Gouvernement Mauroy III
gouvernement de la République française
From Wikipedia, the free encyclopedia
Le gouvernement Mauroy III, troisième et dernier gouvernement dirigé par Pierre Mauroy, est le gouvernement de la République française du au . C'est le dix-septième gouvernement sous la Cinquième République. Il est en place pendant la première présidence de François Mitterrand.
| Président de la République | François Mitterrand |
|---|---|
| Premier ministre | Pierre Mauroy |
| Législature | VIIe (Cinquième République) |
| Nomination | |
| Formation | |
| Fin | |
| Durée | 1 an, 3 mois et 25 jours |
| Coalition | Parti socialiste - Parti communiste français - Mouvement des radicaux de gauche - Parti socialiste unifié |
|---|---|
| Ministres | 14 |
| Secrétaires d'État | 28 |
| Femmes | 6 |
| Hommes | 36 |
| Assemblée nationale |
|
|---|
Contexte de formation
Contexte politique et économique
Le troisième gouvernement de Pierre Mauroy inaugure la politique de tournant de la rigueur voulue par le président de la République François Mitterrand. L'objectif est de freiner les dépenses publiques, et donc abaisser l'inflation, afin de rester dans le Système monétaire européen et assainir les finances publiques françaises, qui se sont dégradées entre 1981 et 1982 du fait de la relance keynésienne qui a vu les dépenses publiques augmenter de plus de 30 %[style à revoir] phrase trop longue.
Choix des ministres
Féminisation du gouvernement
Le gouvernement compte six femmes ministres : Édith Cresson, Yvette Roudy, Edwige Avice, Catherine Lalumière, Georgina Dufoix et Huguette Bouchardeau.
Coalition
Si le gouvernement est principalement composé de socialistes, quelques ministres communistes sont nommés à des postes, bien que subalternes, pour honorer l'accord entre Mitterrand et le Parti communiste.
Composition initiale
Pierre Mauroy est nommé Premier ministre par un décret du [1] et les membres du Gouvernement par un décret en date du [2],[3] et du [4],[5]. Contrairement aux deux premiers Gouvernements dirigés par Pierre Mauroy, il ne compte aucun ministre d'Etat.
Premier ministre
| Image | Fonction | Nom | Parti | |
|---|---|---|---|---|
| Premier ministre | Pierre Mauroy | Parti socialiste |
Ministres
Ministres délégués
Secrétaires d'État
Ajustements et remaniements
Remaniement du 4 octobre 1983
Élus sénateurs le , Roger Quilliot et François Autain démissionnent[6]. Ce sont les raisons du remaniement du [7] :
- Paul Quilès (PS) remplace Roger Quilliot comme ministre de l’Urbanisme et du Logement ;
- Jean Gatel (PS) remplace François Autain comme secrétaire d’État auprès du ministre de la Défense.
Remaniement du 7 décembre 1983
Nommé premier président de la Cour des comptes[8], André Chandernagor démissionne[9].
Le poste de ministre délégué auprès du ministre des Relations extérieures, chargé des Affaires européennes est supprimé.
Remaniement du 18 décembre 1983
Roland Dumas (PS) devient ministre des Affaires européennes[10].
Remaniement du 18 juin 1984
Max Gallo démissionne le . Il est remplacé comme porte-parole du gouvernement par Roland Dumas (PS), ministre des Affaires européennes[11].
Répartition partisane
| Parti | Premier ministre |
Ministres | Ministres délégués |
Secrétaires d'État |
Total | ||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Répartition le 24 mars 1983 | 1 | 14 | 8 | 20 | 43 | ||
| Parti socialiste | 1 | 11 | 7 | 17 | 36 | ||
| Parti communiste français | 2 | 1 | 1 | 4 | |||
| Mouvement des radicaux de gauche | 1 | 1 | 2 | ||||
| Parti socialiste unifié | 1 | 1 | |||||
| Répartition le 17 juillet 1984 | 1 | 15 | 7 | 19 | 43 | ||
| Parti socialiste | 1 | 12 | 6 | 16 | 36 | ||
| Parti communiste français | 2 | 1 | 1 | 4 | |||
| Mouvement des radicaux de gauche | 1 | 1 | 2 | ||||
| Parti socialiste unifié | 1 | 1 | |||||
Actions
Politique budgétaire
Le tournant de la rigueur ayant été bâti sur la nécessité de lutter contre l'inflation, le gouvernement enclenche une baisse des dépenses et donc de la demande globale, qui atteint 60 milliards de francs. La ponction sur les ménages s'élève à 33 milliards de francs, ce qui contrecarre une grande partie des mesures de relance prises jusqu'alors[12].
