Trans World Airlines
ancienne compagnie aérienne américaine (1930-2001)
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Trans World Airlines, souvent abrégé TWA, est une ancienne compagnie aérienne américaine qui faisait partie des Big Four (les quatre grandes compagnies dont American Airlines, United Airlines et la défunte Eastern Air Lines).
| IATA | OACI | Indicatif d'appel |
|---|---|---|
| TW | TWA | TWA |
| Création | 1925 (comme Western Air Express) |
|---|---|
| Disparition | 2001 (fusionné avec American Airlines) |
| Basée à |
Aéroport international de Lambert-Saint Louis Aéroport international John-F.-Kennedy Aéroport international Hartsfield-Jackson d'Atlanta |
|---|---|
| Autres bases |
Aéroport international Luis-Muñoz-Marín Aéroport international de Los Angeles Aéroport international O'Hare de Chicago Aéroport Paris-Charles-de-Gaulle Aéroport international de Kansas City |
| Programme de fidélité | Aviators |
| Alliance | Oneworld |
| Taille de la flotte | 190 appareils |
| Nombre de destinations | 132 |
| Siège social |
|
| Société mère | Trans World Corporation (en) |
| Site web | www.twa.com |
| Société(s) précédente(s) |
Western Airlines Transcontinental Air Transport |
|---|---|
| Société(s) suivante(s) | American Airlines |
Elle a fusionné avec American Airlines en avril 2001.
Pendant des années son siège social était sur l'aéroport de Kansas City mais en 2001, sa plate-forme de correspondance principale est devenue l'aéroport international Lambert de Saint-Louis dans le Missouri.
Histoire

La compagnie a été créée le 13 juillet 1925 comme Western Air Express. En octobre 1930, elle fusionne avec Transcontinental Air Transport pour devenir Transcontinental and Western Air (T&WA)[1].
La compagnie s'est développée énormément sous l'influence d'Howard Hughes et de son directeur général Jack Frye, commençant les vols transatlantiques en 1946 et utilisant le nouveau Lockheed L-1049 Constellation. T&WA a été un des soutiens majeurs à la création de la Saudi Arabian Airlines. En 1950, la compagnie change de nom pour devenir Trans World Airlines (TWA).
Du milieu des années 1940 au début des années 1970, TWA est l'une des deux seules compagnies américaines à voler vers l'Europe (l'autre étant la Pan American World Airways). Son premier vol commercial transatlantique est inauguré en 1946. Elle a établi des routes de l'Europe à l'Asie pendant les années 1950 et 1960, allant à l'est jusqu'à Hong Kong. Au cours de la Transpacific Route de 1969, TWA a été autorisée à étendre son réseau sur l'océan Pacifique. TWA était la compagnie officielle de l'équipe de football américain des Rams de Saint-Louis et la compagnie peignit un casque des Rams sur l'un de ses Boeing 727.

