Wipeout (jeu vidéo)

jeu vidéo de 1995 From Wikipedia, the free encyclopedia

Wipeout (ワイプアウト?) (stylisé wipE'out'' ou WipEout) est un jeu vidéo de course futuriste développé et édité par Psygnosis, sorti en 1995 sur PlayStation et PC, et en 1996 sur Sega Saturn. Inspiré par Super Mario Kart, le jeu met en scène des courses de vaisseaux anti-gravité opposant huit concurrents et mêlant vitesse élevée et affrontements armés sur des circuits fantaisistes.

Éditeur
Psygnosis
Sega (Saturn, USA)
SoftBank (Saturn, Japon)
Réalisateur
John White (directeur de dev.)
Nick Burcombe (game design)
Faits en bref Développeur, Éditeur ...
Wipeout
Il est écrit en orange avec une écriture stylisée : wipE'out".
Logo du jeu.

Développeur
Éditeur
Psygnosis
Sega (Saturn, USA)
SoftBank (Saturn, Japon)
Réalisateur
John White (directeur de dev.)
Nick Burcombe (game design)
Compositeur

Date de sortie
PlayStation
EUR : 29 septembre 1995
AN : 21 novembre 1995
JAP : 22 mars 1996
PC
EUR : novembre 1995
AN : novembre 1995
Saturn
EUR : 29 mars 1996
AN : 3 mai 1996
JAP : 12 juillet 1996
Genre
Mode de jeu
Plate-forme
Langue

Évaluation
ELSPA : 3-10
ESRB : KA ?
PEGI : 3+ ?

Wipeout

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Accompagnant le lancement européen de la PlayStation, Wipeout connait un large succès critique et commercial et participe à la réputation de la machine de Sony. Il se distingue par sa direction artistique marquée, notamment conçue avec The Designers Republic, ainsi que par sa bande-son électronique. Les critiques saluent son concept innovant, son univers futuriste et son ambiance immersive. Aux côtés de F-Zero, Wipeout est devenu l’une des références du genre du jeu de course futuriste. Le gameplay exigeant ainsi que la sensation de vitesse et la conception des circuits sont particulièrement mis en avant. Cependant, plusieurs lacunes sont relevées, comme une maniabilité difficile à maîtriser, un contenu relativement limité et certains aspects techniques perfectibles.

Le jeu est le premier épisode de la série Wipeout. Il est réédité sur le PlayStation Store en 2007. Wipeout 2097, sa suite, sort en 1996, également sur PlayStation ainsi que sur d'autres plates-formes. À partir de Wipeout 3, sorti en 1999, les jeux de la série deviennent exclusifs aux consoles PlayStation.

Trame

Photographie d'une attraction de type montagnes russes par temps clair et dégagé.
Les tracés de Wipeout sont parfois comparés à des montagnes russes[1],[2],[3].

Wipeout se déroule en 2052 dans plusieurs pays du monde. La course anti-gravité est devenue l'événement sportif le plus important. Le jeu prend pour cadre la ligue de course F3600, un championnat de vaisseaux anti-gravité futuristes[4].

Le titre propose sept circuits : Altima VII au Canada, Karbonis V au Japon, Terramax en Allemagne, Korodera en Russie, Aridos IV aux États-Unis, Silverstream au Groenland, et la piste bonus déblocable Firestar sur la planète Mars. Les tracés présentent un design fantaisiste avec d'importants dénivelés, des virages en lacet, en aveugle, des rétrécissements, des portions de pistes bosselées, des tremplins, des précipices ou encore des embranchements plus ou moins avantageux. Les pistes sont bordées de murets qui préviennent les sorties de piste mais sont très pénalisants au moindre contact[5].

