Tjader Plays Mambo
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Courant octobre 1954
puis Fin d'année 1954
à San Francisco.
| Sortie | 1954 |
|---|---|
| Enregistré |
le 21 septembre 1954 Courant octobre 1954 puis Fin d'année 1954 à San Francisco. |
| Durée | 33:26 |
| Genre | Mambo, Latin jazz, merengue, rumba, jazz afro-cubain |
| Producteur | A. Ward Brill |
| Label | Fantasy Records |
| Critique |
Albums de Cal Tjader
Tjader Plays Mambo est un album studio de Cal Tjader enregistré en trois séances au cours du deuxième semestre de 1954 avec une formation quintette et orchestre. Il est sorti en 1954 et contient 12 titres dont les singles « It ain't necessarily so[1] » et « Have You Met Miss Jones?[2] ».
• Face A (16:57)[3]
- Yesterdays (A1) - 3:23 ∫ de Jerome Kern et Otto Harbach
- Out Of Nowhere (A2) - 3:05 ∫ de Edward Heyman et Johnny Green
- Fascinatin' Rhythm (A3) - 2:44 ∫ de George Gershwin et Ira Gershwin
- Guarachi Guaro (A4) - 2:55 ∫ de Dizzy Gillespie et Chano Pozo
- The Lady Is A Tramp (A5) - 2:48 ∫ de Lorenz Hart et Richard Rodgers
- It Ain't Necessarily So (A6) - 2:02 ∫ de George Gershwin et Ira Gershwin
• Face B (16:29)
- Have You Met Miss Jones? (B1) - 3:05 ∫ de Lorenz Hart et Richard Rodgers
- For Heaven's Sake (B2) - 2:58 ∫ de Elise Bretton, Sherman Edwards & Donald Meyer
- Mambo Macumba (B3) - 2:15 ∫ de Cal Tjader
- East Of The Sun (B4) - 3:05 ∫ de Brooks Bowman
- Bei Mir Bist Du Schein (B5) - 3:07 ∫ de Sammy Cahn, Saul Chaplin, Jacob Jacobs et Sholom Secunda
- I Concentrate On You (B6) - 1:59 ∫ de Cole Porter
Single extrait au format 45 (7")
- 1954 : « It Ain't Necessarily So ? » par Cal Tjader Modern Mambo Quintet[4] Références : Fantasy Records ∫ Fantasy F 534.
Il contient les titres suivants :
- It Ain't Necessarily So (A1) (Single)[5]- 2:02
- Mambo Macumba (B1) (B'Side) - 2:15
- 1954 : « Have You Met Miss Jones? » par Cal Tjader Modern Mambo Quintet Références : Fantasy Records ∫ Fantasy F ???.
Il contient les titres suivants :
- Have You Met Miss Jones? (A1) (Single) - 3:05
- ?
Personnel & Enregistrement
Cal Tjader choisit d'enregistrer 4 morceaux (dont le single extrait) avec une formation originale qualifiée d'orchestre, avec la présence de 4 trompettes[6]. Il revient ensuite à une formation plus classique intitulée « Cal Tjader's Modern Mambo Quintet » pour enregistrer les autres titres. La dernière session est marquée par le départ[7] d'Edgardo Rosales qui sera remplacé pour la dernière session par Luis Miranda. On le retrouve cependant sur 7 titres de l'album.
- Enregistrements studio d'abord en 2 sessions : le , puis courant au Marines Memorial Theater de San Francisco et complétée par une session d'enregistrement en fin d'année 1954 toujours au Marines Memorial Theater de San Francisco[8] (Californie). Masters Fantasy Records.
