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Bergerac (AOC)

région viticole From Wikipedia, the free encyclopedia

Un bergerac[note 2] est un vin du Sud-Ouest de la France produit autour de Bergerac, dans le département de la Dordogne. Il fait partie du vignoble du Sud-Ouest.

Type d'appellation(s)AOC / AOP
Reconnue depuis1923 (AO) et
1936 (AOC)
PaysDrapeau de la France France
Région parentevignoble du Sud-Ouest
Faits en bref Type d'appellation(s), Reconnue depuis ...
Bergerac
Image illustrative de l’article Bergerac (AOC)
Vignes bergeracoises vue depuis la D 17.

Type d'appellation(s) AOC / AOP
Reconnue depuis 1923 (AO) et
1936 (AOC)
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble du Sud-Ouest
Sous-région(s) Bergeracois
Localisation Dordogne
Climat océanique dégradé
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
2 021 heures (à Bergerac)
Superficie plantée 5 250 hectares (moy. 2022-2024)[1]
Cépages dominants cabernet sauvignon N[note 1], cabernet franc N, côt N, merlot N, muscadelle B, sauvignon B et sémillon B
Vins produits 60 % rouges, 20 % rosés et 20 % blancs
Production 200 000 hectolitres (moy. 2022-2024)[1]
Pieds à l'hectare minimum 4 000 ceps/ha[2]
Rendement moyen à l'hectare 31 hl/ha en rouge, 37 en blanc et 35 en rosé[1]
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Il s'agit d'une appellation commune à tout le vignoble de Bergerac, partageant son aire de production avec le côtes-de-bergerac qui a des conditions de production un peu plus exigeantes (rendements plus bas, richesse en sucres et titres alcoométriques plus élevés). Plusieurs appellations locales plus restrictives sont incluses dans cette aire : le monbazillac, le montravel, le côtes-de-montravel, le haut-montravel, le pécharmant, le rosette et le saussignac.

L'AOC a été reconnue initialement par décret le [3], réservée alors aux vins rouges et blancs produits dans l'arrondissement de Bergerac. La superficie de production est de 5 250 hectares (moyenne 2022-2024[1]) avec des vins d'assemblage tant pour les rouges que pour les rosés et les blancs. Les vins rouges représentent approximativement 60 % de la production (moyenne 2022-2024[1]), les rosés un peu plus de 20 % et les blancs un peu moins de 20 %.

Histoire

En 1909, le Conseil d'État décida que l'aire de l'appellation bordeaux comprenait notamment 41 communes du département de la Dordogne, autour de Bergerac (et 22 communes du Lot-et-Garonne)[4] ; puis le décret du limita cette aire uniquement aux communes du département de la Gironde[5], excluant donc le Bergeracois. Par son arrêt du , le tribunal de Bergerac reconnait le droit à l'appellation d'origine « Bergerac » pour toutes les communes de l'arrondissement de Bergerac[6].

Le bergerac est reconnu comme une appellation d'origine contrôlée (AOC) par le décret du , réservée aux vins rouges et blancs produits dans l'arrondissement de Bergerac[3]. Le décret est modifié en (autorisation des bergeracs rosés)[7], en (quantité de sucre dans les moûts pour les rouges et rosés)[8] et en (sucre dans les moûts pour les blancs)[9].

En , l'appellation « Bergerac sec » est créée, limitée aux vins blancs secs (avec moins de 4 g/l de sucre résiduel)[10] ; puis tout est réorganisé en 1984 autour de trois appellations, avec la même aire de production : le bergerac (en rouge, rosé ou blanc), le bergerac sec (uniquement en blanc) et le côtes-de-bergerac (en rouge ou rosé)[11]. Le décret commun de ces trois appellations est modifié en [12], puis en [13].

En , le bergerac obtient son propre cahier des charges[14], qui est modifié en [15] ; ce dernier étant annulé par le Conseil d'État en [16], un nouveau est publié en [17], modifié ensuite en [2].

