Viennois

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Le Viennois est une région historique de l'ancienne province du Dauphiné, située à l'est du département du Rhône et de la métropole de Lyon ainsi qu'au nord du département de l'Isère et de la Drôme. Historiquement défini comme un des quatre pays du Bas-Dauphiné ou de l'avant-pays dauphinois[Note 1] avec le Valentinois, le Diois et le Tricastin[1],[2]. Aujourd'hui, ce que l'on appelle Bas-Dauphiné n'est composé que du Viennois historique, ainsi actuellement on entendra parler plus du Bas-Dauphiné que du Viennois (sauf autour de Vienne). Le Viennois est délimité par la rive gauche du Rhône (de Pont-de-l'Isère à Aoste, en passant par Lyon), par la rive droite de l'Isère (de Pont-de-l'Isère à Moirans), par la rive gauche du Guiers puis du Guiers mort (d'Aoste jusqu'à Entre-deux-Guiers) et par le plateau du Grand-Ratz dans l'avant-pays cartusien[2].

Plus explicitement, selon de nombreux auteurs des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles et même du début du XIXe siècle, le Viennois était défini comme étant la partie septentrionale du Bas-Dauphiné ou de l'avant-pays dauphinois. Cependant, depuis maintenant quelques décennies, les auteurs contemporains ont remplacé le terme de Viennois par celui du Bas-Dauphiné. Les raisons de ce changement de nom sont inconnues. Dorénavant, pour la même région, d'un point de vue historique, on utilisera plus le terme de Viennois et d'un point de vue géographique, géologique, etc., on utilisera plus le terme de Bas-Dauphiné. C'est ainsi que quand on parle de Viennois, en tant que région naturelle, il s'agit de l'extrémité occidentale des Terres froides, il est constitué de ses Balmes, dites Balmes viennoises, avec ses collines granitiques et schisteuses et ses plaines alluviales[3].

Le Viennois est aussi le nom donné à d’anciennes entités féodales, ecclésiastiques et administratives de l'Antiquité, du Moyen Âge et des Temps Modernes. Cependant il ne faut pas confondre ces différentes entités entre elles. Ainsi le Viennois défini en tant que partie septentrionale du Bas-Dauphiné ou de l'avant-pays dauphinois, ne doit pas être confondu avec l'ancien diocèse de Vienne ; l'ancien Comté de Vienne dit de Viennois (comitatus Viennensis) ou encore l'ancien pagus Viennensis, tous les trois s'étendaient sur la rive gauche du Rhône (empiétant sur les provinces du Lyonnais et du Vivarais) et qui ne s'étendait pas jusqu'à Voiron et l'avant-pays cartusien ; avec le Nord-Isère qui comprend certes plus de la moitié de la région mais exclut les parties lyonnaise, rhodanienne et drômoise du Viennois ; avec l'ancienne province romaine de Viennoise (ou Viennaise) qui s'étendait du lac Léman jusqu'à Marseille ; avec l'ancien archiprêtré de Viennois qui était un des quatre archiprêtrés composant le diocèse de Grenoble jusqu'à la Révolution française et ne doit pas être confondu avec l'antique diocèse de Vienne qui s'étendait au Bas-Empire dans tout le Sud de la Gaule romaine.

La capitale historique de cette région est la ville de Vienne[C 1]. Les principales villes de la région sont les actuelles villes de Bourgoin-Jallieu, Saint-Marcellin, La Tour-du-Pin et Voiron dans la partie iséroise, Villeurbanne et une partie de Lyon (3e, 6e, 7e et 8e arrondissements de Lyon) dans la partie lyonnaise et Romans-sur-Isère dans la partie drômoise.

Les habitants du Viennois sont appelés les Viennois, cependant ce gentilé n'étant pas très bien répandu dans la région, car au fil des dernières années le terme de Bas-Dauphiné a remplacé celui de Viennois, les Viennois auront donc tendance à se dire Bas-dauphinois (ou tout simplement Dauphinois), par conséquent le gentilé est seulement utilisé à Vienne et dans ses communes limitrophes.