| Historique | Formation détaillée | Discographie associée |
|---|---|---|
| Cal Tjader And His Orchestra [ I ]. 1954[9] |
& Une section cuivre :
|
Albums Studio 1954 : Tjader Plays Mambo Titres 3, 6, 9 et 12 3. Fascinatin' Rhythm 6. It Ain't Necessarily So 9. Mambo Macumba 12. I Concentrate On You |
| Cal Tjader's Modern Mambo Quintet [ I ]. 1954[10] |
|
Albums Studio 1954 : Tjader Plays Mambo Courant Titres 1, 8 et 11 1. Yesterdays 8. For Heaven's Sake 11. Bei Mir Bist Du Schoen |
| Cal Tjader's Modern Mambo Quintet [ I Bis]. 1954[12] |
|
Albums Studio 1954 : Tjader Plays Mambo Fin d'année 1954 Titres 2, 4 et 5, 7 et 10 2. Out Of Nowhere 4. Guarachi Guaro 5. The Lady Is A Tramp 7. Have You Met Miss Jones? 10. East Of The Sun |
Production & Son
| Producteur | Ingénieur du son | Arrangeur et Direction musicale |
|---|---|---|
| …[13] |
? (enregistré en son « mono ») |
…[13]? |
- Remastering des bandes originales de Phil De Lancie[14] en 1987 aux Fantasy Studios de Berkeley (Californie).
Design de Couverture
- Description : Image en noir et blanc, très contrastée. Prise de vue d'une femme habillée en tenue de soirée, vêtue d'une robe manifestement bicolore, laissant les épaules nues et fichue d'un « boa » en plûmes négligemment posé sur la tête et retombant sur les épaules. Position : Elle regarde le photographe, elle semble prendre sa pose malgré son déséquilibre arrière[15] et tient une coupe de champagne (?) qu'elle porte à ses lèvres pour boire, son bras gauche est en l'air et part dans le coin haut droit. Le cadrage est particulier : personnage dans le coin bas et à droite laissant beaucoup d'importance à la matière du fond blanc. Typographie de titrage : police de caractère de style « cartoons », lettres en bdc[16] avec patin. Sur le bord gauche de la pochette, figurent sur un alignement à gauche, et un centrage dans la hauteur, tous les titres de l'album en bdc. Typographie et logo Fantasy de couleur verte. L'album est sobrement intitulé « Tjader Plays Mambo ». (Voir la pochette[17]).
- Photographie de : …[18].
Informations de Sortie
- Année de Sortie : 1954
- Intitulé : Cal Tjader - Tjader Plays Mambo
- Label : Fantasy Records
- Référence Catalogue : Fantasy F-3221[19]
- Format : LP 33 / 25 cm ou (10")
- Liner Notes : Ralph J. Gleason[20]
Réédition Format LP et CD
Pas de réédition connue en album LP 33 série 3000 ou LP 33 Série 8000 Stéréo sous le titre original « Tjader Plays Mambo ».
Réédition en album LP 33 Original Jazz Classics[21] sous le titre original « Tjader Plays Mambo ».
- Références : Fantasy Original Jazz Classics OJC 274 (1987)[22].
Réédition en CD sous le titre original « Tjader Plays Mambo » dans la série « Original Jazz Classic » :
- Références : Fantasy Original Jazz Classics OJCCD 274 (1987), OJCCD 274-2 (1996) et OJCCD 2742 (2003)[23].
Notes de présentation de la réédition sous le label Original Jazz Classics
Après[24] trois années d'un travail acharné pour le George Shearing Quintet, en 1954, le vibraphoniste/percussionniste Cal Tjader qui enchante la scène jazz de ses percussions et sons latins, retourne dans sa ville natale de San Francisco et s'y est établi comme un des représentants permanents de jazz de la ville.
Presque toujours dans la célébration de ce retour au pays, Tjader s'est livré à un grand nombre de sessions d'enregistrements pour Fantasy Records entre et , soit plus de 20 plages (côtés de 3 minutes pour des singles de 78 et de 45) avec une section de rythme latine basée à San Francisco.
Les sélections sur ce LP, alors, sont parmi les premières à établir Tjader comme le grand maître du Latin jazz, du Latin pop et Latin soul des années 1950. Combiné avec « Mambo With Tjader[25] », cet album fournit une approche complète des premières racines du Latin jazz par Cal Tjader.
Avec Manuel Duran, Carlos Duran, Bayardo Velarde, Edgard Rosales, Luis Miranda, Dick Collins, Al Porcino, Charlie Walp et John Howell[26].
Observations
Cet album est composé en très grande partie de reprises de standards remodelées par Cal Tjader et de l'enregistrement de l'une de ses toutes premières compositions « Mambo Macumba ».
