Tour de France 1948
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| Course |
35e Tour de France |
|---|---|
| Compétition | |
| Étapes |
21 |
| Date |
30 juin au |
| Distance |
4 922 km |
| Pays traversé(s) | |
| Lieu de départ | |
| Lieu d'arrivée | |
| Partants |
120 |
| Vitesse moyenne |
33,442 km/h |
| Vainqueur | |
|---|---|
| Deuxième | |
| Troisième | |
| Meilleur grimpeur | |
| Meilleure équipe |
Le Tour de France 1948 est la 35e édition du Tour de France, course cycliste qui s'est déroulée du au sur 21 étapes pour un total de 4 922 km.
La course est remportée par l'Italien Gino Bartali, qui remporte son deuxième Tour de France (dix ans après sa première victoire, un record de longévité dans l’histoire de l’épreuve) et s’adjuge sept victoires d’étape. Bartali remporte également le classement du classement de la montagne. Le classement par équipes est remporté par l'équipe nationale belge.
Cette édition emprunte les routes de cinq pays (France, Belgique, Luxembourg, Italie et Suisse).

L’organisation du Tour de France est assurée par la Société du Parc des Princes, à laquelle elle a été attribuée en juin 1947.
Jacques Goddet, directeur général du journal L’Équipe, et Émilien Amaury, cofondateur du Parisien libéré, en sont les principaux actionnaires. Jacques Goddet demeure directeur général du Tour de France jusqu’en 1987, assisté de Félix Lévitan, journaliste au Parisien libéré[1],[2], qui joue un rôle croissant dans l’organisation de l’épreuve.
Selon Jacques Goddet, l’organisation du Tour de France 1948 a coûté 50 millions[note 1] de francs français[3].
Parcours
Le Tour de France 1948 s’inscrit dans la période comprise entre 1905 et 1951, durant laquelle le parcours de la course adopte un « chemin de ronde », longeant largement les frontières de l’Hexagone[4]. La course s’élance de Paris et de sa banlieue, comme chaque année jusqu’en 1950, à l’exception de l’édition 1926[5]. Le Parc des Princes accueille l’arrivée du Tour de France de 1903 à 1967.
Cette édition comporte des incursions en Italie, en Suisse et en Belgique, et traverse également le Luxembourg. C’est la première fois qu’une ville‑étape, Sanremo, est située en Italie[6]. Lors du Tour de France 1906, les coureurs avaient déjà parcouru quelques kilomètres sur le territoire italien, mais la ville‑étape était alors fixée à Nice, en France.
En France, Trouville-sur-Mer (Calvados), Dinard (Ille-et-Vilaine), Biarritz (Basses-Pyrénées) et Lourdes (Hautes-Pyrénées) accueillent une arrivée du Tour pour la première fois. À l’étranger, Sanremo (Italie), Lausanne (Suisse) et Liège (Belgique) sont également villes‑étapes inédites.
Participation
Le Tour de France est alors disputé par équipes nationales et régionales. Sur les 120 coureurs répartis en douze équipes de dix coureurs qui prennent le départ à Paris, seuls 44 rallient l'arrivée. Le plateau se compose de six équipes nationales : la France, la Belgique et l'Italie (alignant chacune deux formations), ainsi qu'une équipe mixte Luxembourg-Pays-Bas, une équipe « internationale » et cinq équipes régionales françaises (Centre-Sud-Ouest, Île-de-France-Nord-Est, Ouest, Paris et Sud-Est)[7].
Fausto Coppi renonce à participer au Tour de France 1948 en raison d'un conflit de leadership avec son rival Gino Bartali, les deux champions exigeant le statut de leader unique au sein de l'équipe nationale italienne dirigée par Alfredo Binda[8]. En son absence, Gino Bartali est désigné leader unique de la première formation italienne.
