Tour de France 1948

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Tour de France 1948
Généralités
Course
Compétition
Étapes
21
Date
Distance
4 922 km
Pays traversé(s)
Lieu de départ
Lieu d'arrivée
Partants
120Voir et modifier les données sur Wikidata
Vitesse moyenne
33,442 km/h
Résultats
Vainqueur
Deuxième
Troisième
Meilleur grimpeur
Meilleure équipe

Le Tour de France 1948 est la 35e édition du Tour de France, course cycliste qui s'est déroulée du au sur 21 étapes pour un total de 4 922 km.

La course est remportée par l'Italien Gino Bartali, qui remporte son deuxième Tour de France (dix ans après sa première victoire, un record de longévité dans l’histoire de l’épreuve) et s’adjuge sept victoires d’étape. Bartali remporte également le classement du classement de la montagne. Le classement par équipes est remporté par l'équipe nationale belge.

Cette édition emprunte les routes de cinq pays (France, Belgique, Luxembourg, Italie et Suisse).

Jacques Goddet en 1954.

L’organisation du Tour de France est assurée par la Société du Parc des Princes, à laquelle elle a été attribuée en juin 1947.

Jacques Goddet, directeur général du journal L’Équipe, et Émilien Amaury, cofondateur du Parisien libéré, en sont les principaux actionnaires. Jacques Goddet demeure directeur général du Tour de France jusqu’en 1987, assisté de Félix Lévitan, journaliste au Parisien libéré[1],[2], qui joue un rôle croissant dans l’organisation de l’épreuve.

Selon Jacques Goddet, l’organisation du Tour de France 1948 a coûté 50 millions[note 1] de francs français[3].

Parcours

Le Tour de France 1948 s’inscrit dans la période comprise entre 1905 et 1951, durant laquelle le parcours de la course adopte un « chemin de ronde », longeant largement les frontières de l’Hexagone[4]. La course s’élance de Paris et de sa banlieue, comme chaque année jusqu’en 1950, à l’exception de l’édition 1926[5]. Le Parc des Princes accueille l’arrivée du Tour de France de 1903 à 1967.

Cette édition comporte des incursions en Italie, en Suisse et en Belgique, et traverse également le Luxembourg. C’est la première fois qu’une ville‑étape, Sanremo, est située en Italie[6]. Lors du Tour de France 1906, les coureurs avaient déjà parcouru quelques kilomètres sur le territoire italien, mais la ville‑étape était alors fixée à Nice, en France.

En France, Trouville-sur-Mer (Calvados), Dinard (Ille-et-Vilaine), Biarritz (Basses-Pyrénées) et Lourdes (Hautes-Pyrénées) accueillent une arrivée du Tour pour la première fois. À l’étranger, Sanremo (Italie), Lausanne (Suisse) et Liège (Belgique) sont également villes‑étapes inédites.

Participation

Le Tour de France est alors disputé par équipes nationales et régionales. Sur les 120 coureurs répartis en douze équipes de dix coureurs qui prennent le départ à Paris, seuls 44 rallient l'arrivée. Le plateau se compose de six équipes nationales : la France, la Belgique et l'Italie (alignant chacune deux formations), ainsi qu'une équipe mixte Luxembourg-Pays-Bas, une équipe « internationale » et cinq équipes régionales françaises (Centre-Sud-Ouest, Île-de-France-Nord-Est, Ouest, Paris et Sud-Est)[7].

Fausto Coppi renonce à participer au Tour de France 1948 en raison d'un conflit de leadership avec son rival Gino Bartali, les deux champions exigeant le statut de leader unique au sein de l'équipe nationale italienne dirigée par Alfredo Binda[8]. En son absence, Gino Bartali est désigné leader unique de la première formation italienne.

Déroulement de la course

En l'absence de Fausto Coppi, Gino Bartali fait figure de grand favori. Absent lors de l'édition précédente, l'Italien vise un second succès dix ans après sa victoire de 1938. Il domine la compétition en remportant sept étapes, une performance marquante bien que le record de huit victoires établi par Charles Pélissier en 1930 reste invaincu. Le début de l'épreuve est toutefois marqué par la révélation du jeune Louison Bobet (équipe de France) qui, après une première participation discrète en 1947, s'empare du maillot jaune et le conserve pendant plus d'une semaine. Jean Robic, tenant du titre et également membre de l'équipe de France, ambitionne alors de doubler la mise face aux favoris désignés comme Édouard Fachleitner, René Vietto et Apo Lazaridès. Si Bartali survole les débats, il doit cependant attendre une traversée des Alpes dantesque, marquée par la neige et les orages, pour renverser Bobet et assurer sa victoire finale à Paris[9].

