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USS Gerald R. Ford (CVN-78)

porte-avions de la marine des États-Unis From Wikipedia, the free encyclopedia

L'USS Gerald R. Ford (CVN-78) est un porte-avions de la marine américaine. Il est la première unité de la classe Gerald R. Ford qui doit progressivement remplacer les bâtiments de la classe Nimitz. Il est l'un des 11 porte-avions géants de l'US Navy. Dévoilé le par communiqué[5] du secrétaire à la Marine, Donald C. Winter, ce bâtiment porte le nom du 38e président des États-Unis, Gerald R. Ford, qui a combattu durant la Seconde Guerre mondiale à bord du porte-avions USS Monterey dans le théâtre du Pacifique en terminant sa carrière avec le grade de lieutenant-commander[note 2].

Faits en bref Type, Classe ...
USS Gerald R. Ford (CVN-78)
illustration de USS Gerald R. Ford (CVN-78)
Le Gerald R. Ford le .

Type Porte-avions de la classe Gerald R. Ford
Classe Classe Gerald R. FordVoir et modifier les données sur Wikidata
Histoire
A servi dans Drapeau de l'United States Navy United States Navy
Chantier naval Chantier naval Northrop Grumman de Newport NewsVoir et modifier les données sur Wikidata (Newport NewsVoir et modifier les données sur Wikidata)
Commandé [1]
Quille posée [1]
Lancement [1],[note 1]
Armé
Statut En service
Équipage
Équipage 508 officiers et 3 789 membres d'équipage[1]
Caractéristiques techniques
Longueur 1 092 pieds (332,8 m) au maximum[1]
Maître-bau 256 pieds (78 m)[2]
Tirant d'eau 39 pieds (11,9 m) au maximum en navigation[1]
Tirant d'air 250 pieds (76,2 m)
Déplacement 112 000 tonnes
Propulsion 2 réacteurs nucléaires A1B (Bechtel Marine Propulsion Corporation)
4 arbres d'hélice
Vitesse > 30 nœuds (55,6 km/h)
Caractéristiques militaires
Armement Lanceur de missiles surface-air RIM-116 Rolling Airframe Missile


2 lanceurs AIM-7 Evolved Sea Sparrow
3 systèmes d'armes de défense rapprochée Phalanx CIWS
Torpilles antitorpilles Surface Ship Torpedo Defense[3],[4].

Rayon d'action Illimité quant à la propulsion
Carrière
Pavillon États-Unis
Indicatif CVN-78
Insigne du 'Gerald R. Ford
MMSI 338803000Voir et modifier les données sur Wikidata
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Le Gerald R. Ford en opération conjointe avec le TCG Anatolie (L400).

Lancé en 2013, il était prévu que le Gerald R. Ford soit livré en 2015 afin de remplacer assez vite l'USS Enterprise (CVN-65), le premier porte-avions à propulsion nucléaire de l'Histoire, qui a été retiré du service en après 51 années de service[6],[7]. Le Gerald R. Ford fut finalement livré en 2017 et sa première mission a eu lieu en 2022 en embarquant le Carrier Air Wing Eight[8], dans la zone de responsabilité de la 2e Flotte de la marine américaine, dans l’océan Atlantique ainsi que dans l'océan Arctique.

Choix du nom

Le futur président Gerald R. Ford pris en photographie en 1945 alors qu'il était en service dans l'US Navy.

En 2006, alors que Gerald Ford était encore en vie, le sénateur de Virginie John Warner proposa de modifier le National Defense Authorization Act de 2007 autorisant la construction du navire afin de proposer qu'il soit nommé USS Gerald Ford. La décision finale fut signée par le président Bush le qui déclara par ailleurs que le porte-avions « pourrait être nommé USS Gerald R. Ford »[note 3],[9],[10]. Il ne s'agissait alors que d'une suggestion l'attribution du nom du bâtiment n'étant décidée que par l'US Navy.

Le , lors des funérailles de Gerald Ford, le secrétaire à la Défense de l'époque, Donald Rumsfeld, a annoncé que le CVN-78 sera nommé en l'honneur de l'ancien président[11]. Il a indiqué qu'il avait personnellement annoncé à Ford, quelques semaines auparavant, que le navire porterait son nom, faisant du porte-avions l'un des rares bâtiments de l'US Navy à porter le nom d'une personne vivante. Durant la même journée, la Navy confirma ce choix avant qu'il ne le soit officiellement par la voie du secrétaire à la Marine le de la même année, au Pentagone, en présence de la fille du président, Susan Ford Bales ainsi que d'autres membres de sa famille[12].