Système de jeu

Vaisseaux et facultés

Le joueur contrôle un vaisseau futuriste  un aérodyne en lévitation à moins d'un mètre au-dessus du sol  en vue interne ou externe. Le jeu propose des environnements en 3D temps réel avec une vitesse de défilement et une fluidité jugées impressionnantes à l'époque de sa sortie. Les sensations de vitesse sont accentuées par le relief escarpé des pistes et une caméra dynamique (en vue embarquée, l'angle de vue accompagne l'inclinaison du vaisseau). Chaque bolide dispose sur ses côtés d'aérofreins pour négocier les virages serrés[6]. Le jeu propose de piloter pour l'une des quatre équipes de la ligue F3600, chacune comportant deux pilotes. Il est ainsi possible de choisir parmi l'écurie japonaise AG Systems, l'écurie américano-canadienne Auricom Research, l'écurie russe Qirex et l'équipe européenne Feisar. Chaque vaisseau possède des caractéristiques distinctes en termes d'accélération, de vitesse de pointe, de masse et de rayon de braquage[7],[5].

Le joueur peut récupérer des gadgets qui lui procurent temporairement un avantage, ainsi que des armes permettant de ralentir les adversaires, en passant sur des dalles colorées dispersées sur les circuits[N 1]. Ainsi, le boost permet de doubler la vitesse de croisière du vaisseau, et le bouclier protège le vaisseau des armes des adversaires. Les mines sont tirées depuis l'arrière du véhicule, et explosent au contact d'un poursuivant ; l'onde de choc, si elle atteint un concurrent, ralentit ce dernier et perturbe ses commandes durant un court laps de temps. Enfin, le missile classique est tiré depuis l'avant du véhicule et se déplace en ligne droite, tandis que le missile à tête chercheuse, après avoir ciblé un vaisseau concurrent, est capable de le poursuivre automatiquement sur une longue distance avant d'exploser[8],[5],[2].

Modes de jeu

Pour chaque mode de jeu, deux catégories de course sont disponibles : la catégorie Venom et la catégorie Rapier, dans laquelle les vaisseaux sont plus rapides. Cette dernière se débloque en remportant le mode Championnat[9].

Le mode Championnat permet à huit pilotes de s'affronter lors d'une série de six courses et de gagner des points suivant leur classement à l'issue de chacune d'entre elles :

Davantage d’informations Classement, 1er ...
Classement 1er 2e 3e 4e 5e 6e
Points 9 7 5 3 2 1
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Celui ayant remporté le plus de points à l'issue du championnat est déclaré vainqueur. Le joueur doit terminer dans les trois premiers pour passer à la manche suivante et dispose pour chaque course de trois essais pour y parvenir. Dans le cas contraire, il est éliminé[5].

Un câble gris, enroulé sur fond blanc.
Un câble de liaison pour console PlayStation.

Dans le mode Course simple, le joueur choisit l'un des six circuits et des quatre écuries du jeu et affronte sept adversaires. Le mode Contre-la-montre impose de terminer la course en un minimum de temps. Le joueur ne dispose d'aucune arme et n'est confronté à aucun adversaire, mis à part un vaisseau fantôme symbolisant le meilleur tour effectué[5].

Sur PlayStation, un mode multijoueur est également disponible. Il nécessite deux télévisions, deux consoles, deux exemplaires du jeu, et un câble de liaison. Il permet aux joueurs soit de s'affronter en face à face, soit de se mesurer parmi six autres concurrents contrôlés par l'intelligence artificielle[5],[10],[6].

Développement

Conception

Photographie d'un homme blanc à lunette avec un polo bleu.
Nick Burcombe en 2012.

Wipeout est développé et édité par le studio Psygnosis, installé à Liverpool. Sa production débute au cours du second semestre [11]. Selon Lee Carus, l'un des artistes du jeu, le développement de Wipeout dure 14 mois. L'idée nait d'une conversation entre Nick Burcombe et Jim Bowers dans un pub d'Oxton, dans le Merseyside. Le nom « Wipeout » est également trouvé lors d'une conversation dans un pub, inspiré par le morceau instrumental Wipe Out du groupe américain The Surfaris[12]:

« La conversation a ensuite dérivé vers la musique. Jim comme moi écoutions beaucoup The Prodigy à l’époque. On a plaisanté sur l’idée de demander à The Prodigy de faire un remix moderne de « Wipeout », le vieux morceau surf des Beach Boys. On imaginait Liam Howlett hurler « Heheheheheheee, wipe oooout! » juste devant nous, avant que le morceau démarre à 140 BPM avec un énorme son hardcore. C’était un moment génial — et on a gardé le nom. »[12],[N 2]

 Nick Burcombe

Bowers réalise ensuite un court métrage de présentation qui est projeté dans les bureaux de Psygnosis. Le projet Wipeout est approuvé et la production commence[13].

