Wall Street (film)
film d'Oliver Stone, sorti en 1987
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Wall Street est un film américain réalisé par Oliver Stone et sorti en 1987. Il met en scène Michael Douglas, Charlie Sheen, Daryl Hannah et Martin Sheen dans les rôles principaux.
Oliver Stone
Charlie Sheen
Daryl Hannah
Martin Sheen
| Réalisation | Oliver Stone |
|---|---|
| Scénario |
Stanley Weiser Oliver Stone |
| Musique | Stewart Copeland |
| Acteurs principaux |
Michael Douglas Charlie Sheen Daryl Hannah Martin Sheen |
| Sociétés de production |
20th Century Fox American Entertainment Partners L.P. Amercent Films |
| Pays de production |
|
| Genre | drame |
| Durée | 121 minutes |
| Sortie | 1987 |
Série
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Le thème du film est la finance et ses dérives. Il s'inspire d'un épisode célèbre de l'histoire financière américaine. Le jeune Bud Fox, courtier dans une banque d'affaires de Wall Street, est attiré par l'univers illégal et lucratif de l'espionnage industriel. Grisé par le pouvoir, la position sociale et le génie financier de Gordon Gekko, Fox ne tarde pas à comprendre que le prix est chèrement payé pour tout cet argent facile.
Le personnage de Gekko est censé être composé de plusieurs personnes, incluant Owen Morrisey, Dennis Levine (en), Ivan Boesky, Carl Icahn, Asher Edelman (en), Michael Ovitz, Michael Milken et Lou Stone, père du réalisateur. Le personnage de Sir Lawrence Wildman est basé sur le financier britannique Sir James Goldsmith.
Le film est salué par la critique. Michael Douglas remporte notamment l'Oscar du meilleur acteur. Le film connait une suite tardive, Wall Street : L'argent ne dort jamais, sortie en 2010.
Synopsis
En 1985, Bud Fox (Charlie Sheen), issu d'un milieu ouvrier et fraîchement diplômé de la New York University, est un courtier en bourse junior dans la banque d'affaires Jackson Steinem & Co. à Wall Street. Il a un fort désir d’arriver rapidement au sommet et d'égaler les maîtres de la haute finance. Il souhaite travailler avec son héros, Gordon Gekko (Michael Douglas), un investisseur légendaire de Wall Street. Pour cela, il appelle le bureau de Gekko 59 fois pour tenter d'avoir un rendez-vous avec lui, il arrive à le convaincre en venant lui rendre visite le jour de son anniversaire avec sa marque de cigare de contrebande favorite, Davidoff de Cuba. Impressionné par son culot, Gekko lui accorde un entretien. Bud lui propose ses actions mais Gekko n'est pas impressionné. Désespéré, celui-ci va dès lors profiter de la naïveté de Bud pour lui soutirer des informations sur la Bluestar Airlines que Bud a apprises de son père lors d'une conversation banale avec Carl, le leader du syndicat des techniciens de maintenance de l'entreprise. Intrigué, Gekko lui dit qu'il va y penser. Un Bud dégoûté sort de son bureau. Cependant Gekko prend des actions de la Bluestar et devient un des clients de Bud. Gekko donne à Bud du capital à gérer. Mais les autres actions prises par Bud perdent de l'argent.
Gekko offre une nouvelle chance à Bud en lui demandant d'espionner le PDG britannique Sir Lawrence Wildman pour tenter de découvrir ses futurs investissements. Bud apprend que Wildman est en train d'investir dans une aciérie. Grâce à l'espionnage de Bud, Gekko gagne de l'argent et Wildman est obligé d'acheter à Gekko ses actions pour compléter sa participation.
Bud devient riche et profite des avantages promis par Gekko, notamment un appartement sur le toit de l'Upper East Side à Manhattan et une petite amie, la décoratrice Darien. Bud est promu en raison des importantes commissions qu'il perçoit et se voit attribuer un bureau avec une secrétaire. Il continue à rassembler un maximum d'informations privilégiées, certaines obtenues par l'intermédiaire de la compagnie de ménage dans laquelle il a investi, et à utiliser ses amis comme acheteurs de paille pour gagner encore plus de revenus pour lui et Gekko. À l'insu de Bud, plusieurs de ses transactions attirent l'attention de la SEC (Securities and Exchange Commission).
