Valbonnais

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Situation

« Le Valbonnais est essentiellement la vallée moyenne de la Bonne, affluent du Drac.[…] C’est une large cuvette qui s’ouvre à la sortie de la gorge du Pont du Prêtre fermée au Nord par la masse importante du Quoirau, à l’est par les contreforts étagés de l’Arcanier, et au midi par le Colombier que prolonge la chaîne de l’Averset. C’est un fond de lac alpin, sur les bords duquel se trouve l’agglomération de Valbonnais (750 mètres d’altitude) et les hameaux de Verneys, des Angelas, de la Roche, plus à l’est, Entraigues. »

 Marcelle Péry, A l'ombre de la montagne, Éditions de l'Ubac, 2006

La commune de Valbonnais est située à la lisière nord-ouest du massif des Écrins, dans la zone périphérique du parc, à une dizaine de kilomètres à l'est de La Mure. Elle occupe une plaine alluviale formée par la Bonne, affluent du Drac, qui la traverse d'est en ouest. Elle est dominée au nord par le Coiro, pointe sud du massif du Taillefer, qui culmine à 2 606 mètres, et séparée au sud du Beaumont par un alignement collinaire qui prolonge vers l'ouest le mont Colombier (alt. 1 948 m), et qui n'est franchissable qu'au col de Parquetout (alt. 1 382 m).

Communes limitrophes

Géologie

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[1]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud sans saison sèche[2]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne[3] et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à 1 000 mm, minimale en été[4]. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[5],[6].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 9,6 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 18,4 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 109 mm, avec 8,6 jours de précipitations en janvier et 6,2 jours en juillet[1]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de La Mure à 9 km à vol d'oiseau[7], est de 8,5 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 948,6 mm[8],[9]. La température maximale relevée sur cette station est de 36,2 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −25,5 °C, atteinte le [Note 1].

Hydrographie

Le territoire de la commune est traversé par la Malsanne[10], un affluent (rive droite) de la Bonne et donc un sous affluent du Drac et de l'Isère.

Voies de communication

Valbonnais est traversé d'est en ouest par la route départementale (ex-nationale) 526, qui, côté aval, rejoint au lieudit Pont-Haut, au sud de la Mure, la route nationale 85 (la « route Napoléon »), et, côté amont, remonte au nord-est vers le col d'Ornon pour rejoindre l'Oisans, en laissant à Entraigues un embranchement vers le Valjouffrey. Au sud, la petite D 212f monte depuis le pont des Fayettes vers le col de Parquetout, d'où elle redescend vers Saint-Michel-en-Beaumont.

Urbanisme

Typologie

Au , Valbonnais est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[I 1]. Elle est située hors unité urbaine[I 2] et hors attraction des villes[I 3],[I 4].

Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (76,1 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (79,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (57,2 %), zones agricoles hétérogènes (22,6 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (9,6 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (9,4 %), zones urbanisées (1,3 %)[11]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

Le territoire de la commune correspond au bassin versant du torrent alpin de la Bonne, ce qui explique son nom. La rivière, ancien français bone/bodne/bonne, du gaulois bodina, "borne, limite", faisait la frontière entre les Ucènes de la Romanche et les Tricores du Trièves et du Valgaudemar.

Histoire

Les sources disponibles pour établir l'histoire de Valbonnais sont relativement réduites jusqu'au Moyen Âge classique. En revanche, à partir de cette période, elles sont beaucoup plus nombreuses et ont fait l'objet d'études sur certains points.

La région est anciennement connue comme Vallis bonnesii, vallée du Bonnesium (nom gallo-romain).

Descriptions historiques

Valbonnais a été au Moyen Âge et jusqu'en 1789 le centre d'une entité féodale (dénommée mandement ou seigneurie) constituée de cinq paroisses : Valbonnais, Entraigues, Valjouffrey, Le Périer, Chantelouve[12]. Cette entité était sous l'autorité d'un seigneur qui percevait des droits et rendait justice sur ses terres. La seigneurie était organisée autour d'un château (certainement le deuxième construit sur le plan chronologique) avec une maison forte à proximité et une tour de contrôle de vingt-huit mètres de haut. Un prieuré clunisien a été fondé à proximité vers 950.

La seigneurie de Valbonnais

La seigneurie de Valbonnais a joué un rôle important pendant le Moyen Âge classique de par l'importance de la famille Alleman, qui a contrôlé le Valbonnais du XIe au XIIIe siècle. La famille Alleman contrôlait plusieurs seigneuries et l'une des quatre plus importantes du Dauphiné. Toutes les branches de cette famille estimaient se rattacher à la seigneurie de Valbonnais, qui était considérée comme le berceau de la famille, même si l'installation des Alleman dans le Valbonnais reste à ce jour inconnue. La famille Alleman perd le contrôle du Valbonnais dans la seconde moitié du XIVe siècle.

La seigneurie est l'objet d'une attention particulière du pouvoir et représente un bien prestigieux ce qui explique qu'elle soit attribuée en 1421 à Jean de Dunois, connu pour avoir été élevé avec le futur Charles VII et un des compagnons de combats de Jeanne d'Arc.

Valbonnais au XIXe siècle, illustrée par Victor Cassien (1808 - 1893).