Une première vidéo de démonstration est présentée à l'European Computer Trade Show, en [14]. Le marketing et les visuels sont conçus par Keith Hopwood et The Designers Republic, un studio de design graphique installé à Sheffield. Ciblant un public branché, amateur de musique et de sorties en discothèque, Hopwood et The Designers Republic imaginent l'identité visuelle de la jaquette du jeu et de ses supports promotionnels[15].

L'équipe, composée d'une dizaine de personnes, est sous pression et doit respecter un calendrier serré. La conception des circuits s'avère difficile en raison de la faible distance d'affichage possible sur les consoles de jeu. Carus déclare que le code a dû être réécrit aux trois quarts du développement, mais que l'équipe était convaincue de pouvoir terminer le jeu à temps[13]. La conception des véhicules est inspirée de Matrix Marauders, un jeu de stratégie en 3D sur grille, développé par Psygnosis sous la direction de Jim Bowers et sorti sur Amiga en [16], et particulièrement de l'animation en SoftImage montrant deux vaisseaux utilisant les mêmes types de véhicules anti-gravité[12]. Nick Burcombe, le concepteur du jeu, précise également que Wipeout s'inspire de jeux comme Powerdrome, F-Zero et Super Mario Kart de Nintendo[12],[13] : à l'image de ce dernier, les joueurs reçoivent des armes de manière aléatoire, dont l'usage est davantage de ralentir les adversaires que de les éliminer[12].

Musique

Le développement de Wipeout accorde une grande importance à sa musique, élément clé de l'identité du jeu. Le concepteur Nick Burcombe explique qu'une partie de Super Mario Kart, accompagnée d'une musique techno entraînante, lui a inspiré l'idée de créer un jeu avec des vaisseaux volants à grande vitesse parcourant des circuits futuristes sur une bande-son électronique rythmée[17]. Pour la vidéo de présentation du jeu, l'équipe choisit le morceau No Good (Start the Dance) du groupe de big beat The Prodigy. Selon Jim Bowers, auteur chez Psygnosis, ce choix est motivé par le fait que « son rythme collait parfaitement à l'action à l'écran »[18].

Photographie d'un visage d'un homme blanc.
Tim Wright, dit CoLD SToRAGE, en 2008.

Le compositeur Tim Wright, alias CoLD SToRAGE, est engagé pour créer la musique du jeu, mais éprouve d'abord des difficultés à adapter son style synthpop au son big beat et techno imaginé par l'équipe[19]. Ce style, caractérisé par des boucles et des lignes de basse puissantes, des breakbeats, des rythmes percutants et des montées et descentes dramatiques, est essentiel pour évoquer l'énergie de la culture rave. Pour créer ce son, Wright utilise des CD d'échantillons populaires auprès du label Ninja Tune et des synthétiseurs comme le Roland JD-800 afin de produire les rythmes et les sons lourds et distordus qui caractérisaient la bande originale du jeu. Après avoir composé un titre qui ne convainc pas, Wright est emmené par les membres de son équipe à la discothèque The Voodoo à Liverpool pour l'immerger dans l'environnement qui inspire la musique du jeu[19].

Malgré les réticences des maisons de disques à collaborer avec l'industrie du jeu vidéo, la version pour PlayStation de Wipeout propose des morceaux d'auteurs électroniques de renom tels que Leftfield, The Chemical Brothers et Orbital[11],[19]. Burcombe espérait commander un titre original au groupe The Prodigy, mais celui-ci décline finalement l'offre. Orbital compose notamment « Wipeout (P.E.T.R.O.L) ». Ces morceaux, associés au style visuel de Wipeout, deviennent un élément constitutif de l'identité du jeu et contribuent à son succès auprès d'un jeune public habitué des discothèques[20].