En 1939, Howard Hughes devint le principal actionnaire de T&WA (alors Transcontinental & Western Air, Inc.). Il fut à l'origine du projet et le financement du Boeing Stratoliner et du Lockheed L-1049 Constellation qu'il acheta pour TWA. Lorsque le Constellation fut prêt pour son vol de test en 1944, Hughes fit peindre l'avion avec les couleurs rouges de TWA et vola, sans escale, à travers les États-Unis en battant le record de sept heures qu'il détenait déjà pour la traversée est-ouest du continent américain (depuis 1937). Bien que les vols réguliers n'étaient pas directs, le Constellation marqua une étape cruciale dans le service aérien qui permettait d'aller de côte à côte, réduisant la traversée des États-Unis d'environ huit heures[2].
L'ère de la réaction commença, et la compagnie, malgré les efforts de Hughes, ne put s'offrir un appareil à réaction[3].
Les excentricités croissantes de Hughes le firent démettre de son poste de président de TWA en 1961. Sous la nouvelle direction, elle acheta les hôtels Hilton. En 1969, les vols transatlantiques de TWA étaient plus nombreux que ceux de la Pan Am.
Son slogan publicitaire français fut pendant des années : « TWA vous ouvre la voie vers les USA ». Le slogan américain fut pendant des années : « Welcome to the world of Trans World Airlines » (« Bienvenue dans le monde de Trans World Airlines »)
En septembre 1985, le financier Carl Icahn, un des «raiders» les plus célèbres de l’époque, prend le contrôle de la TWA, mais est contraint à vendre six routes à American Airlines entre les États-Unis et Londres pour éponger une partie de la dette cumulées.
En 1990, la TWA vend des lignes transatlantiques à American Airlines[4],[5].
Engluée dans des difficultés financières, la TWA se place une première fois sous la protection de la loi américaine sur les faillites en 1992 (chapitre 11) et, l’année suivante, l'homme d'affaires Carl Icahn[6] démissionne.
En 1994, TWA boucle sa deuxième restructuration financière sous la protection de la loi américaine sur les faillites (chapitre 11). Ses activités étant surtout concentrées à cette époque sur les vols internationaux.
En 2000, la TWA se place pour une troisième fois sous le coup du chapitre 11 et ceci dans le but de faciliter son acquisition.
Début 2001, la TWA fait face à plus de 100 millions de dollars de créances à court terme (échéance mi-janvier) représentaient un mur de liquidités insurmontable. Sans cash immédiat, l'exploitation quotidienne (kérosène, salaires) devient alors impossible. La rentabilité de la TWA est également en chute libre car elle perd 115 millions de dollars sur un chiffre d'affaires de 2,74 milliards (marge nette d'environ -4,2 %). Pour la TWA, c'est un signal d'alarme critique, surtout avant d'attaquer la période hivernale, structurellement plus faible. De plus, la flotte (principalement 100 MD-80, 30 DC-9 âgés et 25 Boeing 757) est vieillissante et la réalité technique de la TWA à ce moment-là était une flotte gourmande en carburant et coûteuse en maintenance par rapport à ses concurrents comme American Airlines ou United Airlines[7].
La TWA emploie environ 20 000 personnes et exploite une flotte de 190 appareils exclusivement des Boeing à partir de son principal centre de correspondance de Saint-Louis (Missouri). La compagnie a transporté 26,4 millions de passagers en 2000[8].
American Airlines (via sa société mère, AMR Corp)[9] a racheté les actifs de la TWA en avril 2001 qui a déboursé environ 2 milliards de dollars pour acquérir la quasi-totalité de la compagnie, incluant la flotte, les routes aériennes et le centre de correspondance (hub) de l'aéroport de Saint-Louis[10],[11],[12].
Quelques mois seulement après le rachat par American Airlines, les attentats du 11 septembre ont frappé le secteur aérien de plein fouet. Cette crise mondiale a rendu l'intégration de la TWA encore plus complexe et douloureuse pour American Airlines, marquant la disparition définitive d'une icône qui avait dominé le ciel pendant des décennies.
Le nom "TWA" a officiellement disparu du ciel le 1er décembre 2001, lorsque le dernier vol TWA 220 sous ses propres couleurs, un MD-83 immatriculé N964TW a atterri à Saint Louis en provenance de Kansas city, mettant fin ainsi à une icone de l'aviation américaine[13].
L'intégration des 20 000 salariés de TWA au sein d'American Airlines est restée dans les mémoires comme un cas d'école socialement difficile. Contrairement à d'autres fusions, les employés de TWA ont été placés tout en bas de la liste d'ancienneté d'American Airlines, puis suite à l'effondrement du trafic aérien post attentat du 11 septembre 2001, en vertu de la règle "dernier entré, premier sorti", les anciens de TWA ont été les premiers licenciés par American Airlines. Enfin, pour des pilotes ou des hôtesses ayant 20 ou 30 ans de carrière chez TWA, se retrouver soudainement sans emploi ou avec un salaire de débutant a été vécu comme une profonde injustice[14],[15].
Concernant la plateforme de correspondances de Saint-Louis, face à la crise du secteur post attentat 2001 et à la redondance avec le hub American Airlines de Chicago (très proche géographiquement), American Airlines a progressivement réduit la voilure. Pourtant, au moment du rachat, American Airlines affirmait vouloir faire de Saint-Louis son troisième grand hub national après Dallas et Chicago.
L'éternel hommage à la TWA
Le mythique TWA Flight Center de l'aéroport JFK à New York, chef-d'œuvre architectural d'Eero Saarinen, chef-d'œuvre de l'architecture moderne, avec ses lignes futuristes et ses courbes audacieuses qui a été inauguré en 1962, a été sauvé de la démolition.
Après des années d'abandon suite à la faillite, il a été transformé en un hôtel de luxe, le TWA Hotel qui préserve l'esthétique "Space Age" des années 1960. Il sert aujourd'hui de véritable capsule temporelle, célébrant l'âge d'or de l'aviation et l'héritage de la Trans World Airlines.
La TWA et le cinéma
En 1960, la première projection cinématographique au monde lors d'un vol est proposée par Trans World Airlines en première classe, il s'agit du film Procès de singe[16].
La compagnie apparaît dans le film Jarhead de Sam Mendes sorti en 2004, comme étant la compagnie aérienne qui transporte les troupes américaines pendant la guerre du Golfe.
L'homme d'affaires et longtemps propriétaire de la TWA, Carl Icahn, le raider sans états d'âme a inspiré le premier rôle du film, du réalisateur américain Oliver Stone, "Wall Street" sorti en 1987[17].
Les logotypes de la TWA au travers du temps
Accidents et incidents majeurs (attentats, détournements...)

