Tarun
rivière de France
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Le Tarun est un cours d'eau du département du Morbihan en région Bretagne. Long de 20,7 km[1], c'est le principal affluent de l'Ével, et donc un sous-affluent du Blavet. Il prend sa source entre Bignan et Moréac à 120 m d'altitude, puis longe d'est en ouest une partie des Landes de Lanvaux, dont le relief appalachien marque fortement son cours, avant de confluer avec l'Ével entre Baud et Camors à 31 m d'altitude. Son bassin versant couvre 103 km² et s'étend sur une région granitique et schisteuse nettement marqué par un paysage agricole moderne, constitué de grandes parcelles de cultures. La présence du saumon atlantique et de la loutre d'Europe sur son cours est notable. Les Landes de Lanvaux constituent par ailleurs une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique.
| le Tarun | |
Le Tarun au lieu-dit Kerbourbon à la limite communale entre Baud et Camors. | |
Cours du Tarun. | |
| Caractéristiques | |
|---|---|
| Longueur | 20,7 km [1] |
| Bassin | 103 km2 [1] |
| Bassin collecteur | le Blavet |
| Nombre de Strahler | 4 |
| Régime | Pluvial océanique |
| Cours | |
| Source | source |
| · Localisation | Bignan/Moréac |
| · Altitude | 120 m |
| · Coordonnées | 47° 53′ 58″ N, 2° 48′ 09″ O |
| Confluence | l'Ével |
| · Localisation | Baud/Camors |
| · Altitude | 31 m |
| · Coordonnées | 47° 51′ 45″ N, 2° 59′ 17″ O |
| Géographie | |
| Principaux affluents | |
| · Rive gauche | Ruisseaux de Pontcuel, de Goyedon et de Kervihan |
| · Rive droite | Ruisseau de Tallené et le Signan |
| Pays traversés | |
| Département | le Morbihan |
| Régions traversées | Bretagne |
| Principales localités | Bignan, Moréac, Locminé, Moustoir-Ac, Plumelin, La Chapelle-Neuve, Baud, Camors |
| Sources : SANDRE:« J5624000 », Géoportail, OpenStreetMap | |
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Le nom de la rivière est attesté pour la première fois en 1833. Les Landes de Lanvaux, territoire riche en monuments mégalithiques, témoignent d'une occupation humaine le long du Tarun dès le Néolithique. Une ancienne voie romaine franchissant le cours du Tarun ainsi que plusieurs châteaux et manoirs situés sur ses rives ou dans sa vallée indique une présence humaine durable. Plus récemment, les Landes de Lanvaux ont servi de refuge à de nombreux chouans durant la Chouannerie, puis de zone d’implantation de maquis lors de la Seconde Guerre Mondiale.
Hydronymie
Géographie
Cours de la rivière
Le Tarun prend sa source à la limite des communes de Bignan et de Moréac, à 120 m d'altitude. Son cours est intégralement situé dans les Landes de Lanvaux si l'on prend la définition large. Ceux-ci présentent un relief appalachien (Armorique appalachienne) et se caractérise par des alignements de crêtes peu élevées constituées de roches dures séparées par des sillons creusés dans les roches tendres suivant une direction est-ouest parallèle à la côte[4]. Ainsi, le Tarun se dirige d'abord vers le sud-ouest sur près de 8 km[5] et traverse Locminé, puis s'oriente vers l'ouest suivant le sillon qui constitue le rebord septentrional des Monts de Lanvaux, à l'instar de la Claie mais dans la direction opposée[4]. Il passe par Plumelin et La Chapelle-Neuve avant de confluer avec l'Ével à la limite communale entre Baud et Camors, à 31 m d'altitude.
Communes et cantons traversés
Le Tarun traverse les communes de Bignan, Moréac, Locminé, Moustoir-Ac, Plumelin, La Chappelle-Neuve, Baud et Camors. Soit en termes de cantons, le Tarun traverse le canton de Moréac, le canton de Grand-Champ, le canton de Pontivy et le canton de Pluvigner le tout dans les arrondissements de Pontivy et de Lorient.
Il sert de limite de commune entre Bignan et Moréac, puis entre Moustoir-Ac et Plumelin, puis entre Baud et La Chappelle-Neuve sur une courte distance et enfin entre Baud et Camors.
Bassin versant
Son bassin versant a une superficie de 103 km2[1]. Il est principalement constitué de granite, de gneiss et de schiste[4]. Le bassin est compris dans le plateau de l'Ével, une unité de paysage correspondant à la partie ouest du plateau de Pontivy-Loudéac et défini dans l'Atlas des paysages du Morbihan. Il s'agit d'un territoire nettement marqué par un paysage agricole moderne, constitué de grandes parcelles de cultures et ponctué de nombreux bâtiments d’élevage, de stockage et de transformation. Cela en fait un paysage de campagne ouverte et moderne[6].
L'ancien étang du Bois d'Amour était situé sur le cours du Signan, un petit affluent du Tarun[7].
Organisme gestionnaire
L'Organisme gestionnaire du Tarun est le syndicat mixte Blavet Scorff Ellé-Isole-Laïta qui est divisé en trois SAGE : Blavet, Scorff et Ellé-Isole-Laïta. Le Tarun fait donc partie du SAGE Blavet. Les quatre enjeux de ce dernier sont la co-construction d’un développement durable pour une gestion équilibrée de la ressource en eau, la restauration de la qualité de l’eau, la protection et restauration des milieux aquatiques et la gestion quantitative optimale de la ressource qui vise la protection contre les inondations et la gestion de l’étiage et le partage de la ressource entre les différents usages[8].