Les étapes marquantes de cette édition témoignent de ce renversement de situation entre la plaine, les Pyrénées et les Alpes[10],[11],[12],[13],[14] :

  • 1re étape : entre Paris et Trouville-sur-Mer, l'Italien Gino Bartali s'impose au sprint et revêt le premier maillot jaune de cette édition.
  • 3e étape : entre Dinard et Nantes, l'étape voit l'introduction de la règle de l'élimination du dernier coureur du classement général. Le Français Robert Chapatte[note 2] est le premier coureur éliminé par cette règle. Le Belge Guy Lapébie l'emporte, tandis que Louison Bobet prend la tête du classement général pour la première fois.
  • 4e étape : de Nantes à La Rochelle, Bobet perd son maillot jaune au profit du Belge Roger Lambrecht, mais le récupère dès la 6e étape à Biarritz après une échappée de 160 km.
  • 7e étape : l'étape pyrénéenne entre Biarritz et Lourdes est remportée par Bartali, mais Bobet résiste et conserve son maillot jaune, impressionnant les observateurs par sa ténacité en montagne.
  • 8e à la 13e étape : Bobet conserve la tête du classement général sans interruption. Il porte ainsi le maillot jaune de la 6e à la 13e étape incluse.
  • 13e étape : entre Cannes et Briançon, sous un orage violent et la neige au col d'Izoard, Gino Bartali signe un exploit historique. Il s'impose en solitaire avec plus de 18 minutes d'avance sur Louison Bobet. Le Français conserve le maillot jaune pour seulement 1 min 06 s.
  • 14e étape : de Briançon à Aix-les-Bains, Bartali récidive. Il franchit les cols du Galibier et de la Croix-de-Fer en tête et s'empare définitivement du maillot jaune. Souffrant de furoncles à la selle, Bobet est incapable de suivre le rythme dans le col de la Croix-de-Fer et concède plus de vingt minutes.
  • 15e étape : entre Aix-les-Bains et Lausanne, Bartali parachève sa domination en signant un triplé historique dans les Alpes (trois victoires consécutives en trois jours de haute montagne). Ce septième succès d'étape sur cette édition confirme sa domination dès que la route s'élève.
  • 17e étape : le contre-la-montre entre Mulhouse et Strasbourg (120 km) est remporté par le Belge Roger Lambrecht. Bartali gère son avance et termine l'étape en toute sécurité à plus de 12 minutes à la 28e place.
  • 21e étape : L'Italien Giovanni Corrieri remporte l'ultime étape au Parc des Princes. Gino Bartali triomphe au classement général avec 26 min 16 s d'avance sur le Belge Albéric Schotte et 28 min 48 s sur le Français Guy Lapébie.

Le Tour 1948 s'est couru à une vitesse moyenne de 33,442 km/h.

Particularités

  • Cette édition compte pour la première édition du Challenge Desgrange-Colombo, compétition internationale de régularité créée en 1948.
  • Le classement par points ne sera pas attribué lors de cette épreuve et ne réapparaîtra qu'en 1953, après une apparition éphémère en 1947.
  • L'édition 1948 est marquée par l'introduction de l'élimination automatique du dernier coureur au classement général de la 3e à la 18e étape. Ceci avait pour but d'éviter que certains coureurs ne se laissent volontairement distancer pour économiser leurs forces ou pour attirer l'attention médiatique réservée au dernier du classement. Cette règle fut abandonnée l'année suivante.
  • La victoire de Gino Bartali est entrée dans l'histoire pour son impact politique. Le , après l'attentat contre le leader communiste Palmiro Togliatti, l'Italie est en proie à de violentes émeutes. À la demande du président du Conseil Alcide De Gasperi, qui l'appelle par téléphone à son hôtel à Cannes, Bartali réalise un exploit dans les Alpes qui focalise l'attention de l'opinion publique et contribue à apaiser le climat social dans son pays[15].
  • Louison Bobet, qui court son deuxième Tour de France, endosse le premier maillot jaune de sa carrière à l'issue de la 3e étape à Nantes.
  • Giuseppe Tacca, coureur engagé dans l'équipe internationale, débute le Tour de France avec la nationalité italienne, est naturalisé français en cours d'épreuve, le sous le nom de Pierre Tacca.