- « Yesterdays » est une chanson composée par Jerome Kern, sur des paroles d'Otto Harbach[27]. Elle fut chantée par Irene Dunne pour la première fois[28] lors du spectacle musical « Roberta » joué en 1933 avec Irene Dunne, Randolph Scott, Fred Astaire, et Ginger Rogers. Ce standard de jazz a notamment été repris par Billie Holiday (1939), Ella Fitzgerald (1963), Barbra Streisand (1966) et Marianne Faithfull (1987). La version instrumentale de Cal Tjader est sortie la même année que la reprise chantée d'Helen Merrill sortie aussi en 1954.
- « Out Of Nowhere » est une composition populaire de Johnny Green[29] sur des paroles d'Edward Heyman[30]. Elle fut interprétée[31] en 1931 par Bing Crosby en solo et deviendra son premier succès no 1 dans les Charts. Il existe aussi une version instrumentale très célèbre de ce titre interprété par le saxophoniste ténor Coleman Hawkins accompagné par Benny Carter et Django Reinhardt (1937). Charlie Parker en enregistrera aussi une version ballade en 1947.
- « Fascinatin' Rhythm[32] » a été écrite en 1924 par le compositeur George Gershwin sur des lyriques d'Ira Gershwin. Elle fut interprétée la première fois[33] par Cliff Edwards, Fred Astaire et Adele Astaire dans une comédie musicale de Broadway « Lady Be Good ». C'est un standard de jazz[34] dont on ne compte plus les reprises. La liste des enregistrements[35] fait état de beaucoup de musiciens contemporains de Cal Tjader : on peut donc penser qu'il avait choisi une valeur sûre pour espérer un succès, cependant comme à son habitude, il apporte sa touche particulière en la transformant en rumba Latin jazz.
- « Guarachi Guaro » fut interprété pour la première fois en 1948 par son compositeur Dizzy Gillespie accompagné par Sabu Martinez aux percussions latines et à la voix. Le premier enregistrement de Cal Tjader en 1954 passera plutôt inaperçu, et il faudra attendre son réenregistrement dans une nouvelle version remaniée, sortie en 1965 sous le nom de « Soul Sauce », pour que le public fasse de ce titre un succès.
- « The Lady Is A Tramp » est une composition de la comédie musicale de Broadway « Babes in Arms[36] » écrite en 1937 par Richard Rodgers et Lorenz Hart[37] et dans laquelle on retrouve d'autres grands standards de jazz tel que « Where or When, » « My Funny Valentine », « Johnny One Note » et « I Wish I Were in Love Again ». Quelques grands noms ayant enregistré une reprise de ce titre : Tommy Dorsey and His Orchestra (1937), Lena Horne (1948), Frank Sinatra, Ella Fitzgerald, Shirley Bassey, The Supremes… D'autres versions moins conventionnelles au style jazz ont été réalisés par Alice Cooper, Yes, Tokyo Jihen, et They Might Be Giants. Cal nous en livre ici une version mambo toute personnelle et empreinte d'accents de ce qui deviendra le son Latin jazz.
- « It Ain't Necessarily So », le single extrait de l'album, a été chanté pour la première fois en 1935 par John W. Bubbles[38] dans l'opéra « Porgy and Bess » composé par George Gershwin, Ira Gershwin, Edwin DuBose Heyward qui contient comme autre perle le titre « summertime ». D'un tempérament rythmé, ce standard fut l'objet d'adaptation pour le jazz et le rock : Normie Rowe, Aretha Franklin & Bobby Darin (1959), The Moody Blues (1965), The Honeycombs, Bronski Beat (1984), Cher (1994), Jamie Cullum (2002)[39]. Ce titre repris par Cal Tjader prend des couleurs chaudes et rythmées avec l'ajout des percussions latines et les 4 puissantes trompettes.
- « Have You Met Miss Jones? » est un titre écrit par Richard Rodgers et Lorenz Hart pour la comédie musicale « I'd Rather Be Right[40] » en 1937[41]. Frank Sinatra en a fait une adaptation qui demeure célèbre encore aujourd'hui et Robbie Williams l'interprète sur la bande originale du film « Le journal de Bridget Jones ». 2 versions particulières et remarquées : celle de cal Tjader au vibraphone et celle de Stephane Grappelli au violon[42].
