Victimes du devoir
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Format | |
|---|---|
| Langue | |
| Auteur | |
| Pays |
Victimes du devoir est une pièce de théâtre en un acte d'Eugène Ionesco créée le au Théâtre du Quartier latin à Paris et publiée l'année suivante aux éditions Gallimard dans le premier tome du Théâtre.
La nouvelle La Victime du devoir, publiée dans le recueil La Photo du colonel en 1962, constitue le point de départ de cette pièce.
La pièce, qualifiée par Ionesco de « pseudo-drame »[1], retrace l'itinéraire drôle et tragique de Choubert, un homme doux et timide, qui passe par une descente aux enfers et des moments d'illumination magique. Choubert est interrogé par un jeune policier qui veut retrouver le locataire précédent de son appartement, du nom de Mallot avec un "t" ou Mallod avec un "d". Le policier s'adresse à Choubert comme s'il était coupable ; son épouse, Madeleine, sous le charme du policier, l'encourage à poursuivre cette enquête sur Mallot/Mallod, alors que Choubert ne se souvient de rien. En s'efforçant de retrouver le passé, Choubert s'enfonce dans son inconscient, sa vie cachée, revit son enfance. Le policier déclare n'avoir d'autre choix que de lui faire avaler de force un vieux morceau de pain rassis pour l'aider à « combler les lacunes de sa mémoire ».
Un poète, ami de Choubert, Nicolas d'Eu, entre ; après un échange avec le policier « sur la possibilité d’un renouvellement du théâtre »[2], il provoque le policier et le tue de trois coups de couteau. Le policier meurt en disant : « Vive la race blanche… Je voudrais une décoration posthume… Je suis… une victime… du devoir… ».
Nicolas prend le rôle du policier et, soutenu par Madeleine, veut que Choubert continue de manger du pain pour combler les trous de sa mémoire ; Choubert proteste : « Moi aussi, je suis une victime du devoir ! ». Nicolas approuve et Madeleine dit : « Nous sommes tous victimes du devoir ».
Le sujet de la pièce est la descente en soi-même : Ionesco y utilise l’enquête policière comme une image de l’exploration de l’inconscient[3].
Mises en scène
- 1953 : création, mise en scène de Jacques Mauclair, décors de René Allio, musique de Pauline Campiche, Théâtre du Quartier latin, Paris
- avec : R. J. Chauffard : Choubert ; Tsilla Chelton : Madeleine ; Jacques Alric : Nicolas d'Eu ; Jacques Mauclair : le policier ; Pauline Campiche : la dame.
- : reprise au Théâtre des Célestins, Lyon[4].
- : Opfer der Pflicht, mise en scène de Gustav Rudolf Sellner (de), Théâtre de Darmstadt ; la représentation suscite des protestations[5].
- : Victims of Duty, mise en scène d'Alan Simpson (en), Pike Theatre (en), Dublin.
- 1959 : mise en scène de Jacques Mauclair, Studio des Champs-Élysées, Paris[1].
- 1965 : mise en scène d'Antoine Bourseiller, costumes de Jacques Schmidt, avec Suzanne Flon (Madeleine)[6], Claude Evrard (Choubert), Georges Staquet (le policier), Chantal Darget (la dame), Marco Perrin (Nicolas d'Eu), Théâtre de Poche-Montparnasse, Paris[7].
- : mise en scène de la compagnie Les Vaguants, Théâtre du Vieux-Nice[8].
- 1968 :
- : mise en scène de Bernard Ballet, décors de Jacques Angeniol, avec Janine Berdin, Georges Ser, Théâtre du Cothurne, Lyon[9].
- août - septembre : Opfer der Pflicht, Theater am Neumarkt (de), Zürich, mise en scène d'Eugène Ionesco, avec Anneliese Betschart (de), Melitta Gautschy, Lothar Berg, Werner Dahms (de), Albert Tisal, Paul Weibel (de)[10].
- 2000 : mise en scène de Jean-Louis Thamin, Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine (TnBA)[11].