Les vétérans du porte-avions USS America (CV-66), retiré du service en 1996, proposèrent également le nom d'USS America pour ce nouveau porte-avions[13]. Ce nom fut finalement attribué à un navire d'assaut amphibie capable de mettre en œuvre des hélicoptères et des ADAC/ADAV, l'USS America (LHA-6), premier navire de la classe America[14].

Construction

Le contrat de développement et de construction du Gerald R. Ford fut signé le entre l'US Navy et le chantier naval Northrop Grumman de Newport News dans l'État de Virginie pour un coût prévu de 5,1 milliards de dollars. Le chantier naval est détenu par la Huntington Ingalls Industries.

La quille du navire fut solennellement posée le au dock 12 par la fille de l'ancien président Ford, Susan Ford Bales[15]. À la mi-, il a été annoncé que la structure du Gerald R. Ford était à moitié réalisée avant qu'il soit indiqué qu'elle était complétée à 75 % en . Le de la même année, l'importante pièce que constitue le bulbe fut posée avec une masse totale de 680 tonnes[16]. La pose du bulbe correspond à la pose de la 390e pièce composant la structure du navire sur un total de près de 500 pièces[17].

L'îlot du porte-avions, 452e pièce, fut posé le  ; il mesure au total 60 pieds de long (soit 18 mètres) et 30 de large (environ 9 mètres) pour une masse de 550 tonnes métriques[18]. Le , le pont d'envol est terminé, amenant à 96 % le pourcentage de la structure construite[19]. Le seuil de 100 % est atteint le [20]. Le travail restant alors à réaliser à cette date concernait la peinture de la coque, le travail de propulsion, la fin de la pose des systèmes électriques, le système d'amarrage, l'installation des radars et enfin l’inondation de la cale sèche[20].

Suivant une longue tradition de la Navy, une capsule temporelle est intégrée au navire, à l'intérieur d'une salle du pont d'envol. Les objets contenus dans cette capsule ont été choisis par la fille du président Ford. Elle contient notamment du grès issu de la Maison-Blanche, des pièces de l'US Navy ainsi que les ailes d'aviateur du futur premier commandant du bâtiment, le capitaine de vaisseau ou U.S.Navy Capitain John Meier. La capsule indique qu'il ne faut pas l'ouvrir avant que le navire ne subisse son premier rechargement du combustible nucléaire prévu au bout de vingt-cinq années[21].

Alors que la coque du navire se préparait à être peinte, le troisième et dernier ascenseur de 120 tonnes pour 85 pieds (près de 26 mètres) de long et 52 pieds de large (environ 16 mètres) était terminé[22]. Le ont été installées ses quatre hélices en bronze pesant 30 tonnes pour 21 pieds de diamètre (6,4 mètres environ). La mise en place des hélices a nécessité près de dix mois de travail afin d'installer l'intégralité du système de propulsion externe. La tuyauterie, les systèmes électriques ainsi que différentes pièces comme le mess ou les cuisines étaient toujours en construction à ce stade-ci[23].

Le , les hélices ayant été installées, la cale sèche a été mise en eau, permettant à près de 100 millions de gallons US d'eau (soit un peu plus de 378 000 mètres cubes) de pénétrer dans la forme no 12[24].

Le , le baptême du Gerald R. Ford a été réalisé par Susan Ford Bales, la fille de Gerald Ford, à l'aide d'une bouteille de champagne[25]. Le navire fut ensuite lancé le [1],[note 1]. En , il est prévu qu'il soit remis à la Navy en pour les essais[26]. En , on annonce de nouveaux retards : la première sortie du Gerald R. Ford dans l’Atlantique sera uniquement destinée aux essais de plateforme et de propulsion ainsi qu’aux moyens de communication et de navigation. Après réception du navire en au mieux, l'US Navy doit ensuite piloter l’intégration du groupe aérien embarqué et la montée en puissance progressive du porte-avions et de l’ensemble de ses équipements, puis son intégration à un groupe aéronaval. Elle n’espère plus pouvoir l'engager dans une opération de combat avant 2021[27]. Le , l'US Navy accepte formellement le bâtiment en présence du président Donald Trump[28].

À partir du , l'USS Gerald R. Ford effectue des essais en mer[29].

Innovations techniques

Le chef des opérations navales, Jonathan Greenert, visitant le chantier le 14 septembre 2012.

En , les coûts de construction du bâtiment étaient montés à 12,8 milliards de dollars[réf. nécessaire] . À cette somme, il convient d'additionner les 4,7 milliards destinés au développement et à la recherche pour toutes les unités de la classe Gerald R. Ford[30].

