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Yvette Roudy

femme politique française From Wikipedia, the free encyclopedia

Yvette Roudy, née le à Pessac (Gironde) et morte le à Cabestany (Pyrénées-Orientales)[1], est une femme politique française ayant notamment soutenu la cause féministe.

Élection1er juin 1997
Circonscription3e du Calvados
Groupe politiqueSOC
Faits en bref Fonctions, Députée française ...
Yvette Roudy
Illustration.
Yvette Roudy en 2012.
Fonctions
Députée française

(5 ans et 6 jours)
Élection 1er juin 1997
Circonscription 3e du Calvados
Législature XIe (Cinquième République)
Groupe politique SOC
Prédécesseur André Fanton
Successeur Claude Leteurtre

(4 ans, 9 mois et 9 jours)
Élection 12 juin 1988
Circonscription 3e du Calvados
Législature IXe (Cinquième République)
Groupe politique SOC
Prédécesseur Proportionnelle par département
Successeur André Fanton

(2 ans, 1 mois et 12 jours)
Élection 16 mars 1986
Circonscription Calvados
Législature VIIIe (Cinquième République)
Groupe politique SOC
Maire de Lisieux

(12 ans et 1 jour)
Prédécesseur André-Eugène Baugé
Successeur Bernard Aubril
Ministre des Droits de la femme

(9 mois et 27 jours)
Président François Mitterrand
Premier ministre Laurent Fabius
Gouvernement Fabius
Prédécesseur Elle-même (ministre déléguée)
Successeur Georgina Dufoix (indirectement)
Ministre déléguée aux Droits de la femme

(4 ans)
Président François Mitterrand
Premier ministre Pierre Mauroy
Laurent Fabius
Gouvernement Mauroy I, II et III
Fabius
Prédécesseur Alice Saunier-Seïté (Condition féminine)
Successeur Elle-même (ministre)
Députée européenne

(1 an, 10 mois et 30 jours)
Élection 10 juin 1979
Circonscription France
Groupe politique SOC
Successeur Bernard Thareau
Secrétaire de l’Assemblée nationale

(5 ans et 5 jours)
Président Laurent Fabius
Raymond Forni
Législature XIe (Cinquième République)
Biographie
Nom de naissance Yvette Saldou
Date de naissance
Lieu de naissance Pessac, France
Date de décès (à 97 ans)
Lieu de décès Cabestany, France
Nationalité Française
Parti politique PS
Profession Traductrice, journaliste

Image illustrative de l’article Yvette Roudy
Maires de Lisieux
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Membre du Parti socialiste (PS), elle est députée européenne (1979-1981), ministre des Droits de la femme (1981-1986), puis députée du Calvados et enfin maire de Lisieux (1989-2001).

En 2014, en l'honneur de son mari Pierre Roudy, elle fonde, en collaboration avec la Chancellerie des universités de Paris, le prix Pierre-et-Yvette-Roudy.

Biographie

Jeunesse et formation

Yvette Roudy, née Saldou, est issue d'un milieu modeste. Son père, ouvrier dans la métallurgie, est employé de la municipalité de Pessac et dispose d'une pension d'invalidité depuis son retour de la Première Guerre mondiale. Elle perd sa mère à l'âge de 12 ans[2].

À l'âge de 17 ans, elle devient dactylographe dans une conserverie de poissons bordelaise. En 1951, elle épouse Pierre Roudy et le suit pendant trois ans en Écosse. De retour en France en 1955, elle passe son baccalauréat[3].

Militante féministe

Yvette Roudy s'installe par la suite avec son mari à Paris[4]. Elle fait la connaissance de Colette Audry, ancienne résistante, socialiste et féministe, proche de Pierre Mendès-France, militante à cette époque au Mouvement démocratique féminin (MDF)[3]. Ce groupe, qui émerge en 1962, se définit comme un mouvement de gauche communiste. Yvette Roudy va rapidement en devenir, avec Marie-Thérèse Eyquem, la première animatrice. Elle participe à l'adhésion de nouvelles militantes, telle que Renée Broustal, son amie, militante nantaise et future déléguée aux droits des femmes dans les Pays-de-la-Loire, qui intègre le MDF en 1966[5].

