Théodore Verstraete
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Famille
Né à Gand le , Théodore (Theodorus Joannes Rigobertus) Verstraete est le fils de Josse Jean Verstraete (1825-1874), musicien et chef d'orchestre, et de Julia Laquet (1833-1903), artiste dramatique au Théâtre royal flamand de Bruxelles. Il est légitimé par le mariage de ses parents à Gand le , puis à partir de 1852, il est élevé à Molenbeek-Saint-Jean. Le , il épouse à Anvers Mélanie Opdeheyde (1854). Le couple a trois enfants : Maria Verstraete (1875), Henri Verstraete (1876), clerc, et Alida Verstraete (1881). Théodore Verstrate est l'oncle maternel du peintre Jan De Graef (1877-1952)[3],[4].
Formation
Enfant, Théodore Verstraete est occasionnellement timbalier dans l'orchestre où travaille son père et accompagne ses parents une première fois aux Pays-Bas en 1860. En 1868, il devient l'élève de Jacob Jacobs à l'Académie royale des beaux-arts d'Anvers, où, en 1873, il remporte la médaille d'or décernée pour la peinture de paysages et d'animaux[4]. Au Salon d'Anvers de 1873, il expose deux paysages. En désaccord avec l'académisme, il quitte l'institution, estimant qu'il est capable de se débrouiller seul. En 1879, après avoir peint à Berchem et au Kiel, il ouvre son propre atelier à Brasschaat, où la pauvreté des paysans simples et laborieux l'inspire profondément. Afin d'élargir son horizon pictural, il construit une roulotte de forain qui lui permet de mener durant plusieurs années (jusqu'en 1889) une existence rustique. Il revoit la Hollande qui l'avait jadis si fort impressionné et il y peint plusieurs de ses meilleures toiles en Zélande et à Schore[4],[5].
Carrière
En 1883, Théodore Verstraete devient l'un des membres fondateurs du groupe artistique bruxellois d'avant-garde groupe des XX, mais, en 1885, en raison de l'augmentation du nombre d'artistes français et de l'impérialisme du secrétaire Octave Maus, il quitte le cercle. En 1888, il expose au second salon du cercle Voorwaarts[6]. En 1891, Théodore Verstraete est également l'un des douze cofondateurs du cercle artistique Les XIII à Anvers[7] (et peu après, membre du cercle Wees u Zelve)[réf. souhaitée]. Théodore Verstraete organise l'exposition de ses tableaux et études, fin , salle Verlat, à Anvers[8].
Présent à de nombreuses expositions en Europe, à l'Exposition internationale des beaux-arts de Munich, il remporte une médaille d'or en . Il expose régulièrement au Salon de Paris et est médaillé d'or à l'Exposition universelle de 1900 de Paris[9].
En 1895, Théodore Verstraete est frappé par une congestion cérébrale entraînant une cécité monoculaire, une aphasie partielle et des troubles psychiques, paralysant son intelligence et son talent[10]. En , ses amis de L'Art Contemporain organisent à Anvers une exposition rétrospective de ses œuvres[9]. Le , il meurt, à l'âge de 57 ans, rue du Dragon, no 27 à Anvers. Le conseil communal de la ville décide de prendre à sa charge les frais des funérailles célébrées quatre jours plus tard, en présence d'une grande affluence d'artistes anversois. Il est inhumé dans une concession gratuite au cimetière du Kiel[11],[12].
Œuvre
Caractéristiques


Ses sujets de prédilection sont les paysages dépouillés de Campine et de Zélande, les marines, des scènes de plage ainsi que des vues campagnardes, parfois étoffées de représentations animalières[13]. Lucien Solvay estime que « si Théodore Verstraete ne crée pas d'école de Brasschaat, il a néanmoins le mérite de se consacrer à une région, avant lui presqu'inexplorée, de signer de son nom cette région plutôt ingrate et méconnue et d'y découvrir tout un trésor d'impressions et de motifs, tournant et retournant comme un patient laboureur les sables de la Campine anversoise, dont il tire une moisson de chefs-d'œuvre[9]. »
Lucien Solvay, ajoute que l'un des traits particuliers de ce paysagiste est « la place importante qu'il a donnée à l'homme dans la nature, la façon dont il a su l'identifier avec elle et en faire un élément essentiel, vivant en elle et par elle, harmonieusement[9]. » La figure joue un grand rôle dans bon nombre de ses paysages et apparaît, non pas pour les étoffer, mais pour achever de les caractériser, contente d'en faire valoir les colorations et l'atmosphère par des oppositions de tons et de lignes[9].
Par ses qualités, le peintre continue la lignée des anciens paysagistes flamands et néerlandais. Il y joint des dons de tendresse. Fort, mais délicat, à l'instar de Hippolyte Boulenger, duquel il se rapproche par plus d'un point. Il affectionne les heures indécises, où l'aube se lève, où le jour décline. Le mystère des clairs de lune le tente souvent. Progressivement sa sentimentalité, telle celle de Millet, évolue vers le sentiment. Dans La rentrée du bétail, l'artiste est en pleine possession de lui-même. Sa conception est personnelle et sa poésie pénétrante[14].
