Vesoul (chanson)
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| Sortie | 1968 |
|---|---|
| Enregistré |
23 septembre 1968 Studios Barclay de Paris ( |
| Durée | 3:06 |
| Genre | Chanson française, musique de variétés, music-hall, chanson humoristique |
| Format | Disque microsillon |
| Auteur-compositeur | Jacques Brel |
| Label | Disques Barclay |
Clip vidéo
[vidéo] « Jacques Brel & Marcel Azzola - Vesoul », sur YouTube
[vidéo] « Jacques Brel enregistre Vesoul », sur YouTube
Vesoul est une chanson française de l'auteur-compositeur-interprète Jacques Brel, single extrait de son album J'arrive de 1968[1], un des grands succès emblématiques internationaux de sa carrière et de la chanson française[2]. Son apostrophe devenue culte « Chauffe, Marcel ! » fait référence à la prestation d'accordéon enflammée de son accordéoniste Marcel Azzola.
Mondialement connue, la chanson a été reprise et enregistrée sur support physique plus de 150 fois dans une quinzaine de langues par des artistes de réputation nationale et internationale. Elle a été citée dans de nombreuses œuvres littéraires, musicales et cinématographiques.
Contexte et inspiration

Jacques Brel est venu deux fois à Vesoul, dans les années 1960, avec diverses variantes de témoignages locaux.
Jacques Brel séjourne à Vesoul le , où il passe une nuit à l'hôtel-restaurant La Bonne Auberge ; l'établissement étant situé plus précisément à cheval sur les communes de Vesoul et de Frotey-lès-Vesoul, à proximité de la nationale 57. Après avoir passé la soirée en compagnie des clients, du personnel et des patrons de l'hôtel René et Jacqueline Kielwasser, il promet d'écrire un jour une chanson évoquant Vesoul[3],[4],[5]. L'artiste signe le livre d'or de l'établissement : « Avec ma plus gentille chanson. Très amicalement. J Brel. ». D'après Danièle Déroulède-Kielwasser, la fille des propriétaires de l'établissement, qui était alors adolescente à l'époque, Jacques Brel aurait déclaré en déjeunant en terrasse sous un arbre[6] :
« Vous m'avez tellement bien reçu qu'un jour, je ferai une chanson sur Vesoul. »

Le ou selon d'autres sources en 1967, Jacques Brel a passé une seconde nuit à Vesoul, à l'Hôtel du Nord du couple d'hôteliers Henri et Monique Kielwasser (actuellement Grand Hôtel du Nord), hôtel renommé de la ville construit en 1928 par l'architecte André Boucton, situé rue de l'Aigle Noir, dans le centre historique de Vesoul. Selon Brigitte Maspla, actuelle propriétaire de l'établissement, il s'est arrêté dans cet hôtel à la suite d'une panne de voiture mais selon d'autres sources, Brel aurait réalisé un concert au casino de Luxeuil-les-Bains en ce , cependant la ville ne possédant pas de terrain permettant l'atterrissage des avions civils (le seul aérodrome de la ville est la base aérienne 116 Luxeuil-Saint-Sauveur n'autorisant pas les avions civils), le chanteur se serait posé sur l'aérodrome le plus proche : l'aérodrome de Vesoul - Frotey[7]. Ainsi, il séjourna une nuit à l'Hôtel du Nord dans la chambre no 246, pièce d'environ 25 m², et a mangé dans ce même hôtel, un repas composé notamment d'une chartreuse de truite avec une mousse aux morilles préparée par Alain Madeleine[8], chef cuisinier de l'hôtel, réputé dans la région[6],[9],[10].
Composition
Brel écrit et compose Vesoul entre 1967 et 1968[7], avec 5 couplets et de 3 refrains, sur des airs de flonflons, de valse musette et d'accordéon. Les couplets sont chantés en crescendo avec une augmentation progressive de la voix, qui finit très rapidement, à la fin de chacun d'entre eux[11].
Enregistrement

Vesoul constitue la deuxième chanson de la face A de l'album J'arrive, le dixième de l'artiste, enregistré dans les studios Barclay de Paris. Pour cette chanson de 3:06 minutes, Jacques Brel est accompagné de lui même à la guitare, de Marcel Azzola à l'accordéon, et de Gérard Jouannest au piano.