Davantage d’informations Tronc commun à toutes les versions du jeu, No ...
Tronc commun à toutes les versions du jeu
NoTitreAuteurDurée
1.Data Track
2.CairodromeCoLD SToRAGE5:15
3.Cardinal DancerCoLD SToRAGE5:22
4.Cold ComfortCoLD SToRAGE5:05
5.DOH-TCoLD SToRAGE5:15
6.MessijCoLD SToRAGE5:16
7.OperatiqueCoLD SToRAGE5:18
8.TentativeCoLD SToRAGE5:26
9.TrancevaalCoLD SToRAGE5:07
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Davantage d’informations Pistes supplémentaires de la version européenne sur PlayStation, No ...
Pistes supplémentaires de la version européenne sur PlayStation[21]
NoTitreAuteurDurée
10.Afro RideLeftfield6:26
11.Chemical BeatsThe Chemical Brothers4:52
12.Wipeout (P.E.T.R.O.L)Orbital6:15
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Davantage d’informations Pistes supplémentaires de la version européenne sur Saturn, No ...
Pistes supplémentaires de la version européenne sur Saturn
NoTitreAuteurDurée
10.BrickbatRob Lord & Mark Bandola5:59
11.Planet 9Rob Lord & Mark Bandola4:43
12.PoisonRob Lord & Mark Bandola5:18
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Davantage d’informations Pistes de l'album, No ...
Pistes de l'album Wipeout: The Music[22]
NoTitreAuteurAristeDurée
1.Afro Ride (de Afro-Left, 1995)Neil Barnes, Paul Daley, Neil ColeLeftfield4:25
2.Chemical Beats (Exit Planet Dust, 1995)Tom Rowlands, Ed SimonsChemical Brothers4:04
3.Blue Monday (Hardfloor Mix) (Blue Monday-95, 1995)Bernard Sumner, Peter Hook, Stephen Morris, Gillian GilbertNew Order8:36
4.The Age of Love (Jam & Spoon Mix)Bruno Sanchioni, Giuseppe CherchiaAge of Love6:45
5.Wipeout (P.E.T.R.O.L) (de In Sides, 1996)P & P HartnollOrbital6:15
6.One Love (Edit) (de Music for the Jilted Generation, 1994)Liam HowlettThe Prodigy3:53
7.La Tristesse Durera (Scream to a Sigh) (Dust Brothers Mix) (de Gold Against the Soul, 1993)Nicky Wire, Richey JamesManic Street Preachers6:13
8.When (K-Klass Pharmacy Mix)Lucia Holm, Paul CarnellSunscreem8:39
9.Good Enough (Geminis Psychosis Mix)L. Cittadini, M. BraghieriB.B. feat Angie Brown8:54
10.Circus Bells (Hardfloor Remix)R. ArmaniRobert Armani4:47
11.Captain Dread (de Second Light, 1995)G. Roberts, Irvine, McGlynnDreadzone5:23
12.Transamazonia (Deep Dish Rockit Express Dub Mix)Colin Angus, Richard WestThe Shamen4:21
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Promotion et commercialisation

Promotion

Image externe
Affiche promotionnelle de Wipeout, montrant la présentatrice de télévision et de radio Sara Cox le visage ensanglanté.