Bud apporte une nouvelle idée à Gekko, acheter la Bluestar Airlines pour développer la compagnie, avec Bud comme président. Pour améliorer sa productivité, il suggère de demander des concessions salariales aux syndicats et des liquidités issues des fonds de retraite. Mais Bud échoue à convaincre son père de l'aider lui et Gekko à persuader les syndicats d'accepter la transaction. Peu de temps après, Bud apprend que Gekko prévoit de détruire la compagnie en vendant tous les actifs de la Bluestar pour pouvoir disposer de l'argent des fonds de retraite, mettant Carl et tout le personnel au chômage. Bien que cela fasse de Bud un homme très riche, il est en colère contre Gekko d'avoir été manipulé et de servir d'accessoire aux démantèlements de la Bluestar, surtout après que son père a été victime d'une crise cardiaque. Bud se résout à faire échouer les plans de Gekko et rompt avec Darien lorsque cette dernière refuse de contrer Gekko, son ancien amant.
Bud va dénoncer Gekko à la SEC. Lui-même impliqué dans un contentieux avec l'administration fédérale américaine en raison de ses activités financières illégales passées et encourant une peine de prison ferme, il se présente devant la justice à la fin du film.
Fiche technique
Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par les bases de données cinématographiques IMDb et Allociné, présentes dans la section « Liens externes ».
- Titre : Wall Street
- Réalisation : Oliver Stone
- Scénario : Stanley Weiser et Oliver Stone
- Musique : Stewart Copeland
- Photographie : Robert Richardson
- Montage : Claire Simpson
- Décors : Stephen Hendrickson
- Costumes : Ellen Mirojnick
- Production : Edward R. Pressman, A. Kitman Ho et Michael Flynn
- Sociétés de production : 20th Century Fox, American Entertainment Partners L.P. et Amercent Films
- Distribution : 20th Century Fox
- Budget : 16 millions de dollars[1]
- Pays de production :
États-Unis - Langue originale : anglais
- Format : Couleurs - 1,85:1 - son Dolby - 35 mm
- Genre : drame
- Durée : 121 minutes
- Dates de sortie[2] :
- États-Unis :
- France :
- Classification[3] :
Distribution
- Michael Douglas (VF : Jean Barney) : Gordon Gekko
- Charlie Sheen (VF : Patrick Poivey) : Bud Fox
- Daryl Hannah (VF : Michèle Bardollet) : Darien Taylor
- Martin Sheen (VF : Serge Sauvion) : Carl Fox
- John C. McGinley (VF : Dominique Collignon-Maurin) : Marvin
- James Spader (VF : William Coryn) : Roger Barnes
- Saul Rubinek (VF : Bernard Tixier) : Harold Salt
- Sean Young : Kate Gekko
- Sean Stone : Rudy Gekko
- Franklin Cover (VF : Jacques Brunet) : Dan
- Terence Stamp (VF : Michel Bardinet) : Sir Larry Wildman
- Hal Holbrook (VF : Jean-François Laley) : Lou Mannheim
- James Karen (VF : Michel Beaune) : Lynch
- Richard Dysart (VF : Michel Gudin) : Cromwell
- Sylvia Miles (VF : Perrette Pradier) : Dolores l'agent immobilier
- Josh Mostel (VF : Roger Lumont) : Ollie
- Frank Adonis (VF : Michel Vigné) : Charlie
- John Capodice : Dominick
- Paul Guilfoyle : Stone Livingston
- Annie McEnroe : Muffie Livingston
- Leslie Lyles (en) : Natalie
- Millie Perkins : Mme Fox
- Lauren Tom : une courtière
- Grant Shaud : un jeune courtier
- Liliane Montevecchi : une femme au Cirque
- Tamara Tunie : Carolyn
- Anna Levine : une femme dans l'ascenseur
- Pat Skipper : l'inspecteur postal
- Andrea Thompson : une prostituée
- Monique van Vooren : une femme au club 21
- Oliver Stone : un trader (caméo)
Production
Genèse du projet
Après le succès de Platoon, sorti en 1986, Oliver Stone souhaite collaborer avec le scénariste Stanley Weiser sur un projet inspiré des scandales sur les jeux télévisés, notamment Twenty-One, dans les années 1950 aux États-Unis[4]. Durant une réunion d'écriture, Stone suggère de faire plutôt un film sur Wall Street, dans lequel deux amis se lanceraient dans un partenariat financier, dans la veine du roman Crime et Châtiment de Fiodor Dostoïevski[4]. Il avait déjà eu cette idée dès 1981[5], en s'inspirant de son père Lou Stone, courtier chez Hayden, Stone & Co. durant la Grande Dépression[6]. Oliver Stone demande alors à Stanley Weiser de lire Crime et Châtiment et Gatsby le Magnifique, mais ils ne parviennent pas à s'en inspirer pour écrire leur script. Weiser, qui ne connait pas grand-chose du monde de la finance, décide alors de se lancer dans d'importantes recherches. De plus, Stone et lui passent plusieurs semaines dans des institutions financières et à interviewer des investisseurs[4].
