Tudella
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Tudella est le nom bas latin d'un ancien lieu-dit de la rive droite du vieux Paris, mentionné au Bas Moyen Âge dans le cartulaire de l'évêché de Paris citant un hypothétique diplôme carolingien. La juridiction épiscopale en a revendiqué la propriété jusqu'aux Temps modernes pour argumenter son opposition au pouvoir royal. Grand enclos proche de Saint-Merri mais appartenant au monastère de Saint-Germain-l'Auxerrois ou immense marais mis en culture s'étendant jusqu'à Chaillot et inclus dans la censive du suffragant de Paris, son identification, tant au point de vue géographique que juridique, reste débattue dans le cadre de controverses remettant en cause la vision traditionnelle de l'histoire de Paris.
La mention de Tudella n'apparaît dans les archives qu'en de rares occurrences mais c'est toujours en citant le même texte qui se lit encore aujourd'hui tel qu'il a été copié, ou forgé[1], à la fin du XIIe siècle à partir d'un manuscrit de la fin du XIe siècle. Daté du , Louis le Pieux régnant, ce texte comporte la phrase suivante :
« Precepimus etiam atque jubemus ut de regali via ex parte Sancti Germani a Sancto Mederico usque ad locum qui vocatur Tudella in ruga Sancti Germani neque in aliis minoribus viis que tendunt ad monasterium ejusdem prenominati Sancti Germani ullus missus dominicus aliquam judicariam potestatem exerceat neque aliquem censum neque ripaticum, neque foraticum neque ullum teloneum recipiat. »
— Data XIIII kal. novembris anno Christio propitio VII imperii dominini Hludovnici piissimi imperatoris. Actum Aquisgrani palatii publiciter in Dei nomine feliciter. Amen[2].
« Nous commandons et aussi ordonnons que depuis la voie royale allant de Saint-Germain à partir de Saint-Merri jusqu'au lieu qu'on appelle Tudelle dans la rue Saint-Germain, ainsi que dans les autres petits chemins qui vont au monastère du même nom de Saint-Germain, aucun commissaire seigneurial n'exerce aucun pouvoir judiciaire, ni ne perçoive aucun cens, ni taxe d'amarrage, ni afforage, ni aucun tonlieu. »
Ou bien[3], à la virgule près, « Nous commandons et aussi ordonnons que depuis la voie royale allant de Saint-Germain à partir de Saint-Merri jusqu'au lieu qu'on appelle Tudelle, dans la rue Saint-Germain, ainsi que dans les autres petits chemins qui vont au monastère du même nom de Saint-Germain, aucun commissaire seigneurial n'exerce aucun pouvoir judiciaire, ni ne perçoive aucun cens, ni taxe d'amarrage, ni afforage, ni aucun tonlieu. »
Le diplôme est signé « Durandus ad vicem Fridugisi », c'est-à-dire « Durand p/o Frédegis ». Ce diacre, qui commença sa carrière sous la direction d'Hélisachar et la termina sous celle de Théoton, avec lequel il fut peut être tué en juin 834, était un des sept notaires qui, à cette date, officiaient à la chancellerie de l'Empire[4].