L'emploi du francoprovençal, ou arpitan (dauphinois et lyonnais), était courant dans le Viennois sauf dans le sud du Viennois où l'occitan (vivaro-alpin) était couramment utilisé.

Situation

Les grands espaces géographiques composant le Viennois historique (Bas-Dauphiné actuel)[B 1],[4].

Selon de nombreux auteurs des XVIIe siècle, XVIIIe siècle, XIXe siècle et même du début du XIXe siècle, le Viennois est une quatre régions ou pays du Bas-Dauphiné ou de l'avant pays-dauphinois, délimité par le Rhône (à l'ouest et au nord), par le Guiers et le Plateau du Grand-Ratz (à l'est), par l'Isère (au sud). Le Viennois a pour régions historiques limitrophes : le Valentinois et le Diois au sud, le Grésivaudan au sud-est, la Savoie Propre à l'est, le Bugey au nord, le Lyonnais au nord-ouest et le Vivarais à l'ouest[2]. Même si aujourd'hui le nom s'est au fur et à mesure troqué avec le terme de Bas-Dauphiné, les limites du Viennois n'ont pour autant changé[2].

Viennois et Bas-Dauphiné

Comme pour de nombreuses régions ou pays de France, et en particulier dans la région Rhône-Alpes, le Viennois correspond à une entité politique du Moyen Âge puis des Temps modernes (Pagus Viennensis puis Comitatus Viennensis et Bailliages de Viennois-La Tour (ou de Vienne) et de Viennois-Valentinois (ou de Saint-Marcellin), entité héritée des civitas gallo-romaines. Depuis le XVIe siècle, ces « pseudo-pays naturels » ont été à la fois reconnus et inventés par les géographes, par les érudits locaux et par les anciennes populations rurales. C'est ainsi que fut défini dès l'Ancien Régime, la région ou pays du Viennois, en tant que subdivision du Bas-Dauphiné ou de l'avant-pays dauphinois.

« Le Dauphiné se divise en pays de montagnes et en pays de plaines, ou plus exactement en Haut et Bas Dauphiné. Le Haut-Dauphiné comprend les pays de Grésivaudan, de Champsaur, de Royannais, des Baronnies, de Gapençais de Briançonnais et d'Embrunais. Le Bas-Dauphiné comprend les pays de Viennois, de Valentinois, de Tricastin et de Diois[5],[6],[7],[8],[9]. »

Cependant, avec l'avancée des recherches géographiques et géologiques à partir du XXe siècle, de nouvelles régions (celles-ci appelées régions naturelles), plus petites cette fois, ont été définies par les auteurs contemporains ainsi que par les administrations territoriales actuelles. Dans le Viennois, la situation est un peu complexe, d'une part sa région fut totalement « redécouper en régions naturelles ».

Par exemple, selon la préfecture de l'Isère, il existe au sein du département isérois 17 régions naturelles[10], dans ce découpage, le Bas-Dauphiné (Viennois historique) est divisé en 11 régions naturelles : Balmes Viennoises, Bas Grésivaudan, Bièvre, Chambarans, Isle Crémieu, Plaine de Lyon, Terres Basses, Terres froides-Marches froides, Vallée du Rhône et Voironnais. D'autre part, des auteurs contemporains ont conservé le fait que le Bas-Dauphiné (Viennois historique) est une région naturelle[2],[11].