Le mandement du Valbonnais a constitué une baronnie à partir de 1632. En 1677, il devient la propriété de la famille Moret de Bourchenu, lignée de parlementaires dauphinois, qui achète les terres de Valbonnais par échange auprès de Jacques II de Poligny. Il est érigé en marquisat en 1694 au bénéfice de Jean-Pierre Moret de Bourchenu, premier président de la Chambre des comptes du Dauphiné, qui prend alors le titre de marquis de Valbonnais. Le mandement restera aux mains des Moret de Bourchenu jusqu'à la Révolution française, date à laquelle les structures d'Ancien Régime ont été remplacées par les départements, cantons et communes.

L'ancienne usine de Pont-du-Prêtre.

De 1926 à 1950, Valbonnais a été desservi par un chemin de fer à voie métrique et à traction électrique, embranchement de la ligne de chemin de fer de La Mure à Corps construit pour desservir les cimenteries de Pont-du-Prêtre, dont on peut encore voir les ruines au bord de la route. Cette cimenterie a occupé une place majeure dans la vie du village du fait de son importance économique pendant une soixantaine d'années (elle ne survit pas à la crise des années 1930 alors que le ciment produit avait été exporté). La voie ferrée comportait une gare intermédiaire à Pont-du-Prêtre, devenue maison d'habitation privée, et une gare terminus à l'entrée du bourg de Valbonnais. Le projet de construction d'un chemin de fer à crémaillère ou d'un téléphérique prolongeant ce chemin de fer en direction de la crête de la Salette n'a pas eu de suite.

En août 1944, des Allemands de la 157e division d'infanterie[13] du général Karl Pflaum qui avaient participé à la destruction du maquis du Vercors le mois précédent ont brièvement occupé la commune de Valbonnais du 9 au 12 août. Cinq résistants furent tués lors de combats qui eurent lieu au lieu-dit "Pont du Prêtre", un résistant fut sommairement exécuté et trois hommes qui se cachaient dans les bois furent également tués[14],[15].

Politique et administration

Administration municipale

Liste des maires

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1965 mars 2001 Marcel Berthier DVG puis PS
puis DVD
Conseiller général du Canton de Valbonnais (1979-2004)
mars 2001 2020 Denis Macé DVD Retraité
2020 en cours Gilbert Maugiron    
Les données manquantes sont à compléter.

Population et société

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[16]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[17].

En 2023, la commune comptait 520 habitants[Note 2], en évolution de +5,05 % par rapport à 2017 (Isère : +3,2 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 8201 2331 2511 2581 3861 4051 3271 3841 339
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 2881 3071 2341 2901 3261 4511 2431 2041 124
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 1101 0461 014822787793743641606
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
597521431434486440485491503
2015 2020 2023 - - - - - -
499512520------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[18] puis Insee à partir de 2006[19].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement

La commune relève de l'académie de Grenoble.

Médias

Historiquement, le quotidien régional Le Dauphiné libéré consacre, chaque jour, y compris le dimanche, dans son édition de Romanche et Oisans, un ou plusieurs articles à l'actualité de la communauté de communes, du canton, ainsi que des informations sur les éventuelles manifestations locales.

La commune est située sur l'aire de diffusion de radio Ici Isère, une radio publique qui émet sur tout le territoire du département de l'Isère.

Cultes

La communauté catholique et l'église paroissiale de Valbonnais (propriété de la commune) dépendent de la paroisse Saint Pierre Julien Eymard qui rassemble un grand nombre de villages autour de la cité de La Mure. Cette paroisse est rattachée au diocèse de Grenoble-Vienne[20].

Économie

« Valbonnais veut dire en effet vallis bona, bonne vallee, et c'est bien dit ; car il semble que Dieu ait jeté ici à profusion toutes les bonnes choses de la création. Je ne parle pas seulement des richesses céréales et agricoles qui lui ont fait donner son nom ; on y trouve encore des truites toujours fraîches, des écrevisses exquises, du gibier en abondance, des fruits délicieux, ainsi que nous pûmes nous en convaincre par l'excellent déjeuner qui nous fut servi à Valbonnais. »

 Ernest de Toytot, Voyage de Grenoble à la Salette, Chez Baratier frères et fils, 1863, p.297

Traditionnellement vouée à l'agriculture, la commune de Valbonnais a hébergé pendant une soixantaine d'années une cimenterie, la Société des Ciments Portland de Valbonnais, Pelloux, Père, Fils et Cie, créée en 1878 à Pont-du-Prêtre, à l'extrémité ouest de la commune, pour exploiter les calcaires argileux pour la production de ciments hydrauliques[21]. Mais cette exploitation survit pas à la crise des années 1930 alors que le ciment produit avait été exporté.

Tourisme

  • La randonnée pédestre est encouragée par de nombreux sentiers de village balisés, des sentiers de randonnée du Plan départemental des itinéraires de promenades et de randonnées (PDIPR), entretenus par la Communauté de communes de la Matheysine (CCM), et le sentier de grande randonnée GR 50 (tour du parc national des Écrins), qui traverse la commune entre Oris-en-Rattier et Entraigues[22].
  • Deux circuits de VTT entretenus par la CCM traversent Valbonnais : Tour du Roussillon et Crête de la Sciau.
  • Baignade l'été au plan d'eau de Valbonnais, de 6 ha. Sur la base nautique l'association Sport Bien-être et loisirs propose des locations de canoë-kayak et paddle sur le lac ainsi que des descentes en rivière sur la Bonne.
  • De nombreuses associations locales proposent d'autres activités de nature (chasse, pêche, etc.) ou d'intérieur[23].
  • Plusieurs gîtes, campings et camping-cars permettent de séjourner sur la commune.

Culture locale et patrimoine

Notes et références

Voir aussi

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