Stanley Weiser écrit alors un premier jet intitulé Greed (avidité en français), réécrit ensuite par Stone. À l'origine, le personnage principal était un courtier juif nommé Freddie Goldsmith, mais Stone souhaite éviter le cliché des juifs qui contrôlent la finance[5]. Pour le personnage de Gordon Gekko, ils s'inspirent de vrais traders comme Owen Morrisey, Ivan Boesky, Dennis Levine ou d'hommes d'affaires comme Carl Icahn, Asher Edelman, Michael Ovitz[4], ... Selon le producteur Edward R. Pressman, le personnage de Gekko n'était à l'origine qu'un personnage fictif, mais il se rapproche de Michael Milken, un banquier rendu célèbre par la crise des Savings and loan en 1987. Il ajoute le personnage de Sir Larry Wildman qui s'inspire de James Goldsmith[7].
Attribution des rôles
Oliver Stone a rencontré Tom Cruise, intéressé par le rôle de Bud Fox. Cependant, le réalisateur avait déjà porté son choix sur Charlie Sheen, qu'il avait dirigé dans Platoon. Stone et Cruise tourneront finalement ensemble deux ans plus tard dans Né un 4 juillet[8].
Pour interpréter Gordon Gekko, le studio voulait Warren Beatty alors que le cinéaste avait tout d'abord pensé à Richard Gere. Aucun des deux n'est finalement d'accord, et Stone décide finalement de rencontrer Michael Douglas, contre l'avis de beaucoup de personnes à Hollywood : « J'ai été averti par tout le monde à Hollywood que Michael ne savait pas jouer, qu'il était un producteur plus qu'un acteur et qu'il passait tout son temps dans sa caravane au téléphone »[5].
Pour le rôle de Carl Fox, le père de Bud, Oliver Stone laissa le choix à Charlie Sheen de choisir entre Jack Lemmon et Martin Sheen. Charlie choisit bien entendu son propre père[9].
Oliver Stone fait une petite apparition dans une scène à la bourse où l'on peut le voir au téléphone. Son fils Sean incarne quant à lui Rudy Gekko.
Tournage
Le tournage a lieu du au . Il se déroule à New York, surtout à Manhattan[10], ainsi qu'à Snowbird dans l'Utah[11].
Musique
La musique du film est composée par Stewart Copeland. Ses compositions sont édités en LP record en 1988, puis en CD en 1993. L'album contient également 5 titres composés pour le film Conversations nocturnes, film suivant d'Oliver Stone[12],[13]. Antônio Carlos Jobim a également composé de la musique additionnelle.
| Liste des titres | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| No | Titre | Durée | |||||||
| 1. | Kent: Unpredictable (tiré de Conversations nocturnes) | 2:18 | |||||||
| 2. | Dietz: Just Come Right in Here, Denise (tiré de Conversations nocturnes) | 3:07 | |||||||
| 3. | TLKa: We Know Where You Live (tiré de Conversations nocturnes) | 3:52 | |||||||
| 4. | Tick: We Feel Too Much (tiré de Conversations nocturnes) | 2:48 | |||||||
| 5. | Trend: He Has Heart (tiré de Conversations nocturnes) | 3:12 | |||||||
| 6. | Bud's Scam | 2:51 | |||||||
| 7. | Are You with Me? | 1:15 | |||||||
| 8. | Trading Begins | 2:25 | |||||||
| 9. | The Tall Weeds | 3:04 | |||||||
| 10. | Break-Up (Darian) | 2:03 | |||||||
| 11. | Anacott Steal | 2:54 | |||||||
| 12. | End Title Theme | 1:09 | |||||||
- Autre chansons présentes dans le film
- Fly Me to the Moon, interprété par Frank Sinatra
- America Is Waiting, interprété par David Byrne et Brian Eno
- Mea Culpa, interprété par David Byrne et Brian Eno
- Desafinado, interprété par Stan Getz
- Quiet Nights of Quiet Stars (Corcoyado), interprété par Stan Getz
- Midnight Motion, interprété par Kenny G
- Burning Guitar, interprété par Dave Alvin et Steve Berlin (en)
- Rigoletto, interprété par Callas Gobra De Steffano
- Moonlight Magic, composé par Alan Moorehouse
- This Must Be the Place (Naive Melody), interprété par les Talking Heads
- Happy Birthday to You, composé par Patti S. Hill et Mildred J. Hill
Accueil
Critique
Le film reçoit globalement de bonnes critiques. Sur le site d'agrégation de critiques Rotten Tomatoes, le film obtient 78% d'avis favorables, pour 64 critiques. Le consensus suivant résumé les avis collectés : « Avec Wall Street, Oliver Stone livre une diatribe sans détour mais efficace – et superbement interprétée – contre la vénération de l'avidité comme moyen d'atteindre ses propres fins, propre à son époque[14]. » Sur le site Metacritic, qui utilise une moyenne pondérée, le film obtient la note de 56⁄100 pour 16 critiques[15].