Néanmoins, les constructeurs ont prévu de mettre en place de nombreuses innovations techniques qui devraient à terme permettre de diminuer les coûts opérationnels du navire. Il est en effet prévu que l'équipage soit réduit de 700 hommes par rapport aux porte-avions de la classe Nimitz tout en produisant plus d'eau potable via une station de désalinisation avec un rendement supérieur de 20 %.

Sur 50 ans, la réduction du personnel embarqué devrait permettre d'économiser 4 milliards de dollars selon les informations fournies par l'US Navy[31]. Les réacteurs nucléaires installés à bord, deux A1B, doivent également produire deux fois et demie plus d'électricité que les réacteurs A3W avec une durée de vie égale à celle du porte-avions[32]. Le retrait d'un ascenseur par rapport à la précédente classe, la réduction des dimensions de l'îlot et son déplacement vers l'arrière du bâtiment, permettent d'augmenter la surface du pont d'envol disponible de 2 200 m2 et par conséquent de pouvoir réaliser un maximum de 338 catapultages par jour, soit 25 % de plus que la classe Nimitz[31].

De nombreux problèmes sont apparus lors de la construction du Gerald R. Ford, dont ceux des catapultes électromagnétiques (Electromagnetic Aircraft Launch System) devant remplacer les anciennes catapultes à vapeur. Un rapport interne du commandement de l' U.S. Navy indique notamment que 201 échecs sur 1.967 lancements ont été observés[7]. Le système radar ainsi que les filets d'appontage posent également des problèmes et font s'accumuler les retards de livraison[7].

Le programme du F-35 devant être embarqué sur ces porte-avions a également subi d'importants retards ayant des conséquences sur le calendrier de livraison du CVN-78[33]. Fin 2021, il est prévu qu'il puisse embarquer des avions F-35 C en 2025[34].

Toutes ces difficultés ayant entraîné de nombreux retards, il était prévu, au , que le Gerald R. Ford soit opérationnel à la suite de sa période d'essais en mer d'ici 2017[7] mais cela ne sera pas avant 2020[35], le premier déploiement opérationnel avec toutes ses capacités n'ayant lieu qu'à l'automne 2022[36].

Histoire opérationnelle

Le Ford dans l'Atlantique le 19 mars 2023 avec un groupe aérien constitué de chasseurs Super Hornet, d'avions radars Grumman E-2 Hawkeye et d'hélicoptères Sikorsky SH-60 Seahawk.

Le , le porte-avions appareille de Norfolk pour effectuer son premier déploiement qui a lieu dans les océans Atlantique et Arctique[37].

Le , il fait escale avec son escorte le Carrier Strike Group 12 dans le fjord d’Oslo en Norvège avant de participer à des exercices militaires de l'OTAN qui, selon les médias locaux, devraient l’emmener dans la zone arctique. Le , débute l’Exercice Arctic Challenge, avec des manœuvres aériennes réunissant quelque 150 appareils de 14 pays occidentaux[38]. En , le commandement de l'U.S.Navy envoie l'USS Gerald R. Ford en Turquie, vers la côte d’Antalya[39].

Le , le secrétaire à la Défense des États-Unis ordonne au groupe aéronaval de se positionner en Méditerranée orientale, et de se tenir prêt à aider l'état d'Israël après l'attaque massive du Hamas sur le territoire israélien[40].

Le , le Gerald R. Ford est redéployé vers la mer des Caraïbes pour participer au déploiement naval dans cette zone, où il arrive le [41],[42], ce qui représente le plus important renforcement militaire américain dans les Caraïbes depuis 30 ans[43]. Le , il est impliqué dans la saisie d’un tanker pétrolier étranger au large des côtes du Venezuela[44].

Selon des informations reçues par The New York Times, l’équipage est informé le que le porte-avions doit rejoindre le groupe aéronaval de l’USS Abraham Lincoln dans le golfe Persique[45],[46]. Le , des responsables américains indiquent que le navire sera déployé au large des côtes israéliennes[47] dans le cadre d'un renforcement militaire américain au Moyen-Orient en réponse à la crise américano-iranienne en cours. Le , le navire est aperçu au large de Gibraltar[48],[49].

Le , , alors qu'il opère en mer Rouge, il est victime d'un incendie dans la principale zone de blanchisserie du navire. Il doit rejoindre la base navale de Souda afin d'effectuer des réparations et de soigner environ 200 membres d'équipage victimes des inhalations de fumées[50]. Le , il quitte le port de Split qu'il a rejoint après réparations pour reprendre ses opérations en mer[51].

Il rentre le 16 mai 2026 à port d'attache de Norfolk après un record de 326 jours en mer[52].

Culture populaire

Il apparait dans divers techno-thrillers, mangas et animés, dont Girly Air Force.

Notes et références

Annexes

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