Topographie et géologie

Le Bas-Dauphiné (Viennois historique) est une zone de transition. Il se compose de collines, des plateaux, de larges vallées obstrués par des nombreux vallums morainiques. La région ainsi délimitée a un caractère bien marqué d'unité géographique. Cette unité est due au sol où dominent les grès et les poudingues datant de l'ère tertiaire, au climat de tendance continentale. Le relief du plateau est assez confus et son histoire géologique est un peu complexe. En effet, le pays est un ancien géosynclinal, commun d'ailleurs à une partie du sillon rhodanien. Dans ce géosynclinal, sur les terrains primaires probablement pénéplainés, s'est déposée une couche de terrains datant de l'ère secondaire : trias, lias et, par places, jurassique moyen, qui va en s'épaississant au fur et à mesure qu'on s'approche du Massif du Jura. Ainsi la surface pré-triasique, primitivement horizontale, apparaît, à la fin du secondaire, bosselée par des dépôts irréguliers, creusée par l'érosion fluviatile, avec des reliefs de roches dures: gneiss et calcaires jurassiques. La surrection des Alpes laisse devant le massif une dépression que combleront des dépôts d'origine alpine ; grès tendres de couleur jaunâtre ou verdâtre (molasses) et poudingues. La partie septentrionale, au bord du Rhône, ne sera probablement pas recouverte par ces dépôts miocènes, et là apparaît aujourd'hui un massif de calcaire jurassique, fragment méridional du Jura, l'Isle-Crémieu. Les dépôts miocènes ont d'ailleurs été légèrement plissés à la fin de l'ère tertiaire, car ils ont subi les derniers contre-coups du plissement alpin. Puis il semble que, postérieurement à ce plissement, les dépôts aient été pénéplanés, car ils apparaissent coupés en biseau à la surface du plateau. Cependant le phénomène le plus important a été un mouvement de surrection d'ensemble qui paraît avoir élevé les dépôts molassiques déjà aplanis à la fin du pliocène. Ce mouvement a été d'ampleur inégale, c'est particulièrement sur l'emplacement du débouché de la vallée de l'Isère qu'il s'est fait sentir. On trouvera des altitudes de 800 mètres au signal de Morsonnas. Les plateaux molassiques voient leur altitude décroître à partir[A 1] de ce point. Ils se présentent donc comme un immense cône dont les génératrices divergent. Sur ce cône se dépose ensuite une forte épaisseur de cailloux roulés (pliocène supérieur). Enfin, sur le tout, s'exercent les effets de l'érosion fluviale et glaciaire. Un réseau hydrographique s'enfonce d'abord assez facilement dans la masse du plateau, puis l'action des cours d'eau est puissamment relayée au quaternaire par l'apparition des glaciers alpins débouchant sur le Bas-Dauphiné (Viennois historique) par deux portes: la vallée de l'Isère vers Voreppe, la vallée du Rhône vers Saint-Genix-sur-Guiers. Ces deux glaciers, d'importance inégale, s'étendent donc l'un au Nord, l'autre au Sud. Au Sud, le glacier de l'Isère, le plus faible, allonge sur le bas pays deux langues, l'une dans la direction du sud-ouest, en bordure du Vercors (vallée actuelle de l'Isère) ; l'autre dans la direction de l'ouest (plaines de Bièvre-Valloire). Certaines parties du plateau sont donc respectées par l'érosion et constituent des espèces de môles, « de blocs, séparés par ces amples et profondes vallées »[A 2].