Le 31 août 1950. un Lockheed L-749A Constellation de la TWA (vol TWA 903) a quitté l'aéroport du Caire à 23h35 pour Rome avec 55 personnes à bord (48 passagers et sept membres d'équipage). Suite à un feu moteur, ce dernier s'est désolidarisé de l'avion, forçant l'équipage à tenter un atterrissage forcé dans le désert. L'avion de ligne s'est écrasé près du village d' Itay El Barud (Egypte) au bord du désert occidental, tuant les 55 personnes à bord sur le coup.

Le 30 juin 1956, une collision aérienne au Grand Canyon intervient entre deux avions qui traversaient un nuage, un DC-7 de United Airlines de couleurs bleu et blanc (vol UAL 718) entrant en montée de Los Angeles dans le nuage et un Lockheed L-1049 Super Constellation immatriculé N6902C de la TWA (Vol TWA 002). L'avion DC7 remonte la queue pour effectuer une descente d'urgence d'évitement, mais les deux avions sont déjà trop proche. La collision est donc inévitable. Les deux avions ont décollé de l'aéroport international de Los Angeles à quelques minutes d'intervalle : le DC-7, assurant le vol United Airlines 718, doit rejoindre Chicago ; tandis que le Constellation, assurant le vol TWA 2, est à destination de Kansas City, dans le Missouri. L'accident fait 128 morts (dont 70 pour la TWA)[18].

Le 23 novembre 1964, un Boeing 707-300 immatriculé N769TW de la TWA (vol TWA 800) s'est écrasé au décollage de la piste 25 de l'aéroport Léonard-de-Vinci de Rome Fiumicino, en Italie faisant 50 morts parmi les 73 passagers et membres d'équipage présents à bord. L'avion prit feu après avoir interrompu son décollage, en heurtant un rouleau compresseur circulant près du seuil de piste. La cause de l'accident est la panne de l’inverseur de poussée du moteur no 2[19].
Le 9 mars 1967, le vol TWA 553 assuré par un Douglas DC-9 effectuant la liaison entre New York et Chicago, avec plusieurs escales prévues à Harrisburg et Pittsburgh, en Pennsylvanie, et à Dayton, dans l'Ohio, a subi une collision en vol avec un Beechcraft Baron, un petit avion de l'aviation générale, à proximité d'Urbana, dans l'Ohio. Les 25 personnes à bord du DC-9 et le seul occupant du Beechcraft ont tous été tués dans l'accident.
Le 9 mars 1967, alors qu'il était en approche vers Dayton, à environ 29 miles (47 km) de l'aéroport, l'appareil Douglas DC-9 (vol TWA 553) a subi une collision en vol avec un Beechcraft Baron, un petit avion de l'aviation générale, à proximité d'Urbana, dans l'Ohio. Les 25 personnes à bord du DC-9 et le seul occupant du Beechcraft ont tous été tués dans l'accident.
Le 29 janvier 1972, le Boeing 707 opérant le vol TWA 002 entre l'aéroport international de Los Angeles et celui de New York est détourné par le pirate de l'air Garrett Brock Trapnell (en) (qui avait dissimulé un pistolet automatique calibre 45 dans un plâtre moulé sur son bras) alors qu'il survole les environs de Chicago. L'avion atterrit à New York et après des négociations infructueuses avec le FBI, deux agents du FBI font alors leur entrée dans l'avion se faisant passer pour des membres d'équipage. Le pirate est alors désarmé et arrêté.
Le , une bombe placée à bord du Boeing 707 de la TWA immatriculé N8734, effectuant le vol TWA 841 explose, détruisant l'appareil au-dessus de la Mer Ionienne, à l'ouest de la Grèce. L'avion de la TWA assurait un vol international de passagers opérant sur la ligne Tel Aviv - New York, via Athènes et Rome[20]. Les 88 personnes à bord meurent dans l'attentat. L'attentat fut revendiqué par des groupes extrémistes palestiniens.
Le 1er décembre 1974, un Boeing 727 immatriculé N54328, effectuant le vol TWA 514, un vol intérieur régulier entre Indianapolis et Washington, avec une escale prévue à Columbus, s'est écrasé en approche de l'aéroport de Washington (Dulles) avec des conditions météorologiques extrêmes, avec des vents violents, de la neige et de la pluie, à Mount Weather, en Virginie, ne laissant aucun survivant parmi les 85 passagers et 7 membres d'équipage à bord. Le crash de l'avion venu percuter le versant ouest du Mount Weather est dû à une erreur du contrôle aérien et une erreur de pilotage.
Un McDonnell Douglas DC-9 (vol TWA 541) est détourné le 21 décembre 1978 par la fille d'une femme tuée en détournant un hélicoptère pour libérer un prisonnier fédéral, incarcéré pour avoir détourné un autre vol de la TWA le 29 janvier 1972 entre Los Angeles et New-York..
Le 4 avril 1979, un Boeing 727-31, immatriculé N840TW (vol TWA 841) décolle avec 82 passagers et 7 membres d'équipage, de l'aéroport international JFK à destination de Minneapolis, entama un brusque tonneau vers la droite et entra ensuite dans un plongeon en spirale vers le sol. Les pilotes parvinrent toutefois à reprendre le contrôle de l'avion et réalisèrent un atterrissage d'urgence réussi sur l'aéroport métropolitain de Détroit. Il n'y a eu que quelques blessés légers et l'avion put être réparé et reprendre du service un mois plus tard. la nature de l'incident et ses causes font du cas de ce vol, un évènement très particulier dans l'histoire de l'aéronautique civile[21],[22].
Le 14 juin 1985, le vol TWA 847, parti du Caire pour San Diego avec 149 personnes à son bord, s’envole d’Athènes où il a fait escale. Peu après le décollage, deux hommes libanais, proches du Hezbollah, armés d’un pistolet et de deux grenades s’attaquent aux membres d'équipages et détournent le Boeing 727 vers Beyrouth. Les deux pirates de l’air exigent la libération de plus de 700 chiites emprisonnés en Israël. La prise d’otages est d’une violence inouïe. Grâce au sang-froid de l’hôtesse Uli Derickson et du capitaine John Testrake, la prise d’otages s’acheve avec un seul mort, un passager, militaire américain abattu d'une balle dans la tête[23].