Dans son article pour The New York Times, Vincent Canby est assez critique envers le film dans son ensemble mais salue la performance de Michael Douglas comme étant « la plus drôle et la plus astucieuse de sa carrière[16]. » Roger Ebert du Chicago Sun-Times attribue au film la note de 3.5⁄4 et loue le long métrage pour avoir rendu « toutes les manœuvres financières complexes et convaincantes, tout en leur conférant une cohérence. Le film est accessible à tous, car les détails de la manipulation boursière sont présentés sous un jour totalement transparent, imprégné d'avidité. La plupart du temps, on comprend ce qui se passe. Et tout le temps, on en comprend les raisons[17]. » Richard Corliss du magazine Time écrit « Cette fois-ci, il se démène comme un beau diable pour n'aboutir à rien, tel un triathlète sur un tapis roulant. Mais tant qu'il maintient ses joueurs dans un mouvement perpétuel et vénal, c'est un spectacle à la fois fascinant et effrayant de le voir s'entraîner[18]. » Dans The Globe and Mail, Jay Scott fait l'éloge de la performance des deux acteurs principaux « Mais l'interprétation de Gordon Gekko par Douglas est un triomphe onctueux et, dans le rôle du jeune homme que Gekko pense avoir trouvé en Fox [...] Charlie Sheen évolue de manière convaincante d'un enfant capitaliste enthousiaste à un adolescent rusé prédateur d'entreprises, puis à un adulte moralement horrifié[19]. » Rita Kempley de The Washington Post trouve que le film « est à son plus faible lorsqu'il prêche visuellement ou verbalement. Stone ne fait pas confiance à la trame narrative traditionnelle, complétant la morale évidente par de nombreux discours moralisateurs[20] ». F. F. Mormani de The Objective Standard qualifie le film de « mitigé » car il « dépeint avec justesse certains aspects du monde de la finance tout en le diabolisant injustement. Mais il est suffisamment stimulant et philosophique pour qu'on puisse le regarder ou le revoir[21]. »
Michael Douglas remporte l'Oscar du meilleur acteur et remercie Oliver Stone de lui avoir confié « un rôle que presque personne ne pensait que je pouvais jouer »[22]. Sa partenaire Daryl Hannah obtient quant à elle le prix de la pire actrice aux 8e cérémonie des Razzie Awards 1988, faisant de Wall Street le seul film à avoir remporté à la fois un Oscar et un Razzie[23].
Box office
Le film enregistre 43,8 millions de dollars au box office américain pour un budget de 15 millions. En France, il totalise 1 175 866 millions d'entrées, ce qui en fait le 23e meilleur résultat au box-office France 1988.
Autour du film
- Anacott Steel, une des compagnies fictives du film, était également le nom d'une équipe de football américain semi-pro de Plein la gueule de Robert Aldrich (1974).
- Le personnage principal, Gordon Gekko, porte un nom qui fait référence à un type de lézard, le Gekko. Ce lézard apparaît 2 fois dans le film sous forme de figurine, une première fois dans l'appartement de Bud Fox, une seconde dans son entreprise de courtage en bourse. On peut le voir comme une allégorie du cerveau reptilien.
- Le personnage de Gordon Gekko est cité dans le film Le Loup de Wall Street (2013).
- Un léger anachronisme s'est glissé dans le script : au début du film, le personnage de Marvin évoque l'accident de la navette Challenger qui a eu lieu en 1986. Or le film est censé se dérouler en 1985, un an avant cet événement.
Récompenses
- Oscar du meilleur acteur pour Michael Douglas en 1988[27].
- Prix David di Donatello du meilleur acteur étranger pour Michael Douglas en 1988.
- Golden Globe du meilleur acteur pour Michael Douglas en 1988.
- Prix du meilleur acteur pour Michael Douglas lors des Kansas City Film Critics Circle Awards 1988.
- Prix du meilleur acteur international pour Michael Douglas lors des Jupiter Award en 1988.
Suite
En 2007, The New York Times rapporte qu'une suite, sous-titrée Money Never Sleeps, est en préproduction[28]. Michael Douglas est annoncé pou reprendre son rôle de Gordon Gekko[28]. Charlie Sheen est confirmé pour reprendre son rôle de Bud Fox, mais uniquement pour un caméo[29],[30].
En , 20th Century Fox confirme le développement de la suite et l'implication d'Oliver Stone[31]. Peu après, Shia LaBeouf et Josh Brolin sont annoncés[32]. Le film sort en et reçoit des critiques mitigées[33].