L'attention de Psygnosis se porte sur le marketing, sur la façon dont Wipeout peut capitaliser sur les méthodes de commercialisation de la musique et de la mode. L'intention était d'inscrire le jeu dans la tendance, d'attirer l'attention des clients de clubs et des acheteurs de disques, lesquels représentent une niche mais comptent un grand nombre de « faiseurs d'opinion » influents, et de capturer l'atmosphère underground du Royaume-Uni de l'époque. La participation de The Designers Republic et l'ajout de musiques sous licence participent de cet élan. Les activités de promotion incluent l'installation de consoles avec le jeu dans des boîtes de nuit populaires, comme le Ministry of Sound[23], l'édition d'un album musical, Wipeout: The Music, et la vente d'une gamme de vêtements. Un prototype de Wipeout en images de synthèse apparait pendant deux minutes au cours d'une séquence du film Hackers, sorti en , dans laquelle les deux protagonistes jouent au jeu sur un écran géant dans une boîte de nuit[17],[24]. Le jeu apparait dans l'un des spots publicitaires de la série Society Against PlayStation, qui accompagne le lancement de la console. Pour Nick Burcombe, « c'était un concept novateur sur le marché. Ce mélange de culture club et de jeu vidéo a, selon certains, rendu le jeu vidéo cool et acceptable dans un autre domaine »[17].

Wipeout suscite une vive controverse lors de sa sortie. La campagne promotionnelle créée et lancée par Keith Hopwood et The Designers Republic comprend une affiche montrant la présentatrice de télévision et de radio britannique Sara Cox le visage ensanglanté. Certains l'ont accusée de simuler une overdose[17]. Le magazine Next Generation publie l'affiche après avoir effacé le sang, la rédaction expliquant qu'elle a subi des pressions de la part des marchands de journaux concernant les images violentes dans les magazines de jeux vidéo, et qu'elle estimait elle-même que le sang n'apportait rien à la publicité, si ce n'est un effet de choc[25]. L'affiche présente Wipeout comme « un jeu dangereux », et Neil Thompson, l'artiste principal du jeu, suggère que le « E » majuscule de WipEout signifie ecstasy, ce que nie le concepteur Nick Burcombe[17].

Commercialisation

Photo d'une console de jeu PlayStation grise avec sa manette.
La PlayStation.

Wipeout paraît en Europe en tant que titre de lancement de la PlayStation sur ce territoire, le [26],[27]. Il sort en Amérique du Nord le [28],[29], puis le au Japon[30]. Le jeu, aux côtés de Air Combat, Battle Arena Toshinden, Destruction Derby, Ridge Racer et Tekken, est l'un des premiers titres à être réédités dans la gamme Platinum en Europe en [31] ; il fait également l'objet d'une réédition dans la gamme Greatest Hits en Amérique du Nord[32]. La version PlayStation est également rééditée en téléchargement sur PlayStation Portable et PlayStation 3 le en Amérique du Nord, le en Europe et le au Japon[33],[34]. Une version Android destinée au Xperia PLAY sort également en 2011[35],[36].

Un portage de Wipeout, développé en interne par Psygnosis, sort en sur PC en Europe et en Amérique du Nord[37],[38],[39],[40]. Selon PC Gamer (Royaume-Uni), le jeu est « le premier à faire le saut de la PlayStation vers le PC »[38]. Un des programmeurs de cette version est Andy Satterthwaite, le futur producteur de Wipeout 2097[41].

Photo d'une console Sega Saturn noir avec sa manette sur fond blanc.
La Saturn.

Enfin, alors que Psygnosis a été rachetée par Sony (la société à l'origine de la PlayStation) en 1993 pour 20 millions de livres sterling, la presse spécialisée révèle dès fin 1995, à la surprise générale, que l'entreprise britannique s'apprête à publier des conversions de certains de ses jeux sur Saturn l'année suivante. Les quatre premiers titres portés sur la console de Sega sont 3D Lemmings, Destruction Derby, Discworld, et Wipeout[42],[43],[2],[44]. Développé par Tantalus Entertainment, ce dernier paraît le en Europe[45] ; le en Amérique du Nord, où il est distribué par Sega[28],[29],[46] ; et le de la même année au Japon, où il est édité par SoftBank[40]. Puisque Sony possède les droits sur les trois derniers morceaux de la bande originale de la version PlayStation, de nouvelles musiques de Rob Lord et Mark Bandola sont ajoutées pour la version Saturn[47].