Le 30 juillet 1992, le vol TWA 843, un vol intérieur régulier assuré par un Lockheed L-1011 TriStar immatriculé N1102, entre l'aéroport international de New York - John-F.-Kennedy et l'aéroport international de San Francisco, s'est écrasé après une violente sortie de piste, à la suite de l'interruption du décollage en raison d'une fausse alarme de décrochage. Malgré l'incendie intense qui a suivi l'accident, l'équipage a pu évacuer les 280 passagers de l'avion. Il n'y a eu aucune victime, et seulement une dizaine de passagers blessés parmi les 292 occupants de l'appareil, bien que l'avion ait été en grande partie détruit par le feu. Les causes sont dues à un dysfonctionnement de l'alarme de décrochage, d'une erreur de pilotage et d'une erreur de maintenance.

Le 17 juillet 1996[24], un Boeing 747 immatriculé N93119 [25]de la TWA décollant de New-York à destination de Rome via Paris (vol TWA 800) explose au large de Long-Island faisant 230 morts dont 42 français[26] et ceci 48 heures avant la cérémonie d'ouverture des JO d'Atlanta. La thèse de l'attentat est de suite écartée par les autorités américaines. La défaillance technique au niveau du réservoir central est confirmer[27]. En 2013, six anciens enquêteurs officiels de la catastrophe du vol 800 de TWA remettent en cause la thèse de l'accident selon laquelle un missile, tiré par erreur par la marine américaine ou par un groupe terroriste, a touché l'avion, deux jours avant les Jeux Olympiques organisés dans le pays[28],[29]. Huit jours après l'explosion, eu lien l'attentat des JO d'Atlanta[30]. Le Bureau national américain de la sécurité du transport (NTSB) a annoncé en juillet 2014 qu'il ne rouvrirait pas son enquête sur l'explosion en vol du Boeing 747 de 1996[31].
Galerie photographique
- Northrop Delta 1A
- DC-1 dans les années 1930 à San Diego
- DC-2 années 1930
- Boeing 307
- Lockheed L-049 Constellation
- Boeing 307
- DC-3 dans les années 1940
- Lockheed 12A
- Martin 202A en 1957
- Lockheed L-1049G Super Constellation en 1959
- Lockheed L-049 Constellation
- Convair CV-880 en 1966
- DC-9 en 1967
- Boeing 707
- Lockheed TriStar
- Boeing 727 en 1980
- Boeing 707 en 1981
- Boeing 767 en 1984
- Lockheed TriStar 1011
- MD-80 en 2007
- Boeing 747 en 1989
- Boeing 727 en 1992
- MD-82 en 2000
- Boeing 757 en 2001
- Boeing 737 d'American Airlines aux couleurs TWA