Vignoble

Aire d'appellation

Vignoble du château Pique-Sègue à Port-Sainte-Foy-et-Ponchapt.
Images externes
Carte des communes concernées
Cartes cadastrales de l'appellation
Orthophotos du parcellaire de l'AOC

L'appellation bergerac est produite au sud du département de la Dordogne, plus particulièrement sur l'arrondissement de Bergerac. Elle concerne les 87 communes suivantes : Baneuil, Beaumontois-en-Périgord (pour le seul territoire de l’ancienne commune de Nojals-et-Clotte), Bergerac, Boisse, Bonneville-et-Saint-Avit-de-Fumadières, Bouniagues, Campsegret, Carsac-de-Gurson, Colombier, Conne-de-Labarde, Cours-de-Pile, Creysse, Cunèges, Eymet, Eyraud-Crempse-Maurens (pour le seul territoire de l’ancienne commune de Maurens), Faurilles, Le Fleix, Fonroque, La Force, Fougueyrolles, Fraisse, Gageac-et-Rouillac, Gardonne, Ginestet, Issigeac, Lalinde, Lamonzie-Saint-Martin, Lamothe-Montravel, Lanquais, Les Lèches, Lembras, Lunas, Mescoules, Minzac, Monbazillac, Monestier, Monfaucon, Monmadalès, Monmarvès, Monsaguel, Montazeau, Montcaret, Montpeyroux, Mouleydier, Moulin-Neuf, Nastringues, Naussannes, Plaisance, Pomport, Port-Sainte-Foy-et-Ponchapt, Prigonrieux, Queyssac, Rampieux, Razac-d'Eymet, Razac-de-Saussignac, Ribagnac, Rouffignac-de-Sigoulès, Sadillac, Saint-Agne, Saint-Antoine-de-Breuilh, Saint-Aubin-de-Cadelech, Saint-Aubin-de-Lanquais, Saint-Capraise-d'Eymet, Saint-Cernin-de-Labarde, Saint-Germain-et-Mons, Saint-Géry, Saint-Julien-Innocence-Eulalie, Saint-Laurent-des-Vignes, Saint-Léon-d'Issigeac, Saint-Martin-de-Gurson, Saint-Méard-de-Gurçon, Saint-Michel-de-Montaigne, Saint-Nexans, Saint-Perdoux, Saint-Pierre-d'Eyraud, Saint-Rémy, Saint-Sauveur, Saint-Seurin-de-Prats, Saint-Vivien, Saussignac, Serres-et-Montguyard, Sigoulès-et-Flaugeac, Singleyrac, Thénac, Vélines, Verdon et Villefranche-de-Lonchat[2].

Orographie et géologie

Le terroir s'articule selon une progression d'ouest en est, dictée par la nature de la roche-mère et l'influence des cours d'eau :

  • à l’ouest, une roche-mère calcaire d’origine marine, notamment le calcaire à astéries du stampien (ancien nom de la partie inférieure de l'Oligocène) donne des sols bruns à cailloux calcaires. Ces formations sont géologiquement identiques à celles de l’est de la Gironde ;
  • au sud-ouest, les formations de molasses du Paléogène engendrent des boulbènes constituées de sables et limons lessivés, formant des sols pauvres ;
  • au nord de la Dordogne (entre Le Fleix et Bergerac), la roche-mère est constituée de sables et argiles à graviers du Périgord. Elle donne des sols bruns délavés acides avec une accumulation de minéraux en profondeur créant un horizon imperméable appelé « tran »(variante locale de l'alios).
  • au sud-est, le calcaire lacustre (secteurs de Monbazillac et Issigeac) produit un sol brun caillouteux, dont l'épaisseur varie selon la topographie ;
  • de part et d’autre de la Dordogne, les dépôts alluviaux de graviers du Quaternaire forment des terrasses. Ces sols argilo-graveleux, acides et peu fertiles, assurent un bon régime hydrique grâce à leurs propriétés drainantes.

Les sols les plus caractéristiques de la zone se résument ainsi :

  1. des rendzines et sols bruns calcaires (sur substrats marins ou lacustres) ;
  2. des boulbènes (sols lessivés) sur les molasses et les sables du Périgord ;
  3. des sols alluviaux argilo-graveleux sur les terrasses de la rivière.