- « For Heaven's Sake » est un standard de jazz composé en 1946[43]. Il fut notamment interprété par Billie Holiday en 1958, Tina Brooks, Bill Evans Trio (1963), Wes Montgomery, Bailey Benny.
- « East Of The Sun » : Le titre complet de ce standard est « East of the Sun (and West of the Moon) ». Il a été enregistré pour la première fois[44] en 1934 par Hal Kemp. De nombreux enregistrements de ce morceau se sont succédé dans l'histoire musicale de ces 60 dernières années, parmi lesquels : Billie Holiday, Tommy Dorsey, Sarah Vaughan (1949), George Shearing, Charlie Parker (1952), Ella Fitzgerald (1959), Frank Sinatra (1961), Tony Bennett (1992), Diana Krall (1998), Dakota Staton, Lester Young, Alexis Cole, Sarah Vaughan (2000), Sonny and Perley (1999), Rebecca Parris (2007), Stacey Kent (1998), Joshua Redman (2007) et Scott Hamilton (1993). La version de Cal Tjader est sortie juste avant l'enregistrement du titre par Stan Getz en 1955, premier titre de son double album « The West Coast Jazz ».
- « Bei Mir Bist Du Schoen » est la version anglicisée de l'allemand « Bei mir bist Du schön » dont l'origine est une chanson yiddish[45] : « Bei Mir Bist Du Shein ». Ce titre que nous livre Cal Tjader, ici, est une version instrumentale teinté de sons latins mambo.
- « I Concentrate On You », chanson écrite par Cole Porter en 1940 pour le film musical « Broadway Melody of 1940[46] » a été interprété la première fois par Douglas McPhail[47]. Elle a été notamment reprise par Ella Fitzgerald (1956), Frank Sinatra (1950) et (1961). Cal Tjader est accompagné sur cette version par les 4 trompettes de la formation dite « orchestre ».
Comme on le voit ci-dessus, la sélection de titres faite par Cal Tjader ne laisse aucune place au hasard. Les mélodies adaptées sont toutes des succès devenus avec le temps des standards de jazz. Ces thèmes musicaux connus d'un large public, ont permis à Cal d'installer son style Latin jazz qu'il étoffera encore plus tard dans ses albums de la fin des années 1950.
Avis critiques de cet album
Selon Richard S. Ginell[48] de Allmusic Guide, Cal Tjader, qui vient de terminer son engagement avec George Shearing en 1954, fortement imprégné de sons latins, se prend en main tout seul pour se consacrer à sa propre carrière, enregistrant plusieurs courtes tranches d'un Latin jazz lancinant, dont une douzaine a été choisie pour cet album.
Beaucoup de titres de cette sélection sont des standards réarrangés avec des incorporations de rythmes latins, entrecoupés et mis en forme pour s'adapter à l'ancienne limite de 3 minutes pour les formats courts de disques 45 Single ou leurs ancêtres : les microsillons en 78 tr/min.
Toujours selon lui, l'ambiance cristalline du vibraphone de Cal Tjader fait équipe avec une section de percussions latines de San Francisco. Cette formation instille succinctement, à l'occasion sur chaque morceau, une émulation collégiale de sons latins inspirés des musiques de George Shearing (« East of the Sun »).
Ailleurs, Cal expérimente, avec une section de cuivres formée de 4 trompettes masculines et chaleureuses. On les retrouve sur 4 titres de l'album, dont le meilleur d'entre eux est une version rumba de « Fascinating Rhythm ». Est aussi inclut dans ce disque, le premier enregistrement de Cal Tjader « Guarachi Guaro » (connu plus tard[49] sous le titre réarrangé et réenregistré de « Soul Sauce[50] »).
Et ce dernier de conclure : « Cette sélection de titres au son précurseur a vraiment contribué à lancer le style Latin jazz de Cal Tjader, et plusieurs décennies après, ils sonnent musicalement toujours aussi frais contrairement à beaucoup d'autres points de repère musicaux historiques qui eux sonnent datés ».