Déroulement de la course
En l'absence de Fausto Coppi, Gino Bartali fait figure de grand favori. Absent lors de l'édition précédente, l'Italien vise un second succès dix ans après sa victoire de 1938. Il domine la compétition en remportant sept étapes, une performance marquante bien que le record de huit victoires établi par Charles Pélissier en 1930 reste invaincu. Le début de l'épreuve est toutefois marqué par la révélation du jeune Louison Bobet (équipe de France) qui, après une première participation discrète en 1947, s'empare du maillot jaune et le conserve pendant plus d'une semaine. Jean Robic, tenant du titre et également membre de l'équipe de France, ambitionne alors de doubler la mise face aux favoris désignés comme Édouard Fachleitner, René Vietto et Apo Lazaridès. Si Bartali survole les débats, il doit cependant attendre une traversée des Alpes dantesque, marquée par la neige et les orages, pour renverser Bobet et assurer sa victoire finale à Paris[9].
Les étapes marquantes de cette édition témoignent de ce renversement de situation entre la plaine, les Pyrénées et les Alpes[10],[11],[12],[13],[14] :
- 1re étape : entre Paris et Trouville-sur-Mer, l'Italien Gino Bartali s'impose au sprint et revêt le premier maillot jaune de cette édition.
- 3e étape : entre Dinard et Nantes, l'étape voit l'introduction de la règle de l'élimination du dernier coureur du classement général. Le Français Robert Chapatte[note 2] est le premier coureur éliminé par cette règle. Le Belge Guy Lapébie l'emporte, tandis que Louison Bobet prend la tête du classement général pour la première fois.
- 4e étape : de Nantes à La Rochelle, Bobet perd son maillot jaune au profit du Belge Roger Lambrecht, mais le récupère dès la 6e étape à Biarritz après une échappée de 160 km.
- 7e étape : l'étape pyrénéenne entre Biarritz et Lourdes est remportée par Bartali, mais Bobet résiste et conserve son maillot jaune, impressionnant les observateurs par sa ténacité en montagne.
- 8e à la 13e étape : Bobet conserve la tête du classement général sans interruption. Il porte ainsi le maillot jaune de la 6e à la 13e étape incluse.
- 13e étape : entre Cannes et Briançon, sous un orage violent et la neige au col d'Izoard, Gino Bartali signe un exploit historique. Il s'impose en solitaire avec plus de 18 minutes d'avance sur Louison Bobet. Le Français conserve le maillot jaune pour seulement 1 min 06 s.
- 14e étape : de Briançon à Aix-les-Bains, Bartali récidive. Il franchit les cols du Galibier et de la Croix-de-Fer en tête et s'empare définitivement du maillot jaune. Souffrant de furoncles à la selle, Bobet est incapable de suivre le rythme dans le col de la Croix-de-Fer et concède plus de vingt minutes.
- 15e étape : entre Aix-les-Bains et Lausanne, Bartali parachève sa domination en signant un triplé historique dans les Alpes (trois victoires consécutives en trois jours de haute montagne). Ce septième succès d'étape sur cette édition confirme sa domination dès que la route s'élève.
- 17e étape : le contre-la-montre entre Mulhouse et Strasbourg (120 km) est remporté par le Belge Roger Lambrecht. Bartali gère son avance et termine l'étape en toute sécurité à plus de 12 minutes à la 28e place.
- 21e étape : L'Italien Giovanni Corrieri remporte l'ultime étape au Parc des Princes. Gino Bartali triomphe au classement général avec 26 min 16 s d'avance sur le Belge Albéric Schotte et 28 min 48 s sur le Français Guy Lapébie.
Le Tour 1948 s'est couru à une vitesse moyenne de 33,442 km/h.
Particularités
- Cette édition compte pour la première édition du Challenge Desgrange-Colombo, compétition internationale de régularité créée en 1948.
- Le classement par points ne sera pas attribué lors de cette épreuve et ne réapparaîtra qu'en 1953, après une apparition éphémère en 1947.
- L'édition 1948 est marquée par l'introduction de l'élimination automatique du dernier coureur au classement général de la 3e à la 18e étape. Ceci avait pour but d'éviter que certains coureurs ne se laissent volontairement distancer pour économiser leurs forces ou pour attirer l'attention médiatique réservée au dernier du classement. Cette règle fut abandonnée l'année suivante.
- La victoire de Gino Bartali est entrée dans l'histoire pour son impact politique. Le , après l'attentat contre le leader communiste Palmiro Togliatti, l'Italie est en proie à de violentes émeutes. À la demande du président du Conseil Alcide De Gasperi, qui l'appelle par téléphone à son hôtel à Cannes, Bartali réalise un exploit dans les Alpes qui focalise l'attention de l'opinion publique et contribue à apaiser le climat social dans son pays[15].