Théodore Verstraete et ses pairs
Ernest Hoorickx est l'élève de Théodore Verstraete, dont il est le disciple préféré et avec lequel il réside quelque temps dans son atelier à Brasschaat. Théodore Verstraete inculque à Ernest Hoorickx ce sentiment poétiquement réaliste qui inspire ses œuvres[15]. L'artiste néerlandais Evert Pieters est aussi l'un de ses élèves, de même que Rosa J. Leigh[10]. Francis Nys, Henry Rul, Frans Simons et Henri-Victor Wolvens sont également influencés par Théodore Verstraete[16],[17]. Quelques peintres travaillent de concert avec Théodore Verstraete, tels Jules Guiette qui réside avec lui à Brasschaat et Romain Looymans qui voyage avec lui en Zélande[18].
Collection Henri Van Cutsem
Le mécène bruxellois Henri Van Cutsem, principal collectionneur des œuvres de Théodore Verstraete, fait don de sa collection à la ville de Tournai, à la condition d'ériger un musée, qui devient le Musée des beaux-arts, inauguré en 1928.
Collections muséales
Belgique
- Musées royaux des beaux-arts de Belgique à Bruxelles :
- Après l'enterrement, vers 1894, huile sur toile, 139 × 182 cm, inventaire no 3344[19].
- Musée des beaux-arts de Tournai :
- Les Souches ;
- Marine ;
- Printemps à Schoore, 1894, huile sur toile, 92 × 182 cm[20].
- Musée royal des beaux-arts à Anvers :
- Musée des Beaux-Arts de Gand :
- Cultiver la terre, acquis en 1906, huile sur toile, 103 × 113 cm, inventaire no 1906-T[23].
- Musée Charlier de Saint-Josse-ten-Noode :
- Marée haute, huile sur toile, 1890-1899.
Europe
- Musée des Beaux-Arts de Budapest : Soirée d'avril ; labour (1881), Allée des hêtres à Brasschaat (1885) et La Maison du bûcheron[24].
Galerie
Printemps à Schoore, 1894
Musée des beaux-arts de Tournai.Après l'enterrement, vers 1894
Musées royaux des beaux-arts de Belgique.Cultiver la terre
Musée des Beaux-Arts de Gand.
Catalogue
Lucien Solvay établit en 1943 une liste des principales œuvres de Théodore Verstraete et leur lieu d'exposition[24] :
- Paysage aux environs de Berchem et Vue prise à Ruppelmonde ; soleil couchant, Salon d'Anvers de 1873.
- Sur le Rupel et Vue prise à Burght, Salon de Gand de 1874.
- Dans le bois et Mois de mai, Salon de Bruxelles de 1875.
- Environs de Malines et Environs d'Anvers, Salon d'Anvers de 1876.
- Journée de printemps et Avant la pluie, Salon de Gand de 1877.
- Soirée d'automne et Le Mois d'avril au Salon de Bruxelles de 1878.
- Après-midi et Environs d'Amsterdam, Malines, 1878.
- Le Point du jour et Dans les Polders, Salon d'Anvers de 1879.
- Un soir d'été, Salon de Gand de 1880.
- Le Matin, Exposition historique de l'art belge 1830-1880.
- Soirée d'avril ; labour, Salon de Bruxelles de 1881.
- Dans la bruyère et Matinée d'avril, Salon d'Anvers de 1882 (médaille d'or).
- Soir de juillet et Lever de lune, Salon de Gand de 1883.
- Soir de novembre ; ramasseuses de pommes-de-terre et Bûcherons ; les souches ; matinée d'été au Salon de Bruxelles de 1884.
- Allée des hêtres à Brasschaat, Exposition universelle de 1885 à Anvers (mention honorable).
- Le Viatique ; janvier, Ferme en Hollande, Dans les prairies hollandaises, Brasschaat sous la neige et Après l'orage, Anvers, 1886.
- Un coin de bruyère, Soir d'été ; vaches rentrant à la ferme, Salon de Bruxelles de 1887.
- Calmpthout, L'Enterrement en Campine et Les Traqueurs, Salon d'Anvers de 1888.
- Matinée de printemps, Lavoir en Zélande et Bois de sapins, Budapest, 1886.
- Lever de lune dans les dunes, Salon de Gand de 1889.
- La Gardeuse de chèvres et Le Haleur, Salon de Bruxelles de 1890.
- Mes voisins ; Zélande et Meules ; Zélande, au Salon de la Société nationale des beaux-arts à Paris de 1890.
- Temps gris sur l'Escaut à Schoore, La Veillée des morts en Campine, L'Étang à Schoore et Nuit à Brasschaat, Salon d'Anvers de 1891.
- Après la pluie ; septembre, Les Vagues et l'Estacade à Blankenberge au Salon de Gand de 1892.
- Dans le parc et Mare aux grenouilles, Salon de Bruxelles de 1893.
- Au cimetière après l'enterrement, Dans le verger, en Zélande, L'Approche de l'orage à Blankenberge et Le Jardinet de mon voisin à l'Exposition universelle d'Anvers de 1894.
- Les Meules ; nuit d'été à Wenduyne, L'Étang ; soir à Brasschaat, Vagues à l'embouchure de l'Escaut, Le Départ des pêcheurs à Blankenberge, L'Escaut à Hansweerd, La Briqueterie et Soir à Blankenberge, exposition Théodore Verstraete à la salle Verlat à Anvers en .
- L'Étang à Putte, Liège, 1896.
- Le Joueur d'orgue et En mars, Salon des Artistes français à Paris en 1896.