Affluents
Les affluents du Tarun sont, de sa source à sa confluence avec l'Ével :
- le Signan (rd[note 1]) : 2,9 km
- le Ruisseau de Ponctuel (rg) : 7 km
- le Ruisseau de Goyedon (rg) : 5,6 km
- le Ruisseau de Tallené (rd) : 9,3 km
- le Kervihan (rg) : 3,9 km
- Le Goyedon à La Chappelle-Neuve.
- Le Signan à Locminé.
Rang de Strahler
Le Tarun atteint un rang de Strahler 4 à partir de sa confluence avec le Goyedon qui est de rang 3[9].
Hydrologie
Le régime hydrologique du Tarun est dit pluvial océanique donc son bassin versant est affecté par un climat océanique[10].
Histoire et patrimoine
Les Landes de Lanvaux, délimitées par le Tarun au nord-ouest, constituent un territoire riche en monuments mégalithiques. L'occupation humaine le long de la rivière est ainsi attestée depuis le Néolithique. Une ancienne voie romaine franchissant le cours du Tarun entre Plumelin et Moustoir-Ac témoigne également d'une présence humaine durant l'Antiquité[11]. Par ailleurs, plusieurs châteaux et manoirs situés sur les rives du Tarun ou dans sa vallée (château de Trémelin à Camors et de Beaulieu à Bignan ainsi que manoir de Kerbohec à Baud) témoignent d'une implantation seigneuriale au Moyen Âge et à l'époque Moderne.
L'histoire du Tarun se confond en partie avec l'histoire des Landes de Lanvaux. Paysages de landes dominées par les genêts et les bruyères, parsemées de multiples blocs granitiques et de nombreux espaces boisés mais offrant aussi en raison de leur altitude des perspectives visuelles très dégagées, les Landes de Lanvaux sont un milieu propice à des actions de guérilla. Ce sera le cas lors de la Chouannerie, où les landes seront le repaire de nombreux chouans puis lors de la Seconde Guerre Mondiale où ce fut le site principal de la résistance morbihannaise, qui y implanta des maquis, des caches d’armes et des zones de parachutage[12].
Aménagements et écologie
Pêche

Le Tarun est riche en truites fario ainsi qu'en goujon, vairon, chevesne et vandoise[13].
Le Tarun fait également partie des derniers cours d'eau de France où le saumon atlantique fréquente occasionnellement son cours pour s'y reproduire[14], bien que sa pêche y soit interdite afin de préserver la population[15].
Faune et flore
Le Tarun abrite de nombreuses espèces sauvages dont le héron cendré, le martin-pêcheur, la grenouille agile, la loutre d'Europe, la libellule et des renoncules[13]. De plus, une partie de la rivière longe les Landes de Lanvaux qui constituent une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique, c'est-à-dire qu'il s'agit d'un site avec une diversité écologique, abritant une biodiversité patrimoniale[16].
Qualité de l'eau
Le Tarun présente une qualité de l’eau jugée intermédiaire mais néanmoins préoccupante. Selon les évaluations menées dans le cadre du SAGE Blavet, la masse d’eau du Tarun est classée dans un état « moyen » mais plusieurs paramètres physico-chimiques demeurent insuffisants pour atteindre les objectifs environnementaux fixés pour le bassin. Parmi ces paramètres, le phosphore joue un rôle central. Les flux phosphorés mesurés dans le Tarun figurent parmi les plus élevés du bassin du Blavet, ce qui place ce cours d’eau parmi les masses d’eau prioritaires pour les actions de réduction de la pollution. Comme pour d’autres rivières agricoles bretonnes, cette surcharge en phosphore favorise des phénomènes d’eutrophisation susceptibles d’altérer les écosystèmes aquatiques, notamment par déséquilibre biologique et dégradation des habitats[17].
Le Tarun est aussi affecté par la présence de pesticides, dont certaines substances dépassent les normes fixées par la réglementation européenne. Les campagnes de surveillance montrent la présence simultanée de nombreuses molécules phytosanitaires, reflet d’une pression agricole importante sur le territoire. Ces contaminations contribuent à détériorer la qualité chimique de la rivière et expliquent pourquoi la masse d’eau ne parvient pas à atteindre un état conforme aux objectifs de la directive-cadre sur l’eau[18].
Face à ces constats, un plan d'amélioration de la qualité de l’eau a été entrepris à partir de 2021 sur le bassin versant du Tarun, sous la coordination du syndicat Blavet Terres et Eaux, en collaboration avec la Chambre d’agriculture de Bretagne et les collectivités locales. Les actions engagées incluent la gestion et l’infiltration des eaux de ruissellement, la plantation de haies et d’arbres pour améliorer la structure écologique du paysage, la renaturation de certaines zones humides et même la suppression d’un étang jugé perturbateur pour la dynamique hydrologique de la rivière. Ces mesures visent à restaurer les continuités écologiques, à limiter l’érosion et les transferts de polluants, et à permettre une amélioration progressive de la qualité de l’eau du Tarun[19].