- Louison Bobet, qui court son deuxième Tour de France, endosse le premier maillot jaune de sa carrière à l'issue de la 3e étape à Nantes.
- Giuseppe Tacca, coureur engagé dans l'équipe internationale, débute le Tour de France avec la nationalité italienne, est naturalisé français en cours d'épreuve, le sous le nom de Pierre Tacca.
Étapes
Classements
Classement général final
| Classement général[20] | ||||
|---|---|---|---|---|
| Coureur | Pays | Équipe | Temps | |
| 1er | Gino Bartali |
Italie | en 147 h 10 min 36 s | |
| 2e | Briek Schotte | Belgique | + 26 min 16 s | |
| 3e | Guy Lapébie | Centre - Sud-Ouest | + 28 min 48 s | |
| 4e | Louison Bobet | France | + 32 min 59 s | |
| 5e | Jean Kirchen | Pays-Bas / Luxembourg | + 37 min 53 s | |
| 6e | Lucien Teisseire | France | + 40 min 17 s | |
| 7e | Roger Lambrecht | Internationaux | + 49 min 56 s | |
| 8e | Fermo Camellini | Internationaux | + 51 min 36 s | |
| 9e | Louis Thiétard | Paris | + 55 min 23 s | |
| 10e | Raymond Impanis | Belgique | + 1 h 0 min 3 s | |
| 11e | Stan Ockers | Belgique | + 1 h 0 min 13 s | |
| 12e | André Brulé | Paris | + 1 h 2 min 30 s | |
| 13e | Kléber Piot | Paris | + 1 h 25 min 8 s | |
| 14e | Edward Van Dyck | Belgique | + 1 h 32 min 13 s | |
| 15e | Raphaël Geminiani | Centre - Sud-Ouest | + 1 h 39 min 49 s | |
| 16e | Jean Robic | France | + 1 h 41 min 26 s | |
| 17e | René Vietto | France | + 1 h 42 min 48 s | |
| 18e | Édouard Klabinski | Internationaux | + 1 h 45 min 30 s | |
| 19e | Bruno Pasquini | Italie | + 1 h 48 min 50 s | |
| 20e | Marcel Dupont | Aiglons belges | + 1 h 59 min 47 s | |
| 21e | Apo Lazaridès | France | + 2 h 1 min 58 s | |
| 22e | Jan Engels | Aiglons belges | + 2 h 15 min 41 s | |
| 23e | Raoul Rémy | Sud-Est | + 2 h 15 min 59 s | |
| 24e | Bernard Gauthier | Sud-Est | + 2 h 34 min 19 s | |
| 25e | Paul Giguet | France | + 2 h 38 min 1 s | |
| modifier |
||||
Classements annexes finals
Prix du meilleur grimpeur
|
Challenge international
| |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Évolution des classements
| Étape | Vainqueur | Classement général |
Classement de la montagne | Challenge international |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Gino Bartali | Gino Bartali | Non décerné | Belgique |
| 2 | Vincenzo Rossello | Jan Engels | Aiglons belges | |
| 3 | Guy Lapébie | Louison Bobet | France | |
| 4 | Jacques Pras | Roger Lambrecht | Internationaux | |
| 5 | Raoul Rémy | |||
| 6 | Louison Bobet | Louison Bobet | ||
| 7 | Gino Bartali | Bernard Gauthier | France | |
| 8 | Gino Bartali | Jean Robic | ||
| 9 | Raymond Impanis | |||
| 10 | Raymond Impanis | Internationaux | ||
| 11 | Gino Sciardis | |||
| 12 | Louison Bobet | France | ||
| 13 | Gino Bartali | |||
| 14 | Gino Bartali | Gino Bartali | Gino Bartali | |
| 15 | Gino Bartali | |||
| 16 | Edward Van Dyck | |||
| 17 | Roger Lambrecht | Belgique | ||
| 18 | Giovanni Corrieri | |||
| 19 | Gino Bartali | |||
| 20 | Bernard Gauthier | |||
| 21 | Giovanni Corrieri | |||
| Classements finals | Gino Bartali | Gino Bartali | Belgique | |