À la demande de Colette Audry, elle traduit en 1963 The Feminine Mystique (La Femme mystifiée) de Betty Friedan qui vient de sortir aux États-Unis[6]. Ce livre est une révélation pour elle et lui permet de mettre des mots sur ce qu'elle ressent. Elle crée en 1965 La Femme du XXe siècle, journal du MDF dont elle est rédactrice en chef[7].

Soutien de François Mitterrand et candidate PS

En 1965, Yvette Roudy est consciente qu'il faut entrer en politique pour faire bouger le débat sur la cause des femmes[8]. Lors de l'élection présidentielle de 1965, elle apporte son soutien à François Mitterrand, qui reprend à son compte certaines revendications du MDF dans son programme, notamment le droit des femmes d’accéder à la contraception[9],[10].

Avec le MDF, Yvette Roudy participe à la Convention des institutions républicaines, parti créé par François Mitterrand. Lors des élections législatives de 1967, elle se présente sans succès à Meaux en Seine-et-Marne. Lors des élections législatives de 1968, elle se présente dans la 31e circonscription de Paris, couvrant une partie du 20e arrondissement[2]. Elle est battue au premier tour avec un score de 6,22 %.

Yvette Roudy rejoint le Parti socialiste (PS) avec le MDF en 1971, à l'occasion du congrès d'Épinay. La même année, elle signe le manifeste des 343, qui appelle à la légalisation de l'avortement en France[11].

En 1977, elle est nommée secrétaire nationale du PS à l’action féminine puis, en 1979, elle crée et prend la présidence de la commission des droits de la femme du parti[4].

Elle se présente en 1978 aux élections législatives à Lyon, où elle est battue[2]. L'année suivante, elle est élue députée européenne en 1979 sur la liste du PS[3].

Fonctions ministérielles

Yvette Roudy en 1980.

Après la victoire de François Mitterrand lors de l'élection présidentielle de 1981, elle est nommée ministre des Droits de la femme, de jusqu'en . Parmi ses conseillers ministériels figurent le socialiste Dominique Jourdain, futur maire de Château-Thierry, ainsi que Simone Iff, ex-vice-présidente du Mouvement français pour le Planning familial et Jeannette Laot, qui, issue de la CFDT, coprésida le Mouvement pour la liberté de l'avortement et de la contraception (MLAC)[12].

En arrivant au gouvernement en 1981, elle commence par lancer une campagne sur la contraception puis met en place le remboursement de l'IVG par la Sécurité sociale. En 1981 également, l'Association des femmes journalistes est créée grâce à son soutien[13].

Elle est à l'origine de deux lois qui portent son nom[4] :

Mais ses projets ne sont pas tous des succès : la loi anti-sexisme de 1983, alors qu'elle est ministre des Droits de la femme, est un cuisant échec[14] face à l'opposition des publicitaires et des défenseurs de la « liberté de la presse »[16].

En 1982, Yvette Roudy célèbre officiellement le dans l'idée de « commémorer la lutte des femmes pour que cessent les inégalités et les discriminations dont elles sont victimes »[N 1].

En 1984, elle met en place la « commission sur la féminisation des noms de métiers, grades et fonctions », et choisit Benoîte Groult pour la présider[N 2]. Le , elle soutient l'organisation du premier colloque de la Ligue des droits des femmes[16].

Yvette Roudy s'engage pour la parité. Le déclencheur se situe en 1992, avec la déclaration à Athènes lors du premier sommet européen. Selon cette déclaration, « parce que les femmes représentent plus de la moitié de la population, la démocratie impose la parité dans la représentation et l’administration des nations »[17]. Elle crée alors « l'Assemblée des femmes » (1992-1993)[N 3], dont l'objectif est d'inscrire la parité dans la constitution et les institutions [18]. La même année, elle publie son livre Mais de quoi ont-ils peur ? et signe le Manifeste des 577 pour la parité[19]. En 1996, elle décide de réunir plusieurs femmes, anciennement ministres, afin de monter une action commune[N 4]. Cela aboutit au Manifeste des dix, publié dans L'Express[19]. Elle propose le non-cumul des mandats, l'introduction à la proportionnelle, jusqu'à parler de quotas s'il le faut.