Étapes

Étape[16],[17],[18],[19] Date Villes étapes Distance (km) Vainqueur d’étape Leader du classement général
1re étapemer. 30 juinParis - Saint-CloudTrouville-sur-Mer
Étape de plaine
237 Gino Bartali Gino Bartali
2e étapejeu. 1er juilletTrouville-sur-MerDinard
Étape de plaine
259 Vincenzo Rossello Jan Engels
3e étapeven. 2 juilletDinardNantes
Étape de plaine
251 Guy Lapébie Louison Bobet
4e étapesam. 3 juilletNantesLa Rochelle
Étape de plaine
166 Jacques Pras Roger Lambrecht
5e étapedim. 4 juilletLa RochelleBordeaux
Étape de plaine
262 Raoul Rémy Roger Lambrecht
6e étapelun. 5 juilletBordeauxBiarritz
Étape de plaine
244 Louison Bobet Louison Bobet
mar. 6 juilletBiarritz
Jour de repos
Journée de repos no 1
7e étapemer. 7 juilletBiarritzLourdes
Étape de montagne
219 Gino Bartali Louison Bobet
8e étapejeu. 8 juilletLourdesToulouse
Étape de montagne
261 Gino Bartali Louison Bobet
ven. 9 juilletToulouse
Jour de repos
Journée de repos no 2
9e étapesam. 10 juilletToulouseMontpellier
Étape de plaine
246 Raymond Impanis Louison Bobet
10e étapedim. 11 juilletMontpellierMarseille
Étape de plaine
248 Raymond Impanis Louison Bobet
11e étapelun. 12 juilletMarseille San Remo (ITA)
Étape de plaine
245 Gino Sciardis Louison Bobet
12e étapemar. 13 juillet San Remo (ITA)Cannes
Étape de montagne
170 Louison Bobet Louison Bobet
mer. 14 juilletCannes
Jour de repos
Journée de repos no 3
13e étapejeu. 15 juilletCannesBriançon
Étape de montagne
274 Gino Bartali Louison Bobet
14e étapeven. 16 juilletBriançonAix-les-Bains
Étape de montagne
263 Gino Bartali Gino Bartali
sam. 17 juilletAix-les-Bains
Jour de repos
Journée de repos no 4
15e étapedim. 18 juilletAix-les-Bains Lausanne (SUI)
Étape de montagne
256 Gino Bartali Gino Bartali
16e étapelun. 19 juillet Lausanne (SUI)Mulhouse
Étape de montagne
243 Edward Van Dyck Gino Bartali
mar. 20 juilletMulhouse
Jour de repos
Journée de repos no 5
17e étapemer. 21 juilletMulhouseStrasbourg
Contre-la-montre individuel
120 Roger Lambrecht Gino Bartali
18e étapejeu. 22 juilletStrasbourgMetz
Étape de plaine
195 Giovanni Corrieri Gino Bartali
19e étapeven. 23 juilletMetz Liège (BEL)
Étape de plaine
249 Gino Bartali Gino Bartali
20e étapesam. 24 juillet Liège (BEL)Roubaix
Étape de plaine
228 Bernard Gauthier Gino Bartali
21e étapedim. 25 juilletRoubaixParis - Parc des Princes
Étape de plaine
286 Giovanni Corrieri Gino Bartali