Cette configuration de sols pauvres permet une maîtrise optimale de la production et une régulation hydrique favorable à la culture de la vigne.

Climatologie

La région bénéficie d'un climat océanique tempéré. La multiplicité des configurations liée au relief, aux cours d'eau et aux expositions crée un grand nombre de climats locaux et microclimats. Cette variété explique aussi la variété des vins : rouge, rosé blanc sec, blanc moelleux, blanc liquoreux.

La photo couleur montre l'entrée d'un village ; à gauche de la route, une vigne de raisin blanc
Vigne à Rouffignac-de-Sigoulès.

Encépagement

Tous les vins de l'appellation bergerac sont obligatoirement des assemblages. Les vins doivent provenir de l’assemblage d’au moins deux cépages principaux, et la proportion de l’ensemble des cépages principaux ne peut être inférieure à 50 % de l’assemblage[2].

Les cépages principaux du vin rouge sont le cabernet franc N[note 1], le cabernet sauvignon N, le côt N et le merlot N. Les cépages accessoires sont le fer servadou N et le mérille N, localement appelé « périgord noir »[2]. Les cépages principaux doivent représenter au moins 75 % de l'encépagement.

Les cépages principaux du vin rosé sont le cabernet franc N[note 1], le cabernet sauvignon N, le côt N et le merlot N. Les cépages accessoires sont le fer servadou N et le mérille N, le sémillon B, le sauvignon B, le sauvignon gris G et la muscadelle B. L’ensemble des cépages accessoires doit représenter moins de 20 % de l’encépagement, dont au maximum 10% pour l’ensemble des cépages sauvignon B et sauvignon gris G et 10% pour la seule muscadelle B.

Les cépages principaux du vin blanc sont la muscadelle B, le sauvignon blanc B et sauvignon gris G et le sémillon B. L'ugni blanc B est complémentaire et le chenin B et l'ondenc B sont accessoires. Les cépages principaux doivent représenter au moins 75 % de l'encépagement. L'ugni blanc B est limité à 25 % et doit être moins important que l'ensemble des deux sauvignons. Les cépages accessoires sont limités à 20 %.

Conduite de la vigne

Vignes sur échalas vers 1880 à Port-Sainte-Foy.

La densité de plantation est de 4 000 pieds par hectare, l'écartement entre rangs est de trois mètres au maximum et l'écartement entre ceps dans le rang doit être d'au moins 0,80 mètre[2].

La taille de la vigne se fait en guyot, cordon de Royat ou à cots (nom local de la taille en gobelet). Le nombre d'yeux francs (rameaux porteurs de grappe) est limité à 16 par pied de vigne et à 60 000 par hectare[2].

La vigne ne peut être considérée à l'abandon. Le palissage doit porter le feuillage à une hauteur d'au moins 0,6 fois l'écartement. Le taux de ceps morts ou manquants est limité à 20 %. Au-delà de cette limite, le rendement de la parcelle en est amputé d'autant. Le viticulteur entretient le sol sous les vignes en utilisant des herbicides ou en tondant l'herbe[2]. Le travail du sol n'est qu'anecdotique. Les vignes sont protégées des maladies cryptogamiques par des traitements contre l'oïdium, le mildiou, l'excoriose

Récolte - normes du cahier des charges

Le raisin doit être récolté mûr. Ce stade est décelé par le viticulteur en dégustant les grains de raisin et en mesurant le taux de sucre.

Davantage d’informations Couleur des vins, Richesse en sucre ...
Richesse en sucre et titre alcoométrique potentiel du raisin[2].
Couleur des vinsRichesse en sucretitre alcoométrique
minimum
titre alcoométrique
maximum
Vins rosés170 g/l10,5 % vol.13 % vol.
Vins rouges189 g/l11 % vol.13,5 % vol.
Vins blancs170 g/l10,5 % vol.13 % vol.
Fermer

La charge à la parcelle est limité à 10 000 kg/ha. Une fois vinifié, le rendement visé correspond à 60 hl/ha pour les vins rouges, 62 hl/ha pour les vins rosés et 67 hl/ha pour les vins blancs[2]. Les rendements butoirs sont de 64 hl/ha, 70 hl/ha et 75 hl/ha respectivement.

