre niveaux :

  • timonerie et bureau ;
  • pont principal : l'entrée, l'infirmerie, le sauna, la cuisine et le carré ;
  • niveau inférieur -1 : les douze cabines, les six laboratoires ;
  • niveau inférieur -2 : le local auxiliaire (où sont stockés gazole et kérosène) et le local de production d'énergie et de propulsion[12].

Il est équipé de deux drones dont un drone sous-marin, d'une rosette de prélèvement et de capteurs atmosphériques ou sous-marins qui observeront en continu le milieu ambiant. En hiver, le bâtiment, complètement isolé, hébergera douze personnes, six membres d'équipage et six scientifiques, chacune disposant d'une cabine individuelle. L'été, le navire pourra en accueillir jusqu'à 18, grâce à des rotations et avitaillements. Il dispose d'un réservoir de kérosène pour ravitailler au besoin un hélicoptère de secours[5].

Plongée dans le moonpool

Le puits central (moonpool) de la station, est probablement l'élément le plus original du bâtiment. Ce cylindre en aluminium de 1,5 mètre de diamètre traversant les 4 niveaux permettra la descente et la remontée de plongeurs et le déploiement de divers instruments (rosette, robot téléopéré, drone sous-marin…)[5].

Tara Polar Station doit héberger 6 laboratoires : un laboratoire humide pour la manipulation des échantillons dont les carottes de glace, des laboratoires secs avec instrumentation, et des laboratoires dédiés à l'expérimentation sur place pour mener des expériences sur les organismes et les écosystèmes[13].

Budget

Le budget prévisionnel du projet monte à 21 millions d'euros (estimation 2024)[14] pour la conception et la construction, auxquels il faut ajouter environ 3 millions de frais de fonctionnement annuels. Il est financé à 60 % (13 millions) par l'état français dans le cadre du plan France 2030 et de la stratégie polaire française Équilibrer les extrêmes[15],[16]. Le reste du financement est majoritairement assuré par un partenariat associant une trentaine de laboratoires de 15 pays, mais fin 2024 la fondation fait également appel à un financement participatif pour récolter 60 000 euros, sur les 300 000 initialement espérés[17].

D'après Romain Troublé, directeur général de la Fondation Tara Océan, il faut comparer ce montant aux 150 millions d'euros de l'expédition MOSAiC qui a mobilisé pendant un an le Polarstern, brise-glace de recherche de l'institut allemand Alfred-Wegener[18].

Science

Notes et références

Voir aussi

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