Députée du Calvados et maire de Lisieux

En 1986, elle est parachutée à Lisieux pour devenir députée du Calvados lors de l'élection législative au scrutin proportionnel par liste départementale à un seul tour. Elle surprend en étant élue puis réélue en 1988 malgré le retour au scrutin uninominal majoritaire à deux tours, face au député gaulliste André Fanton[20].

Forte de cette réélection, elle se présente aux municipales de 1989 à Lisieux. Sa liste obtient 54,08 % des suffrages et 27 sièges au conseil municipal, contre 8 à la liste de la majorité de droite sortante, conduite par Michel Triqueneaux[20].

Seule femme maire de cette ville dirigée par la droite depuis la Libération, Yvette Roudy est réélue en 1995, grâce à la division de l'opposition. Elle dote Lisieux d'une médiathèque et du centre aquatique Le Nautile, fait construire la rocade initiée par son prédécesseur, piétonnise la rue Pont-Mortain contre l'avis des commerçants, et installe une antenne de l’IUT de Caen. Elle décide de débaptiser la place Thiers pour lui donner le nom de place François-Mitterrand[20].

Redevenue députée en 1997 après avoir été battue en 1993 par André Fanton, elle est contestée par son ancien premier adjoint qui se présente face à elle aux élections municipales en 2001. La dispersion des voix de gauche, profite au candidat UDF Bernard Aubril[21].

Au Parti socialiste

Elle est membre du bureau national du PS et anime le courant Rénover maintenant, avec Arnaud Montebourg, après avoir été membre du NPS. Elle soutient la candidature de Ségolène Royal à l'investiture du PS et fait partie de son équipe de campagne pour l'élection présidentielle de , puis elle se prononce en faveur de la candidature de François Hollande en 2011[22].

Alors qu'elle avait prévu de voter Benoît Hamon pour la primaire citoyenne de 2017, elle lui retire son soutien peu avant le second tour, lui reprochant ses propos sur le voile islamique[23].

Franc-maçonnerie

Franc-maçonne, elle appartient à la Grande Loge féminine de France[24],[25]. En 2016, elle reçoit le prix de la Laïcité 2016 du Grand Orient de France[26].

Décorations

Archives

Ses archives sont déposées au Centre des archives du féminisme, hébergé par la bibliothèque universitaire de l'université d'Angers[N 5],[30]. Elle a également fait don d'un fonds d'archives aux archives départementales du Calvados[31].

Prix Pierre-et-Yvette-Roudy

Création

En 2014, en l'honneur de son mari Pierre Roudy[N 6], elle fonde le prix Pierre-et-Yvette-Roudy[32]. « Mon mari, […], a beaucoup œuvré pour obtenir que le théâtre devienne une option au bac. […] On croyait beaucoup tous les deux à la valeur de l'activité théâtrale, de l'expression orale et corporelle comme supplément pédagogique, on pense que ça peut aider l'ascenseur social », explique-t-elle à l'AFP. Elle fait une donation de 72 000 euros[33] à la Chancellerie des universités de Paris avec lequel elle crée ce prix.

Modalités

Le prix récompense chaque année deux bacheliers (une femme et un homme), ayant présenté l’option théâtre facultative au baccalauréat. La procédure de dépôt des candidatures se passe entre novembre et mars. Après une sélection des dossiers parmi les élèves ayant suivi l’enseignement de théâtre dans leur lycée, les candidats retenus sont auditionnés en octobre. Selon le nombre de candidats, une audition de présélection peut avoir lieu en juin. Le prix est par la suite décerné en décembre dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne. Le montant du prix attribué à chaque lauréat est de 1 000 euros.

Le lauréat et la lauréate sont sélectionnés dans les académies de Paris, Créteil et Versailles et désignés par un jury composé d'enseignants, comédiens et journalistes[N 7]. Le jury (en plus de l'aptitude au jeu et de la justesse des intentions) s'intéresse particulièrement à la capacité des candidats à analyser l'apport et le bienfait de la pratique théâtrale dans leurs parcours scolaire et personnel.

Détail des mandats et fonctions

Au Parlement européen

Au gouvernement

À l'Assemblée nationale

Au niveau local

  • -  : maire de Lisieux

Publications

Notes et références

Voir aussi

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