Les raisins sont majoritairement récoltés à la machine à vendanger. Le cahier des charges interdit les bennes à vendange autovidantes par pompe à palette et les pressoirs à vis de faible diamètre[2].

Vins

Volumes

Le surface était de 6 934 hectares en 2009[18]. Les données de production des années récentes, telles que publiées par le service des Douanes[1], sont :

Davantage d’informations Année, superficie (ha) ...
Annéebergerac rouge bergerac rosé bergerac blanc
superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha) superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha) superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha)
20203 672157 975431 05053 9565188943 37149
20213 869153 3174082540 5144987939 14245
20223 735152 9424185241 7644991534 91438
20233 202101 597321 30350 2743989344 20149
20242 94792 614311 19043 5013777126 75435
Fermer

Vinification

Les raisins rouges peuvent ou non passer par l'éraflage et le foulage, selon le choix du vinificateur; ils sont ensuite mis à macérer en cuve pendant la fermentation alcoolique. Elle est assez courte pour les bergerac, plus prolongée pour les côtes-de-bergerac. Après la fermentation malolactique, le vinificateur effectue les assemblages entre cuves et entre cépages. Par la dégustation, il marie les qualités et défauts de chacun pour trouver les combinaisons optimales qui correspondent à ses cuvées. L'assemblage doit comporter au moins deux cépages principaux et l'ensemble des cépages principaux doit être d'au moins 50 %.

Les vins blancs sont récoltés le matin pour profiter de la fraîcheur de leur température. À l'arrivée au chai de la vendange, le raisin peut subir une macération pelliculaire pour augmenter l'extraction des arômes. Après pressurage, le moût est levuré et la fermentation alcoolique se déroule à température maitrisée par un groupe de réfrigération. Généralement, la fermentation malolactique n'est pas recherchée, la vivacité due à l'acide malique apportant un plus au vin. Avant l'élevage du vin, les différents cépages sont assemblés selon les mêmes proportions que pour les vins rouges.

Les vins rosés sont produits soit par pressurage direct de la vendange jusqu'à obtention de la couleur désirée, soit par saignée d'une cuve de macération pour les vins rouges (prélèvement d'une partie du jus après une macération dont la durée varie selon la vitesse de coloration) Le moût est mis à fermenter dans les mêmes conditions que le vin blanc. En fin de fermentation, ils peuvent garder un peu de sucre non fermenté. Ce dernier donne de la rondeur au vin.

Mesures analytiques

Davantage d’informations Couleur, Sucres fermentescibles ...
CouleurSucres fermentesciblesAcide malique
Vins rosés10 g/lPas de norme
Vins rougesg/l0,4 g/l (fermentation malolactique effectuée)
Vins blancsg/lPas de norme
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Gastronomie

Le bergerac rouge est un vin rouge intense, souple et fruité. (fraise, cassis, fruits rouges) Comme la plupart des appellations de par le monde, les vins rouge de Bergerac peuvent être des vins de fruit à boire assez rapidement. Ils peuvent proposer des vins de garde pour les cuvées plus complexes. Les vignerons de Bergerac ont mis en place une démarche de production qualitative, bien que leur image soit masquée par l’importance de l’appellation Bordeaux. Son potentiel garde est de 3 ans à 15 ans.

La production de bergerac rosé est récente, pour répondre à une demande du marché. Ce sont des vins de couleur saumon plus ou moins pâles, fruités, à boire rapidement[19]. Ce sont des vins de soif et d'été qui conviennent bien aux repas de grillade, de l'apéritif au dessert.

La palette gustative d'un bergerac blanc sec est vaste, comme celle des terroirs. Ce sont des vins vifs et frais[18]. Leur association est bonne avec des crustacés, des poissons grillés ou des fromages de chèvre frais. Certains blancs complexes sont également produits en Bergerac, proposant des évolutions dans le temps, une complexité aromatique, un gras en bouche équilibré par l’acidité.

Notes et références

Voir aussi

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