L'enregistrement, qui s'est déroulé le [5], est en grande partie une improvisation du fait, notamment, du manque de temps. En effet, il restait 10 minutes d'utilisation du studio pour Brel et Azzola ; le jazzman américain Chet Baker attendait son tour à la porte pour utiliser le lieu[12]. Par conséquent, seules deux prises de la chanson sont faites. Au cours de la première prise, Jacques Brel demande à Marcel Azzola de faire quelques variations, tandis qu'habituellement il le lui interdisait. Lors de la seconde, Marcel Azzola ajoute quelques variations musicales et rythmiques ce qui amène Jacques Brel à s'exclamer « Chauffe, Marcel ! ». C'est la seconde, au cours de laquelle le chanteur interpelle par son prénom l'accordéoniste Marcel Azzola, qui est finalement retenue[5],[9],[13].
À propos de l'apostrophe « Chauffe, Marcel ! », déjà enregistrée et popularisée par le duo d'humoristes Dupont et Pondu (1960) puis par Les Charlots (1966)[5], elle devient l'une des plus célèbres de la chanson française, au point de passer dans le langage courant[14].
Marcel Azzola déclare en [9] que « c'est une chanson de fin de séance sur laquelle il ne comptait pas beaucoup. Cette chanson, il l'avait écrite comme un jeu ». Initialement, le titre de l'œuvre aurait dû être Vierzon-Vesoul ou Azzola - Vesoul ; cette dernière option a été refusée par Marcel Azzola[9].
Interprétations en direct
Outre la version originelle audio enregistrée le , existent deux autres versions de Vesoul interprétées par Jacques Brel et filmées[9] :
- l'une, diffusée le durant l'émission de télévision À l'affiche du monde de Christophe Izard : Reportage noir et blanc Jacques Brel enregistre réalisé par Robert Manthoulis [Cf. Coffret Brel, Comme quand on était beau (2003) : DVD Brel 02] ;
- l'autre, diffusée le durant l'émission télévisée Soirée prestige Réveillon d'Alain Dhénaut, avec Marcel Azzola à l'accordéon [Cf. Film 35 mm Jacques Brel (1982) de Frédéric Rossif / Cf. VHS Jacques Brel (n.d.) et VHS Brel, 10 ans après (1988) / Cf. Coffret Brel, Comme quand on était beau (2003) : DVD Brel 01].
Ayant abandonné le tour de chant en 1967, Jacques Brel n'a jamais chanté Vesoul sur scène.
Fiche technique
Interprètes originaux
- Chant : Jacques Brel[15],[16]
- Accordéon : Marcel Azzola
- Contrebasse : Willy Lockwood
- Percussions : Armand Cavallaro
- Guitare : Jacques Brel, Jacques Liébrard, Michel Gésina
- Piano : Gérard Jouannest
Équipe de production
- Ingénieur du son : Gerhard Lehner
- Arrangements et direction musicale : François Rauber
Caractéristiques artistiques
Musique
Cette chanson humoristique de music-hall est un archétype du plus pur style de l' « humour noir ironique comique caricatural théâtral auto-dérisoire satirique et burlesque de Brel » sur le thème d'une critique caricaturale d'une « relation amoureuse de vieux couple » (avec un style personnalisé peut-être partiellement inspiré de son propre couple). La performance de l'interprétation théâtrale de cette chanson est caractéristique de son œuvre, en débutant sur un style très aimable de musique romantique à la flûte traversière de petite musique de chambre, pour accélérer avec un crescendo progressif vers une rythmique, une cadence, un tempo et une intensité survoltée, hystérique et vertigineuse de sa voix, sur des airs de flonflons, de valse musette et d'accordéon frénétiques.
Paroles
Textuellement, plusieurs lieux sont cités dans la chanson, qu'on retrouve en majorité dans les couplets : principalement des endroits localisés en France (Vierzon, Vesoul, Honfleur, mont Valérien, Cantal, la gare Saint-Lazare, Paris), mais aussi en Europe (Hambourg, Anvers, Byzance). On note aussi des noms : Dutronc (en référence à Jacques Dutronc) et Hortense[11] « T'as voulu voir Vesoul, et on a vu Vesoul, t'as voulu voir Honfleur, et on a vu Honfleur, t'as voulu voir Hambourg, et on a vu Hambourg, j'ai voulu voir Anvers, on a revu Hambourg, j'ai voulu voir ta sœur, et on a vu ta mère... Mais je te le redis (chauffe, Marcel, chauffe), je n'irai pas plus loin, mais je te préviens (caille, caille, caille), le voyage est fini, d'ailleurs, j'ai horreur de tous les flonflons, de la valse musette et de l'accordéon... ».