Accueil

Faits en bref Média, PS ...
Aperçu des notes reçues
Presse papier
Média PS Saturn PC
Consoles + (FR) 95 %[48] 95 %[49] -
CVG (UK) 96 %[50] 3/5[51] 78 %[52]
Edge (UK) 8/10[53] - -
EGM (US) - 7,125/10[54] -
Famitsu (JP) 30/40[30] 31/40[55] -
Joypad (FR) 95 %[5] 89 %[56] -
Mega Force (FR) - 90 %[57] -
Next Generation (US) 5/5[58] 4/5[59] -
PC Gamer (UK) - - 92 %[38]
Sega Saturn Magazine (UK) - 92 %[60] -
Presse numérique
Média PS Saturn PC
AllGame (US) 3,5/5 étoiles[61] - -
IGN (US) 8/10[62]
7/10 (PSN)[63]
- -
Jeuxvideo.com (FR) 15/20[10] - -
Pocket Gamer (UK) 3,5/5 étoiles (PSN)[64] - -
Agrégateurs de notes
Média PS Saturn PC
GameRankings 90 %[65] 78,1 %[66] -
MobyGames 8/10[67] 7,9/10[67] 7,1/10[67]
SensCritique 7,2/10[68] 7,2/10[68] 7,2/10[68]
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Critiques

Version PlayStation

À sa sortie sur PlayStation, Wipeout reçoit un accueil globalement favorable de la part de la presse spécialisée. Il obtient une note moyenne de la critique de 85 % sur le site MobyGames[67],[N 3].

IGN souligne le nouveau souffle que le jeu apporte au genre des jeux de course. Le test met en avant son concept de véhicules anti-gravité armés et son univers futuriste, qui renouvellent les codes traditionnels, ainsi que sa direction artistique marquante, portée par une bande-son techno et une identité visuelle conçue par The Designers Republic. La rédaction insiste sur l’immersion procurée par cette approche originale, tout en notant quelques limites, comme une maniabilité exigeante et un nombre d’adversaires jugé insuffisant, réduisant le défi une fois le jeu maîtrisé. Malgré ces réserves, IGN considère que le titre se distingue nettement de la concurrence et s’impose comme une œuvre marquante, appelée à devenir un classique[62].

D'autres critiques, parues postérieurement à la sortie de Wipeout, en font également l'éloge. Shawn Sackenheim aborde sur AllGame le soin accordé aux graphismes du jeu ainsi que la variété des tracés, bien conçus et dotés d’une bande-son techno immersive. Sa critique met également en avant la diversité des modes de jeu, tout en notant que le nombre limité de circuits et la durée de vie relativement courte peuvent restreindre l’expérience. La maniabilité est jugée agréable après un temps d’adaptation, bien que les collisions avec les bords de piste ralentissent fortement le vaisseau[61].

Chris Roper d'IGN, testant sur PSP la réédition du jeu parue sur le PlayStation Store, salue la fluidité du gameplay, marquée par des sensations de glisse et une prise en main exigeante mais gratifiante, ainsi que l’identité singulière du jeu, mêlant vitesse et combat dans une expérience immersive. Il met également en avant la direction artistique toujours efficace, mais regrette plusieurs limites, comme une progression contraignante. Il pointe enfin des défauts techniques liés au matériel d’origine de la PlayStation, tels que des problèmes de clipping et une distance d’affichage réduite, ainsi que l’absence de fonctionnalités multijoueur. Malgré ces réserves, il estime que le jeu reste solide et toujours agréable à jouer[63].

En France, Olivier Pastor de Jeuxvideo.com met en avant l’innovation apportée au genre des courses futuristes. Sa critique porte sur l’univers futuriste crédible, les circuits inventifs et l’identité visuelle forte, ainsi que sur la bande-son électro marquante qui renforce l’immersion. Il insiste également sur la difficulté élevée du pilotage et la nécessité d’apprendre les circuits pour progresser, soulignant un gameplay exigeant mais gratifiant. Il note la relative pauvreté des décors, mais estime que l’impression de vitesse et le design des circuits compensent largement ces défauts. Il conclut que Wipeout reste un titre marquant et « enivrant », qui « pose les fondations d’une grande série[10] ».