Politique industrielle et de l'emploi
Laurent Fabius, ministre de l'Industrie, mène une politique de modernisation des entreprises. Il annonce en les CODEVI (Comptes pour le développement industriel), qui sont lancés à la rentrée. Ils drainent 26 milliards de francs en un mois, et recueillent 54 milliards en six mois. Cette épargne alimente un Fonds industriel de modernisation (FIM), dont la mission est de prêter des capitaux aux entreprises industrielles pour financer le renouvellement de leurs technologies et de leurs équipements.
Le nombre annuel de faillites ayant doublé depuis le choc pétrolier de 1973, s'établissent à 25 000 par an en 1984, une loi sur le sauvetage juridique, économique et social des entreprises en difficulté est votée le , et sera suivie d'une seconde loi sous le gouvernement suivant.
Seulement, devant le constat que la cause principale des faillites est le surendettement et le vieillissement des équipements, et qu'au moins un tiers des entreprises françaises doit être modernisé pour survivre, le gouvernement rompt avec la doctrine qui avait dominé jusque là du sauvetage par l’État des entreprises. Au mois de , le gouvernement n'empêche pas la fermeture de l'entreprise sidérurgique Creusot-Loire, plus grand dépôt de bilan de l'histoire industrielle française.
Le gouvernement Mauroy s'attelle à ce que le Premier ministre appelle le « traitement social du chômage ». Ces efforts portent principalement sur les actifs en fin de carrière. À travers les dispositifs de préretraite mis en place par le gouvernement, 700 000 personnes en bénéficient lorsque Mauroy quitte Matignon.
Afin de s'attaquer au chômage des jeunes, qui sont les plus touchés par le chômage, est créé en 1983 le stage d’insertion à la vie professionnelle (SIVP). Rémunéré entre le tiers et la moitié du SMIC, l’entreprise qui embauche le jeune n'a pas à payer de cotisations sociales. Ne montrant pas de résultats positifs, le dispositif est supprimé en 1988.
Finances publiques
La rigueur décidée en 1983 se module à travers trois priorités politiques : rétablir l'épargne, car c'est un excès de demande qui a causé le creusement de la balance commerciale, la réduction du déficit budgétaire, que la relance keynésienne a creusé, et le ralentissement du crédit. Pour ce faire, la rémunération des plans épargne logement est élevée d'un point (9 % à 10 %). Le gouvernement tente de combler le déficit budgétaire par un prélèvement de 1 % sur les revenus, qui rapporte 13 milliards, et une chute de 24 milliards des dépenses.
La loi de finances du budget de l'année 1985 vise à réduire l'inflation (avec un objectif de 5 % par an avant 1986), la pression fiscale, et à moderniser l'industrie. Les impôts et cotisations sociales baissent pour la première fois depuis 1971. La réduction de l'impôt de 5 % et la suppression de la cotisation sociale de 1 % permettent aux ménages de bénéficier d'un revenu disponible supplémentaire de 20 milliards de francs. La réduction de la taxe professionnelle fait économiser 10 milliards aux entreprises[13].
Afin de récupérer ce manque à gagner de 30 milliards de francs, 23 milliards sont récupérés en augmentant la fiscalité sur les carburants et en augmentant les tarifs sur les téléphones.
Afin de freiner l'inflation, la croissance de la masse monétaire est limitée à 9 %, afin de faire passer l'inflation de 11,6 % en 1982 à un objectif de 8 % fin 1983.
Sondages
Un sondage Sofres indique en que 54 % des Français approuvent la poursuite de la politique de rigueur du gouvernement et qu’ils sont « prêts à sacrifier une certaine baisse du pouvoir d'achat ». Le journal Le Monde écrit le mois même que cela « laisse espérer à la gauche que les « graines » semées par M. Mauroy ne demeureront pas éternellement stériles »[14].
Démission
Pierre Mauroy profite de la cérémonie du 14 juillet pour confier au Président Mitterrand que, si le projet de loi Savary est retiré, alors il démissionnera. François Mitterrand refuse qu'il quitte le navire. Le revoyant dans l'après-midi, il lui demande de rester avec lui le temps de mener le référendum. Se coordonnant avec Alain Savary dans la soirée, Mauroy téléphone le lendemain à Mitterrand pour lui annoncer sa décision finale de quitter le gouvernement si le projet de loi, qui a déjà été voté en première lecture, est retiré. Il rédige sa lettre de démission et l'envoie par télécopie le au Président[13].
Mauroy donne officiellement sa lettre de démission au Président le mardi , qui est publiée au Journal officiel de la République française le . Laurent Fabius est nommé dans la soirée par François Mitterrand comme nouveau Premier ministre et forme le gouvernement Fabius.
Relations avec le Parlement
Le , le Premier ministre obtient la confiance de l'Assemblée nationale sur la déclaration de politique générale par 323 voix pour et 155 contre[15].
Le , le Premier ministre obtient la confiance de l'Assemblée nationale sur la déclaration de politique générale par 329 voix pour, 156 contre et 5 abstentions[17].