Climat

Le Viennois tout entier appartient à ce que les géologues contemporains appellent une zone de transition (ici elle est à tendance continentale). Les pluies amenées par les vents d'ouest et du sud-ouest y sont abondantes (pluviosité moyenne, 920 millimètres). Le Sud, relativement plus élevé et en bordure immédiate des Préalpes, reçoit souvent plus d'un mètre d'eau. Charavines, à 506 mètres, reçoit 1 071 millimètres, et Beaurepaire, plus à l'Ouest, plus bas et mieux abrité par le Massif Central, seulement 807 millimètres. Le Nord, moins élevé, reçoit un peu moins de précipitations (Bourgoin-Jallieu, 895 millimètres), mais l'existence de nombreux marais et étangs y détermine, durant la saison froide, l'apparition d'épais brouillards. L'ensemble constitue donc une région humide. La température présente des contrastes assez marqués[A 3] entre les deux saisons extrêmes. Charavines, posé au bord du lac de Paladru, a 1,24 °C de moyenne en hiver et 16,93 °C de moyenne en été ; La Côte-Saint-André a 1,19 °C en hiver et 19,19 °C en été. Le nombre des jours de gelée est assez fort, il s'élève presque partout au-dessus de 70 et 80. L'hiver est donc assez rude. L'été présente parfois de fortes températures qui permettent la culture du maïs et même de la vigne sur quelques côtes privilégiées. C'est donc, en résumé, un climat qui convient particulièrement aux prairies, pâturages et arbres fruitiers rustiques. Exceptionnellement, certaines zones bien exposées ont des arbres fruitiers plus délicats et des vignobles[A 4].

Tableau climatologique de Vienne.
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 1,2 1,3 4 7,4 10,5 14,4 16,4 15,7 12,7 9,6 5,2 1,8 8,3
Température moyenne (°C) 4 4,9 8,7 12,7 15,9 20,3 22,6 21,7 18,1 13,7 8,2 4,4 12,9
Température maximale moyenne (°C) 6,7 8,6 13,4 18,1 21,4 26,2 28,8 27,7 23,5 17,8 11,2 7,1 17,5
Précipitations (mm) 51,7 44,7 46,4 64,8 76,9 59,8 62,6 66,7 62,4 94,5 91,3 53,9 775,7
Source : Moyennes 2004-2020, d'après la station de Météo-France à Reventin-Vaugris, situé sur le plateau de l'Amballan, en fonction depuis le [12]
Tableau climatologique de Saint-Étienne-en-Geoirs.
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −1,2 0 1,8 4 8,4 11,5 13,7 13,7 10,6 7,2 2,4 0,2 6,1
Température moyenne (°C) 2,2 3,9 6,7 9,2 13,9 17,1 19,9 19,8 16,1 11,7 6,1 3,5 10,9
Température maximale moyenne (°C) 5,7 7,7 11,5 14,3 19,3 22,6 26 25,8 21,6 16,2 9,8 6,7 15,6
Record de froid (°C) −27,1 −16,9 −16,3 −7,9 −2,3 2,1 4,8 3,8 −1,2 −4,9 −10,9 −20,2 −27,1
Record de chaleur (°C) 16,5 20,7 25,3 27,5 31,3 37 38,3 39,5 32,5 28,1 24,8 19,5 39,5
Précipitations (mm) 65,4 61 74,3 85,7 97,5 86 62,6 62,4 105,5 102,2 83,5 66,6 952,7
Source : Le climat à Saint Geoirs (en °C et mm, moyennes mensuelles 1971/2000 et records depuis 1968)

Hydrographie

L'hydrographie est aussi diversifié que le relief. La surface des Terres froides est criblée de petits lacs et d'étangs, et le réseau hydrographique est extrêmement ramifié. Tout le nord de la région est drainé par la Bourbre et ses affluents. Vers l'ouest coulent la Gère, la Varèze, la Collières, la Galaure ; au sud, la Fure. Enfin les parties basses, les dépressions glaciaires, quelquefois encore barrées de moraines, retiennent les eaux dans des marécages. Ainsi, toute la zone de contact entre l'Isle-Crémieu et les Terres basses est un vaste marais assaini seulement au XIXe siècle et qui s'étend de Bourgoin à Morestel. Une grande partie de la vallée de la Bourbre, une partie des vallées de la Fure, de la Galaure, de la Gère contiennent aussi des marais. Deux organismes fluviaux puissants, Rhône, Isère, bordent le Viennois au sud, à l'ouest et au nord[A 4].

Toponymie

Cette région tire son nom de la cité de Vienne, établie sur une terrasse dominant le Rhône.

Évolution territoriale du Viennois

Histoire

Notes et références

Voir aussi

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