Wipeout est régulièrement comparé à F-Zero, dont il reprend plusieurs codes : véhicules antigravitationnels, vitesse extrême et circuits de science-fiction. Plusieurs critiques soulignent toutefois que le titre de Psygnosis dépasse largement le simple héritage. Grospixels évoque une inspiration « indéniable », mais insiste sur l’identité propre de Wipeout, portée par son esthétique cyberpunk, son design épuré et sa bande-son techno emblématique des années 1990. De même, d'autres articles distinguent le jeu de son modèle par une approche plus immersive et plus technique de la vitesse, contribuant à imposer Wipeout comme l’une des principales références du genre aux côtés de F-Zero, y compris dans leurs suites respectives[69],[70],[71],[72],[73].

Version Saturn

La version Saturn de Wipeout reçoit elle aussi un accueil globalement positif, bien que la plupart des critiques la jugent inférieure à la version PlayStation. Elle affiche un score de 83 % sur MobyGames[67],[N 3]. Dans Sega Saturn Magazine, Eddy Lawrence salue le nombre de circuits ainsi que leur identité propre, estimant que la prise en main est facile tout en restant suffisamment exigeante. Il considère néanmoins que cette adaptation est techniquement inférieure à Sega Rally et n’atteint pas le niveau de la version PlayStation, même si ses défauts n’affectent pas directement le gameplay[60]. Les journalistes d’Electronic Gaming Monthly mettent également en avant la variété des circuits et le niveau de difficulté relevé, tout en se montrant plus enthousiastes concernant les graphismes, qu’ils qualifient de « lumineux » et « superbes »[54]. Next Generation estime que, malgré des graphismes légèrement moins nets et une maniabilité différente, la version Saturn reste essentiellement identique à celle sortie sur PlayStation[59]. Paul Curthoys de GamePro et un journaliste de Maximum jugent également cette adaptation moins aboutie que l’original, tout en la considérant excellente dans l’absolu. Ils estiment qu’elle présente peu d’intérêt pour les possesseurs de PlayStation, mais la recommandent aux joueurs ne disposant que d’une Saturn[74],[75].

En France, Mega Force salue l'ambiance graphique et sonore du jeu ; il le compare à Cyber Speedway, sorti sur Saturn quatre mois avant la version originale de Wipeout et expose que, bien que « les deux jeux se ressemblent, il n'en est rien du plaisir que l'on en retire », ajoutant que « le soft de Psygnosis est largement meilleur », celui-ci étant « immensément plus fun, plus varié, plus beau, plus prenant... »[57]. Consoles + fait également un parallèle avec Cyber Speedway et Hi-Octane, tout comme Joypad qui affirme que la version Saturn de Wipeout « écrase littéralement Hi-Octane » mais « est loin d'égaler le fun et la beauté de Sega Rally Championship » ; par ailleurs, ce dernier déclare que face à la version Saturn, « la version PlayStation l'emporte haut la main »[56], alors que pour Consoles +, « le titre n'a quasiment rien perdu sur Saturn », remarquant que « la jouabilité a été retravaillée », celle-ci permettant de mieux apprécier les dénivellations sur la console de Sega[49]. Mega Force confirme que la maniabilité de la version Saturn est « un peu moins brutale que dans sa version d'origine »[57]. Joypad reconnaît que si « la maniabilité était telle que le jeu en devenait injouable sur PlayStation (…), WipEout devient beaucoup plus abordable [sur Saturn], même si l'on y joue pour la première fois. »[56].

Version PC

La version PC du jeu décroche quant à elle la note de 71 % sur MobyGames[67]. Jim Flynn de l'édition britannique de PC Gamer juge que le titre est « exceptionnellement plaisant à jouer », et augure potentiellement une « relation symbiotique salutaire » entre la PlayStation et le PC[38]. D'autres critiques soulignent la fluidité de la conduite sur les circuits en 3D, jugée encore plus précise avec un joystick analogique que sur la version PlayStation mais où ce dernier est presque obligatoire. Son ambiance sonore et ses graphismes futuristes sont également salués, tout comme ses nombreuses options graphiques lui permettant de fonctionner sur des configurations variées. Les testeurs soulignent cependant des défauts d’affichage ou des effets visuels inférieurs aux versions consoles. Enfin, ils mettent en avant sa compatibilité avec plusieurs systèmes d’exploitation de l’époque ainsi que son mode multijoueur en réseau jusqu’à huit joueurs[76],[77],[78].