Classements

Classement général final

Classement général[20]
  Coureur Pays Équipe Temps
1er Gino Bartali Leader du classement général Drapeau de l'Italie Italie Italie en 147 h 10 min 36 s
2e Briek Schotte Drapeau de la Belgique Belgique Belgique + 26 min 16 s
3e Guy Lapébie Drapeau de la France France Centre - Sud-Ouest + 28 min 48 s
4e Louison Bobet Drapeau de la France France France + 32 min 59 s
5e Jean Kirchen Drapeau du Luxembourg Luxembourg Pays-Bas / Luxembourg + 37 min 53 s
6e Lucien Teisseire Drapeau de la France France France + 40 min 17 s
7e Roger Lambrecht Drapeau de la Belgique Belgique Internationaux + 49 min 56 s
8e Fermo Camellini Drapeau de l'Italie Italie Internationaux + 51 min 36 s
9e Louis Thiétard Drapeau de la France France Paris + 55 min 23 s
10e Raymond Impanis Drapeau de la Belgique Belgique Belgique + 1 h 0 min 3 s
11e Stan Ockers Drapeau de la Belgique Belgique Belgique + 1 h 0 min 13 s
12e André Brulé Drapeau de la France France Paris + 1 h 2 min 30 s
13e Kléber Piot Drapeau de la France France Paris + 1 h 25 min 8 s
14e Edward Van Dyck Drapeau de la Belgique Belgique Belgique + 1 h 32 min 13 s
15e Raphaël Geminiani Drapeau de la France France Centre - Sud-Ouest + 1 h 39 min 49 s
16e Jean Robic Drapeau de la France France France + 1 h 41 min 26 s
17e René Vietto Drapeau de la France France France + 1 h 42 min 48 s
18e Édouard Klabinski Drapeau de la Pologne Pologne Internationaux + 1 h 45 min 30 s
19e Bruno Pasquini Drapeau de l'Italie Italie Italie + 1 h 48 min 50 s
20e Marcel Dupont Drapeau de la Belgique Belgique Aiglons belges + 1 h 59 min 47 s
21e Apo Lazaridès Drapeau de la France France France + 2 h 1 min 58 s
22e Jan Engels Drapeau de la Belgique Belgique Aiglons belges + 2 h 15 min 41 s
23e Raoul Rémy Drapeau de la France France Sud-Est + 2 h 15 min 59 s
24e Bernard Gauthier Drapeau de la France France Sud-Est + 2 h 34 min 19 s
25e Paul Giguet Drapeau de la France France France + 2 h 38 min 1 s

Classements annexes finals

Prix du meilleur grimpeur

Classement du Prix du meilleur grimpeur[16],[21]
  Coureur Pays Équipe Point(s)
1er Gino Bartali Leader du classement général Drapeau de l'Italie Italie Italie 62 points
2e Apo Lazaridès Drapeau de la France France France 43 pts
3e Jean Robic Drapeau de la France France France 38 pts
4e André Brulé Drapeau de la France France Paris 30 pts
5e Lucien Teisseire Drapeau de la France France France 28 pts
6e Louison Bobet Drapeau de la France France France 26 pts
7e Brik Schotte Drapeau de la Belgique Belgique Belgique 20 pts
8e Raphaël Geminiani Drapeau de la France France Centre - Sud-Ouest 17 pts
9e Roger Lambrecht Drapeau de la Belgique Belgique Internationaux 16 pts
10e Fermo Camellini
Stan Ockers
Drapeau de l'Italie Italie
Drapeau de la Belgique Belgique
Internationaux
Belgique
15 pts

Challenge international

Classement du Challenge international[16],[22]
  Équipe Pays Temps
1re Belgique Drapeau de la Belgique Belgique en 443 h 58 min 20 s
2e France Drapeau de la France France + 28 min 16 s
3e Paris Drapeau de la France France + 56 min 29 s
4e Internationaux + 1 h 0 min 30 s
5e Italie Drapeau de l'Italie Italie + 2 h 11 min 36 s
6e Centre - Sud-Ouest Drapeau de la France France + 2 h 24 min 51 s
7e Pays-Bas / Luxembourg Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas / Drapeau du Luxembourg Luxembourg + 5 h 27 min 1 s
8e Sud-Est Drapeau de la France France + 5 h 55 min 59 s
9e Nord-Est Drapeau de la France France + 7 h 32 min 53 s
10e Cadets italiens Drapeau de l'Italie Italie + 8 h 22 min 35 s

Évolution des classements

Évolution des leaders des classements par étape[23]
Étape Vainqueur Classement général
Leader du classement général
Classement de la montagne Challenge international
1 Gino Bartali Gino Bartali Non décerné Belgique
2 Vincenzo Rossello Jan Engels Aiglons belges
3 Guy Lapébie Louison Bobet France
4 Jacques Pras Roger Lambrecht Internationaux
5 Raoul Rémy
6 Louison Bobet Louison Bobet
7 Gino Bartali Bernard Gauthier France
8 Gino Bartali Jean Robic
9 Raymond Impanis
10 Raymond Impanis Internationaux
11 Gino Sciardis
12 Louison Bobet France
13 Gino Bartali
14 Gino Bartali Gino Bartali Gino Bartali
15 Gino Bartali
16 Edward Van Dyck
17 Roger Lambrecht Belgique
18 Giovanni Corrieri
19 Gino Bartali
20 Bernard Gauthier
21 Giovanni Corrieri
Classements finals Gino Bartali Gino Bartali Belgique

Liste des coureurs

Notes et références

Voir aussi

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