Ventes

Wipeout est un succès commercial : au , plus d'un million d'exemplaires du jeu se sont écoulés[79]. Parmi les jeux disponibles au lancement de la PlayStation, c'est Wipeout qui s'est le mieux vendu en Europe[80].

Au Royaume-Uni, lors du lancement européen de la PlayStation, il est le titre le plus vendu sur cette plate-forme  devant Ridge Racer , et il atteint « immédiatement » la deuxième position du classement Gallup[81] ; la revue britannique Maximum affirme qu'un exemplaire du jeu s'est vendu pour chaque PlayStation vendue lors de la semaine de sa sortie[82] ; un classement Gallup des 10 meilleures ventes de « jeux PlayStation disponibles dans les magasins en ce moment » publié dans le magazine PlayStation officiel britannique daté janvier 1996[N 4] place Wipeout en troisième position, derrière Tekken et Destruction Derby[83]; il arrive en 7e position du classement des dix meilleures ventes de jeux sur CD-ROM établi par Chart-Track pour l'année 1995[84],[N 5].

Au Japon, en date du , soit deux jours après sa parution sur ce territoire, les ventes de la version PlayStation de Wipeout s'élèvent à 14 506 exemplaires[85].

Postérité

Le succès de Wipeout conduit Psygnosis à développer plusieurs suites qui forment ainsi une série de jeux. Le second opus, intitulé Wipeout 2097, paraît sur PlayStation et Saturn en et reçoit un accueil critique positif, notamment eu égard à son moteur de jeu considérablement amélioré et à sa nouvelle physique[12]. Un autre jeu développé pour la Nintendo 64, Wipeout 64, sort en et est également salué par la critique, même s'il ressemble beaucoup aux deux premiers opus[86]. Wipeout est considéré comme indissociable de la première console de jeux de Sony et comme l'une des premières vitrines des graphismes 3D sur console[11].

Photographie d'un disque vinyle sur une platine en fonctionnement.
Un vinyle sur une platine qui permet sa lecture et d'écouter son contenu.

La bande originale et l'esthétique musicale de Wipeout permettent à des millions de joueurs de découvrir la musique underground des clubs et des raves, inaugurant ainsi une nouvelle ère pour la musique dans les jeux vidéo[17],[20]. En , le journaliste spécialisé Mat Ombler écrit que le jeu « a transporté l'ambiance des boîtes de nuit dans les chambres et les salons du monde entier »[87]. Le journaliste Adam Ismail décrit Wipeout comme un « phénomène culturel », un jeu « où la musique et le style visuel étaient aussi importants, voire plus, que l'expérience physique du jeu lui-même »[88]. En , la bande originale de CoLD SToRAGE est remasterisée, rééditée et pressée sur vinyle pour la première fois, avec des remixes d'artistes électroniques contemporains tels que Kode9 et μ-Ziq[89]. La bande originale, et notamment l'utilisation de morceaux d'artistes contemporains populaires, incite les développeurs de jeux vidéo à accorder une plus grande importance à la musique dans leurs créations[90].

Le code source des versions PlayStation et Windows du jeu fuite le , divulgué par l'association de préservation du jeu vidéo Forest of Illusion, à des fins éducatives[91],[92]. À partir de ce code, deux portages sont réalisés par des passionnés : WipeOut Phantom Edition pour Microsoft Windows, à code source fermé[93], et WipEout Rewrite pour Windows, macOS, Linux et WebAssembly, développé par Dominic Szablewski et dont le code source est ouvert. Ce dernier appelle Sony à réaliser une version remastérisée du jeu[94].

Notes et références

Annexes

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